Code de procédure pénale

Version consolidée au 1er janvier 1986 (version a926f0d)

> Partie législative

>> Titre préliminaire : De l’action publique et de l’action civile

>> Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

>>> Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

>>>> Chapitre Ier : De la police judiciaire

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Des officiers de police judiciaire

>>>>> Section 3 : Des agents de police judiciaire

>>>>> Section 4 : Des fonctionnaires et agents chargés de certaines fonctions de police judiciaire

>>>>>> Paragraphe 1er : Des ingénieurs, chefs de district et agents techniques des eaux et forêts et des gardes champêtres

>>>>>> Paragraphe 2 : Des fonctionnaires et agents des administrations et services publics

>>>>>> Paragraphe 3 : Des gardes particuliers assermentés

>>>>> Section 5 : Des pouvoirs des préfets en matière de police judiciaire

>>>> Chapitre II : Du ministère public

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Des attributions du procureur général près la cour d’appel

>>>>> Section 3 : Des attributions du procureur de la République

>>>>> Section 4 : Du ministère public près le tribunal de police

>>>> Chapitre III : Du juge d’instruction

>>> Titre II : Des enquêtes et des contrôles d’identité

>>>> Chapitre Ier : Des crimes et des délits flagrants

>>>> Chapitre II : De l’enquête préliminaire

>>>> Chapitre III : Des contrôles d’identité

>>> Titre III : Des juridictions d’instruction

>>>> Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

>>>>> Section 4 : Des auditions de témoins

>>>>> Section 5 : Des interrogatoires et confrontations

>>>>> Section 6 : Des mandats et de leur exécution

>>>>> Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

>>>>>> Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

>>>>>> Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

>>>>> Section 9 : De l’expertise

>>>>> Section 11 : Des ordonnances de règlement

>>>>> Section 13 : De la reprise de l’information sur charges nouvelles

>>>> Chapitre II : De la chambre de l’instruction : juridiction d’instruction du second degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>> Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

>>>>> Section 3 : Des transports, perquisitions et saisies

>>>>> Section 4 : Des auditions de témoins

>>>>> Section 5 : Des interrogatoires et confrontations

>>>>> Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

>>>>>> Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

>>>>>> Sous-section 2 : De la détention provisoire

>>>>>> Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

>>>>> Section 8 : Des commissions rogatoires

>>>> Chapitre II : De la chambre d’accusation : juridiction d’instruction du second degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Pouvoirs propres du président de la chambre d’accusation

>>>>> Section 2 : Des pouvoirs propres du président de la chambre d’accusation

>>>>> Section 3 : Du contrôle de l’activité des officiers et agents de police judiciaire

>> Livre II : Des juridictions de jugement

>>> Titre Ier : De la cour d’assises

>>>> Chapitre Ier : De la compétence de la cour d’assises

>>>> Chapitre II : De la tenue des assises

>>>> Chapitre III : De la composition de la cour d’assises

>>>>> Section 1 : De la cour

>>>>>> Paragraphe 1er : Du président

>>>>>> Paragraphe 2 : Des assesseurs

>>>>> Section 2 : Du jury

>>>>>> Paragraphe 1er : Des conditions d’aptitude aux fonctions de juré

>>>>>> Paragraphe 2 : De la formation du jury

>>>> Chapitre IV : De la procédure préparatoire aux sessions d’assises

>>>>> Section 1 : Des actes obligatoires

>>>>> Section 2 : Des actes facultatifs ou exceptionnels

>>>> Chapitre V : De l’ouverture des sessions

>>>>> Section 1 : De la révision de la liste du jury

>>>>> Section 2 : De la formation du jury de jugement

>>>> Chapitre VI : Des débats

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : De la comparution de l’accusé

>>>>> Section 3 : De la production et de la discussion des preuves

>>>>> Section 4 : De la clôture des débats et de la lecture des questions

>>>> Chapitre VII : Du jugement

>>>>> Section 1 : De la délibération de la cour d’assises

>>>>> Section 2 : De la décision sur l’action publique

>>>>> Section 2 : De la décision sur l’action civile

>>>>> Section 3 : De la décision sur l’action civile

>>>>> Section 4 : De l’arrêt et du procès-verbal

>>> Titre II : Du jugement des délits

>>>> Chapitre Ier : Du tribunal correctionnel

>>>>> Section 1 : De la compétence et de la saisine du tribunal correctionnel

>>>>>> Paragraphe 1er : Dispositions générales

>>>>>> Paragraphe 2 : De la comparution volontaire et de la citation

>>>>>> Paragraphe 3 : De la convocation par procès-verbal et de la comparution immédiate

>>>>>> Paragraphe 3 : De la convocation par procès-verbal et de la compuration immédiate

>>>>> Section 2 : De la composition du tribunal et de la tenue des audiences

>>>>> Section 3 : De la publicité et de la police de l’audience

>>>>> Section 4 : Des débats

>>>>>> Paragraphe 1er : De la comparution du prévenu

>>>>>> Paragraphe 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

>>>>>> Paragraphe 3 : De l’administration de la preuve

>>>>>> Paragraphe 4 : De la discussion par les parties

>>>>> Section 5 : Du jugement

>>>>> Section 6 : Du jugement par défaut et de l’opposition

>>>>>> Paragraphe 1er : Du défaut

>>>>>> Paragraphe 2 : De l’opposition

>>>>>> Paragraphe 3 : De l’itératif défaut

>>>> Chapitre II : De la cour d’appel en matière correctionnelle

>>>>> Section 1 : De l’exercice du droit d’appel

>>>>> Section 2 : De la composition de la chambre des appels correctionnels

>>>>> Section 3 : De la procédure devant la chambre des appels correctionnels

>>> Titre III : Du jugement des contraventions

>>>> Chapitre Ier : De la compétence du tribunal de police

>>>> Chapitre II : De la procédure simplifiée

>>>> Chapitre II bis : De l’amende forfaitaire

>>>> Chapitre III : De la saisine du tribunal de police

>>>> Chapitre IV : De l’instruction définitive devant le tribunal de police

>>>> Chapitre V : Du jugement par défaut et de l’opposition

>>>> Chapitre VI : De l’appel des jugements de police

>>> Titre IV : Des citations et significations

>> Livre III : Des voies de recours extraordinaires

>>> Titre Ier : Du pourvoi en cassation

>>>> Chapitre Ier : Des décisions susceptibles d’être attaquées et des conditions du pourvoi

>>>> Chapitre II : Des formes du pourvoi

>>>> Chapitre III : Des ouvertures à cassation

>>>> Chapitre IV : De l’instruction des recours et des audiences

>>>> Chapitre V : Des arrêts rendus par la Cour de cassation

>>>> Chapitre VI : Du pourvoi dans l’intérêt de la loi

>>> Titre II : Des demandes en révision

>> Livre IV : De quelques procédures particulières

>>> Titre Ier : Des contumaces

>>> Titre II : Du faux

>>> Titre III : De la manière de procéder en cas de disparition des pièces d’une procédure

>>> Titre IV : De la manière dont sont reçues les dépositions des membres du Gouvernement et celles des représentants des puissances étrangères

>>> Titre V : Des règlements de juges

>>> Titre VI : Des renvois d’un tribunal à un autre

>>> Titre VII : De la récusation

>>> Titre VIII : Du jugement des infractions commises à l’audience des cours et tribunaux

>>> Titre IX : Des crimes et délits commis par des magistrats et certains fonctionnaires

>>> Titre X : Des infractions commises à l’étranger

>>> Titre XI : Des crimes et des délits en matière militaire et des crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la nation

>>>> Chapitre III : Des crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la Nation

>>> Titre XI : Des crimes et délits en matière militaire et en matière de sûreté de l’Etat

>>>> Chapitre Ier : De la poursuite, de l’instruction et du jugement des crimes et délits en matière militaire en temps de paix

>>>>> Section 1 : Compétence

>>>>> Section 2 : Procédure

>>>> Chapitre II : Des juridictions compétentes en cas de guerre, de mobilisation, d’état de siège ou d’état d’urgence

>>>> Chapitre III : Des crimes et délits contre la sûreté de l’Etat

>>> Titre XII : Des demandes présentées en vue d’être relevé des interdictions, déchéances, incapacités ou mesures de publication

>>> Titre XIII : De la poursuite, de l’instruction et du jugement des infractions en matière économique et financière

>>> Titre XIV : Du recours en indemnité ouvert à certaines victimes de dommages résultant d’une infraction

>> Livre V : Des procédures d’exécution

>>> Titre Ier : De l’exécution des sentences pénales

>>>> Chapitre Ier : Dispositions générales

>>> Titre II : De la détention

>>>> Chapitre Ier : De l’exécution de la détention provisoire

>>>> Chapitre II : De l’exécution des peines privatives de liberté

>>>> Chapitre III : Des dispositions communes aux différents établissements pénitentiaires

>>> Titre III : De la libération conditionnelle

>>> Titre IV : Du sursis

>>>> Chapitre Ier : Du sursis simple

>>>> Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve

>>>> Chapitre III : Du sursis assorti de l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général

>>> Titre V : De la reconnaissance de l’identité des individus condamnés

>>> Titre VI : De la contrainte judiciaire

>>> Titre VI : De la contrainte par corps

>>> Titre VII : De la prescription de la peine

>>> Titre VIII : Du casier judiciaire

>>> Titre IX : De la réhabilitation des condamnés

>>> Titre X : Des frais de justice

> Partie réglementaire - Décrets en Conseil d’Etat

>> Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

>>> Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

>>>> Chapitre Ier : De la police judiciaire

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Des officiers de police judiciaire

>>>>>> Paragraphe 1er : Désignation des officiers de police judiciaire

>>>>>>> A - Désignation des gendarmes officiers de police judiciaire

>>>>>>> B : Désignation des officiers de police judiciaire de la police nationale

>>>>>> Paragraphe 2 : Habilitation des militaires de la gendarmerie et des fonctionnaires de la police nationale, ayant la qualité d’officier de police judiciaire, à exercer effectivement les attributions attachées à cette qualité

>>>>>>> A : Habilitation des officiers de police judiciaire de la gendarmerie

>>>>>>> B : Habilitation des officiers de police judiciaire de la police nationale

>>>>>> Paragraphe 3 : Fonctionnement de la commission prévue à l’article 16-2

>>>>> Section 3 : Des agents de police judiciaire

>>> Titre III : Des juridictions d’instruction

>>>> Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

>>>>>> Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

>>>>>>> Paragraphe 1er : Des autorités ou personnes contribuant au contrôle judiciaire

>>>>>>> Paragraphe 2 : Des modalités d’exécution du contrôle judiciaire

>>>>>>> Paragraphe 3 : Du cautionnement

>>>>>> Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

>>>>> Section 8

>>>>> Section 10

>>>>> Section 11

>>>>> Section 12

>>>>> Section 13

>>>> Chapitre II

>> Livre II : Des juridictions de jugement

>>> Titre Ier : De la cour d’assises

>>>> Chapitre Ier

>>>> Chapitre II : De la tenue des assises

>>> Titre II : Du jugement des délits

>>>> Chapitre Ier : Du tribunal correctionnel

>>>> Chapitre II

>>> Titre III : Du jugement des contraventions

>>>> Chapitre II : Procédure simplifiée

>>>> Chapitre III : De l’instruction définitive devant le tribunal de police

>>>> Chapitre IV

>>>> Chapitre V

>>>> Chapitre VI

>>> Titre IV

>> Livre III

>> Livre IV : De quelques procédures particulières

>>> Titre Ier

>>> Titre II

>>> Titre III

>>> Titre IV

>>> Titre V

>>> Titre VI

>>> Titre VII

>>> Titre VIII

>>> Titre IX

>>> Titre X

>>> Titre XI

>>> Titre XII

>>> Titre XIV : Du recours en indemnité ouvert à certaines victimes de dommages résultant d’une infraction

>> Livre V : Des procédures d’exécution.

>>> Titre IV : Du sursis

>>>> Chapitre Ier

>>>> Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve.

>>>>> Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

>>>>> Section 5 : Dispositions diverses

>>>> Chapitre II : De sursis avec mise à l’épreuve

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

>>>>> Section 4 : Des obligations imposées spécialement par l’arrêt ou le jugement

>>>>> Section 5 : Dispositions diverses

>>> Titre V : Le travail d’intérêt général

>>>> Chapitre Ier : Modalités d’habilitation des associations et d’établissement de la liste des travaux d’intérêt général

>>>>> Section 1 : Des modalités d’habilitation des associations

>>>>> Section 2 : De l’établissement de la liste des travaux d’intérêt général

>>>>> Section 3 : Disposition diverses

>>>>> Section 3 : Dispositions diverses

>>>> Chapitre II : De l’exécution du travail d’intérêt général

>>>>> Section 1 : De la décision du juge de l’application des peines fixant les modalités d’exécution du travail d’intérêt général

>>>>> Section 2 : Des mesures de contrôle du condamné au travail d’intérêt général

>>>> Chapitre III : Dispositions applicables aux condamnations prononcées par les juridictions pour mineurs.

>>> Titre VI

>>> Titre VII

>>> Titre VIII : Du casier judiciaire

>>>> Chapitre Ier : De l’organisation des services du casier judiciaire

>>>> Chapitre II : De l’établissement des fiches du casier judiciaire

>>>> Chapitre III : Des copies des fiches du casier judiciaire

>>>> Chapitre IV : De la délivrance des bulletins n° 1 du casier judiciaire

>>>> Chapitre V : De la délivrance des bulletins n° 2 du casier judiciaire

>>>> Chapitre VI : De la délivrance des bulletins n° 3 du casier judiciaire

>>>> Chapitre VII : Dispositions diverses

>>> Titre IX

>>> Titre X : Des frais de justice

>>>> Chapitre Ier : Dispositions préliminaires

>>>> Chapitre II : Tarif des frais

>>>>> Section 1 : Des frais de translation des personnes, de transport des procédures et des pièces à conviction

>>>>> Section 2 : Honoraires et indemnités des experts, des interprètes et des personnes chargées des enquêtes sociales et de personnalité

>>>>>> Paragraphe 1er : Des experts.

>>>>>>> A : Règles générales

>>>>>>> B : Dispositions spéciales

>>>>>>>> a) Expertise en matière de fraudes commerciales

>>>>>>>> b) Médecine légale

>>>>>>>> c) Toxicologie

>>>>>>>> d) Biologie

>>>>>>>> e) Radiodiagnostic

>>>>>>>> f) Expertise mécanique

>>>>>> Paragraphe 2 : Des personnes chargées des enquêtes sociales et de personnalité ou contribuant au contrôle judiciaire

>>>>>> Paragraphe 3 : Des interprètes traducteurs

>>>>> Section 3 : Des indemnités qui peuvent être accordées aux témoins et aux jurés

>>>>>> Paragraphe 1er : Des témoins

>>>>>>> A : Règles générales

>>>>>>> B : Indemnités de comparution

>>>>>>> C : Frais de voyage et de séjour

>>>>>> Paragraphe 2 : Des membres du jury criminel

>>>>> Section 4 : Des frais de garde des scellés, de mise en fourrière et de l’immobilisation décidée en application de l’article 43-3-3° bis du code pénal

>>>>> Section 5 : Des frais de copie

>>>>>> B : Expéditions

>>>>>>> a) Délivrance des expéditions

>>>>>>> b) Droits d’expédition et de copie

>>>>>>> c) Expéditions délivrées par les surveillants chefs des maisons d’arrêt.

>>>>>> E : Indemnités

>>>>> Section 6 : Des émoluments et indemnités alloués aux huissiers de justice et aux agents de la force publique

>>>>>> Paragraphe 1er : Service d’audience des huissiers de justice

>>>>>> Paragraphe 2 : Citations et significations

>>>>>> Paragraphe 3 : Exécution des mandats d’amener, de dépôt et d’arrêt et des mesures de contrainte exercées contre les témoins défaillants - Capture en exécution d’une ordonnance de prise de corps, d’un jugement ou d’un arrêt

>>>>>> Paragraphe 4 : Exécution des arrêts de contumace

>>>>>> Paragraphe 5 : Frais de voyage et de séjour

>>>>>> Paragraphe 6 : Dispositions générales

>>>>> Section 7 : Indemnités de transport et de séjour accordées aux magistrats et aux greffiers

>>>>> Section 8 : Du port des lettres et paquets

>>>>> Section 9 : Des frais d’impression

>>>>> Section 10 : Des frais d’exécution des arrêts

>>>> Chapitre III : Des dépenses assimilées à celles de l’instruction des procès criminels

>>>>> Section 1 : Règles générales

>>>>> Section 2 : Règles spéciales

>>>>>> Paragraphe 1 : Aide judiciaire.

>>>>>> Paragraphe 3 : Frais engagés d’office en matière de scellés.

>>>>>> Paragraphe 4 : Inscriptions hypothécaires requises par le ministère public

>>>>>> Paragraphe 5 : Recouvrement des amendes

>>>>>> Paragraphe 6 : Transport des registres et archives.

>>>> Chapitre IV : Du paiement et du recouvrement des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police

>>>>> Section 1 : Du paiement des frais

>>>>>> Paragraphe 1er : Présentation des états et des mémoires

>>>>> Section 1 : Du mode de paiement

>>>>>> Paragraphe 1er : Délivrance de l’ordonnance de taxe.

>>>>>> Paragraphe 2 : Paiement.

>>>>> Section 2 : De la consignation par la partie civile pour frais de procédure

>>>>> Section 3 : De la liquidation et du recouvrement des frais

>>>>>> Paragraphe 1er : Liquidation des frais

>>>>>> Paragraphe 2 : Personnes contre lesquelles le recouvrement des frais peut être poursuivi

>>>>>> Paragraphe 3 : Régularisation des dépenses - Recouvrement

>> Dispositions générales

> Partie réglementaire - Décrets simples

>> Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

>>> Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

>>>> Chapitre Ier : De la police judiciaire

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>> Section 2 : Des officiers de police judiciaire

>>>>> Section 3 : Des agents de police judiciaire

>>>>> Section 5

>>> Titre III : Des juridictions d’instruction

>>>> Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>>>> Paragraphe 2

>>>>>> Paragraphe 3

>>>>>> Paragraphe 4

>>>>>> Paragraphe 5 : Examens médical et médico-psychologique.

>>>>>> Paragraphe 6 : Désignation du juge d’instruction.

>>>>> Section 2 : De la constitution de partie civile et de ses effets

>>>>> Section 3 : Instructions et renseignements donnés par l’autorité judiciaire

>>>>> Section 8 : Des commissions rogatoires

>>>>> Section 9 : De l’expertise

>>>> Chapitre II : De la chambre d’accusation : juridiction d’instruction du second degré

>>>>> Section 1 : Dispositions générales

>>>> Chapitre II : De la chambre de l’instruction : juridiction d’instruction du second degré

>>>>> Section 3 : Du contrôle de l’activité des officiers de police judiciaire

>> Livre II

>> Livre III

>> Livre IV : De quelques procédures particulières

>>> Titre Ier

>>> Titre II : Du faux

>>> Titre III

>>> Titre IV

>>> Titre V

>>> Titre VI

>>> Titre VII

>>> Titre VIII

>>> Titre IX

>>> Titre X

>>> Titre XI

>>> Titre XII

>>> Titre XV

>> Livre V : Des procédures d’exécution

>>> Titre Ier : De l’exécution des sentences pénales

>>> Titre II : De la détention

>>>> Chapitre Ier : De l’exécution de la détention provisoire

>>>>> Section 1 : Des établissements dans lesquels la détention provisoire est subie

>>>>> Section 2 : Des ordres donnés par l’autorité judiciaire

>>>>> Section 3 : Du régime de la détention provisoire

>>>>>> Paragraphe 1er : Hypothèses où il est dérogé au principe de l’emprisonnement individuel

>>>>>> Paragraphe 2 : Dispenses dont bénéficient les prévenus

>>>>>> Paragraphe 3 : Visites et correspondance

>>>>>> Paragraphe 4 : Exercice des droits de la défense

>>>> Chapitre II : De l’exécution des peines privatives de liberté

>>>>> Section 1 : Des divers établissements affectés à l’exécution des peines

>>>>> Section 2 : De l’orientation des condamnés à une longue peine

>>>>> Section 3 : Du régime auquel les condamnés sont soumis

>>>>>> Paragraphe 1er : Maisons d’arrêt

>>>>>>> A : Etablissements cellulaires

>>>>>>> B : Etablissements en commun

>>>>>>> C : Répartition des détenus dans les établissements

>>>>>> Paragraphe 2 : Etablissements pour peines

>>>>> Section 6 : Du juge de l’application des peines et de la commission de l’application des peines

>>>>> Section VII : Du placement à l’extérieur, du régime de semi-liberté et des permissions de sortir.

>>>>>> Paragraphe 1er : Dispositions communes

>>>>>> Paragraphe 3 : Régime de semi-liberté

>>>>>> Paragraphe 3 : Placement à l’extérieur sans surveillance du personnel pénitentiaire

>>>>>> Paragraphe 4 : Permissions de sortir

>>>>> Section 4 : Du travail des détenus

>>>>>> Paragraphe 1er : Principes

>>>>>> Paragraphe 2 : Formes et modalités du travail

>>>>> Section 5 : De la répartition du produit du travail

>>>> Chapitre III : Des dispositions communes aux différents établissements pénitentiaires

>>>>> Section 1 : Du greffe judiciaire des prisons

>>>>>> Paragraphe 1 : Registre et formalités d’écrou.

>>>>>> Paragraphe 2 : Autres registres et écritures du greffe.

>>>>>> Paragraphe 3 : Dossiers individuels des détenus.

>>>>>>> A : Dossier spécial aux condamnés à une longue peine.

>>>>>>> B : Dossiers des autres détenus.

>>>>> Section 2 : De la punition de cellule, de la mise à l’isolement et des moyens de contrainte

>>>>>> Paragraphe 1 : Punition de cellule

>>>>>> Paragraphe 2 : Mise à l’isolement

>>>>>> Paragraphe 3 : Moyens de contrainte

>>>>> Section 3 : Des visites effectuées par les autorités judiciaires

>>>>> Section 4 : De la commission de surveillance

>>>>> Section 5 : Des conditions dans lesquelles certaines personnes sont admises à visiter les détenus

>>>> Chapitre IV : De l’administration des établissements pénitentiaires

>>>>> Section 1 : Du rôle et de l’organisation générale de l’administration pénitentiaire

>>>>> Section 2 : Du personnel de l’administration pénitentiaire

>>>>>> Paragraphe 1er : Attributions particulières

>>>>>> Paragraphe 2 : Dispositions générales

>>>>> Section 3 : Du contrôle des établissements pénitentiaires

>>>>> Section 4 : Du conseil supérieur de l’administration pénitentiaire

>>>> Chapitre V : De la discipline et de la sécurité des prisons

>>>>> Section 1 : De la police intérieure

>>>>> Section 2 : Des sanctions disciplinaires et des mesures visant à encourager les efforts des détenus en vue de leur réadaptation sociale

>>>>>> Paragraphe 1er : Sanctions disciplinaires

>>>>>> Paragraphe 2 : Mesures visant à encourager les efforts des détenus en vue de leur réadaptation sociale

>>>>> Section 3 : Du règlement intérieur de chaque prison

>>>>> Section 4 : Des réclamations formulées par les détenus

>>>>> Section 5 : De la sécurité

>>>>>> Paragraphe 1er : Dispositions générales

>>>>>> Paragraphe 2 : Conditions d’accès dans les lieux de détention

>>>>>> Paragraphe 3 : Incidents

>>>> Chapitre VI : Des mouvements de détenus

>>>>> Section 1 : Des entrées et sorties des détenus

>>>>> Section 2 : Des transfèrements et des extractions

>>>>>> Paragraphe 1er : Dispositions communes

>>>>>> Paragraphe 2 : Transfèrements

>>>>>>> A : Translations judiciaires

>>>>>>> B : Transfèrements administratifs

>>>>>>> C : Exécution des transfèrements par l’administration pénitentiaire

>>>>>>> D : Cas particuliers

>>>>>> Paragraphe 3 : Extractions

>>>> Chapitre VII : De la gestion des biens et de l’entretien des détenus

>>>>> Section 1 : De la gestion des biens des détenus

>>>>>> Paragraphe 1er : Valeurs pécuniaires.

>>>>>> Paragraphe 2 : Valeurs non pécuniaires.

>>>>> Section 2 : De l’entretien des détenus

>>>> Chapitre VIII : De l’hygiène et du service sanitaire

>>>>> Section 1 : De l’hygiène

>>>>>> Paragraphe 1er : Salubrité et propreté des locaux

>>>>>> Paragraphe 2 : Hygiène du travail et des services économiques

>>>>>> Paragraphe 3 : Hygiène personnelle

>>>>>> Paragraphe 4 : Exercices physiques

>>>>> Section 2 : Du service sanitaire

>>>>>> Paragraphe 1 : Organisation sanitaire

>>>>>> Paragraphe 2 : Rôle du médecin de l’établissement

>>>>>> Paragraphe 3 : Traitement médical

>>>>>> Paragraphe 4 : Soins divers

>>>>>> Paragraphe 5 : Maternité

>>>> Chapitre IX : Des relations des détenus avec l’extérieur

>>>>> Section 1 : Des visites

>>>>> Section 2 : De la correspondance

>>>>> Section 3 : Du maintien des liens familiaux

>>>>> Section 4 : Des événements familiaux et des sorties exceptionnelles qu’ils peuvent motiver

>>>>> Section 5 : Des renseignements concernant les détenus et de leurs relations avec le monde extérieur

>>>> Chapitre X : Des actions de préparation à la réinsertion des détenus

>>>>> Section 1 : De l’assistance spirituelle

>>>>> Section 2 : De l’action socio-culturelle

>>>>> Section 2 : De l’assistance socioculturelle

>>>>> Section 3 : De l’enseignement

>>>>>> Paragraphe 1er : Enseignement scolaire

>>>>>> Paragraphe 2 : Formation professionnelle

>>>>> Section 4 : Du service socio-éducatif

>>>>>> Paragraphe 1er : Travailleurs sociaux

>>>>>>> A : Rôle des travailleurs sociaux à l’égard des détenus

>>>>>>> B : Moyens d’action des travailleurs sociaux

>>>>>> Paragraphe 2 : Visiteurs de prison

>>>>> Section 5 : De l’aide à la libération

>>>>>> Paragraphe 1er : Avis donnés aux détenus au moment de leur libération

>>>>>> Paragraphe 2 : Aide aux indigents

>>>> Chapitre XI : De différentes catégories de détenus

>>>>> Section 1 : Des condamnés de police

>>>>> Section 2 : Des détenus bénéficiant d’un régime spécial

>>>>> Section 3 : Des détenus de nationalité étrangère

>>>>> Section 4 : Des détenus appartenant aux forces armées

>>>>> Section 5 : Des détenus âgés de moins de vingt et un ans

>>> Titre III : De la libération conditionnelle

>>>> Chapitre Ier : Du comité consultatif de libération conditionnelle

>>>> Chapitre II : De l’instruction des propositions de libération conditionnelle

>>>> Chapitre III : Des mesures et des obligations auxquelles peuvent être soumis les libérés conditionnels

>>>>> Section 1 : Des mesures d’aide et de contrôle

>>>>> Section 2 : Des conditions particulières

>>>> Chapitre IV : Des comités chargés de la mise en oeuvre des mesures concernant les libérés conditionnels

>>>> Chapitre V : Dispositions diverses

>>>> Chapitre VI : Du recours pour violation de la loi contre les mesures d’administration judiciaire mentionnées à l’article 733-1

>>> Titre IV : Du sursis

>>>> Chapitre Ier

>>>> Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve

>>>>> Section 1

>>>>> Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

>>>>> Section 3

>>>>> Section 4

>>>>> Section 5

>>> Titre V

>>> Titre VI : De la contrainte par corps

>>> Titre IX

>>> Titre X

>>> Titre XI : Le comité de probation et d’assistance aux libérés

>> Livre VI : Modalités d’application en ce qui concerne les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion

> Partie Arrêtés

>> Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

>>> Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

>>>> Chapitre Ier : De la police judiciaire

>>>>> Section 1

>>>>> Section 2 : Des officiers de police judiciaire

>>>>>> Paragraphe 1er : Désignation des gendarmes officiers de police judiciaire

>>>>>> Paragraphe 1er : Désignation des gendarmes officiers de police judiciaire

>>>>>> Paragraphe 2 : Désignation des officiers de police judiciaire de la police nationale

>> Livre V : Des procédures d’exécution

>>> Titre II : De la détention

>>>> Chapitre Ier

>>>> Chapitre II : De l’exécution des peines privatives de liberté.

>>>>> Section 1 : Des divers établissements pénitentiaires établis pour peines

>>>>> Section 2

>>>>> Section 3

>>>>> Section 4

>>>>> Section 5

>>>>> Section 6

>>>>> Section 7

>>>> Chapitre III

>>>> Chapitre IV : De l’administration des établissements pénitentiaires

>>>>> Section 2

>>>>> Section 3

>>>>> Section 4

>>>> Chapitre VI

>>>> Chapitre VII : De la gestion des biens et de l’entretien des détenus

>>>>> Section 1 : De la gestion des biens des détenus

>>>>>> Paragraphe 1er : Pécule.

>>>>>> Paragraphe 2

>>>>> Section 2

>>>> Chapitre VIII

>>>> Chapitre IX

>>>> Chapitre X

>>>> Chapitre XI : Des différentes catégories de détenus.

>>>>> Section 1

>>>>> Section 2 : Des détenus bénéficiant d’un régime spécial

>>>>> Section 3

>>>>> Section 4

>>>>> Section 5

>>>>> Section 6

>>> Titre IV : Du sursis

>>>> Chapitre Ier

>>>> Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve

>>>>> Section 1

>>>>> Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

>>>>>> Paragraphe 1er : De la répartition et de la composition des comités de probation et d’assistance aux libérés.

>>>>>> Paragraphe 2

>>>>>> Paragraphe 3 : Des associations placées auprès des comités

>>>>> Section 3

>>>>> Section 4

>>>>> Section 5

>> Livre VI : Modalités d’application en ce qui concerne les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion

Partie législative

Titre préliminaire : De l’action publique et de l’action civile

Article 1

L’action publique pour l’application des peines est mise en mouvement et exercée par les magistrats ou par les fonctionnaires auxquels elle est confiée par la loi.

Cette action peut aussi être mise en mouvement par la partie lésée, dans les conditions déterminées par le présent code.

Article 2

L’action civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou une contravention appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par l’infraction.

La renonciation à l’action civile ne peut arrêter ni suspendre l’exercice de l’action publique, sous réserve des cas visés à l’alinéa 3 de l’article 6.

Article 2-1

Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits, se proposant par ses statuts de combattre le racisme, peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne, d’une part, les infractions prévues par les articles 187-1, 187-2, 416 et 416-1 du code pénal, d’autre part les infractions prévues par les articles 295, 296, 301, 303, 304, 305, 306, 309, 310, 311, 434, 435 et 437 du même code qui ont été commises au préjudice d’une personne à raison de son origine nationale, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race ou une religion déterminée.

Article 2-2

Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits, dont l’objet statutaire comporte la lutte contre les violences sexuelles, peut exercer les droits reconnus à la partie civile, en ce qui concerne les infractions prévues par les articles 332, 333 et 333-1 du code pénal. Toutefois, l’association ne sera recevable dans son action que si elle justifie avoir reçu l’accord de la victime ou, si celle-ci est mineure, celui du titulaire de l’autorité parentale ou du représentant légal.

Article 2-3

Toute association, régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits, se proposant, par ses statuts, de défendre ou d’assister l’enfance martyrisée, peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions définies aux articles 312, 331, 332, 333 et 334-2 du code pénal, lorsque l’action publique a été mise en mouvement par le ministère public ou la partie lésée.

Article 2-4

Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans qui se propose, par ses statuts, de combattre les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre ou de défendre les intérêts moraux et l’honneur de la Résistance ou des déportés peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

Article 2-5

Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits qui se propose, par ses statuts, de défendre les intérêts moraux et l’honneur de la Résistance ou des déportés peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne soit l’apologie des crimes de guerre ou des crimes ou délits de collaboration avec l’ennemi, soit les destructions ou dégradations de monuments ou les violations de sépultures, soit les délits de diffamation ou injures, qui ont causé un préjudice direct ou indirect à la mission qu’elle remplit.

Article 2-6

Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits, se proposant par ses statuts de combattre les discriminations fondées sur le sexe ou sur les moeurs, peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions prévues par les articles 187-1, 187-2, les 1° et 2° de l’article 416 de l’article 416-1 du code pénal et celles relatives au refus d’embauche, au licenciement ou à l’offre d’emploi définis par le 3° de l’article 416 du code pénal et l’article L. 123-1 du code du travail.

Article 3

L’action civile peut être exercée en même temps que l’action publique et devant la même juridiction.

Elle sera recevable pour tous chefs de dommages, aussi bien matériels que corporels ou moraux, qui découleront des faits objets de la poursuite.

Article 4

L’action civile peut être aussi exercée séparément de l’action publique.

Toutefois, il est sursis au jugement de cette action exercée devant la juridiction civile tant qu’il n’a pas été prononcé définitivement sur l’action publique lorsque celle-ci a été mise en mouvement.

Article 5

La partie qui a exercé son action devant la juridiction civile compétente ne peut la porter devant la juridiction répressive. Il n’en est autrement que si celle-ci a été saisie par le ministère public avant qu’un jugement sur le fond ait été rendu par la juridiction civile.

Article 5-1

Même si le demandeur s’est constitué partie civile devant la juridiction répressive, la juridiction civile, saisie en référé, demeure compétente pour ordonner toutes mesures provisoires relatives aux faits qui sont l’objet des poursuites, lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable.

Article 6

L’action publique pour l’application de la peine s’éteint par la mort du prévenu, la prescription, l’amnistie, l’abrogation de la loi pénale et la chose jugée.

Toutefois, si des poursuites ayant entraîné condamnation ont révélé la fausseté du jugement ou de l’arrêt qui a déclaré l’action publique éteinte, l’action publique pourra être reprise ; la prescription doit alors être considérée comme suspendue depuis le jour où le jugement ou arrêt était devenu définitif jusqu’à celui de la condamnation du coupable de faux ou usage de faux.

Elle peut, en outre, s’éteindre par transaction lorsque la loi en dispose expressément ; il en est de même en cas de retrait de plainte, lorsque celle-ci est une condition nécessaire de la poursuite.

Article 7

En matière de crime, l’action publique se prescrit par dix années révolues à compter du jour où le crime a été commis si, dans cet intervalle, il n’a été fait aucun acte d’instruction ou de poursuite.

S’il en a été effectué dans cet intervalle, elle ne se prescrit qu’après dix années révolues à compter du dernier acte. Il en est ainsi même à l’égard des personnes qui ne seraient pas impliquées dans cet acte d’instruction ou de poursuite.

Article 8

En matière de délit, la prescription de l’action publique est de trois années révolues ; elle s’accomplit selon les distinctions spécifiées à l’article précédent.

Article 9

En matière de contravention, la prescription de l’action publique est d’une année révolue ; elle s’accomplit selon les distinctions spécifiées à l’article 7.

Article 10

L’action civile se prescrit selon les règles du code civil. Toutefois, cette action ne peut plus être engagée devant la juridiction répressive après l’expiration du délai de prescription de l’action publique.

Lorsqu’il a été statué sur l’action publique, les mesures d’instruction ordonnées par le juge pénal sur les seuls intérêts civils obéissent aux règles de la procédure civile.

Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

Article 11

Sauf dans le cas où la loi en dispose autrement et sans préjudice des droits de la défense, la procédure au cours de l’enquête et de l’instruction est secrète.

Toute personne qui concourt à cette procédure est tenue au secret professionnel dans les conditions et sous les peines de l’article 378 du code pénal.

Chapitre Ier : De la police judiciaire

Section 1 : Dispositions générales

Article 12

La police judiciaire est exercée, sous la direction du procureur de la République, par les officiers, fonctionnaires et agents désignés au présent titre.

Article 13

Elle est placée, dans chaque ressort de cour d’appel, sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la chambre d’accusation conformément aux articles 224 et suivants.

Article 14

Elle est chargée, suivant les distinctions établies au présent titre, de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant qu’une information n’est pas ouverte.

Lorsqu’une information est ouverte, elle exécute les délégations des juridictions d’instruction et défère à leurs réquisitions.

Article 15

La police judiciaire comprend :

1° Les officiers de police judiciaire ;

2° Les agents de police judiciaire et les agents de police judiciaire adjoints ;

3° Les fonctionnaires et agents auxquels sont attribuées par la loi certaines fonctions de police judiciaire.

Section 2 : Des officiers de police judiciaire

Article 16

Ont la qualité d’officier de police judiciaire :

1° Les maires et leurs adjoints ;

2° Les officiers et les gradés de la gendarmerie, les gendarmes comptant au moins cinq ans de service dans la gendarmerie, nominativement désignés par arrêté des ministres de la justice et des armées, après avis conforme d’une commission ;

3° Les inspecteurs généraux, les sous-directeurs de police active, les contrôleurs généraux, les commissaires de police ; les fonctionnaires du corps des inspecteurs de police de la police nationale comptant au moins deux ans de services effectifs dans ce corps en qualité de titulaires, nominativement désignés par arrêté des ministres de la justice et de l’intérieur, après avis conforme d’une commission.

La composition des commissions prévues aux 2° et 3° sera déterminée par un décret en Conseil d’Etat pris sur le rapport du ministre de la justice et des ministres intéressés.

Ont également la qualité d’officier de police judiciaire les personnes exerçant des fonctions de directeur ou sous-directeur de la police judiciaire relevant du ministre de l’intérieur et de directeur ou sous-directeur de la gendarmerie au ministère d’Etat chargé de la défense nationale.

Les fonctionnaires mentionnés aux 2° et 3° ci-dessus ne peuvent exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’officier de police judiciaire ni se prévaloir de cette qualité que s’ils sont affectés à un emploi comportant cet exercice et en vertu d’une décision du procureur général près la cour d’appel les y habilitant personnellement. L’exercice de ces attributions est momentanément suspendu pendant le temps où ils participent, en unité constituée, à une opération de maintien de l’ordre. Lorsqu’ils appartiennent à un service dont la compétence excède le ressort de la cour d’appel, la décision d’habilitation est prise par le procureur général près la cour d’appel du siège de leur fonction.

Les conditions d’octroi, de retrait et de suspension pour une durée déterminée de l’habilitation prévue par le précédent alinéa sont fixées par décret en Conseil d’Etat pris sur le rapport du ministre de la justice et des ministres intéressés.

Article 16-1

Dans le mois qui suit la notification de la décision de suspension ou de retrait d’habilitation, l’officier de police judiciaire peut demander au procureur général de rapporter cette décision. Le procureur général doit statuer dans un délai d’un mois. A défaut, son silence vaut rejet de la demande.

Article 16-2

Dans le délai d’un mois à partir du rejet explicite ou implicite de la demande prévue à l’article précédent, l’officier de police judiciaire peut former un recours devant une commission composée de trois magistrats du siège de la Cour de cassation ayant le grade de président de chambre ou de conseiller. Ces magistrats sont désignés annuellement, en même temps que trois suppléants, par le bureau de la Cour de cassation.

Les fonctions du ministère public sont remplies par le parquet général près la Cour de cassation.

Article 16-3

La commission statue par une décision non motivée. Les débats ont lieu et la décision est rendue en chambre du conseil. Le débat est oral ; le requérant peut être entendu personnellement sur sa demande ou celle de son conseil ; il peut être assisté de son conseil.

La procédure devant la commission est fixée par un décret en Conseil d’Etat.

Article 17

Les officiers de police judiciaire exercent les pouvoirs définis à l’article 14 ; ils reçoivent les plaintes et dénonciations ; ils procèdent à des enquêtes préliminaires dans les conditions prévues par les articles 75 à 78.

En cas de crimes et délits flagrants, ils exercent les pouvoirs qui leur sont conférés par les articles 53 à 67.

Ils ont le droit de requérir directement le concours de la force publique pour l’exécution de leur mission.

Article 18

Les officiers de police judiciaire ont compétence dans les limites territoriales où ils exercent leurs fonctions habituelles. Dans les circonscriptions urbaines divisées en commissariats subdivisionnaires ou en bureaux de police, les officiers de police judiciaire qui exercent leurs fonctions habituelles dans l’un d’entre eux ont compétence sur toute l’étendue de la circonscription.

Les officiers de police judiciaire qui n’exercent pas leurs fonctions habituelles dans l’ensemble du ressort du tribunal de grande instance auquel ils sont rattachés peuvent, en cas d’urgence ou de crime ou délit flagrant, opérer dans toute l’étendue de ce ressort à l’effet d’y poursuivre leurs investigations et de procéder à des auditions, perquisitions et saisies.

En cas de crime ou délit flagrant, les officiers de police judiciaire peuvent se transporter dans le ressort des tribunaux de grande instance limitrophes du tribunal ou des tribunaux auxquels ils sont rattachés, à l’effet d’y poursuivre leurs investigations et de procéder à des auditions, perquisitions et saisies. Pour l’application du présent alinéa, les ressorts des tribunaux de grande instance de Paris, Nanterre, Bobigny et Créteil sont considérés comme un seul et même ressort.

En cas d’urgence, les officiers de police judiciaire peuvent, sur commission rogatoire expresse du juge d’instruction ou sur réquisitions du procureur de la République prises au cours d’une enquête de flagrant délit, procéder aux opérations prescrites par ces magistrats sur toute l’étendue du territoire national. Ils doivent être assistés d’un officier de police judiciaire exerçant ses fonctions dans la circonscription intéressée. Le procureur de la République territorialement compétent en est informé par le magistrat ayant prescrit l’opération.

Ils peuvent, sur proposition des autorités administratives dont ils dépendent et par habilitation du procureur général, recevoir compétence dans les limites territoriales de la circonscription des officiers de police judiciaire qu’ils sont appelés à suppléer en cas de besoin.

Article 19

Les officiers de police judiciaire sont tenus d’informer sans délai le procureur de la République des crimes, délits et contraventions dont ils ont connaissance. Dès la clôture de leurs opérations, ils doivent lui faire parvenir directement l’original ainsi qu’une copie certifiée conforme des procès-verbaux qu’ils ont dressés ; tous actes et documents y relatifs lui sont en même temps adressés ; les objets saisis sont mis à sa disposition.

Les procès-verbaux doivent énoncer la qualité d’officier de police judiciaire de leur rédacteur.

Section 3 : Des agents de police judiciaire

Article 20

Sont agents de police judiciaire :

1° Les gendarmes n’ayant pas la qualité d’officier de police judiciaire ;

2° Les inspecteurs de police de la police nationale titulaires ne remplissant pas les conditions énoncées à l’article 16, alinéa 1er, 3° ;

3° Les enquêteurs de la police nationale remplissant les conditions d’aptitude qui seront fixées par décret en Conseil d’Etat et comptant au moins trois ans de services effectifs en qualité de titulaires ;

4° Sans préjudice des dispositions de l’article L. 23-1 du code de la route, les personnels en tenue des services actifs de la police nationale, titulaires et remplissant les conditions d’aptitude qui seront fixées par décret en Conseil d’Etat.

Toutefois, les fonctionnaires mentionnés aux 1° à 4° ci-dessus ne peuvent exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’agent de police judiciaire et se prévaloir de cette qualité que s’ils sont affectés à un emploi comportant cet exercice ; l’exercice de ces attributions est momentanément suspendu pendant le temps où ils participent, en unité constituée, à une opération de maintien de l’ordre.

Les agents de police judiciaire ont pour mission :

De seconder, dans l’exercice de leurs fonctions, les officiers de police judiciaire ;

De constater les crimes, délits ou contraventions et d’en dresser procès-verbal ;

De recevoir par procès-verbal les déclarations qui leur sont faites par toutes personnes susceptibles de leur fournir des indices, preuves et renseignements sur les auteurs et complices de ces infractions.

Les agents de police judiciaire n’ont pas qualité pour décider des mesures de garde à vue.

Article 21

Sont agents de police judiciaire adjoints :

1° Les fonctionnaires des services actifs de police nationale ne remplissant pas les conditions prévues par l’article 20 ;

2° Les agents de police municipale.

Ils ont pour mission :

De seconder, dans l’exercice de leurs fonctions, les officiers de police judiciaire ;

De rendre compte à leurs chefs hiérarchiques de tous crimes, délits ou contraventions dont ils ont connaissance ;

De constater, en se conformant aux ordres de leurs chefs, les infractions à la loi pénale et de recueillir tous les renseignements en vue de découvrir les auteurs de ces infractions, le tout dans le cadre et dans les formes prévues par les lois organiques ou spéciales qui leur sont propres.

Article 21-1

Les agents de police judiciaire et agents de police judiciaire adjoints ont compétence dans les limites territoriales où ils exercent leurs fonctions habituelles ainsi que dans celles où l’officier de police judiciaire responsable du service de la police nationale ou de l’unité de gendarmerie auprès duquel ils ont été nominativement mis à disposition temporaire exerce ses fonctions. Lorsqu’ils secondent un officier de police judiciaire, ils ont compétence dans les limites territoriales où ce dernier exerce ses attributions en application des dispositions de l’article 18.

Section 4 : Des fonctionnaires et agents chargés de certaines fonctions de police judiciaire

Paragraphe 1er : Des ingénieurs, chefs de district et agents techniques des eaux et forêts et des gardes champêtres

Article 22

Les ingénieurs, les chefs de district et agents techniques des eaux et forêts et les gardes champêtres recherchent et constatent par procès-verbaux les délits et les contraventions qui portent atteinte aux propriétés forestières ou rurales.

Article 23

Les chefs de district et agents techniques des eaux et forêts et les gardes champêtres des communes suivent les choses enlevées dans les lieux où elles ont été transportées et les mettent sous séquestre.

Ils ne peuvent cependant pénétrer dans les maisons, ateliers, bâtiments, cours adjacentes et enclos, qu’en présence d’un officier de police judiciaire qui ne peut se refuser à les accompagner et qui signe le procès-verbal de l’opération à laquelle il a assisté.

Article 24

Les chefs de district et agents techniques des eaux et forêts et les gardes champêtres des communes conduisent devant un officier de police judiciaire tout individu qu’ils surprennent en flagrant délit.

Les chefs de district et les agents techniques des eaux et forêts peuvent, dans l’exercice des fonctions visées à l’article 22, requérir directement la force publique ; les gardes champêtres peuvent se faire donner main-forte par le maire, l’adjoint ou le commandant de brigade de gendarmerie qui ne pourront s’y refuser.

Article 25

Les chefs de district et agents techniques des eaux et forêts, ainsi que les gardes champêtres, peuvent être requis par le procureur de la République, le juge d’instruction et les officiers de police judiciaire afin de leur prêter assistance.

Article 26

Les chefs de district et agents techniques des eaux et forêts remettent à leur chef hiérarchique les procès-verbaux constatant des atteintes aux propriétés forestières.

Article 27

Les gardes champêtres des communes adressent leurs procès-verbaux au procureur de la République, par l’intermédiaire du commissaire de police ou de l’officier de police, chef des services de sécurité publique de la localité ou, à défaut, du commandant de brigade de gendarmerie.

Cet envoi au destinataire doit avoir lieu dans les cinq jours au plus tard, y compris celui où ils ont constaté le fait, objet de leur procès-verbal.

Paragraphe 2 : Des fonctionnaires et agents des administrations et services publics

Article 28

Les fonctionnaires et agents des administrations et services publics auxquels des lois spéciales attribuent certains pouvoirs de police judiciaire exercent ces pouvoirs dans les conditions et dans les limites fixées par ces lois.

Paragraphe 3 : Des gardes particuliers assermentés

Article 29

Les gardes particuliers assermentés constatent par procès-verbaux tous délits et contraventions portant atteinte aux propriétés dont ils ont la garde.

Les procès-verbaux sont remis ou envoyés par lettre recommandée directement au procureur de la République. Cet envoi doit avoir lieu, à peine de nullité, dans les trois jours au plus tard, y compris celui où ils ont constaté le fait, objet de leur procès-verbal.

Section 5 : Des pouvoirs des préfets en matière de police judiciaire

Article 30

En matière de crimes et délits contre la sûreté de l’Etat et seulement s’il y a urgence, les préfets des départements et le préfet de police peuvent faire personnellement tous actes nécessaires à l’effet de constater les crimes et délits ci-dessus spécifiés ou requérir par écrit à cet effet les officiers de police judiciaire compétents.

S’il est fait usage de ce droit en temps de paix, le préfet est tenu d’en aviser aussitôt le ministère public près la juridiction compétente et, dans les quarante-huit heures qui suivront l’ouverture des opérations, de transférer l’affaire à cette autorité en lui transmettant les pièces et en lui faisant conduire toutes les personnes appréhendées, le tout à peine de nullité de la procédure.

Les dispositions qui précèdent ne font pas obstacle à ce que les personnes soient ensuite gardées à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire. La personne appréhendée ne pourra toutefois être retenue plus de dix jours à compter de son arrestation.

Tout officier de police judiciaire ayant reçu une réquisition du préfet agissant en vertu des dispositions ci-dessus, tout fonctionnaire à qui notification de saisie est faite en vertu des mêmes dispositions sont tenus d’en donner avis sans délai au ministère public près la juridiction compétente.

S’il est fait usage du droit prévu à l’alinéa premier du présent article en temps de guerre, le préfet est tenu d’en aviser aussitôt les autorités des forces armées investies des pouvoirs judiciaires ou à défaut, et vu l’urgence, le procureur de la République.

Chapitre II : Du ministère public

Section 1 : Dispositions générales

Article 31

Le ministère public exerce l’action publique et requiert l’application de la loi.

Article 32

Il est représenté auprès de chaque juridiction répressive.

Il assiste aux débats des juridictions de jugement ; toutes les décisions sont prononcées en sa présence.

Il assure l’exécution des décisions de justice.

Article 33

Il est tenu de prendre des réquisitions écrites conformes aux instructions qui lui sont données dans les conditions prévues aux articles 36, 37 et 44. Il développe librement les observations orales qu’il croit convenables au bien de la justice.

Section 2 : Des attributions du procureur général près la cour d’appel

Article 34

Le procureur général représente en personne ou par ses substituts le ministère public auprès la cour d’appel et auprès de la cour d’assises instituée au siège de la cour d’appel, sans préjudice des dispositions de l’article 105 du code forestier et de l’article 446 du code rural. Il peut, dans les mêmes conditions, représenter le ministère public auprès des autres cours d’assises du ressort de la cour d’appel.

Article 35

Le procureur général est chargé de veiller à l’application de la loi pénale dans toute l’étendue du ressort de la cour d’appel.

A cette fin, il lui est adressé tous les mois, par chaque procureur de la République, un état des affaires de son ressort.

Le procureur général a, dans l’exercice de ses fonctions, le droit de requérir directement la force publique.

Article 36

Le ministre de la justice peut dénoncer au procureur général les infractions à la loi pénale dont il a connaissance, lui enjoindre d’engager ou de faire engager des poursuites ou de saisir la juridiction compétente de telles réquisitions écrites que le ministre juge opportunes.

Article 37

Le procureur général a autorité sur tous les officiers du ministère public du ressort de la cour d’appel.

A l’égard de ces magistrats, il a les mêmes prérogatives que celles reconnues au ministre de la justice à l’article précédent.

Article 38

Les officiers et agents de police judiciaire sont placés sous la surveillance du procureur général. Il peut les charger de recueillir tous renseignements qu’il estime utiles à une bonne administration de la justice.

Section 3 : Des attributions du procureur de la République

Article 39

Le procureur de la République représente en personne ou par ses substituts le ministère public près le tribunal de grande instance, sans préjudice des dispositions de l’article 105 du code forestier et de l’article 446 du code rural.

Il représente également en personne ou par ses substituts le ministère public auprès de la cour d’assises instituée au siège du tribunal.

Il représente de même, en personne ou par ses substituts, le ministère public auprès du tribunal de police dans les conditions fixées par l’article 45 du présent code.

Article 41

Le procureur de la République procède ou fait procéder à tous les actes nécessaires à la recherche et à la poursuite des infractions à la loi pénale.

A cette fin, il dirige l’activité des officiers et agents de la police judiciaire dans le ressort de son tribunal.

Il a tous les pouvoirs et prérogatives attachés à la qualité d’officier de police judiciaire prévus par la section II du chapitre Ier du titre Ier du présent livre, ainsi que par des lois spéciales.

En cas d’infractions flagrantes, il exerce les pouvoirs qui lui sont attribués par l’article 68.

Le procureur de la République peut également confier aux personnes habilitées dans les conditions prévues par l’article 81, sixième alinéa, le soin de vérifier la situation matérielle, familiale ou sociale des personnes faisant l’objet d’une enquête.

Article 42

Le procureur de la République a, dans l’exercice de ses fonctions, le droit de requérir directement la force publique.

Article 43

Sont compétents le procureur de la République du lieu de l’infraction, celui de la résidence de l’une des personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation d’une de ces personnes, même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause.

Article 44

Le procureur de la République a autorité sur les officiers du ministère public près les tribunaux de police de son ressort. Il peut leur dénoncer les contraventions dont il est informé et leur enjoindre d’exercer des poursuites. Il peut aussi, le cas échéant, requérir l’ouverture d’une information.

Section 4 : Du ministère public près le tribunal de police

Article 46

En cas d’empêchement du commissaire de police, le procureur général désigne, pour une année entière, un ou plusieurs remplaçants qu’il choisit parmi les commissaires et les inspecteurs divisionnaires ou principaux de la police nationale en résidence dans le ressort du tribunal de grande instance.

A titre exceptionnel et en cas de nécessité absolue pour la tenue de l’audience, le juge du tribunal d’instance peut appeler, pour exercer les fonctions du ministère public, le maire du lieu où siège le tribunal de police ou un de ses adjoints.

Article 47

S’il y a plusieurs commissaires de police au lieu où siège le tribunal, le procureur général désigne celui qui remplit les fonctions du ministère public.

Article 48

S’il n’y a pas de commissaire de police au lieu où siège le tribunal, le procureur général désigne, pour exercer les fonctions du ministère public, un commissaire ou un inspecteur divisionnaire ou principal de la police nationale en résidence dans le ressort du tribunal de grande instance.

Chapitre III : Du juge d’instruction

Article 49

Le juge d’instruction est chargé de procéder aux informations, ainsi qu’il est dit au chapitre Ier du titre III.

Il ne peut, à peine de nullité, participer au jugement des affaires pénales dont il a connu en sa qualité de juge d’instruction.

Article 51

Le juge d’instruction ne peut informer qu’après avoir été saisi par un réquisitoire du procureur de la République ou par une plainte avec constitution de partie civile, dans les conditions prévues aux articles 80 et 86.

En cas de crimes ou délits flagrants, il exerce les pouvoirs qui lui sont attribués par l’article 72.

Le juge d’instruction a, dans l’exercice de ses fonctions, le droit de requérir directement la force publique.

Article 52

Sont compétents le juge d’instruction du lieu de l’infraction, celui de la résidence de l’une des personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation d’une de ces personnes, même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause.

Titre II : Des enquêtes et des contrôles d’identité

Chapitre Ier : Des crimes et des délits flagrants

Article 53

Est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique, ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit.

Est assimilé au crime ou délit flagrant tout crime ou délit qui même non commis dans les circonstances prévues à l’alinéa précédent a été commis dans une maison dont le chef requiert le procureur de la République ou un officier de police judiciaire de le constater.

Article 54

En cas de crime flagrant, l’officier de police judiciaire qui en est avisé, informe immédiatement le procureur de la République, se transporte sans délai sur le lieu du crime et procède à toutes constatations utiles.

Il veille à la conservation des indices susceptibles de disparaître et de tout ce qui peut servir à la manifestation de la vérité. Il saisit les armes et instruments qui ont servi à commettre le crime ou qui étaient destinés à le commettre, ainsi que tout ce qui paraît avoir été le produit de ce crime.

Il représente les objets saisis, pour reconnaissance, aux personnes qui paraissent avoir participé au crime, si elles sont présentes.

Article 56

Si la nature du crime est telle que la preuve en puisse être acquise par la saisie des papiers, documents ou autres objets en la possession des personnes qui paraissent avoir participé au crime ou détenir des pièces ou objets relatifs aux faits incriminés, l’officier de police judiciaire se transporte sans désemparer au domicile de ces derniers pour y procéder à une perquisition dont il dresse procès-verbal.

Il a seul, avec les personnes désignées à l’article 57 et celles auxquelles il a éventuellement recours en application de l’article 60, le droit de prendre connaissance des papiers ou documents avant de procéder à leur saisie.

Toutefois, il a l’obligation de provoquer préalablement toutes mesures utiles pour que soit assuré le respect du secret professionnel et des droits de la défense.

Tous objets et documents saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellés. Cependant, si leur inventaire sur place présente des difficultés, ils font l’objet de scellés fermés provisoires jusqu’au moment de leur inventaire et de leur mise sous scellés définitifs et ce, en présence des personnes qui ont assisté à la perquisition suivant les modalités prévues à l’article 57.

Avec l’accord du procureur de la République, l’officier de police judiciaire ne maintient que la saisie des objets et documents utiles à la manifestation de la vérité.

Article 57

Sous réserve de ce qui est dit à l’article précédent concernant le respect du secret professionnel et des droits de la défense, les opérations prescrites par ledit article sont faites en présence de la personne au domicile de laquelle la perquisition a lieu.

En cas d’impossibilité, l’officier de police judiciaire aura l’obligation de l’inviter à désigner un représentant de son choix ; à défaut, l’officier de police judiciaire choisira deux témoins requis à cet effet par lui, en dehors des personnes relevant de son autorité administrative.

Le procès-verbal de ces opérations, dressé ainsi qu’il est dit à l’article 66, est signé par les personnes visées au présent article ; au cas de refus, il en est fait mention au procès-verbal.

Article 58

Sous réserve des nécessités des enquêtes, toute communication ou toute divulgation sans l’autorisation de l’inculpé ou de ses ayants droit ou du signataire ou du destinataire d’un document provenant d’une perquisition à une personne non qualifiée par la loi pour en prendre connaissance est punie d’une amende de 1.800 à 30.000 F et d’un emprisonnement de deux mois à deux ans.

Article 59

Sauf réclamations faites de l’intérieur de la maison ou exceptions prévues par la loi, les perquisitions et les visites domiciliaires ne peuvent être commencées avant 6 heures et après 21 heures.

Toutefois des visites, perquisitions et saisies pourront être opérées à toute heure du jour et de la nuit en vue d’y constater toutes infractions aux articles 334, 334-1, 335 du code pénal à l’intérieur de tout hôtel, maison meublée, pension, débit de boissons, club, cercle, dancing, lieu de spectacle et leurs annexes et en tout autre lieu ouvert au public ou utilisé par le public, lorsqu’il sera constaté que des personnes se livrant à la prostitution y sont reçues habituellement.

Les formalités mentionnées aux articles 56, 57 et au présent article sont prescrites à peine de nullité.

Article 61

L’officier de police judiciaire peut défendre à toute personne de s’éloigner du lieu de l’infraction jusqu’à la clôture de ses opérations.

Article 62

L’officier de police judiciaire peut appeler et entendre toutes les personnes susceptibles de fournir des renseignements sur les faits ou sur les objets et documents saisis.

Les personnes convoquées par lui sont tenues de comparaître et de déposer. Si elles ne satisfont pas à cette obligation, avis en est donné au procureur de la République, qui peut les contraindre à comparaître par la force publique.

Il dresse un procès-verbal de leurs déclarations. Les personnes entendues procèdent elles-mêmes à sa lecture, peuvent y faire consigner leurs observations et y apposent leur signature. Si elles déclarent ne savoir lire, lecture leur en est faite par l’officier de police judiciaire préalablement à la signature. Au cas de refus de signer le procès-verbal, mention en est faite sur celui-ci.

Les agents de police judiciaire désignés à l’article 20 peuvent également entendre dans la limite des ordres reçus toutes personnes susceptibles de fournir des renseignements sur les faits en cause. Ils dressent à cet effet, dans les formes prescrites par le présent code, des procès-verbaux qu’ils transmettent à l’officier de police judiciaire qu’ils secondent.

Article 63

Si, pour les nécessités de l’enquête, l’officier de police judiciaire est amené à garder à sa disposition une ou plusieurs des personnes visées aux articles 61 et 62, il ne peut les retenir plus de vingt-quatre heures.

S’il existe contre une personne des indices graves et concordants de nature à motiver son inculpation, l’officier de police judiciaire doit la conduire devant le procureur de la République sans pouvoir la garder à sa disposition plus de vingt-quatre heures.

Le délai prévu à l’alinéa précédent peut être prolongé d’un nouveau délai de vingt-quatre heures par autorisation écrite du procureur de la République ou du juge d’instruction.

Les dispositions du dernier alinéa de l’article 64 sont applicables.

L’officier de police judiciaire avise de ce droit la personne gardée à vue.

Article 64

Tout officier de police judiciaire doit mentionner sur le procès-verbal d’audition de toute personne gardée à vue la durée des interrogatoires auxquels elle a été soumise et des repos qui ont séparé ces interrogatoires, le jour et l’heure à partir desquels elle a été gardée à vue, ainsi que le jour et l’heure à partir desquels elle a été soit libérée, soit amenée devant le magistrat compétent.

Cette mention doit être spécialement émargée par les personnes intéressées, et, au cas de refus, il en est fait mention. Elle comportera obligatoirement les motifs de la garde à vue.

Elle doit également figurer sur un registre spécial tenu à cet effet dans tout local de police susceptible de recevoir une personne gardée à vue.

S’il l’estime nécessaire, le procureur de la République peut désigner, même à la requête d’un membre de la famille de la personne gardée à vue, un médecin qui examinera cette dernière à n’importe quel moment des délais prévus à l’article 63.

Après vingt-quatre heures, l’examen médical sera de droit si la personne retenue le demande. Elle en sera avisée. Mention de cet avis sera portée au procès-verbal et émargée par la personne intéressée.

Article 65

Dans les corps ou services où les officiers de police judiciaire sont astreints à tenir un carnet de déclarations, les mentions et émargements prévus à l’article précédent doivent également être portés sur ledit carnet. Seules les mentions sont reproduites au procès-verbal qui est transmis à l’autorité judiciaire.

Article 66

Les procès-verbaux dressés par l’officier de police judiciaire en exécution des articles 54 à 62 sont rédigés sur-le-champ et signés par lui sur chaque feuillet du procès-verbal.

Article 67

Les dispositions des articles 54 à 66 sont applicables, au cas de délit flagrant, dans tous les cas où la loi prévoit une peine d’emprisonnement.

Article 68

L’arrivée du procureur de la République sur les lieux dessaisit l’officier de police judiciaire.

Le procureur de la République accomplit alors tous actes de police judiciaire prévus au présent chapitre.

Il peut aussi prescrire à tous officiers de police judiciaire de poursuivre les opérations.

Article 69

Si les nécessités de l’enquête l’exigent, le procureur de la République, ou le juge d’instruction lorsqu’il procède comme il est dit au présent chapitre, peut se transporter dans les ressorts des tribunaux limitrophes de celui où il exerce ses fonctions, à l’effet d’y poursuivre ses investigations. Il doit aviser, au préalable, le procureur de la République du ressort du tribunal dans lequel il se transporte. Il mentionne sur son procès-verbal les motifs de son transport.

Article 70

En cas de crime flagrant et si le juge d’instruction n’est pas encore saisi, le procureur de la République peut décerner mandat d’amener contre toute personne soupçonnée d’avoir participé à l’infraction.

Le procureur de la République interroge sur-le-champ la personne ainsi conduite devant lui. Si elle se présente spontanément, accompagnée d’un défenseur, elle ne peut être interrogée qu’en présence de ce dernier.

Article 73

Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche.

Article 74

En cas de découverte d’un cadavre, qu’il s’agisse ou non d’une mort violente, mais si la cause en est inconnue ou suspecte, l’officier de police judiciaire qui en est avisé informe immédiatement le procureur de la République, se transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières constatations.

Le procureur de la République se rend sur place s’il le juge nécessaire et se fait assister de personnes capables d’apprécier la nature des circonstances du décès. Il peut, toutefois, déléguer aux mêmes fins, un officier de police judiciaire de son choix.

Sauf si elles sont inscrites sur une des listes prévues à l’article 157, les personnes ainsi appelées prêtent, par écrit, serment d’apporter leur concours à la justice en leur honneur et en leur conscience.

Le procureur de la République peut aussi requérir information pour recherche des causes de la mort.

Chapitre II : De l’enquête préliminaire

Article 75

Les officiers de police judiciaire et, sous le contrôle de ceux-ci, les agents de police judiciaire désignés à l’article 20 procèdent à des enquêtes préliminaires soit sur les instructions du procureur de la République, soit d’office.

Ces opérations relèvent de la surveillance du procureur général.

Article 76

Les perquisitions, visites domiciliaires et saisies de pièces à conviction ne peuvent être effectuées sans l’assentiment exprès de la personne chez laquelle l’opération a lieu.

Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé ou, si celui-ci ne sait écrire, il en est fait mention au procès verbal ainsi que de son assentiment.

Les formes prévues par les articles 56 et 59 (premier alinéa) sont applicables.

Article 77

Lorsque pour les nécessités de l’enquête préliminaire, l’officier de police judiciaire est amené à retenir une personne à sa disposition plus de vingt-quatre heures celle-ci doit être obligatoirement conduite avant l’expiration de ce délai devant le procureur de la République.

Après audition de la personne qui lui est amenée, le procureur de la République peut accorder l’autorisation écrite de prolonger la garde à vue d’un nouveau délai de vingt-quatre heures.

Les dispositions du dernier alinéa de l’article 64 sont applicables.

A titre exceptionnel, cette autorisation peut être accordée, par décision motivée, sans que la personne soit conduite au Parquet.

Article 78

Les gardes à vue sont mentionnées dans les formes prévues aux articles 64 et 65.

Chapitre III : Des contrôles d’identité

Article 78-4

La durée de la rétention prévue par l’article précédent s’impute, s’il y a lieu, sur celle de la garde à vue.

Titre III : Des juridictions d’instruction

Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

Section 1 : Dispositions générales

Article 79

L’instruction préparatoire est obligatoire en matière de crime ; sauf dispositions spéciales, elle est facultative en matière de délit ; elle peut également avoir lieu en matière de contravention si le procureur de la République le requiert en application de l’article 44.

Section 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

Article 85

Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut en portant plainte se constituer partie civile devant le juge d’instruction compétent.

Article 90

Dans le cas où le juge d’instruction n’est pas compétent aux termes de l’article 52, il rend, après réquisitions du ministère public, une ordonnance renvoyant la partie civile à se pourvoir devant telle juridiction qu’il appartiendra.

Section 4 : Des auditions de témoins

Article 111

Toute personne qui déclare publiquement connaître les auteurs d’un crime ou d’un délit et qui refuse de répondre aux questions qui lui sont posées à cet égard par le juge d’instruction sera punie d’un emprisonnement de onze jours à un an et d’une amende de 375 F. à 20.000 F.

Section 5 : Des interrogatoires et confrontations

Article 118

L’inculpé et la partie civile ne peuvent être entendus ou confrontés, à moins qu’ils n’y renoncent expressément, qu’en présence de leurs avocats ou eux dûment appelés.

Au plus tard quatre jours ouvrables avant l’interrogatoire, l’avocat est convoqué par lettre recommandée ou par un avis qui lui est remis contre récépissé.

La procédure doit être mise à la disposition de l’avocat de l’inculpé deux jours ouvrables au plus tard avant chaque interrogatoire. Elle doit également être mise à la disposition de l’avocat de la partie civile deux jours ouvrables au plus tard avant les auditions de cette dernière.

Lorsque la procédure est mise à sa disposition dans les conditions prévues par le présent article, l’avocat de l’inculpé ou de la partie civile peut se faire délivrer, à ses frais, copie de tout ou partie de la procédure, pour son usage exclusif et sans pouvoir en établir de reproduction.

Il peut, en outre, à tout moment, se faire délivrer, dans les mêmes conditions, la copie du procès-verbal d’audition ou d’interrogatoire de la partie qu’il assiste, ou du procès-verbal des confrontations auxquelles elle a participé.

Article 121

Les procès-verbaux d’interrogatoire et de confrontation sont établis dans les formes prévues aux articles 106 et 107.

S’il est fait appel à un interprète, les dispositions de l’article 102 sont applicables.

Section 6 : Des mandats et de leur exécution

Article 124

Les mandats sont exécutoires dans toute l’étendue du territoire de la République.

Article 125

Le juge d’instruction interroge immédiatement l’inculpé qui fait l’objet d’un mandat de comparution.

Il est procédé dans les mêmes conditions à l’interrogatoire de l’inculpé arrêté en vertu d’un mandat d’amener ; toutefois, si l’interrogatoire ne peut être immédiat, l’inculpé est conduit dans la maison d’arrêt où il ne peut être détenu plus de vingt-quatre heures.

A l’expiration de ce délai, il est conduit d’office par les soins du surveillant-chef, devant le procureur de la République qui requiert le juge d’instruction, ou à son défaut le président du tribunal ou un juge désigné par celui-ci, de procéder immédiatement à l’interrogatoire, à défaut de quoi l’inculpé est mis en liberté.

Article 126

Tout inculpé arrêté en vertu d’un mandat d’amener, qui a été maintenu pendant plus de vingt-quatre heures dans la maison d’arrêt sans avoir été interrogé, est considéré comme arbitrairement détenu.

Tous magistrats ou fonctionnaires qui ont ordonné ou sciemment toléré cette détention arbitraire sont punis des peines portées aux articles 119 et 120 du code pénal.

Article 127

Si l’inculpé recherché en vertu d’un mandat d’amener est trouvé à plus de 200 km du siège du juge d’instruction qui a délivré le mandat, il est conduit dans les vingt-quatre heures, soit, avec son accord, devant le juge d’instruction qui a délivré ce mandat, soit devant le procureur de la République du lieu de l’arrestation.

Article 128

Ce magistrat l’interroge sur son identité, reçoit ses déclarations, après l’avoir averti qu’il est libre de ne pas en faire, l’interpelle afin de savoir s’il consent à être transféré ou s’il préfère prolonger les effets du mandat d’amener, en attendant, au lieu où il se trouve, la décision du juge d’instruction saisi de l’affaire. Si l’inculpé déclare s’opposer au transfèrement, il est conduit dans la maison d’arrêt et avis immédiat est donné au juge d’instruction compétent. L’original ou la copie du procès-verbal de la comparution contenant un signalement complet est transmis sans délai à ce magistrat, avec toutes les indications propres à faciliter la reconnaissance d’identité.

Ce procès-verbal doit mentionner que l’inculpé a reçu avis qu’il est libre de ne pas faire de déclaration.

Article 129

Le juge d’instruction saisi de l’affaire décide, aussitôt après la réception de ces pièces, s’il y a lieu d’ordonner le transfèrement.

Article 130

Lorsqu’il y a lieu à transfèrement dans les conditions prévues par les articles 128 et 129, l’inculpé doit être conduit devant le juge d’instruction qui a délivré le mandat dans les quatre jours de la notification du mandat.

Toutefois, ce délai est porté à six jours en cas de transfèrement d’un département d’outre-mer vers un autre département ou de la France métropolitaine vers un département d’outre-mer.

Article 130-1

En cas de non-respect des délais fixés par les articles 127 et 130, l’inculpé est libéré, sur ordre du juge d’instruction saisi de l’affaire, à moins que sa conduite ait été retardée par des circonstances insurmontables.

Article 131

Si l’inculpé est en fuite ou s’il réside hors du territoire de la République, le juge d’instruction, après avis du procureur de la République, peut décerner contre lui un mandat d’arrêt si le fait comporte une peine d’emprisonnement correctionnelle ou une peine plus grave.

Article 132

L’inculpé saisi en vertu d’un mandat d’arrêt est conduit sans délai dans la maison d’arrêt indiquée sur le mandat, sous réserve des dispositions de l’article 133, alinéa 2.

Le surveillant-chef délivre à l’agent chargé de l’exécution une reconnaissance de la remise de l’inculpé.

Article 133

Dans les vingt-quatre heures de l’incarcération de l’inculpé, il est procédé à son interrogatoire et il est statué sur le maintien de sa détention dans les conditions prévues par l’article 145. A défaut et à l’expiration de ce délai, les dispositions des articles 125 (troisième alinéa) et 126 sont applicables.

Si l’inculpé est arrêté à plus de deux cents kilomètres du siège du juge d’instruction qui a délivré le mandat, il est conduit immédiatement devant le procureur de la République du lieu de l’arrestation qui reçoit ses déclarations après l’avoir averti qu’il est libre de ne pas en faire. Mention est faite de cet avis au procès-verbal.

Le procureur de la République informe sans délai le magistrat qui a délivré le mandat et requiert le transfèrement. Si celui-ci ne peut être effectué immédiatement, le procureur de la République en réfère au juge mandant.

Lorsqu’il y a lieu à transfèrement, l’inculpé doit être conduit à la maison d’arrêt indiquée sur le mandat dans les délais prévus à l’article 130. Les dispositions de l’article 130-1 sont applicables.

Article 134

L’agent chargé de l’exécution d’un mandat d’amener ou d’arrêt ne peut s’introduire dans le domicile d’un citoyen avant 6 heures ni après 21 heures.

Il peut se faire accompagner d’une force suffisante pour que l’inculpé ne puisse se soustraire à la loi. La force est prise dans le lieu le plus proche de celui où le mandat doit s’exécuter et elle est tenue de déférer aux réquisitions contenues dans ce mandat.

Si l’inculpé ne peut être saisi, un procès-verbal de perquisition et de recherches infructueuses est adressé au magistrat qui a délivré le mandat.

Article 136

L’inobservation des formalités prescrites pour les mandats de comparution, d’amener, de dépôt et d’arrêt est sanctionnée par une amende civile de 5 000 francs (50 F) prononcée contre le greffier par le président de la chambre d’accusation ; elle peut donner lieu à des sanctions disciplinaires ou à prise à partie contre le juge d’instruction ou le procureur de la République.

Ces dispositions sont étendues, sauf application de peines plus graves, s’il y a lieu, à toute violation des mesures protectrices de la liberté individuelle prescrites par les articles 56, 57, 59, 96, 97, 138, 139 et 141.

Dans les cas visés aux deux alinéas précédents et dans tous les cas d’atteinte à la liberté individuelle, le conflit ne peut jamais être élevé par l’autorité administrative et les tribunaux de l’ordre judiciaire sont toujours exclusivement compétents.

Il en est de même dans toute instance civile fondée sur des faits constitutifs des infractions prévues par les articles 114 à 122 et 184 du code pénal, qu’elle soit dirigée contre la collectivité publique ou contre ses agents.

Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

Article 141-1

Les pouvoirs conférés au juge d’instruction par les articles 139 et 140 appartiennent, en tout état de cause, à la juridiction compétente selon les distinctions de l’article 148-1.

Article 143

Lorsqu’une juridiction de jugement est appelée à statuer dans les cas prévus à la présente sous-section, elle le fait dans les conditions déterminées par l’article 148-2.

Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

Article 149-2

La commission, saisie par voie de requête dans le délai de six mois de la décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, statue par une décision non motivée qui n’est susceptible d’aucun recours de quelque nature que ce soit.

Les débats ont lieu et la décision est rendue en chambre du conseil. Le débat est oral et le requérant peut être entendu personnellement sur sa demande.

La procédure devant la commission qui a le caractère d’une juridiction civile est fixée par un décret en Conseil d’Etat.

Article 150

L’indemnité allouée en application de la présente sous-section est à la charge de l’Etat, sauf le recours de celui-ci contre le dénonciateur de mauvaise foi ou le faux témoin dont la faute aurait provoqué la détention ou sa prolongation. Elle est payée comme frais de justice criminelle.

Section 9 : De l’expertise

Article 157

Les experts sont choisis parmi les personnes physiques ou morales qui figurent soit sur une liste nationale établie par le bureau de la Cour de cassation, soit sur une des listes dressées par les cours d’appel, le procureur général entendu.

Les modalités d’inscription et de radiation sur ces listes sont fixées par un décret en Conseil d’Etat.

A titre exceptionnel, les juridictions peuvent, par décision motivée, choisir des experts ne figurant sur aucune de ces listes.

Article 157-1

Si l’expert désigné est une personne morale, son représentant légal soumet à l’agrément de la juridiction le nom de la ou des personnes physiques qui, au sein de celle-ci et en son nom, effectueront l’expertise.

Article 158

La mission des experts qui ne peut avoir pour objet que l’examen de questions d’ordre technique est précisée dans la décision qui ordonne l’expertise.

Article 160

Lors de leur inscription sur l’une des listes prévues à l’article 157, les experts prêtent, devant la cour d’appel du ressort de leur domicile, serment d’apporter leur concours à la justice en leur honneur et en leur conscience. Ces experts n’ont pas à renouveler leur serment chaque fois qu’ils sont commis.

Les experts ne figurant sur aucune de ces listes prêtent, chaque fois qu’ils sont commis, le serment prévu à l’alinéa précédent devant le juge d’instruction ou le magistrat désigné par la juridiction. Le procès-verbal de prestation de serment est signé par le magistrat compétent, l’expert et le greffier. En cas d’empêchement dont les motifs doivent être précisés, le serment peut être reçu par écrit et la lettre de serment est annexée au dossier de la procédure.

Article 161

Toute décision commettant des experts doit leur impartir un délai pour remplir leur mission.

Si des raisons particulières l’exigent, ce délai peut être prorogé sur requête des experts et par décision motivée rendue par le magistrat ou la juridiction qui les a désignés. Les experts qui ne déposent pas leur rapport dans le délai qui leur a été imparti peuvent être immédiatement remplacés et doivent rendre compte des investigations auxquelles ils ont déjà procédé. Ils doivent aussi restituer dans les quarante-huit heures les objets, pièces et documents qui leur auraient été confiés en vue de l’accomplissement de leur mission. Ils peuvent être, en outre, l’objet de mesures disciplinaires allant jusqu’à la radiation de l’une ou de l’autre des listes prévues par l’article 157.

Les experts doivent remplir leur mission en liaison avec le juge d’instruction ou le magistrat délégué ; ils doivent le tenir au courant du développement de leurs opérations et le mettre à même de prendre à tout moment toutes mesures utiles.

Le juge d’instruction, au cours de ses opérations, peut toujours, s’il l’estime utile, se faire assister des experts.

Article 162

Si les experts demandent à être éclairés sur une question échappant à leur spécialité, le juge peut les autoriser à s’adjoindre des personnes nommément désignées, spécialement qualifiées par leur compétence.

Les personnes ainsi désignées prêtent serment dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 160.

Leur rapport sera annexé intégralement au rapport mentionné à l’article 166.

Article 164

Les experts peuvent recevoir, à titre de renseignements et pour l’accomplissement strict de leur mission, les déclarations de personnes autres que l’inculpé.

S’ils estiment qu’il y a lieu d’interroger l’inculpé et sauf délégation motivée délivrée à titre exceptionnel par le magistrat, il est procédé à cet interrogatoire en leur présence par le juge d’instruction ou le magistrat désigné par la juridiction en observant dans tous les cas les formes et conditions prévues par les articles 118 et 119.

L’inculpé peut, cependant, renoncer au bénéfice de cette disposition par déclaration expresse devant le juge d’instruction ou le magistrat désigné par la juridiction et fournir aux experts, en présence de son conseil, les explications nécessaires à l’exécution de leur mission. L’inculpé peut également, par déclaration écrite remise par lui aux experts et annexée par ceux-ci à leur rapport, renoncer à l’assistance de son conseil pour une ou plusieurs auditions.

Toutefois, les médecins experts chargés d’examiner l’inculpé peuvent lui poser les questions nécessaires à l’accomplissement de leur mission, hors la présence du juge et des conseils.

Article 165

Au cours de l’expertise, les parties peuvent demander à la juridiction qui l’a ordonnée qu’il soit prescrit aux experts d’effectuer certaines recherches ou d’entendre toute personne nommément désignée qui serait susceptible de leur fournir des renseignements d’ordre technique.

Article 168

Les experts exposent à l’audience, s’il y a lieu, le résultat des opérations techniques auxquelles ils ont procédé, après avoir prêté serment d’apporter leur concours à la justice en leur honneur et en leur conscience. Au cours de leur audition, ils peuvent consulter leur rapport et ses annexes.

Le président peut soit d’office, soit à la demande du ministère public, des parties ou de leurs conseils, leur poser toutes questions rentrant dans le cadre de la mission qui leur a été confiée.

Après leur exposé, les experts assistent aux débats, à moins que le président ne les autorise à se retirer.

Article 169

Si, à l’audience d’une juridiction de jugement, une personne entendue comme témoin ou à titre de renseignement contredit les conclusions d’une expertise ou apporte au point de vue technique des indications nouvelles, le président demande aux experts, au ministère public, à la défense et, s’il y a lieu, à la partie civile, de présenter leurs observations. Cette juridiction, par décision motivée, déclare, soit qu’il sera passé outre aux débats, soit que l’affaire sera renvoyée à une date ultérieure. Dans ce dernier cas, cette juridiction peut prescrire quant à l’expertise toute mesure qu’elle jugera utile.

Article 169-1

Les dispositions des articles 168 et 169 sont applicables aux personnes appelées soit à procéder à des constatations, soit à apprécier la nature des circonstances d’un décès, conformément aux articles 60 et 74.

Section 11 : Des ordonnances de règlement

Article 180

Dans les cas de renvoi, soit devant le tribunal de police, soit devant le tribunal correctionnel, le juge d’instruction transmet le dossier avec son ordonnance au procureur de la République. Celui-ci est tenu de l’envoyer sans retard au greffe du tribunal qui doit statuer.

Si la juridiction correctionnelle est saisie, le procureur de la République doit faire donner assignation au prévenu pour l’une des plus prochaines audiences, en observant les délais de citation prévus au présent code.

Article 182

Des ordonnances comportant non-lieu partiel peuvent intervenir en cours d’information.

Peuvent intervenir, dans les mêmes conditions, des ordonnances de renvoi partiel ou de transmission partielle des pièces lorsque, sur l’un ou plusieurs des faits dont le juge d’instruction est saisi, les charges recueillies apparaissent suffisantes.

Section 13 : De la reprise de l’information sur charges nouvelles

Article 189

Sont considérées comme charges nouvelles les déclarations des témoins, pièces et procès-verbaux qui, n’ayant pu être soumis à l’examen du juge d’instruction, sont cependant de nature soit à fortifier les charges qui auraient été trouvées trop faibles, soit à donner aux faits de nouveaux développements utiles à la manifestation de la vérité.

Article 190

Il appartient au ministère public seul de décider s’il y a lieu de requérir la réouverture de l’information sur charges nouvelles.

Chapitre II : De la chambre de l’instruction : juridiction d’instruction du second degré

Section 1 : Dispositions générales

Article 195

Dans les causes dont sont saisies les juridictions correctionnelles ou de police et jusqu’à l’ouverture des débats, le procureur général, s’il estime que les faits sont susceptibles d’une qualification plus grave que celle dont ils ont été l’objet, ordonne l’apport des pièces, met l’affaire en état et la soumet avec son réquisitoire à la chambre de l’instruction.

Article 203

Les infractions sont connexes soit lorsqu’elles ont été commises en même temps par plusieurs personnes réunies, soit lorsqu’elles ont été commises par différentes personnes, même en différents temps et en divers lieux, mais par suite d’un concert formé à l’avance entre elles, soit lorsque les coupables ont commis les unes pour se procurer les moyens de commettre les autres, pour en faciliter, pour en consommer l’exécution ou pour en assurer l’impunité, soit lorsque des choses enlevées, détournées ou obtenues à l’aide d’un crime ou d’un délit ont été, en tout ou partie, recelées.

Article 209

Le dossier de la procédure reste déposé au greffe pendant quarante-huit heures en matière de détention provisoire, pendant cinq jours en toute autre matière.

Il est alors procédé conformément aux articles 197, 198 et 199.

Article 211

Elle examine s’il existe contre l’inculpé des charges suffisantes.

Article 213

Si la chambre de l’instruction estime que les faits constituent un délit ou une contravention, elle prononce le renvoi de l’affaire, dans le premier cas devant le tribunal correctionnel, dans le second cas devant le tribunal de police.

Le prévenu détenu est immédiatement remis en liberté et le contrôle judiciaire prend fin. Toutefois, la chambre de l’instruction peut faire application, par un arrêt spécialement motivé, des dispositions prévues aux troisième et quatrième alinéas de l’article 179.

En cas de renvoi devant le tribunal de police, le prévenu détenu est immédiatement remis en liberté ; le contrôle judiciaire prend fin.

Article 215-1

L’accusé qui se trouve en liberté doit se constituer prisonnier au plus tard la veille de l’audience de la cour d’assises. Jusqu’à ce qu’il se constitue prisonnier, le contrôle judiciaire continue à produire ses effets.

L’ordonnance de prise de corps est exécutée si, dûment convoqué par la voie administrative au greffe de la cour d’assises et sans motif légitime d’excuse, l’accusé ne se présente pas au jour fixé pour être interrogé par le président de la cour d’assises. Il en est de même dans le cas prévu à l’article 141-2.

Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

Section 1 : Dispositions générales

Article 81

Le juge d’instruction procède, conformément à la loi, à tous les actes d’information qu’il juge utiles à la manifestation de la vérité.

Il est établi une copie de ces actes ainsi que de toutes les pièces de la procédure ; chaque copie est certifiée conforme par le greffier ou l’officier de police judiciaire commis mentionné à l’alinéa 4. Toutes les pièces du dossier sont cotées par le greffier au fur et à mesure de leur rédaction ou de leur réception par le juge d’instruction.

Toutefois, si les copies peuvent être établies à l’aide de procédés photographiques ou similaires, elles sont exécutées à l’occasion de la transmission du dossier. Il en est alors établi autant d’exemplaires qu’il est nécessaire à l’administration de la justice. Le greffier certifie la conformité du dossier reproduit avec le dossier original. Si le dessaisissement momentané a pour cause l’exercice d’une voie de recours, l’établissement des copies doit être effectué immédiatement pour qu’en aucun cas ne soit retardée la mise en état de l’affaire prévue à l’article 194.

Si le juge d’instruction est dans l’impossibilité de procéder lui-même à tous les actes d’instruction, il peut donner commission rogatoire aux officiers de police judiciaire afin de leur faire exécuter tous les actes d’information nécessaires dans les conditions et sous les réserves prévues aux articles 151 et 152.

Le juge d’instruction doit vérifier les éléments d’information ainsi recueillis.

Le juge d’instruction procède ou fait procéder, soit par des officiers de police judiciaire conformément à l’alinéa 4, soit par toute personne habilitée dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat, à une enquête sur la personnalité des inculpés, ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale. Toutefois, en matière de délit, cette enquête est facultative.

Le juge d’instruction peut prescrire un examen médical, confier à un médecin le soin de procéder à un examen médico-psychologique ou ordonner toutes autres mesures utiles. Si ces examens sont demandés par l’inculpé ou son conseil, il ne peut les refuser que par ordonnance motivée.

Section 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

Article 88

La partie civile qui met en mouvement l’action publique doit, si elle n’a obtenu l’aide judiciaire, consigner au greffe la somme présumée nécessaire pour les frais de procédure.

Le juge d’instruction constate, par ordonnance, le dépôt de la plainte. En fonction des ressources de la partie civile, il fixe le montant de la consignation et le délai dans lequel celle-ci devra être faite sous peine de non-recevabilité de la plainte. Il peut également dispenser de consignation la partie civile dépourvue de ressources suffisantes.

Article 91

Quand, après une information ouverte sur constitution de partie civile, une décision de non-lieu a été rendue, l’inculpé et toutes personnes visées dans la plainte, et sans préjudice d’une poursuite pour dénonciation calomnieuse, peuvent, s’ils n’usent de la voie civile, demander des dommages-intérêts au plaignant dans les formes indiquées ci-après :

L’action en dommages-intérêts doit être introduite dans les trois mois du jour où l’ordonnance de non-lieu est devenue définitive. Elle est portée par voie de citation devant le tribunal correctionnel où l’affaire a été instruite. Ce tribunal est immédiatement saisi du dossier de l’information terminée par une ordonnance de non-lieu, en vue de sa communication aux parties. Les débats ont lieu en chambre du conseil ; les parties, ou leurs conseils, et le ministère public sont entendus. Le jugement est rendu en audience publique.

En cas de condamnation, le tribunal peut ordonner la publication intégrale ou par extraits de son jugement dans un ou plusieurs journaux qu’il désigne, aux frais du condamné. Il fixe le coût maximum de chaque insertion.

L’opposition, s’il échet, et l’appel sont recevables dans les délais de droit commun en matière correctionnelle.

L’appel est porté devant la chambre des appels correctionnels statuant dans les mêmes formes que le tribunal.

L’arrêt de la cour d’appel peut être déféré à la Cour de cassation comme en matière pénale.

Section 3 : Des transports, perquisitions et saisies

Article 92

Le juge d’instruction peut se transporter sur les lieux pour y effectuer toutes constatations utiles ou procéder à des perquisitions. Il en donne avis au procureur de la République, qui a la faculté de l’accompagner.

Le juge d’instruction est toujours assisté d’un greffier.

Il dresse un procès-verbal de ses opérations.

Article 93

Si les nécessités de l’information l’exigent, le juge d’instruction peut, après en avoir donné avis au procureur de la République de son tribunal, se transporter avec son greffier dans toute l’étendue du territoire national, à effet d’y procéder à tous actes d’instruction, à charge à lui d’aviser, au préalable, le procureur de la République du tribunal dans le ressort duquel il se transporte. Il mentionne sur son procès-verbal les motifs de son transport.

Article 94

Les perquisitions sont effectuées dans tous les lieux où peuvent se trouver des objets dont la découverte serait utile à la manifestation de la vérité.

Article 95

Si la perquisition a lieu au domicile de l’inculpé, le juge d’instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57 et 59.

Article 96

Si la perquisition a lieu dans un domicile autre que celui de l’inculpé, la personne chez laquelle elle doit s’effectuer est invitée à y assister. Si cette personne est absente ou refuse d’y assister, la perquisition a lieu en présence de deux de ses parents ou alliés présents sur les lieux, ou à défaut, en présence de deux témoins.

Le juge d’instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57 (alinéa 2) et 59.

Toutefois, il a l’obligation de provoquer préalablement toutes mesures utiles pour que soit assuré le respect du secret professionnel et des droits de la défense.

Article 98

Sous réserve des nécessités de l’information judiciaire, toute communication ou toute divulgation sans autorisation de l’inculpé ou de ses ayants droit ou du signataire ou du destinataire d’un document provenant d’une perquisition, à une personne non qualifiée par la loi pour en prendre connaissance, est punie d’une amende de 1 800 F à 30 000 F et d’un emprisonnement de deux mois à deux ans.

Section 4 : Des auditions de témoins

Article 104

Toute personne nommément visée par une plainte assortie d’une constitution de partie civile peut refuser d’être entendue comme témoin. Le juge d’instruction, l’en avertit après lui avoir donné connaissance de la plainte. Mention en est faite au procés-verbal. En cas de refus, il ne peut l’entendre que comme inculpé.

Section 5 : Des interrogatoires et confrontations

Article 115

Nonobstant les dispositions prévues à l’article précédent, le juge d’instruction peut procéder à un interrogatoire immédiat et à des confrontations si l’urgence résulte, soit de l’état d’un témoin en danger de mort, soit de l’existence d’indices sur le point de disparaître, ou encore dans le cas prévu au dernier alinéa de l’article 72.

Le procès-verbal doit faire mention des causes d’urgences.

Article 116

L’inculpé détenu peut aussitôt après la première comparution communiquer librement avec son conseil.

Le juge d’instruction a le droit de prescrire l’interdiction de communiquer pour une période de dix jours. Il peut la renouveler, mais pour une nouvelle période de dix jours seulement.

En aucun cas l’interdiction de communiquer ne s’applique au conseil de l’inculpé.

Article 117

L’inculpé et la partie civile peuvent à tout moment de l’information faire connaître au juge d’instruction le nom du conseil choisi par eux ; s’ils désignent plusieurs conseils, ils doivent faire connaître celui d’entre eux auquel seront adressées les convocations et notifications ; à défaut de ce choix, celles-ci seront adressées au conseil le premier choisi ainsi qu’au deuxième conseil lorsque ce dernier n’est pas inscrit au même barreau que le premier.

Article 119

Le procureur de la République peut assister aux interrogatoires et confrontations de l’inculpé et aux auditions de la partie civile.

Chaque fois que le procureur de la République a fait connaître au juge d’instruction son intention d’y assister, le greffier du juge d’instruction doit, sous peine d’une amende civile de 1 000 francs (10 F) prononcée par le président de la chambre d’accusation, l’avertir par simple note, au plus tard, l’avant-veille de l’interrogatoire.

Article 120

Le procureur de la République et les conseils de l’inculpé et de la partie civile ne peuvent prendre la parole que pour poser des questions après y avoir été autorisés par le juge d’instruction.

Si cette autorisation leur est refusée, le texte des questions sera reproduit ou joint au procès-verbal.

Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

Article 137

L’inculpé reste libre sauf, à raison des nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté, à être soumis au contrôle judiciaire ou, à titre exceptionnel, placé en détention provisoire selon les règles et conditions énoncées ci-après.

Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

Article 141-2

Si l’inculpé se soustrait volontairement aux obligations du contrôle judiciaire, le juge d’instruction, quelle que soit la durée de la peine d’emprisonnement encourue, pourra décerner à son encontre mandat d’arrêt ou de dépôt en vue de sa détention provisoire.

Les mêmes droits appartiennent en tout état de cause à la juridiction qui est compétente selon les distinctions de l’article 148-1. Toutefois, à l’encontre de l’accusé, il n’y a pas lieu à délivrance d’un mandat et l’ordonnance de prise de corps est exécutée sur l’ordre du président de la cour d’assises ou, dans l’intervalle des sessions, du président de la chambre de l’instruction.

Article 142

Lorsque l’inculpé est astreint à fournir un cautionnement, ce cautionnement garantit :

1° La représentation de l’inculpé, du prévenu ou de l’accusé à tous les actes de la procédure et pour l’exécution du jugement, ainsi que, le cas échéant, l’exécution des autres obligations qui lui ont été imposées ;

2° Le paiement dans l’ordre suivant :

a) Des frais avancés par la partie civile, de la réparation des dommages causés par l’infraction et des restitutions, ainsi que de la dette alimentaire lorsque l’inculpé est poursuivi pour le défaut de paiement de cette dette ;

b) Des frais avancés par la partie publique ;

c) Des amendes.

La décision qui astreint l’inculpé à fournir un cautionnement détermine les sommes affectées à chacune des deux parties de ce cautionnement.

Article 142-1

Le juge d’instruction peut, avec le consentement de l’inculpé, ordonner que la partie du cautionnement affectée à la garantie des droits de la victime ou du créancier d’une dette alimentaire soit versée à ceux-ci par provision, sur leur demande.

Ce versement peut aussi être ordonné, même sans le consentement de l’inculpé, lorsqu’une décision de justice exécutoire a accordé à la victime ou au créancier une provision à l’occasion des faits qui sont l’objet des poursuites.

Article 142-2

La première partie du cautionnement est restituée si l’inculpé, le prévenu ou l’accusé s’est présenté à tous les actes de la procédure, a satisfait aux obligations du contrôle judiciaire et s’est soumis à l’exécution du jugement.

Elle est acquise à l’Etat dans le cas contraire, sauf motif légitime d’excuse.

Elle est néanmoins toujours restituée en cas de non-lieu, d’absolution ou d’acquittement.

Article 142-3

Le montant affecté à la deuxième partie du cautionnement qui n’a pas été versé à la victime de l’infraction ou au créancier d’une dette alimentaire est restitué en cas de non-lieu et, sauf s’il est fait application de l’article 372, en cas d’absolution ou d’acquittement.

En cas de condamnation, il est employé conformément aux dispositions du 2° de l’article 142. Le surplus est restitué.

Les conditions d’application du présent article sont fixées par un décret en Conseil d’Etat.

Sous-section 2 : De la détention provisoire

Article 144

En matière correctionnelle, si la peine encourue est égale ou supérieure à deux ans d’emprisonnement et si les obligations du contrôle judiciaire sont insuffisantes au regard des fonctions définies à l’article 137, la détention provisoire peut être ordonnée ou maintenue :

1° Lorsque la détention provisoire de l’inculpé est l’unique moyen de conserver les preuves ou les indices matériels ou d’empêcher soit une pression sur les témoins ou les victimes, soit une concertation frauduleuse entre inculpés et complices ;

2° Lorsque cette détention est nécessaire pour préserver l’ordre public du trouble causé par l’infraction ou pour protéger l’inculpé, pour mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement ou pour garantir le maintien de l’inculpé à la disposition de la justice.

La détention provisoire peut également être ordonnée, dans les conditions prévues par l’article 141-2, lorsque l’inculpé se soustrait volontairement aux obligations du contrôle judiciaire.

Article 148-1

La mise en liberté peut aussi être demandée en tout état de cause par tout inculpé, prévenu ou accusé, et en toute période de la procédure.

Lorsqu’une juridiction de jugement est saisie, il lui appartient de statuer sur la liberté provisoire ; avant le renvoi en cour d’assises et dans l’intervalle des sessions d’assises, ce pouvoir appartient à la chambre d’accusation.

En cas de pourvoi et jusqu’à l’arrêt de la Cour de cassation,

il est statué sur la demande de mise en liberté par la juridiction qui a connu en dernier lieu de l’affaire au fond. Si le pourvoi a été formé contre un arrêt de la cour d’assises, il est statué sur la détention par la chambre d’accusation.

En cas de décision d’incompétence et généralement dans tous les cas où aucune juridiction n’est saisie, la chambre d’accusation connaît des demandes de mise en liberté.

Article 148-3

Préalablement à sa mise en liberté, l’inculpé doit faire, auprès du juge d’instruction ou du chef de l’établissement pénitentiaire, la déclaration d’adresse prévue par le sixième alinéa de l’article 114.

L’inculpé est avisé qu’il doit signaler au juge d’instruction, jusqu’à la clôture de l’information, par nouvelle déclaration ou par lettre avec demande d’avis de réception, tout changement de l’adresse déclarée. Il est également avisé que toute notification ou signification faite à la dernière adresse déclarée sera réputée faite à sa personne.

Mention de cet avis, ainsi que de la déclaration d’adresse, est portée soit au procès-verbal, soit dans le document qui est adressé sans délai, en original ou en copie, par le chef de l’établissement pénitentiaire au juge d’instruction.

Article 148-5

En toute matière et en tout état de la procédure, la juridiction d’instruction ou de jugement peut, à titre exceptionnel, accorder une autorisation de sortie sous escorte à l’inculpé, au prévenu ou à l’accusé.

Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

Article 149

Sans préjudice de l’application des dispositions des articles 505 et suivants du Code de procédure civile, une indemnité peut être accordée à la personne ayant fait l’objet d’une détention provisoire au cours d’une procédure terminée à son égard par une décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, lorsque cette détention lui a causé un préjudice manifestement anormal et d’une particulière gravité.

Article 149-1

L’indemnité prévue à l’article précédent est allouée par décision d’une commission qui statue souverainement.

La commission est composée de trois magistrats du siège à la Cour de cassation ayant le grade de président de chambre ou de conseiller. Ces magistrats sont désignés annuellement, en même temps que trois suppléants, par le bureau de la Cour de cassation.

Les fonctions du ministère public sont remplies par le parquet général près la Cour de cassation.

Article 141

Section 8 : Des commissions rogatoires

Article 152

Les magistrats ou officiers de police judiciaire commis pour l’exécution exercent, dans les limites de la commission rogatoire, tous les pouvoirs du juge d’instruction.

Toutefois, les officiers de police judiciaire ne peuvent procéder aux interrogatoires et aux confrontations de l’inculpé. Il ne peuvent procéder aux auditions de la partie civile qu’à la demande de celle-ci.

Article 153

Tout témoin cité pour être entendu au cours de l’exécution d’une commission rogatoire est tenu de comparaître, de prêter serment et de déposer.

S’il ne satisfait pas à cette obligation, avis en est donné au magistrat mandant qui peut le contraindre à comparaître par la force publique et prendre contre lui les sanctions prévues à l’article 109, alinéas 2 et 3.

Article 154

Lorsque, pour les nécessités de l’exécution de la commission rogatoire, l’officier de police judiciaire est amené à retenir une personne à sa disposition, celle-ci doit être obligatoirement conduite, dans les vingt-quatre heures, devant le juge d’instruction dans le ressort duquel se poursuit l’exécution. Après audition de la personne qui lui est amenée, le juge d’instruction peut accorder l’autorisation écrite de prolonger la garde à vue d’un nouveau délai de vingt-quatre heures.

A titre exceptionnel, cette autorisation peut être accordée, par décision motivée, sans que la personne soit conduite devant le juge d’instruction.

Les gardes à vue auxquelles il est ainsi procédé par un officier de police judiciaire sont mentionnées dans les formes prévues aux articles 64 et 65.

Le juge d’instruction fixe le délai dans lequel les procès-verbaux dressés par l’officier de police judiciaire doivent lui être transmis par celui-ci. A défaut d’une telle fixation, ces procès-verbaus doivent lui être transmis dans les huit jours de la fin des opérations exécutées en vertu de la commission rogatoire.

Chapitre II : De la chambre d’accusation : juridiction d’instruction du second degré

Section 1 : Dispositions générales

Article 191

Chaque cour d’appel comprend au moins une chambre d’accusation.

Cette juridiction est composée d’un président de chambre exclusivement attaché à ce service, et de deux conseillers qui peuvent, en cas de besoin, assurer le service des autres chambres de la cour.

Le président et les conseillers composant la chambre d’accusation sont désignés chaque année, pour la durée de l’année judiciaire suivante, par l’assemblée générale de la cour.

Un décret pourra prévoir que le président de la chambre d’accusation d’une cour d’appel comptant moins de trois chambres assurera à titre exceptionnel le service d’une autre chambre de la même cour.

Article 192

Les fonctions du ministère public auprès de la chambre d’accusation sont exercées par le procureur général ou par ses substituts ; celles du greffe par un greffier de la cour d’appel.

Article 193

La chambre d’accusation se réunit au moins une fois par semaine et, sur convocation de son président ou à la demande du procureur général, toutes les fois qu’il est nécessaire.

Article 194

Le procureur général met l’affaire en état dans les quarante-huit heures de la réception des pièces en matière de détention provisoire et dans les dix jours en toute autre matière ; il la soumet, avec son réquisitoire, à la chambre d’accusation.

Celle-ci doit, en matière de détention provisoire, se prononcer dans les plus brefs délais et au plus tard dans les trente jours de l’appel prévu par l’article 186, faute de quoi l’inculpé est mis d’office en liberté, sauf si des vérifications concernant sa demande ont été ordonnées ou si des circonstances imprévisibles et insurmontables mettent obstacle au jugement de l’affaire dans le délai prévu au présent article.

Article 196

Le procureur général agit de même lorsqu’il reçoit, postérieurement à un arrêt de non-lieu prononcé par la chambre d’accusation, des pièces lui paraissant contenir des charges nouvelles dans les termes de l’article 189. Dans ce cas et en attendant la réunion de la chambre d’accusation, le président de cette juridiction peut, sur les réquisitions du procureur général, décerner mandat de dépôt ou d’arrêt.

Article 198

Les parties et leurs conseils sont admis jusqu’au jour de l’audience à produire des mémoires qu’ils communiquent au ministère public et aux autres parties.

Ces mémoires sont déposés au greffe de la chambre d’accusation et visés par le greffier avec l’indication du jour et de l’heure du dépôt.

Article 199

Les débats se déroulent et l’arrêt est rendu en chambre du conseil.

Après le rapport du conseiller, le procureur général et les conseils des parties qui en ont fait la demande présentent des observations sommaires.

La chambre d’accusation peut ordonner la comparution personnelle des parties ainsi que l’apport des pièces à conviction.

Article 200

Lorsque les débats sont terminés, la chambre d’accusation délibère sans qu’en aucun cas le procureur général, les parties, leurs conseils et le greffier puissent être présents.

Article 201

La chambre d’accusation peut, dans tous les cas, à la demande du procureur général, d’une des parties ou même d’office, ordonner tout acte d’information complémentaire qu’elle juge utile.

Elle peut également, dans tous les cas, le ministère public entendu, prononcer d’office la mise en liberté de l’inculpé.

Article 205

Il est procédé aux suppléments d’information conformément aux dispositions relatives à l’instruction préalable soit par un des membres de la chambre d’accusation, soit par un juge d’instruction qu’elle délègue à cette fin.

Le procureur général peut à tout moment requérir la communication de la procédure, à charge de rendre les pièces dans les vingt-quatre heures.

Article 206

La chambre d’accusation examine la régularité des procédures qui lui sont soumises.

Si elle découvre une cause de nullité, elle prononce la nullité de l’acte qui en est entaché et, s’il y échet, celle de tout ou partie de la procédure ultérieure.

Après annulation, elle peut soit évoquer et procéder dans les conditions prévues aux articles 201, 202 et 204, soit renvoyer le dossier de la procédure au même juge d’instruction ou à tel autre, afin de poursuivre l’information.

Article 208

Lorsqu’elle a prescrit une information complémentaire et que celle-ci est terminée, la chambre d’accusation ordonne le dépôt au greffe du dossier de la procédure.

Le procureur général avise immédiatement de ce dépôt chacune des parties et son conseil par lettre recommandée.

Article 210

La chambre d’accusation statue par un seul et même arrêt sur tous les faits entre lesquels il existe un lien de connexité.

Article 215

L’arrêt de mise en accusation contient, à peine de nullité, l’exposé et la qualification légale des faits, objets de l’accusation.

Il décerne en outre ordonnance de prise de corps contre l’accusé dont il précise l’identité.

Article 216

Les arrêts de la chambre d’accusation sont signés par le président et par le greffier. Il y est fait mention du nom des juges, du dépôt des pièces et des mémoires, de la lecture du rapport, des réquisitions du ministère public et, s’il y a lieu,

de l’audition des parties ou de leurs conseils.

La chambre d’accusation réserve les dépens si son arrêt n’éteint pas l’action dont elle a eu à connaître.

Dans le cas contraire, elle liquide les dépens et condamne aux frais la partie qui succombe.

Toutefois la partie civile de bonne foi peut être déchargée de la totalité ou d’une partie des frais par décision spéciale et motivée.

Lorsqu’il apparaît inéquitable de laisser à la charge de la partie civile les sommes exposées par elle et non comprises dans les frais et dépens, le juge peut condamner l’auteur de l’infraction à lui payer le montant qu’il détermine.

Article 218

Les dispositions des articles 170, 172, alinéas 1er et 3, et 173, relatives aux nullités de l’information sont applicables au présent chapitre.

La régularité des arrêts des chambres d’accusation et celle de la procédure antérieure, lorsque cette chambre a statué sur le règlement d’une procédure, relève du seul contrôle de la Cour de cassation, que le pourvoi soit immédiatement recevable ou qu’il ne puisse être examiné qu’avec l’arrêt sur le fond.

Section 2 : Pouvoirs propres du président de la chambre d’accusation

Article 219

Le président de la chambre d’accusation, et dans les cours où il existe plusieurs chambres d’accusation l’un des présidents spécialement désigné par l’assemblée générale, exerce les pouvoirs propres définis aux articles suivants.

En cas d’empêchement de ce président, ses pouvoirs propres sont attribués, par délibération de l’assemblée générale de la cour d’appel, à un magistrat du siège appartenant à ladite cour.

Le président peut déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à un magistrat du siège de la chambre d’accusation et, dans les cours où il existe plusieurs chambres d’accusation, à un magistrat du siège d’une autre chambre d’accusation après accord du président de cette chambre. Il peut également déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à un premier vice-président du tribunal de grande instance désigné par le président de ce tribunal.

Section 2 : Des pouvoirs propres du président de la chambre d’accusation

Article 220

Le président de la chambre d’accusation s’assure du bon fonctionnement des cabinets d’instruction du ressort de la cour d’appel. Il vérifie notamment les conditions d’application des alinéas 4 et 5 de l’article 81 et s’emploie à ce que les procédures ne subissent aucun retard injustifié.

Article 222

Le président, chaque fois qu’il l’estime nécessaire et au moins une fois par trimestre, visite les maisons d’arrêt du ressort de la cour d’appel et y vérifie la situation des inculpés en état de détention provisoire.

Article 223

Il peut saisir la chambre d’accusation, afin qu’il soit par elle statué sur le maintien en détention d’un inculpé en état de détention provisoire.

Section 3 : Du contrôle de l’activité des officiers et agents de police judiciaire

Article 224

La chambre d’accusation exerce un contrôle sur l’activité des fonctionnaires civils et des militaires, officiers et agents de police judiciaire, pris en cette qualité.

Article 225

Elle est saisie soit par le procureur général, soit par son président.

Elle peut se saisir d’office à l’occasion de l’examen de la procédure qui lui est soumise.

Article 226

La chambre d’accusation, une fois saisie, fait procéder à une enquête ; elle entend le procureur général et l’officier ou agent de police judiciaire en cause.

Ce dernier doit avoir été préalablement mis à même de prendre connaissance de son dossier de police judiciaire tenu au parquet général de la cour d’appel.

Il peut se faire assister par un avocat.

Article 227

La chambre d’accusation peut, sans préjudice des sanctions disciplinaires qui pourraient être infligées à l’officier ou agent de police judiciaire par ses supérieurs hiérarchiques, lui adresser des observations ou décider qu’il ne pourra, temporairement ou définitivement, exercer, soit dans le ressort de la cour d’appel, soit sur tout l’ensemble du territoire, ses fonctions d’officier de police judiciaire et de délégué du juge d’instruction ou ses fonctions d’agent de police judiciaire.

Article 228

Si la chambre d’accusation estime que l’officier ou agent de police judiciaire a commis une infraction à la loi pénale, elle ordonne en outre la transmission du dossier au procureur général à toutes fins qu’il appartiendra.

Article 229

Les décisions prises par la chambre d’accusation contre les officiers ou agents de police judiciaire sont notifiées, à la diligence du procureur général, aux autorités dont ils dépendent.

Article 230

Les dispositions de la présente section sont applicables aux chefs de district et aux agents techniques des eaux et forêts.

Livre II : Des juridictions de jugement

Titre Ier : De la cour d’assises

Chapitre Ier : De la compétence de la cour d’assises

Article 231

La cour d’assises a plénitude de juridiction pour juger les individus renvoyés devant elle par l’arrêt de mise en accusation.

Elle ne peut connaître d’aucune autre accusation.

Chapitre II : De la tenue des assises

Article 232

Il est tenu des assises à Paris et dans chaque département.

Article 233

La cour d’appel peut, sur les réquisitions du procureur général, ordonner qu’il soit formé autant de sections d’assises que les besoins du service l’exigent.

Article 234

Dans les départements où siège une cour d’appel les assises se tiennent ordinairement au chef-lieu de cette cour.

Dans les autres départements, les assises se tiennent ordinairement au chef-lieu de ces circonscriptions.

Exceptionnellement, un décret en Conseil d’Etat peut fixer le siège de la cour d’assises dans une autre ville du département où existe un tribunal de grande instance.

Article 235

La cour d’appel peut, sur les réquisitions du procureur général, ordonner par arrêt motivé que les assises se tiendront au siège d’un tribunal autre que celui auquel elles se tiennent habituellement.

L’arrêt est porté à la connaissance des tribunaux intéressés par les soins du procureur général.

Article 236

La tenue des assises a lieu tous les trois mois.

Cependant, le premier président de la cour d’appel peut, après avis du procureur général, ordonner qu’il soit tenu, au cours d’un même trimestre, une ou plusieurs sessions supplémentaires.

Article 237

La date de l’ouverture de chaque session d’assises ordinaire ou supplémentaire est fixée, après avis du procureur général, par ordonnance du premier président de la cour d’appel ou, dans le cas prévu par l’article 235, par l’arrêt de la cour d’appel.

Cette ordonnance ou cet arrêt est porté à la connaissance du tribunal, siège de la cour d’assises, par les soins du procureur général, quinze jours au moins avant l’ouverture de la session *délai*.

Article 238

Le rôle de chaque session est arrêté par le président de la cour d’assises, sur proposition du ministère public.

Article 239

Le ministère public avise l’accusé de la date à laquelle celui-ci doit comparaître.

Chapitre III : De la composition de la cour d’assises

Article 240

La cour d’assises comprend : la cour proprement dite et le jury.

Article 242

La cour d’assises est, à l’audience, assistée d’un greffier.

A Paris et dans les départements où siège une cour d’appel, les fonctions du greffe sont exercées par le greffier en chef ou un greffier de la cour d’appel.

Dans les autres départements, elles le sont par le greffier en chef ou un greffier du tribunal de grande instance.

Section 1 : De la cour

Article 243

La cour proprement dite comprend : le président et les assesseurs.

Paragraphe 1er : Du président

Article 244

La cour d’assises est présidée par un président de chambre ou par un conseiller de la cour d’appel.

Article 245

Pour la durée de chaque trimestre et pour chaque cour d’assises, le président est désigné par l’ordonnance du premier président qui fixe la date d’ouverture des sessions.

Article 246

En cas d’empêchement survenu avant l’ouverture de la session, le président des assises est remplacé par ordonnance du premier président.

Si l’empêchement survient au cours de la session, le président des assises est remplacé par l’assesseur du rang le plus élevé.

Article 247

Le premier président peut présider la cour d’assises chaque fois qu’il le juge convenable.

Paragraphe 2 : Des assesseurs

Article 248

Les assesseurs sont au nombre de deux.

Toutefois, il peut leur être adjoint un ou plusieurs assesseurs supplémentaires, si la durée ou l’importance de la session rendent cette mesure nécessaire.

Les assesseurs supplémentaires siègent aux audiences. Ils ne prennent part aux délibérations qu’en cas d’empêchement d’un assesseur titulaire, constaté par ordonnance motivée du président de la cour d’assises.

Article 249

Les assesseurs sont choisis soit parmi les conseillers de la cour d’appel, soit parmi les présidents, vice-présidents, ou juges du tribunal de grande instance du lieu de la tenue des assises.

Article 250

Les assesseurs sont désignés par le premier président pour la durée d’un trimestre et pour chaque cour d’assises, dans les mêmes formes que le président.

Article 251

En cas d’empêchement survenu avant l’ouverture de la session, les assesseurs sont remplacés par ordonnance du premier président.

Si l’empêchement survient au cours de la session, les assesseurs sont remplacés par ordonnance du président de la cour d’assises et choisis parmi les magistrats du siège de la cour d’appel ou du tribunal, siège de la cour d’assises.

Article 252

Lorsque la session est ouverte, le président de la cour d’assises peut, s’il y a lieu, désigner un ou plusieurs assesseurs supplémentaires.

Article 253

Ne peuvent faire partie de la cour en qualité de président ou d’assesseur les magistrats qui, dans l’affaire soumise à la cour d’assises, ont, soit fait un acte de poursuite ou d’instruction, soit participé à l’arrêt de mise en accusation ou à une décision sur le fond relative à la culpabilité de l’accusé.

Section 2 : Du jury

Article 254

Le jury est composé de citoyens désignés conformément aux dispositions des articles suivants.

Paragraphe 1er : Des conditions d’aptitude aux fonctions de juré

Article 255

Peuvent seuls remplir les fonctions de juré, les citoyens de l’un ou de l’autre sexe, âgés de plus de vingt-trois ans, sachant lire et écrire en français, jouissant des droits politiques, civils et de famille, et ne se trouvant dans aucun cas d’incapacité ou d’incompatibilité énumérés par les deux articles suivants.

Article 256

Sont incapables d’être jurés :

1° Les individus ayant été condamnés à une peine criminelle ou à un mois au moins d’emprisonnement pour crime ou délit ;

2° Pendant cinq ans seulement, à compter du jugement définitif, ceux condamnés pour délit quelconque à un emprisonnement de moins d’un mois ou une amende au moins égale à 500 F ;

3° Ceux qui sont en état d’accusation ou de contumace et ceux qui sont sous mandat de dépôt ou d’arrêt ;

4° Les fonctionnaires et agents de l’Etat, des départements et des communes, révoqués de leurs fonctions ;

5° Les officiers ministériels destitués et les membres des ordres professionnels, frappés d’une interdiction définitive d’exercer par une décision juridictionnelle ;

6° Les personnes qui ont été déclarées en état de faillite et n’ont pas été réhabilitées ;

7° Celles auxquelles les fonctions de juré sont interdites en vertu de l’article 288, alinéa 5, du présent code ou de l’article 42 du Code pénal ;

8° Les majeurs sous sauvegarde de justice, les majeurs en tutelle, les majeurs en curatelle et ceux qui sont placés dans un établissement d’aliénés en vertu des articles L. 326-1 à L. 355 du Code de la santé publique.

Article 258

Sont dispensées des fonctions de juré les personnes âgées de plus de soixante-dix ans ou n’ayant pas leur résidence principale dans le département siège de la cour d’assises lorsqu’elles en font la demande à la commission prévue par l’article 262.

Peuvent, en outre, être dispensées de ces fonctions les personnes qui invoquent un motif grave reconnu valable par la commission.

Article 258-1

Sont exclus ou rayés de la liste annuelle des jurés et de la liste spéciale des jurés suppléants ceux qui ont rempli les fonctions de juré dans le département depuis moins de cinq ans.

Une objection morale d’ordre laïque ou religieux ne constitue pas un motif grave susceptible de justifier l’exclusion de la liste des jurés.

La commission prévue à l’article 262 peut également exclure les personnes qui, pour un motif grave, ne paraissent pas en mesure d’exercer les fonctions de juré.

L’inobservation des dispositions du présent article et de l’article précédent n’entache d’aucune nullité la formation du jury.

Paragraphe 2 : De la formation du jury

Article 259

Il est établi, annuellement, dans le ressort de chaque cour d’assises une liste du jury criminel.

Article 260

Cette liste comprend, pour la cour d’assises de Paris, mille huit cents jurés et, pour les autres ressorts de cour d’assises, un juré pour mille trois cents habitants, sans toutefois que le nombre des jurés puisse être inférieur à deux cents.

Le nombre des jurés pour la liste annuelle est réparti proportionnellement au tableau officiel de la population. Cette répartition est faite par commune ou communes regroupées, par arrêté du préfet au mois d’avril de chaque année. A Paris, elle est faite par arrêté du préfet au mois de juin entre les arrondissements.

Article 261

Dans chaque commune, le maire, en vue de dresser la liste préparatoire de la liste annuelle, tire au sort publiquement à partir de la liste électorale un nombre de noms triple de celui fixé par l’arrêté préfectoral pour la circonscription. Pour la constitution de cette liste préparatoire, ne sont pas retenues les personnes qui n’auront pas atteint, l’âge de vingt-trois ans au cours de l’année civile qui suit.

Lorsque l’arrêté préfectoral de répartition a prévu un regroupement de communes, le tirage au sort est effectué par le maire de la commune désignée dans l’arrêté du préfet. Il porte sur l’ensemble des listes électorales des communes concernées.

A Paris, le tirage au sort est effectué, dans chaque arrondissement, par l’officier d’état civil désigné par le maire.

Article 261-1

La liste préparatoire doit être dressée en deux originaux dont l’un est déposé à la mairie, et pour Paris à la mairie annexe, et l’autre transmis avant le 15 juillet au secrétariat-greffe de juridiction siège de la cour d’assises.

Le maire doit avertir les personnes qui ont été tirées au sort. Il leur demande de lui préciser leur profession. Il les informe qu’elles ont la possibilité de demander par lettre simple avant le 1er septembre au président de la commission prévue à l’article 262 le bénéfice des dispositions de l’article 258.

Le maire est tenu d’informer le greffier en chef de la cour d’appel ou du tribunal de grande instance siège de la cour d’assises, des inaptitudes légales résultant des articles 255, 256 et 257, qui, à sa connaissance, frapperaient les personnes portées sur la liste préparatoire. Il peut, en outre, présenter des observations sur le cas des personnes qui, pour des motifs graves, ne paraissent pas en mesure d’exercer les fonctions de juré.

Article 262

La liste annuelle est dressée au siège de chaque cour d’assises par une commission présidée, au siège de la cour d’appel, par le premier président ou son délégué et, dans les tribunaux de grande instance, sièges de la cour d’assises, par le président du tribunal ou son délégué.

Cette commission comprend, outre son président :

Trois magistrats du siège désignés chaque année par l’assemblée générale de la juridiction siège de la cour d’assises ;

Selon le cas, soit le procureur général ou son délégué, soit le procureur de la République ou son délégué ;

Le bâtonnier de l’Ordre des avocats de la juridiction, siège de la cour d’assises ou son représentant ;

Cinq conseillers généraux désignés chaque année par le conseil général et, à Paris, cinq conseillers désignés par le Conseil de Paris.

Article 263

La commission se réunit sur la convocation de son président au siège de la cour d’assises, dans le courant du mois de septembre. Son secrétariat est assuré par le greffier en chef de la juridiction siège de la cour d’assises.

Elle exclut les personnes qui ne remplissent pas les conditions d’aptitude légale résultant des articles 255,256 et 257. Elle statue sur les requêtes présentées en application de l’article 258. Sont également exclues les personnes visées par l’article 258-1 (alinéa 1er), ainsi que, le cas échéant, celles visées par l’article 258-1 (alinéa 2).

Les décisions de la commission sont prises à la majorité ; en cas de partage, la voix du président est prépondérante.

La liste annuelle des jurés est établie par tirage au sort parmi les noms qui n’ont pas été exclus.

La liste est définitivement arrêtée dans l’ordre du tirage au sort, signée séance tenante et déposée au secrétariat-greffe de la juridiction siège de la cour d’assises.

Article 265

La liste annuelle et la liste spéciale sont transmises par le président de la commission au préfet qui les fait parvenir au maire de chaque commune. Le maire est tenu d’informer, dès qu’il en a connaissance, le premier président de la cour d’appel ou le président du tribunal de grande instance, siège de la cour d’assises, des décès, des incapacités ou des incompatibilités légales qui frapperaient les personnes dont les noms sont portés sur ces listes.

Le premier président de la cour d’appel ou le président du tribunal de grande instance, siège de la cour d’assises, ou leur délégué est habilité à retirer les noms de ces personnes de la liste annuelle et de la liste spéciale.

Article 266

Trente jours au moins avant l’ouverture des assises, le premier président de la cour d’appel, ou son délégué, ou le président du tribunal de grande instance, siège de la cour d’assises, ou son délégué, tire au sort, en audience publique, sur la liste annuelle, les noms de trente-cinq jurés qui forment la liste de session. Il tire, en outre, les noms de dix jurés suppléants sur la liste spéciale.

Si, parmi les noms tirés au sort, figurent ceux d’une ou de plusieurs personnes décédées ou qui se révéleraient ne pas remplir les conditions d’aptitude légale résultant des articles 255, 256 et 257 ou avoir exercé les fonctions de juré dans le département depuis moins de cinq ans, ces noms sont immédiatement remplacés sur la liste de session et la liste des dix jurés suppléants par les noms d’un ou de plusieurs autres jurés désignés par le sort ; ils sont retirés de la liste annuelle ou de la liste spéciale par le premier président de la cour d’appel ou par le président du tribunal de grande instance, siège de la cour d’assises, ou leur délégué.

Sont également remplacés sur la liste de session et sur la liste des dix jurés suppléants, dans le cas où ils sont tirés au sort, les noms des personnes qui, dans l’année, ont satisfait aux réquisitions prescrites par les alinéas 2 et 3 de l’article 267.

Article 267

Le préfet notifie à chacun des jurés l’extrait de la liste de session ou de la liste des dix jurés suppléants le concernant quinze jours au moins avant le jour de l’ouverture de la session.

Ce jour est mentionné dans la notification, laquelle indique également la durée prévisible de la session et contient sommation de se trouver aux jour et heure indiqués sous les peines portées au présent code.

A défaut de notification à personne, elle est faite à domicile ainsi qu’au maire, qui est alors tenu d’en donner connaissance au juré désigné.

Chapitre IV : De la procédure préparatoire aux sessions d’assises

Section 1 : Des actes obligatoires

Article 268

L’arrêt de renvoi est signifié à l’accusé.

Il lui en est laissé copie.

Cette signification doit être faite à personne si l’accusé est détenu.

Dans le cas contraire, elle est faite dans les formes prévues au titre IV du présent livre.

Article 269

Dès que l’arrêt de renvoi est devenu définitif, l’accusé, s’il est détenu, est transféré dans la maison d’arrêt du lieu où se tiennent les assises.

Article 270

Si l’accusé ne peut être saisi ou ne se présente pas, on procède contre lui par contumace.

Article 271

Si l’affaire ne doit pas être jugée au siège de la cour d’appel, le dossier de la procédure est renvoyé par le procureur général au greffe du tribunal de grande instance, où se tiennent les assises.

Les pièces à conviction sont également transportées au greffe de ce tribunal.

Article 272

Le président de la cour d’assises interroge l’accusé dans le plus bref délai, après l’arrivée de ce dernier à la maison d’arrêt et la remise des pièces au greffe.

Si l’accusé est en liberté, il est procédé comme il est dit à l’article 215-1, deuxième alinéa.

Le président peut déléguer un de ses assesseurs afin de procéder à cet interrogatoire.

Il doit être fait appel à un interprète si l’accusé ne parle ou ne comprend pas la langue française.

Article 273

Le président interroge l’accusé sur son identité et s’assure que celui-ci a reçu signification de l’arrêt de renvoi.

Article 274

L’accusé est ensuite invité à choisir un conseil pour l’assister dans sa défense.

Si l’accusé ne choisit pas son conseil, le président ou son délégué lui en désigne un d’office.

Cette désignation est non avenue si, par la suite, l’accusé choisit un conseil.

Article 275

Le conseil ne peut être choisi ou désigné que parmi les avocats inscrits à un barreau.

Toutefois, à titre exceptionnel, le président peut autoriser l’accusé à prendre pour conseil un de ses parents ou amis.

Article 276

L’accomplissement des formalités prescrites par les articles 272 à 275 est constaté par un procès-verbal que signent le président ou son délégué, le greffier, l’accusé et, s’il y a lieu, l’interprète.

Si l’accusé ne sait ou ne veut signer, le procès-verbal en fait mention.

Article 277

Les débats ne peuvent s’ouvrir moins de cinq jours après l’interrogatoire par le président de la cour d’assises. L’accusé et son conseil peuvent renoncer à ce délai.

Article 278

L’accusé ne cesse pas de pouvoir communiquer librement avec son conseil.

Le conseil peut prendre sur place communication de toutes les pièces du dossier sans que cette communication puisse provoquer un retard dans la marche de la procédure.

Article 279

Il est délivré gratuitement à chacun des accusés copie des procès-verbaux constatant l’infraction, des déclarations écrites des témoins et des rapports d’expertise.

Article 280

L’accusé et la partie civile, ou leur conseils, peuvent prendre ou faire prendre copie, à leurs frais, de toutes pièces de la procédure.

Article 281

Le ministère public et la partie civile signifient à l’accusé, l’accusé signifie au ministère public et, s’il y a lieu, à la partie civile, vingt-quatre heures au moins avant l’ouverture des débats, la liste des personnes qu’ils désirent faire entendre en qualité de témoins.

Les noms des experts appelés à rendre compte des travaux dont ils ont été chargés au cours de l’information doivent être signifiés dans les mêmes conditions.

L’exploit de signification doit mentionner les nom, prénoms, professions et résidence de ces témoins ou experts.

Les citations faites à la requête des parties sont à leurs frais, ainsi que les indemnités des témoins cités, s’ils en requièrent, sauf au ministère public à faire citer, à sa requête les témoins qui lui sont indiqués par l’accusé, dans le cas où il juge que leur déclaration peut être utile pour la découverte de la vérité.

Article 282

La liste des jurés de session telle qu’elle a été arrêtée conformément aux prescriptions de l’article 266 est signifiée à chaque accusé au plus tard l’avant-veille de l’ouverture des débats.

Cette liste doit contenir des indications suffisantes pour permettre l’identification des jurés, à l’exception de celles concernant leur domicile ou résidence. Toutefois, ces dernières indications doivent être communiquées au conseil de chacun des accusés dès qu’il en ferait la demande.

Section 2 : Des actes facultatifs ou exceptionnels

Article 283

Le président, si l’instruction lui semble incomplète ou si des éléments nouveaux ont été révélés depuis sa clôture, peut ordonner tous actes d’information qu’il estime utiles.

Il y est procédé soit par le président, soit par un de ses assesseurs ou un juge d’instruction qu’il délègue à cette fin. Dans ce cas, les prescriptions du chapitre Ier du titre III du livre Ier doivent être observées, à l’exception de celles de l’article 167.

Article 284

Les procès-verbaux et autres pièces ou documents réunis au cours du supplément d’information sont déposés au greffe et joints au dossier de la procédure.

Ils sont mis à la disposition du ministère public et des parties qui sont avisés de leur dépôt par les soins du greffier.

Le procureur général peut, à tout moment, requérir communication de la procédure à charge de rendre les pièces dans les vingt-quatre heures.

Article 285

Lorsqu’à raison d’un même crime plusieurs arrêts de renvoi ont été rendus contre différents accusés, le président peut, soit d’office, soit sur réquisition du ministère public, ordonner la jonction des procédures.

Cette jonction peut également être ordonnée quand plusieurs arrêts de renvoi ont été rendus contre un même accusé pour des infractions différentes.

Article 286

Quand l’arrêt de renvoi vise plusieurs infractions non connexes, le président peut, soit d’office, soit sur réquisition du ministère public, ordonner que les accusés ne soient immédiatement poursuivis que sur l’une ou quelques-unes de ces infractions.

Article 287

Le président peut, soit d’office, soit sur réquisition du ministère public, ordonner le renvoi à une session ultérieure des affaires qui ne lui paraissent pas en état d’être jugées au cours de la session au rôle de laquelle elles sont inscrites.

Chapitre V : De l’ouverture des sessions

Section 1 : De la révision de la liste du jury

Article 288

Aux lieu, jour et heure fixés pour l’ouverture de la session, la cour prend séance.

Le greffier procède à l’appel des jurés inscrits sur la liste établie conformément à l’article 266.

La cour statue sur le cas des jurés absents.

Tout juré qui, sans motif légitime, n’a pas déféré à la citation qui lui a été notifiée, est condamné par la cour à une amende, laquelle est, pour la première fois, de 100 F, la cour ayant la faculté de la réduire de moitié, pour la seconde fois, de 200 F et, pour la troisième fois, de 500 F.

Cette dernière fois, il est, de plus, déclaré incapable d’exercer à l’avenir les fonctions de juré.

Les peines portées au présent article sont applicables à tout juré qui, même ayant déféré à la citation, se retire avant l’expiration de ses fonctions, sans une excuse jugée valable par la cour.

Article 289

Si parmi les jurés présents, il en est qui ne remplissent pas les conditions d’aptitude légales exigées par les articles 255, 256 et 257, la cour ordonne que leurs noms soient rayés de la liste et adressés au premier président de la cour d’appel ou au président du tribunal de grande instance, siège de la cour d’assises, aux fins de radiation de la liste annuelle.

Il en est de même en ce qui concerne les noms des jurés décédés.

Sont également rayés de la liste de session, les noms des jurés qui se révéleraient être conjoints, parents ou alliés jusqu’au degré d’oncle ou de neveu inclusivement d’un membre de la cour ou de l’un des jurés présents inscrits avant lui sur ladite liste.

Article 289-1

Si, en raison des absences ou à la suite des radiations par la cour, il reste moins de vingt-trois jurés sur la liste de session, ce nombre est complété par les jurés suppléants, suivant l’ordre de leur inscription ; en cas d’insuffisance, par des jurés tirés au sort, en audience publique, parmi les jurés inscrits sur la liste spéciale, subsidiairement parmi les jurés de la ville inscrits sur la liste annuelle.

Dans le cas où les assises se tiennent dans un autre lieu que celui où elles doivent se tenir habituellement, le nombre des jurés titulaires est complété par un tirage au sort fait, en audience publique, parmi les jurés de la ville inscrits sur la liste annuelle.

Les noms des jurés suppléants, de ceux qui sont inscrits sur la liste spéciale ainsi que les noms des jurés de la ville où se tiennent les assises, qui sont inscrits sur la liste annuelle, sont rayés des listes dans les conditions prévues à l’article précédent.

Article 290

L’ensemble des décisions de la cour fait l’objet d’un arrêt motivé, le ministère public entendu.

Cet arrêt ne peut être attaqué par la voie du recours en cassation qu’en même temps que l’arrêt sur le fond.

Article 291

Avant le jugement de chaque affaire, la cour procède, s’il y a lieu, aux opérations prévues par les articles 288, 289 et 289-1. La cour ordonne, en outre, que soient provisoirement retirés de la liste, éventuellement modifiée, les noms des conjoints, parents et alliés jusqu’au degré d’oncle ou de neveu inclusivement de l’accusé ou de son conseil, ainsi que les noms de ceux qui, dans l’affaire, sont témoins, interprètes, dénonciateurs, experts, plaignants ou parties civiles ou ont accompli un acte de police judiciaire ou d’instruction.

Article 292

Tout arrêt modifiant la composition de la liste de session établie conformément à l’article 266 est porté, par les soins du greffier, sans formalité, à la connaissance de l’accusé. Celui-ci ou son conseil peut demander qu’un délai, qui ne pourra excéder une heure, soit observé avant l’ouverture des débats.

Section 2 : De la formation du jury de jugement

Article 293

Au jour indiqué pour chaque affaire, la cour prend séance et fait introduire l’accusé.

Le jury de jugement est formé en audience publique.

La présence du conseil de l’accusé n’est pas prescrite à peine de nullité.

Article 294

Le président demande à l’accusé ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, profession et résidence.

Article 295

Le greffier fait l’appel des jurés non excusés.

Une carte portant leur nom est déposée dans une urne.

Article 296

Le jury de jugement est formé de neuf jurés.

La cour doit , par arrêt, ordonner, avant le tirage de la liste des jurés, qu’indépendamment des neuf jurés, il soit tiré au sort un ou plusieurs jurés supplémentaires qui assistent aux débats.

Dans le cas où l’un ou plusieurs des neuf jurés seraient empêchés de suivre les débats jusqu’au prononcé de l’arrêt de la cour d’assises, ils sont remplacés par les jurés supplémentaires.

Le remplacement se fait suivant l’ordre dans lequel les jurés supplémentaires ont été appelés par le sort.

Article 297

L’accusé ou son conseil d’abord, le ministère public ensuite, récusent tels jurés qu’ils jugent à propos, à mesure que leurs noms sortent de l’urne, sauf la limitation exprimée à l’article 298.

L’accusé, son conseil, ni le ministère public ne peuvent exposer leur motifs de récusation.

Le jury de jugement est formé à l’instant où sont sortis de l’urne neuf noms de jurés non récusés et les noms des jurés supplémentaires prévus par l’article 296.

Article 298

L’accusé ne peut récuser plus de cinq jurés, le ministère public plus de quatre.

Article 299

S’il y a plusieurs accusés, ils peuvent se concerter pour exercer leurs récusations ; ils peuvent les exercer séparément.

Dans l’un et l’autre cas, ils ne peuvent excéder le nombre de récusations déterminé pour un seul accusé.

Article 300

Si les accusés ne se concertent pas pour récuser, le sort règle entre eux le rang dans lequel ils font les récusations. Dans ce cas, les jurés récusés par un seul, et dans cet ordre, le sont pour tous jusqu’à ce que le nombre des récusations soit épuisé.

Article 301

Les accusés peuvent se concerter pour exercer une partie des récusations, sauf à exercer le surplus suivant le rang fixé par le sort.

Article 302

Le greffier dresse procès-verbal des opérations de formation du jury de jugement.

Article 303

Les jurés se placent dans l’ordre désigné par le sort, aux côtés de la cour, si la disposition des lieux le permet, et sinon sur des sièges séparés du public, des parties et des témoins, en face de celui qui est destiné à l’accusé.

Article 304

Le président adresse aux jurés, debout et découverts, le discours suivant : "Vous jurez et promettez d’examiner avec l’attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X..., de ne trahir ni les intérêts de l’accusé, ni ceux de la société qui l’accuse ; de ne communiquer avec personne jusqu’après votre déclaration ; de n’écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l’affection ; de vous décider d’après les charges et les moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l’impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre, et de conserver le secret des délibérations, même après la cessation de vos fonctions".

Chacun des jurés, appelé individuellement par le président, répond en levant la main : "Je le jure".

Article 305

Le président déclare le jury définitivement constitué.

Chapitre VI : Des débats

Section 1 : Dispositions générales

Article 306

Les débats sont publics, à moins que la publicité ne soit dangereuse pour l’ordre ou les moeurs. Dans ce cas, la cour le déclare par un arrêt rendu en audience publique.

Toutefois, le président peut interdire l’accès de la salle d’audience aux mineurs ou à certains d’entre eux.

Lorsque les poursuites sont fondées sur les articles 332 ou 333-1 du Code pénal, le huis clos est de droit si la victime partie civile ou l’une des victimes parties civiles le demande ; dans les autres cas, le huis clos ne peut être ordonné que si la victime partie civile ou l’une des victimes parties civiles ne s’y oppose pas.

Lorsque le huis clos a été ordonné, celui-ci s’applique au prononcé des arrêts qui peuvent intervenir sur les incidents contentieux visés à l’article 316.

L’arrêt sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique.

Article 307

Les débats ne peuvent être interrompus et doivent continuer jusqu’à ce que la cause soit terminée par l’arrêt de la cour d’assises.

Ils peuvent être suspendus pendant le temps nécessaire au repos des juges et de l’accusé.

Article 308

Dès l’ouverture de l’audience, l’emploi de tout appareil d’enregistrement ou de diffusion sonore, de caméra de télévision ou de cinéma, d’appareils photographiques est interdit sous peine d’une amende de 300 F à 120000 F, qui peut être prononcée dans les conditions prévues au titre VIII du livre IV.

Toutefois, le président de la cour d’assises peut ordonner que les débats feront l’objet, sous son contrôle, d’un enregistrement sonore.

Les supports de cet enregistrement sont placés sous scellés et déposés au greffe de la cour d’assises.

L’enregistrement sonore peut être utilisé devant la cour d’assises, jusqu’au prononcé de l’arrêt ; s’il l’est au cours de la délibération, les formalités prévues au troisième alinéa de l’article 347 sont applicables. L’enregistrement sonore peut encore être utilisé devant la Cour de cassation saisie d’une demande en révision, ou, après cassation ou annulation sur demande en révision, devant la juridiction de renvoi, en ce qui concerne les déclarations faites par des personnes qui ne peuvent plus être entendues.

Les scellés sont ouverts par le premier président ou par un magistrat délégué par lui, en présence du condamné assisté de son conseil, ou eux dûment appelés, ou en présence de l’une des personnes visées à l’article 623 (3°), ou elles dûment appelées.

Après présentation des scellés, le premier président fait procéder par un expert à une transcription de l’enregistrement qui est jointe au dossier de la procédure.

Les dispositions ci-dessus ne sont pas prescrites à peine de nullité de la procédure.

Article 309

Le président a la police de l’audience et la direction des débats.

Il rejette tout ce qui tendrait à compromettre leur dignité ou à les prolonger sans donner lieu d’espérer plus de certitude dans les résultats.

Article 310

Le président est investi d’un pouvoir discrétionnaire en vertu duquel il peut, en son honneur et en sa conscience, prendre toutes mesures qu’il croit utiles pour découvrir la vérité. Il peut, s’il l’estime opportun, saisir la cour qui statue dans les conditions prévues à l’article 316.

Il peut au cours des débats appeler, au besoin par mandat d’amener, et entendre toutes personnes ou se faire apporter toutes nouvelles pièces qui lui paraissent, d’après les développements donnés à l’audience, utiles à la manifestation de la vérité.

Les témoins ainsi appelés ne prêtent pas serment et leurs déclarations ne sont considérées que comme renseignements.

Article 311

Les assesseurs et les jurés peuvent poser des questions aux accusés et aux témoins en demandant la parole au président.

Ils ont le devoir de ne pas manifester leur opinion.

Article 312

Sous réserve des dispositions de l’article 309, le ministère public, l’accusé, la partie civile, les conseils de l’accusé et de la partie civile peuvent poser des questions, par l’intermédiaire du président, aux accusés, aux témoins et à toutes personnes appelées à la barre.

Article 313

Le ministère public prend, au nom de la loi, toutes les réquisitions qu’il juge utiles : la cour est tenue de lui en donner acte et d’en délibérer.

Les réquisitions du ministère public prises dans le cours des débats sont mentionnées par le greffier sur son procès-verbal. Toutes les décisions auxquelles elles ont donné lieu sont signées par le président et par le greffier.

Article 314

Lorsque la cour ne fait pas droit aux réquisitions du ministère public, l’instruction ni le jugement ne sont arrêtés, ni suspendus.

Article 315

L’accusé, la partie civile et leurs conseils peuvent déposer des conclusions sur lesquelles la cour est tenue de statuer.

Article 316

Tous incidents contentieux sont réglés par la cour, le ministère public, les parties ou leurs conseils entendus.

Ces arrêts ne peuvent préjuger du fond.

Ils ne peuvent être attaqués par la voie du recours en cassation qu’en même temps que l’arrêt sur le fond.

Section 2 : De la comparution de l’accusé

Article 317

A l’audience, la présence d’un défenseur auprès de l’accusé est obligatoire.

Si le défenseur choisi ou désigné conformément à l’article 274 ne se présente pas, le président en commet un d’office.

Article 318

L’accusé comparaît libre et seulement accompagné de gardes pour l’empêcher de s’évader.

Article 319

Si un accusé refuse de comparaître, sommation lui est faite au nom de la loi, par un huissier commis à cet effet par le président, et assisté de la force publique. L’huissier dresse procès-verbal de la sommation et de la réponse de l’accusé.

Article 320

Si l’accusé n’obtempère pas à la sommation, le président peut ordonner qu’il soit amené par la force devant la cour ; il peut également, après lecture faite à l’audience du procès-verbal constatant sa résistance, ordonner que, nonobstant son absence, il soit passé outre aux débats.

Après chaque audience, il est, par le greffier de la cour d’assises, donné lecture à l’accusé qui n’a pas comparu du procès-verbal des débats, et il lui est signifié copie des réquisitions du ministère public ainsi que des arrêts rendus par la cour, qui sont tous réputés contradictoires.

Article 321

Lorsque à l’audience l’un des assistants trouble l’ordre de quelque manière que ce soit, le président ordonne son expulsion de la salle d’audience.

Si, au cours de l’exécution de cette mesure, il résiste à cet ordre ou cause du tumulte, il est, sur-le-champ, placé sous mandat de dépôt, jugé et puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans, sans préjudice des peines portées au Code pénal contre les auteurs d’outrages et de violences envers les magistrats.

Sur l’ordre du président, il est alors contraint par la force publique de quitter l’audience.

Article 322

Si l’ordre est troublé par l’accusé lui-même, il lui est fait application des dispositions de l’article 321.

L’accusé, lorsqu’il est expulsé de la salle d’audience, est gardé par la force publique, jusqu’à la fin des débats à la disposition de la cour ; il est, après chaque audience, procédé ainsi qu’il est dit à l’article 320, alinéa 2.

Section 3 : De la production et de la discussion des preuves

Article 323

Lorsque le conseil de l’accusé n’est pas inscrit à un barreau, le président l’informe qu’il ne peut rien dire contre sa conscience ou le respect dû aux lois et qu’il doit s’exprimer avec décence et modération.

Article 325

Le président ordonne aux témoins de se retirer dans la chambre qui leur est destinée. Ils n’en sortent que pour déposer. Le président prend, s’il en est besoin, toutes mesures utiles pour empêcher les témoins de conférer entre eux avant leur déposition.

Article 326

Lorsqu’un témoin cité ne comparaît pas, la cour peut, sur réquisitions du ministère public ou même d’office, ordonner que ce témoin soit immédiatement amené par la force publique devant la cour pour y être entendu, ou renvoyer l’affaire à la prochaine session.

En ce dernier cas, tous les frais de citation, d’actes, de voyage de témoins et autres ayant pour objet de faire juger l’affaire sont, hors le cas d’excuse légitime, à la charge de ce témoin et il y est contraint, même par corps, sur la réquisition du ministère public, par l’arrêt qui renvoie les débats à la session suivante.

Dans tous les cas, le témoin qui ne comparaît pas ou qui refuse soit de prêter serment, soit de faire sa déposition peut, sur réquisitions du ministère public, être condamné par la cour à la peine portée à l’article 109.

La voie de l’opposition est ouverte au condamné qui n’a pas comparu. L’opposition s’exerce dans les cinq jours de la signification de l’arrêt faite à sa personne ou à son domicile. La cour statue sur cette opposition soit pendant la session en cours, soit au cours d’une session ultérieure.

Article 327

Le président invite l’accusé à écouter avec attention la lecture de l’arrêt de renvoi.

Il ordonne au greffier de lire cet arrêt à haute et intelligible voix.

Article 328

Le président interroge l’accusé et reçoit ses déclarations.

Il a le devoir de ne pas manifester son opinion sur la culpabilité.

Article 329

Les témoins appelés par le ministère public ou les parties sont entendus dans le débat, même s’ils n’ont pas déposé à l’instruction, ou s’ils n’ont pas été assignés, à condition que leurs noms aient été signifiés conformément aux prescriptions de l’article 281.

Article 330

Le ministère public et les parties peuvent s’opposer à l’audition d’un témoin dont le nom ne leur aurait pas 8té signifié ou qui leur aurait été irrégulièrement signifié.

La cour statue sur cette opposition.

Si elle est reconnue fondée, ces témoins peuvent être entendus, à titre de renseignements, en vertu du pouvoir discrétionnaire du président.

Article 331

Les témoins déposent séparément l’un de l’autre, dans l’ordre établi par le président.

Les témoins doivent sur la demande du président, faire connaître leurs nom, prénoms, âge, profession, leur domicile ou résidence, s’ils connaissaient l’accusé avant le fait mentionné dans l’arrêt de renvoi, s’ils sont parents ou alliés, soit de l’accusé, soit de la partie civile, et à quel degré. Le président leur demande encore s’ils ne sont pas attachés au service de l’un ou de l’autre.

Avant de commencer leur déposition, les témoins prêtent le serment "de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité". Cela fait, les témoins déposent oralement.

Sous réserve des dispositions de l’article 309, les témoins ne sont pas interrompus dans leur déposition.

Les témoins déposent uniquement, soit sur les faits reprochés à l’accusé, soit sur sa personnalité et sur sa moralité.

Article 332

Après chaque déposition, le président peut poser des questions aux témoins.

Le ministère public, ainsi que les conseils de l’accusé et de la partie civile, l’accusé et la partie civile ont la même faculté, dans les conditions déterminées à l’article 312.

Article 333

Le président fait dresser d’office ou à la requête du ministère public ou des parties, par le greffier, un procès-verbal des additions, changements ou variations qui peuvent exister entre la déposition d’un témoin et ses précédentes déclarations. Ce procès-verbal est joint au procès-verbal des débats.

Article 334

Chaque témoin après sa déposition, demeure dans la salle d’audience si le président n’en ordonne autrement, jusqu’à la clôture des débats.

Article 335

Ne peuvent être reçues sous la foi du serment les dépositions :

1° Du père, de la mère ou de tout autre ascendant de l’accusé ou de l’un des accusés présents et soumis au même débat ;

2° Du fils, de la fille, ou de tout autre descendant ;

3° Des frères et soeurs ;

4° Des alliés aux mêmes degrés ;

5° Du mari ou de la femme ; cette prohibition subsiste même après le divorce ;

6° De la partie civile ;

7° Des enfants au-dessous de l’âge de seize ans.

Article 336

Néanmoins, l’audition sous serment des personnes désignées par l’article précédent n’entraîne pas nullité lorsque le ministère public ni aucune des parties ne s’est opposé à la prestation de serment.

En cas d’opposition du ministère public ou d’une ou plusieurs des parties, le témoin peut être entendu à titre de renseignements, en vertu du pouvoir discrétionnaire du président.

Article 337

La personne qui, agissant en vertu d’une obligation légale ou de sa propre initiative, a porté les faits poursuivis à la connaissance de la justice, est reçue en témoignage, mais le président en avertit la cour d’assises.

Celui dont la dénonciation est récompensée pécuniairement par la loi peut être entendu en témoignage, à moins qu’il n’y ait opposition d’une des parties ou du ministère public.

Article 338

Le ministère public, ainsi que la partie civile et l’accusé, peuvent demander, et le président peut toujours ordonner, qu’un témoin se retire momentanément de la salle d’audience, après sa déposition, pour y être introduit et entendu s’il y a lieu après d’autres dépositions, avec ou sans confrontation.

Article 339

Le président peut, avant, pendant ou après l’audition d’un témoin faire retirer un ou plusieurs accusés et les examiner séparément sur quelques circonstances du procès ; mais il a soin de ne reprendre la suite des débats qu’après avoir instruit chaque accusé de ce qui s’est fait en son absence et ce qui en est résulté.

Article 340

Pendant l’examen, les magistrats et les jurés peuvent prendre note de ce qui leur paraît important, soit dans les dépositions des témoins, soit dans la défense de l’accusé, pourvu que les débats ne soient pas interrompus.

Article 341

Dans le cours ou à la suite des dépositions, le président fait, s’il est nécessaire, présenter à l’accusé ou aux témoins les pièces à conviction et reçoit leurs observations.

Le président les fait aussi présenter, s’il y a lieu, aux assesseurs et aux jurés.

Article 342

Si, d’après les débats, la déposition d’un témoin paraît fausse, le président, soit d’office, soit à la requête du ministère public ou d’une des parties peut ordonner spécialement à ce témoin d’être présent aux débats jusqu’à leur clôture et en outre de demeurer dans la salle d’audience jusqu’au prononcé de l’arrêt de la cour d’assises. En cas d’infraction à cet ordre, le président fait mettre le témoin en état d’arrestation provisoire.

Après lecture de l’arrêt de la cour d’assises, ou, dans le cas de renvoi à une autre session, le président ordonne que le témoin soit, par la force publique, conduit sans délai devant le procureur de la République lui requiert l’ouverture d’une information.

Le greffier transmet à ce magistrat une expédition du procès-verbal qui a pu être dressé par application de l’article 333.

Article 343

En tout état de cause, la cour peut ordonner d’office, ou à la requête du ministère public ou de l’une des parties, le renvoi de l’affaire à la prochaine session.

Article 344

Dans le cas où l’accusé, les témoins ou l’un d’eux ne parlent pas suffisamment la langue française ou s’il est nécessaire de traduire un document versé aux débats, le président nomme d’office un interprète âgé de vingt et un ans au moins, et lui fait prêter serment d’apporter son concours à la justice en son honneur et en sa conscience.

Le ministère public, l’accusé et la partie civile, peuvent récuser l’interprète en motivant leur récusation. La cour se prononce sur cette récusation. Sa décision n’est susceptible d’aucune voie de recours.

L’interprète ne peut, même du consentement de l’accusé ou du ministère public, être pris parmi les juges composant la cour, les jurés, le greffier qui tient l’audience, les parties et les témoins.

Article 345

Si l’accusé est sourd-muet et ne sait pas écrire, le président nomme d’office en qualité d’interprète la personne qui a le plus l’habitude de converser avec lui.

Il en est de même à l’égard du témoin sourd-muet.

Les autres dispositions du précédent article sont applicables.

Dans le cas où le sourd-muet sait écrire, le greffier écrit les questions ou observations qui lui sont faites ; elles sont remises à l’accusé ou au témoin, qui donne par écrit ses réponses ou déclarations. Il est fait lecture du tout par le greffier.

Article 346

Une fois l’instruction à l’audience terminée la partie civile ou son conseil est entendu. Le ministère public prend ses réquisitions.

L’accusé et son conseil présentent leur défense.

La réplique est permise à la partie civile et au ministère public, mais l’accusé ou son conseil auront toujours la parole les derniers.

Section 4 : De la clôture des débats et de la lecture des questions

Article 347

Le président déclare les débats terminés.

Il ne peut résumer les moyens de l’accusation et de la défense.

Il ordonne que le dossier de la procédure soit déposé entre les mains du greffier de la cour d’assises ; toutefois, il conserve en vue de la délibération prévue par les articles 355 et suivants l’arrêt de la chambre de l’instruction.

Si, au cours de la délibération, la cour d’assises estime nécessaire l’examen d’une ou plusieurs pièces de la procédure, le président ordonne le transport dans la salle des délibérations du dossier, qui, à ces fins sera rouvert en présence du ministère public et des conseils de l’accusé et de la partie civile.

Article 348

Le président donne lecture des questions auxquelles la cour et le jury ont à répondre. Cette lecture n’est pas obligatoire quand les questions sont posées dans les termes de l’arrêt de renvoi ou si l’accusé ou son défenseur y renonce.

Article 349

Chaque question principale est posée ainsi qu’il suit :

"L’accusé est-il coupable d’avoir commis tel fait ?"

Une question est posée sur chaque fait spécifié dans le dispositif de l’arrêt de renvoi.

Chaque circonstance aggravante fait l’objet d’une question distincte.

Il en est de même, s’il y a lieu, de chaque excuse invoquée.

Article 350

S’il résulte des débats une ou plusieurs circonstances aggravantes, non mentionnées dans l’arrêt de renvoi, le président pose une ou plusieurs questions spéciales.

Article 351

S’il résulte des débats que le fait comporte une qualification légale autre que celle donnée par l’arrêt de renvoi, le président doit poser une ou plusieurs questions subsidiaires.

Article 352

S’il s’élève un incident contentieux au sujet des questions, la cour statue dans les conditions prévues à l’article 316.

Article 353

Avant que la cour d’assises se retire, le président donne lecture de l’instruction suivante, qui est, en outre, affichée en gros caractères, dans le lieu le plus apparent de la chambre des délibérations :

" La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d’une preuve ; elle leur prescrit de s’interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l’accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? "."

Article 354

Le président fait retirer l’accusé de la salle d’audience.

Il invite le chef du service d’ordre à faire garder les issues de la chambre des délibérations, dans laquelle nul ne pourra pénétrer, pour quelque cause que ce soit, sans autorisation du président.

Le président déclare l’audience suspendue.

Chapitre VII : Du jugement

Section 1 : De la délibération de la cour d’assises

Article 355

Les magistrats de la cour et les jurés se retirent dans la chambre des délibérations.

Ils n’en peuvent sortir qu’après avoir pris leurs décisions.

Article 356

La cour et le jury délibèrent, puis votent, par bulletins écrits et par scrutins distincts et successifs, sur le fait principal d’abord, et s’il y a lieu, sur chacune des circonstances aggravantes, sur les questions subsidiaires, sur chacun des faits d’excuse légale, et enfin sur la question des circonstances atténuantes, que le président est tenu de poser toutes les fois que la culpabilité de l’accusé a été reconnue.

Article 357

Chacun des magistrats et des jurés reçoit, à cet effet, un bulletin ouvert, marqué du timbre de la cour d’assises et portant ces mots : "Sur mon honneur et en ma conscience, ma déclaration est ...".

Il écrit à la suite ou fait écrire secrètement le mot "oui" ou le mot "non" sur une table disposée de manière que personne ne puisse voir le vote inscrit sur le bulletin. Il remet le bulletin écrit et fermé au président, qui le dépose dans une urne destinée à cet usage.

Article 358

Le président dépouille chaque scrutin en présence des membres de la cour et du jury qui peuvent vérifier les bulletins. Il constate sur-le-champ le résultat du vote en marge ou à la suite de la question résolue.

Les bulletins blancs, ou déclarés nuls par la majorité, sont comptés comme favorables à l’accusé.

Immédiatement après le dépouillement de chaque scrutin, les bulletins sont brûlés.

La déclaration en ce qui concerne les circonstances atténuantes est exprimée qu’elle soit affirmative ou négative.

Article 359

Toute décision défavorable à l’accusé, y compris celle qui refuse les circonstances atténuantes, se forme à la majorité de huit voix au moins.

Article 360

La déclaration, lorsqu’elle est affirmative, constate que la majorité de huit voix au moins a été acquise sans que le nombre de voix puisse être autrement exprimé.

Article 361

Au cas de contradiction entre deux ou plusieurs réponses, le président peut faire procéder à un nouveau vote.

Article 362

En cas de réponse affirmative sur la culpabilité, la cour d’assises délibère sans désemparer sur l’application de la peine. Le vote a lieu ensuite au scrutin secret, et séparément pour chaque accusé.

Si, après deux tours de scrutin, aucune peine n’a réuni la majorité des suffrages, il est procédé à un troisième tour au cours duquel la peine la plus forte proposée au tour précédent est écartée. Si, à ce troisième tour, aucune peine n’a encore obtenu la majorité absolue des votes, il est procédé à un quatrième tour et ainsi de suite, en continuant à écarter la peine la plus forte, jusqu’à ce qu’une peine soit prononcée à la majorité absolue des votants.

Lorsque la cour d’assises prononce une peine correctionnelle, elle peut ordonner à la majorité qu’il soit sursis à l’exécution de la peine avec ou sans mise à l’épreuve.

La cour d’assises délibère également sur les peines accessoires ou complémentaires.

Article 363

Si le fait retenu contre l’accusé ne tombe pas ou ne tombe plus sous l’application de la loi pénale, ou si l’accusé est déclaré non coupable, la cour d’assises prononce l’acquittement de celui-ci.

Si l’accusé bénéficie d’une excuse absolutoire, la cour d’assises prononce son absolution.

Article 364

Mention des décisions prises est faite sur la feuille de questions, qui est signée séance tenante par le président et par le premier juré désigné par le sort ou, s’il ne peut signer, par celui désigné par la majorité des membres de la cour d’assises.

Article 365

Les réponses de la cour d’assises aux questions posées sont irrévocables.

Section 2 : De la décision sur l’action publique

Article 366

La cour d’assises rentre ensuite dans la salle d’audience.

Le président fait comparaître l’accusé, donne lecture des réponses faites aux questions, et prononce l’arrêt portant condamnation, absolution ou acquittement.

Les textes de loi dont il est fait application sont lus à l’audience par le président ; il est fait mention de cette lecture dans l’arrêt.

Au cas de condamnation ou d’absolution, l’arrêt condamne l’accusé aux dépens envers l’Etat et se prononce sur la contrainte judiciaire.

Sauf disposition législative contraire, et sous réserve de l’application du deuxième alinéa de l’article 55 du code pénal, la masse des frais et dépens est divisée en autant de parts égales qu’il y a d’accusés condamnés pour le même crime et chacun n’est redevable que de sa part. Toutefois, les frais et dépens qui n’ont été exposés qu’en raison des besoins ou des demandes d’un seul accusé peuvent être mis à sa charge par la cour.

Dand le cas où la condamnation n’intervient pas pour toutes les infractions qui ont fait l’objet de la poursuite, ou n’intervient qu’à raison d’infractions qui ont fait l’objet d’une disqualification soit au cours de l’instruction, soit au moment du prononcé de l’arrêt, comme aussi dans le cas de mise hors de cause de certains des accusés, la cour doit, par une disposition motivée, décharger le condamné de la part des frais de justice qui ne résulte pas directement de l’infraction ayant entraîné la condamnation au fond. La cour fixe elle-même le montant des frais dont doit être déchargé le condamné, ces frais étant laissés, selon les circonstances, à la charge du Trésor ou de la partie civile.

A défaut de décision de la cour sur l’application de l’alinéa précédent, il est statué sur ce point par la chambre d’accusation.

Article 367

Si l’accusé est absous ou acquitté, il est mis immédiatement en liberté s’il n’est retenu pour autre cause.

Article 368

Aucune personne acquittée légalement ne peut plus être reprise ou accusée à raison des mêmes faits, même sous une qualification différente.

Article 369

Lorsque dans le cours des débats des charges sont relevées contre l’accusé à raison d’autres faits, et lorsque le ministère public a fait des réserves aux fins de poursuites, le président ordonne que l’accusé acquitté soit, par la force publique, conduit sans délai devant le procureur de la République du siège de la cour d’assises qui doit immédiatement requérir l’ouverture d’une information.

Article 370

Après avoir prononcé l’arrêt, le président avertit, s’il y a lieu, l’accusé de la faculté qui lui est accordée de se pourvoir en cassation et lui fait connaître le délai de ce pourvoi.

Section 2 : De la décision sur l’action civile

Article 372

La partie civile dans le cas d’acquittement comme dans celui d’absolution, peut demander réparation du dommage résultant de la faute de l’accusé, telle qu’elle résulte des faits qui sont l’objet de l’accusation.

Article 374

L’accusé qui succombe est condamné aux dépens envers la partie civile.

Article 375

La partie civile qui a obtenu des dommages intérêts n’est jamais tenue des dépens. Celle qui a succombé n’est condamnée aux dépens que si elle a, elle-même, mis en mouvement l’action publique. Toutefois, même en ce cas, elle peut, eu égard aux circonstances de la cause, être déchargée de la totalité ou d’une partie de ces dépens, par décision spéciale et motivée de la cour.

Lorsqu’il apparaît inéquitable de laisser à la charge de la partie civile les sommes exposées par elle et non comprises dans les frais et dépens, le juge peut condamner l’auteur de l’infraction à lui payer le montant qu’il détermine.

Section 3 : De la décision sur l’action civile

Article 371

Après que la cour d’assises s’est prononcée sur l’action publique, la cour, sans l’assistance du jury, statue sur les demandes en dommages-intérêts formées soit par la partie civile contre l’accusé, soit par l’accusé acquitté contre la partie civile, après que les parties et le ministre public ont été entendus.

La cour peut commettre l’un de ses membres pour entendre les parties, prendre connaissance des pièces et faire son rapport à l’audience, où les parties peuvent encore présenter leurs observations et où le ministère public est ensuite entendu.

Article 375-1

La partie civile est assimilée au témoin en ce qui concerne le paiement des indemnités, sauf décision contraire du tribunal.

Section 4 : De l’arrêt et du procès-verbal

Article 376

Le greffier écrit l’arrêt ; les textes de lois appliqués y sont indiqués.

Article 377

La minute de l’arrêt rendu après délibération de la cour d’assises ainsi que la minute des arrêts rendus par la cour sont signées par le président et le greffier.

Tous ces arrêts doivent porter mention de la présence du ministère public.

Article 378

Le greffier dresse, à l’effet de constater l’accomplissement des formalités prescrites, un procès-verbal qui est signé par le président et par ledit greffier.

Le procès-verbal est dressé et signé dans le délai de trois jours au plus tard du prononcé de l’arrêt.

Article 379

A moins que le président n’en ordonne autrement d’office ou sur la demande du ministère public ou des parties, il n’est fait mention au procès-verbal, ni des réponses des accusés, ni du contenu des dépositions, sans préjudice, toutefois, de l’exécution de l’article 333 concernant les additions, changements ou variations dans les déclarations des témoins.

Article 380

Les minutes des arrêts rendus par la cour d’assises sont réunies et déposées au greffe du tribunal de grande instance, siège de ladite cour.

Toutefois, les minutes des arrêts rendus par la cour d’assises du département où siège la cour d’appel restent déposées au greffe de ladite cour.

Titre II : Du jugement des délits

Chapitre Ier : Du tribunal correctionnel

Section 1 : De la compétence et de la saisine du tribunal correctionnel

Paragraphe 1er : Dispositions générales

Article 381

Le tribunal correctionnel connaît des délits. Sont des délits les infractions que la loi punit d’une peine de plus de deux mois d’emprisonnement ou 10.000 F d’amende.

Article 382

Est compétent le tribunal correctionnel du lieu de l’infraction, celui de la résidence du prévenu ou celui du lieu d’arrestation de ce dernier, même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause.

Le tribunal dans le ressort duquel une personne est détenue, n’est compétent que dans les conditions prévues au titre VI du livre IV.

La compétence du tribunal correctionnel s’étend aux délits et contraventions qui forment avec l’infraction déférée au tribunal un ensemble indivisible ; elle peut aussi s’étendre aux délits et contraventions connexes, au sens de l’article 203.

Article 383

La compétence à l’égard d’un prévenu s’étend à tous coauteurs et complices.

Article 384

Le tribunal saisi de l’action publique est compétent pour statuer sur toutes exceptions proposées par le prévenu pour sa défense, à moins que la loi n’en dispose autrement, ou que le prévenu n’excipe d’un droit réel immobilier.

Article 385

Les exceptions tirées de la nullité soit de la citation, soit de la procédure antérieure, doivent, à peine de forclusion, être présentées avant toute défense au fond.

La nullité de la citation ne peut être prononcée que dans les conditions prévues à l’article 565.

Article 385-1

Dans les cas prévus par les articles 388-1 et 388-2, l’exception fondée sur une cause de nullité ou sur une clause du contrat d’assurance et tendant à mettre l’assureur hors de cause est, à peine de forclusion, présentée par celui-ci avant toute défense au fond. Elle n’est recevable que si elle est de nature à exonérer totalement l’assureur de son obligation de garantie à l’égard des tiers.

L’assureur mis en cause dans les conditions prévues par l’article 388-2 qui n’intervient pas au procès pénal est réputé renoncer à toute exception ; toutefois, s’il est établi que le dommage n’est pas garanti par l’assureur prétendu, celui-ci est mis hors de cause par le tribunal.

Article 385-2

En ce qui concerne les intérêts civils, le tribunal, après avoir mis les parties en demeure de conclure au fond, statue dans un seul et même jugement sur l’exception d’irrecevabilité et sur le fond du litige.

Article 386

L’exception préjudicielle est présentée avant toute défense au fond.

Elle n’est recevable que si elle est de nature à retirer au fait qui sert de base à la poursuite le caractère d’une infraction.

Elle n’est admise que si elle s’appuie sur des faits ou sur des titres donnant un fondement à la prétention du prévenu.

Si l’exception est admissible, le tribunal impartit un délai dans lequel le prévenu doit saisir la juridiction compétente. Faute par le prévenu d’avoir introduit l’instance dans ce délai et de justifier de ses diligences, il est passé outre à l’exception.

Si l’exception n’est pas admise, les débats sont continués.

Article 387

Lorsque le tribunal est saisi de plusieurs procédures visant des faits connexes, il peut en ordonner la jonction soit d’office, soit sur réquisition du ministère public, ou à la requête d’une des parties.

Article 388

Le tribunal correctionnel est saisi des infractions de sa compétence soit par la comparution volontaire des parties, soit par la citation, soit par la convocation par procès-verbal, soit par la comparution immédiate, soit enfin par le renvoi ordonné par la juridiction d’instruction.

Article 388-1

La personne dont la responsabilité civile est susceptible d’être engagée à l’occasion d’une infraction d’homicide ou de blessures involontaires qui a entraîné pour autrui un dommage quelconque pouvant être garanti par un assureur doit préciser le nom et l’adresse de celui-ci, ainsi que le numéro de sa police d’assurance. Il en est de même pour la victime lorsque le dommage qu’elle a subi peut être garanti par un contrat d’assurance. Ces renseignements sont consignés dans les procès-verbaux d’audition.

Lorsque des poursuites pénales sont exercées, les assureurs appelés à garantir le dommage sont admis à intervenir et peuvent être mis en cause devant la juridiction répressive, même pour la première fois en cause d’appel ; ils doivent se faire représenter par un avocat ou un avoué.

En ce qui concerne les débats et les voies de recours, les règles concernant les personnes civilement responsables et les parties civiles sont applicables respectivement à l’assureur du prévenu et à celui de la partie civile sous réserve des dispositions de l’alinéa ci-dessus et des articles 385-1, troisième alinéa (1), 388-2 et 509, deuxième alinéa.

Article 388-2

Dix jours au moins avant l’audience, la mise en cause de l’assureur est faite par toute partie qui y a intérêt au moyen d’un acte d’huissier ou d’une lettre recommandée, avec demande d’avis de réception, qui mentionne la nature des poursuites engagées, l’identité du prévenu, de la partie civile et, le cas échéant, de la personne civilement responsable, le numéro des polices d’assurance, le montant de la demande en réparation ou, à défaut, la nature et l’étendue du dommage, ainsi que le tribunal saisi, le lieu, la date et l’heure de l’audience.

Article 388-3

La décision concernant les intérêts civils est opposable à l’assureur qui est intervenu au procès ou a été avisé dans les conditions prévues par l’article 388-2.

Paragraphe 2 : De la comparution volontaire et de la citation

Article 389

L’avertissement, délivré par le ministère public, dispense de citation, s’il est suivi de la comparution volontaire de la personne à laquelle il est adressé.

Il indique le délit poursuivi et vise le texte de loi qui le réprime.

Lorsqu’il s’agit d’un prévenu détenu, le jugement doit constater le consentement de l’intéressé à être jugé sans citation préalable.

Article 390

La citation est délivrée dans des délais et formes prévus par les articles 550 et suivants.

Article 391

Toute personne ayant porté plainte est avisée par le parquet de la date de l’audience.

Article 392

La partie civile, qui cite directement un prévenu devant un tribunal répressif, fait, dans l’acte de citation, élection de domicile dans le ressort du tribunal saisi, à moins qu’elle n’y soit domiciliée.

Paragraphe 3 : De la convocation par procès-verbal et de la comparution immédiate

Article 393

En matière correctionnelle, après avoir constaté l’identité de la personne qui lui est déférée, lui avoir fait connaître les faits qui lui sont reprochés et avoir recueilli ses déclarations si elle en fait la demande, le procureur de la République peut, s’il estime qu’une information n’est pas nécessaire, procéder comme il est dit aux articles 394 à 396.

Le procureur de la République informe alors la personne déférée devant lui qu’elle a le droit à l’assistance d’un conseil de son choix ou commis d’office. L’avocat choisi ou, dans le cas d’une demande de commission d’office, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, en est avisé sans délai.

L’avocat peut consulter sur-le-champ le dossier et communiquer librement avec le prévenu.

Mention de ces formalités est faite au procès-verbal à peine de nullité de la procédure.

Article 396

Dans le cas prévu par l’article précédent, si la réunion du tribunal est impossible le jour même et si les éléments de l’espèce lui paraissent exiger une mesure de détention provisoire, le procureur de la République peut traduire le prévenu devant le président du tribunal ou le juge délégué par lui, statuant en chambre du conseil avec l’assistance d’un greffier.

Le président du tribunal ou le juge, après avoir recueilli les déclarations du prévenu, son conseil ayant été avisé, et après avait fait procéder, s’il y a lieu, aux vérifications prévues par le cinquième alinéa de l’article 41, statue sur les réquisitions du ministère public aux fins de détention provisoire, après avoir recueilli les observations éventuelles du prévenu ou de son avocat ; l’ordonnance rendue n’est pas susceptible d’appel.

Il peut placer le prévenu en détention provisoire jusqu’à sa comparution devant le tribunal. L’ordonnance prescrivant la détention est rendue suivant les modalités prévues par les articles 135, 145, alinéa premier, et 145-1, quatrième alinéa, et est motivée par référence aux dispositions des 1° et 2° de l’article 144. Elle énonce les faits retenus et saisit le tribunal. Copie du procès-verbal est remise sur-le-champ au prévenu. Celui-ci doit comparaître devant le tribunal le premier jour ouvrable suivant. A défaut, il est mis d’office en liberté.

Si le président du tribunal ou le juge estime que la détention provisoire n’est pas nécessaire, le ministère public procède comme il est dit à l’article 394.

Article 397

Lorsque le tribunal est saisi en application des articles 395 et 396, troisième alinéa, le président constate l’identité du prévenu, son conseil ayant été avisé. Il avertit le prévenu qu’il ne peut être jugé le jour même qu’avec son accord ; toutefois, cet accord ne peut être recueilli qu’en présence de son avocat ou, si celui-ci n’est pas présent, d’un avocat désigné d’office sur sa demande par le bâtonnier.

Si le prévenu consent à être jugé séance tenante, mention en est faite dans les notes d’audience.

Article 397-3

Dans tous les cas prévus par le présent paragraphe, le tribunal peut, conformément aux dispositions de l’article 141-1, placer ou maintenir le prévenu sous contrôle judiciaire. Cette décision est exécutoire par provision.

Dans les cas prévus par les articles 395 et suivants, le tribunal peut également placer ou maintenir le prévenu en détention provisoire par décision spécialement motivée. La décision prescrivant la détention est rendue suivant les modalités prévues par les articles 135, 145, alinéa premier, 145-1, quatrième alinéa et 464-1 et est motivée par référence aux dispositions des 1. et 2. de l’article 144. Elle est exécutoire par provision.

Lorsque le prévenu est en détention provisoire, le jugement au fond doit être rendu dans les deux mois qui suivent le jour de sa première comparution devant le tribunal. Faute de décision au fond à l’expiration de ce délai, il est mis fin à la détention provisoire. Le prévenu, s’il n’est pas détenu pour autre cause, est mis d’office en liberté.

Article 397-4

Dans le cas où le prévenu est condamné à un emprisonnement sans sursis, le tribunal saisi en application des articles 395 et suivants peut, quelle que soit la durée de la peine, ordonner, d’après les éléments de l’espèce, le placement ou le maintien en détention par décision spécialement motivée. Les dispositions des articles 148-2 et 471, deuxième alinéa, sont applicables.

La cour statue dans les quatre mois de l’appel du jugement rendu sur le fond interjeté par le prévenu détenu, faute de quoi celui-ci, s’il n’est pas détenu pour une autre cause, est mis d’office en liberté.

Si la juridiction estime devoir décerner un mandat d’arrêt, les dispositions de l’article 465 sont applicables, quelle que soit la durée de la peine prononcée.

Article 397-5

Dans tous les cas prévus par le présent paragraphe et par dérogation aux dispositions des articles 550 et suivants, les témoins peuvent être cités sans délai et par tout moyen. Lorsqu’ils sont requis verbalement par un officier de police judiciaire ou un agent de la force publique, ils sont tenus de comparaître sous les sanctions portées aux articles 438 à 441.

Article 397-6

Les dispositions des articles 393 à 397-5 ne sont applicables ni aux mineurs, ni en matière de délits de presse, de délits politiques ou d’infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale.

Paragraphe 3 : De la convocation par procès-verbal et de la compuration immédiate

Article 394

Le procureur de la République peut inviter la personne déférée à comparaître devant le tribunal dans un délai qui ne peut être inférieur à dix jours, sauf renonciation expresse de l’intéressé en présence de son avocat, ni supérieur à deux mois. Il lui notifie les faits retenus à son encontre ainsi que le lieu, la date et l’heure de l’audience. Cette notification, mentionnée au procès-verbal dont copie est remise sur-le-champ au prévenu, vaut citation à personne.

L’avocat choisi ou le bâtonnier est informé, par tout moyen et sans délai, de la date et de l’heure de l’audience ; mention de cet avis est portée au procès-verbal. Le conseil peut, à tout moment, consulter le dossier.

Si le procureur de la République estime nécessaire de soumettre le prévenu jusqu’à sa comparution devant le tribunal à une ou plusieurs obligations du contrôle judiciaire, il le traduit sur-le-champ devant le président du tribunal ou le juge délégué par lui, statuant en chambre du conseil avec l’assistance d’un greffier. Ce magistrat peut, après audition du prévenu, son conseil ayant été avisé et entendu en ses observations, s’il le demande, prononcer cette mesure dans les conditions et suivant les modalités prévues par les articles 138, 139, premier et deuxième alinéas, et 141, alinéa premier. Cette décision est notifiée verbalement au prévenu et mentionnée au procès-verbal dont copie lui est remise sur-le-champ.

Article 397-1

Si le prévenu ne consent pas à être jugé séance tenante ou si l’affaire ne paraît pas en état d’être jugée, le tribunal après avoir recueilli les observations des parties et de leur conseil, renvoie à une prochaine audience fixée au plus tôt le cinquième et au plus tard le trentième jour suivant.

Section 2 : De la composition du tribunal et de la tenue des audiences

Article 398

Le tribunal correctionnel est composé d’un président et de deux juges.

Lorsqu’un procès paraît de nature à entraîner de longs débats, le président du tribunal de grande instance peut décider qu’un ou plusieurs magistrats du siège supplémentaires assisteront aux débats. Dans le cas où un ou plusieurs magistrats du siège composant le tribunal correctionnel seraient empêchés de suivre les débats jusqu’au prononcé du jugement, ils sont remplacés par le ou les magistrats du siège supplémentaires, dans l’ordre de leur nomination au tribunal de grande instance, en commençant par le plus ancien du rang le plus élevé.

Toutefois, pour le jugement des délits énumérés à l’article 398-1, il peut être composé d’un seul de ces magistrats exerçant les pouvoirs conférés au président lorsqu’il en est ainsi décidé par le président du tribunal de grande instance. Le président du tribunal de grande instance ou le magistrat délégué par lui à cet effet peut toutefois décider, soit de sa propre initiative, soit à la demande du magistrat saisi, qu’une affaire déterminée sera jugée par le tribunal statuant dans les conditions prévues à l’alinéa 1er.

La désignation des magistrats du tribunal correctionnel appelés à statuer dans les conditions prévues à l’alinéa 3 est faite par le président du tribunal de grande instance selon les modalités fixées pour la répartition des juges entre les diverses chambres de ce tribunal ; s’il y a lieu, le président du tribunal correctionnel répartit les affaires entre ces magistrats.

Les décisions prévues au présent article sont des mesures d’administration non susceptibles de recours.

Article 398-1

Peuvent être jugés dans les conditions prévues à l’alinéa 3 de l’article 398 :

1° Les délits en matière de chèques ;

2° Les délits prévus par le Code de la route, par la loi n. 58-208 du 27 février 1958 instituant une obligation d’assurance en matière de circulation de véhicules terrestres à moteur (1), par l’article 319 du Code pénal, lorsque l’homicide a été causé à l’occasion de la conduite d’un véhicule, et par l’article 320 du même code ;

3° Les délits en matière de coordination des transports ;

4° Les délits prévus par le Code rural en matière de chasse et de pêche.

Toutefois, le tribunal, sauf s’il est saisi selon la procédure fixée par les articles 393 à 397, statue obligatoirement dans les conditions prévues à l’article 398 (alinéa 1er) lorsque le prévenu est en état de détention provisoire lors de sa comparution à l’audience.

Article 398-2

Les fonctions du ministère public près le tribunal correctionnel sont exercées par le procureur de la République ou l’un de ses substituts ; celles du greffe par un greffier du tribunal de grande instance.

Article 399

Le nombre des audiences correctionnelles est déterminé à la fin de chaque année judiciaire pour l’année judiciaire suivante par l’assemblée générale du tribunal.

Il peut être modifié dans les mêmes conditions en cours d’année, suivant les nécessités.

Section 3 : De la publicité et de la police de l’audience

Article 400

Les audiences sont publiques.

Néanmoins, le tribunal peut, en constatant dans son jugement que la publicité est dangereuse pour l’ordre ou les moeurs, ordonner, par jugement rendu en audience publique, que les débats auront lieu à huis clos.

Lorsque le huis clos a été ordonné, celui-ci s’applique au prononcé des jugements séparés qui peuvent intervenir sur des incidents ou exceptions ainsi qu’il est dit à l’article 459, alinéa 4.

Le jugement sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique.

Article 401

Le président a la police de l’audience et la direction des débats.

Article 402

Le président peut interdire l’accès de la salle d’audience aux mineurs ou à certains d’entre eux.

Article 404

Lorsque, à l’audience, l’un des assistants trouble l’ordre de quelque manière que ce soit, le président ordonne son expulsion de la salle d’audience.

Si, au cours de l’exécution de cette mesure, il résiste à cet ordre ou cause du tumulte, il est, sur-le-champ, placé sous mandat de dépôt, jugé et puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans, sans préjudice des peines portées au Code pénal contre les auteurs d’outrages et de violences envers les magistrats.

Sur l’ordre du président, il est alors contraint par la force publique de quitter l’audience.

Article 405

Si l’ordre est troublé à l’audience par le prévenu lui-même, il lui est fait application des dispositions de l’article 404.

Le prévenu, même libre, lorsqu’il est expulsé de la salle d’audience, est gardé par la force publique, jusqu’à la fin des débats, à la disposition du tribunal. Il est alors reconduit à l’audience, où le jugement est rendu en sa présence.

Section 4 : Des débats

Paragraphe 1er : De la comparution du prévenu

Article 406

Le président constate l’identité du prévenu et donne connaissance de l’acte qui a saisi le tribunal. Il constate aussi s’il y a lieu la présence ou l’absence de la personne civilement responsable, de la partie civile, des témoins, des experts et des interprètes.

Article 407

Dans le cas où le prévenu ou le témoin ne parle pas suffisamment la langue française, ou s’il est nécessaire de traduire un document versé aux débats, le président désigne d’office un interprète, âgé de vingt et un ans au moins, et lui fait prêter serment d’apporter son concours à la justice en son honneur et en sa conscience.

Le ministère public, le prévenu et la partie civile peuvent récuser l’interprète en motivant leur récusation. Le tribunal se prononce sur cette récusation, et sa décision n’est susceptible d’aucune voie de recours.

L’interprète ne peut, même du consentement du prévenu ou du ministère public, être pris parmi les juges composant le tribunal, le greffier qui tient l’audience, les parties et les témoins.

Article 408

Si le prévenu est sourd-muet et ne sait pas écrire, le président nomme d’office, en qualité d’interprète, la personne qui a le plus l’habitude de converser avec lui.

Les autres dispositions du précédent article sont applicables.

Dans le cas où le prévenu visé au présent article sait écrire, le greffier écrit les questions ou observations qui lui sont faites ; elles sont remises au prévenu, qui donne par écrit ses réponses. Il est fait lecture du tout par le greffier.

Article 409

Au jour indiqué pour la comparution à l’audience, le prévenu en état de détention y est conduit par la force publique.

Article 410

Le prévenu régulièrement cité à personne doit comparaître, à moins qu’il ne fournisse une excuse reconnue valable par la juridiction devant laquelle il est appelé. Le prévenu a la même obligation lorsqu’il est établi que, bien que n’ayant pas été cité à personne, il a eu connaissance de la citation régulière le concernant dans les cas prévus par les articles 557, 558 et 560.

Si ces conditions sont remplies, le prévenu non comparant et non excusé est jugé contradictoirement.

Article 411

Le prévenu cité pour une infraction passible d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement inférieure à deux années peut, par lettre adressée au président et qui sera jointe au dossier de la procédure, demander à être jugé en son absence.

Dans ce cas, son défenseur est entendu.

Toutefois, si le tribunal estime nécessaire la comparution du prévenu en personne, il est procédé à la réassignation du prévenu, à la diligence du ministère public, pour une audience dont la date est fixée par le tribunal.

Le prévenu qui ne répondrait pas à cette invitation est jugé contradictoirement.

Il est également jugé contraditoirement dans le cas prévu par le premier alinéa du présent article.

Article 412

Si la citation n’a pas été délivrée à la personne du prévenu, et s’il n’est pas établi qu’il ait eu connaissance de cette citation, la décision, au cas de non-comparution du prévenu, est rendue par défaut.

Article 413

Nul n’est recevable à déclarer qu’il fait défaut dès lors qu’il est présent au début de l’audience.

Article 414

Les dispositions de l’article 411, alinéas 1 et 2, sont applicables chaque fois que le débat sur le fond de la prévention ne doit pas être abordé, et spécialement quand le débat ne doit porter que sur les intérêts civils.

Article 415

La personne civilement responsable peut toujours se faire représenter par un avocat ou un avoué. Dans ce cas, le jugement est contradictoire à son égard.

Article 416

Si le prévenu ne peut, en raison de son état de santé, comparaître devant le tribunal et s’il existe des raisons graves de ne point différer le jugement de l’affaire, le tribunal ordonne, par décision spéciale et motivée, que le prévenu, éventuellement assisté de son conseil, sera entendu à son domicile ou à la maison d’arrêt dans laquelle il se trouve détenu, par un magistrat commis à cet effet, accompagné d’un greffier. Procès-verbal est dressé de cet interrogatoire. Le débat est repris après citation nouvelle du prévenu, et les dispositions de l’article 411, alinéas 1 et 2, sont applicables, quel que soit le taux de la peine encourue. Dans tous les cas, le prévenu est jugé contradictoirement.

Article 417

Le prévenu qui comparaît a la faculté de se faire assister par un défenseur.

S’il n’a pas fait choix d’un défenseur avant l’audience et s’il demande cependant à être assisté, le président en commet un d’office.

Le défenseur ne peut être choisi ou désigné que parmi les avocats inscrits à un barreau, ou parmi les avoués admis à plaider devant le tribunal.

L’assistance d’un défenseur est obligatoire quand le prévenu est atteint d’une infirmité de nature à compromettre sa défense, ou quand il encourt la peine de la tutelle pénale (1).

Paragraphe 2 : De la constitution de la partie civile et de ses effets

Article 418

Toute personne qui, conformément à l’article 2, prétend avoir été lésée par un délit, peut, si elle ne l’a déjà fait, se constituer partie civile à l’audience même.

Le ministère d’un avocat n’est pas obligatoire.

La partie civile peut, à l’appui de sa constitution, demander des dommages-intérêts correspondant au préjudice qui lui a été causé.

Article 419

La déclaration de constitution de partie civile se fait soit avant l’audience au greffe, soit pendant l’audience par déclaration consignée par le greffier ou par dépôt de conclusions.

Article 420

Lorsqu’elle est faite avant l’audience, la déclaration de partie civile doit préciser l’infraction poursuivie et contenir élection de domicile dans le ressort du tribunal saisi, à moins que la partie civile n’y soit domiciliée.

Elle est immédiatement transmise par le greffier au ministère public qui cite la partie civile pour l’audience.

Article 420-1

Par dérogation aux dispositions qui précèdent, toute personne qui se prétend lésée peut se constituer partie civile, directement ou par son conseil, par lettre recommandée avec avis de réception parvenue au tribunal vingt-quatre heures au moins avant la date de l’audience, lorsqu’elle demande soit la restitution d’objets saisis, soit des dommages-intérêts dont le montant n’excède pas le plafond de la compétence de droit commun des tribunaux d’instance en matière civile ; elle joint à sa lettre toutes les pièces justificatives de son préjudice. Cette lettre et ces pièces sont jointes immédiatement au dossier.

La partie civile n’est pas alors tenue de comparaître.

En cas de contestation sur la propriété des objets dont la restitution est demandée, ou si le tribunal ne trouve pas dans la lettre, dans les pièces jointes à celle-ci et dans le dossier, les motifs suffisants pour statuer, la décision sur les seuls intérêts civils est renvoyée à une audience ultérieure à laquelle toutes les parties sont citées à la diligence du ministère public.

Article 420-2

La décision rendue sur la demande de restitution d’objets saisis ou de dommages-intérêts présentée par lettre produit tous les effets d’une décision contradictoire ; elle est signifiée à la partie civile par exploit d’huissier conformément aux dispositions des articles 550 et suivants.

Article 421

A l’audience, la déclaration de partie civile doit, à peine d’irrecevabilité, être faite avant les réquisitions du ministère public sur le fond ou, si le tribunal a ordonné l’ajournement du prononcé de la peine, avant les réquisitions du ministère public sur la peine.

Article 422

La personne qui s’est constituée partie civile ne peut plus être entendue comme témoin.

Toutefois, la partie civile est assimilée au témoin en ce qui concerne le paiement des indemnités, sauf décision contraire du tribunal.

Article 423

Le tribunal apprécie la recevabilité de la constitution de partie civile et, s’il échet, déclare cette constitution irrecevable.

L’irrecevabilité peut également être soulevée par le ministère public, le prévenu, le civilement responsable ou une autre partie civile.

Article 424

La partie civile peut toujours se faire représenter par un avocat ou un avoué. Dans ce cas le jugement est contradictoire à son égard.

Article 425

La partie civile régulièrement citée qui ne comparaît pas ou n’est pas représentée à l’audience est considérée comme se désistant de sa constitution de partie civile.

En ce cas, et si l’action publique n’a été mise en mouvement que par la citation directe délivrée à la requête de la partie civile, le tribunal ne statue sur ladite action que s’il en est requis par le ministère public ; sauf au prévenu à demander au tribunal des dommages-intérêts pour abus de citation directe, comme il est dit à l’article 472.

Le jugement constatant le désistement présumé de la partie civile lui est signifié par exploit d’huissier, conformément aux dispositions des articles 550 et suivants. Ce jugement est assimilé à un jugement par défaut, et l’opposition est soumise aux dispositions des articles 489 à 495.

Article 426

Le désistement de la partie civile ne met pas obstacle à l’action civile devant la juridiction compétente.

Paragraphe 3 : De l’administration de la preuve

Article 427

Hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide d’après son intime conviction.

Le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement discutées devant lui.

Article 428

L’aveu, comme tout élément de preuve, est laissé à la libre appréciation des juges.

Article 429

Tout procès-verbal ou rapport n’a de valeur probante que s’il est régulier en la forme, si son auteur a agi dans l’exercice de ses fonctions et a rapporté sur une matière de sa compétence ce qu’il a vu, entendu ou constaté personnellement.

Article 430

Sauf dans le cas où la loi en dispose autrement, les procès-verbaux et les rapports constatant les délits ne valent qu’à titre de simples renseignements.

Article 431

Dans les cas où les officiers de police judiciaire, les agents de police judiciaire ou les fonctionnaires et agents chargés de certaines fonctions de police judiciaire ont reçu d’une disposition spéciale de la loi le pouvoir de constater des délits par des procès-verbaux ou des rapports, la preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins.

Article 432

La preuve par écrit ne peut résulter de la correspondance échangée entre le prévenu et son conseil.

Article 433

Les matières donnant lieu à des procès-verbaux faisant foi jusqu’à inscription de faux sont réglées par des lois spéciales. A défaut de disposition expresse la procédure de l’inscription de faux est réglée comme il est dit au titre II du livre IV.

Article 434

Si le tribunal estime qu’une expertise est nécessaire, il est procédé conformément aux articles 156 à 166, 168 et 169.

Article 435

Les témoins sont cités ainsi qu’il est dit aux articles 550 et suivants.

Article 436

Après avoir procédé aux constatations prévues à l’article 406, le président ordonne aux témoins de se retirer dans la chambre qui leur est destinée. Ils n’en sortent que pour déposer. Le président prend, s’il en est besoin, toutes mesures utiles pour empêcher les témoins de conférer entre eux avant leur déposition.

Article 437

Toute personne citée pour être entendue comme témoin est tenue de comparaître, de prêter serment et de déposer.

Article 438

Le témoin qui ne comparaît pas ou qui refuse, soit de prêter serment, soit de faire sa déposition, peut être, sur réquisitions du ministère public, condamné par le tribunal à la peine portée à l’article 109.

Article 439

Si le témoin ne comparaît pas, et s’il n’a pas fait valoir un motif d’excuse reconnu valable et légitime, le tribunal peut, sur réquisitions du ministère public ou même d’office, ordonner que ce témoin soit immédiatement amené devant lui par la force publique pour y être entendu, ou renvoyer l’affaire à une prochaine audience.

En ce dernier cas, tous les frais de citation, d’actes, de voyage de témoins et autres, ayant pour objet de faire juger l’affaire, sont, hors le cas d’excuse légitime, à la charge de ce témoin. Sur la réquisition du ministère public, le jugement qui ordonne le renvoi des débats le condamne, même par corps, au paiement de ces frais.

Article 440

Le témoin qui a été condamné à une amende ou aux frais pour non-comparution peut, au plus tard dans les cinq jours de la signification de cette décision faite à sa personne ou à son domicile, former opposition.

La voie de l’appel ne lui est ouverte que sur le jugement rendu sur cette opposition.

Article 441

Le témoin qui a été condamné pour refus de prêter serment ou de déposer peut interjeter appel.

Article 442

Avant de procéder à l’audition des témoins, le président interroge le prévenu et reçoit ses déclarations [*formalité*]. Le ministère public, ainsi que la partie civile et la défense, celles-ci par l’intermédiaire du président, peuvent lui poser des questions.

Article 443

Lorsqu’un témoin est sourd-muet ou ne parle pas suffisamment la langue française, les dispositions des articles 407 et 408 sont applicables.

Article 444

Les témoins déposent ensuite séparément, soit sur les faits reprochés au prévenu, soit sur sa personnalité et sur sa moralité.

Parmi les témoins cités, ceux qui sont produits par les parties poursuivantes sont entendus les premiers, sauf pour le président à régler lui-même souverainement l’ordre d’audition des témoins.

Peuvent également, avec l’autorisation du tribunal, être admises à témoigner, les personnes, proposées par les parties, qui sont présentes à l’ouverture des débats sans avoir été régulièrement citées.

Article 445

Les témoins doivent, sur la demande du président, faire connaître leurs nom, prénoms, âge, profession et domicile, s’ils sont parents ou alliés du prévenu, de la personne civilement responsable ou de la partie civile et s’ils sont à leur service.

Le cas échéant, le président leur fait préciser quelles relations ils ont ou ont eues, avec le prévenu, la personne civilement responsable, ou la partie civile.

Article 446

Avant de commencer leur déposition, les témoins prêtent le serment de dire toute la vérité, rien que la vérité.

Article 447

Les enfants au-dessous de l’âge de seize ans sont entendus sans prestation de serment.

Article 448

Sont reçues dans les mêmes conditions les dépositions :

1° Du père, de la mère ou de tout autre ascendant du prévenu ou de l’un des prévenus présents et impliqués dans la même affaire ;

2° Du fils, de la fille ou de tout autre descendant ;

3° Des frères et soeurs ;

4° Des alliés aux mêmes degrés ;

5° Du mari ou de la femme ; cette prohibition subsiste même après le divorce.

Article 449

Toutefois les personnes visées aux articles 447 et 448 peuvent être entendues sous serment lorsque ni le ministère public ni aucune des parties ne s’y sont opposés.

Article 450

Le témoin qui a prêté le serment n’est pas tenu de le renouveler, s’il est entendu une seconde fois au cours des débats.

Le président lui rappellera, s’il y a lieu, le serment qu’il a prêté.

Article 451

La personne qui, agissant en vertu d’une obligation légale ou de sa propre initiative, a porté les faits poursuivis à la connaissance de la justice, est reçue en témoignage, mais le président en avertit le tribunal.

Celui dont la dénonciation est récompensée pécuniairement par la loi peut aussi être entendu en témoignage, à moins qu’il n’y ait opposition d’une des parties, ou du ministère public.

Article 452

Les témoins déposent oralement.

Toutefois ils peuvent, exceptionnellement, s’aider de documents avec l’autorisation du président.

Article 453

Le greffier tient note du déroulement des débats et principalement, sous la direction du président, des déclarations des témoins ainsi que des réponses du prévenu.

Les notes d’audience sont signées par le greffier. Elles sont visées par le président, au plus tard dans les trois jours qui suivent chaque audience.

Article 454

Après chaque déposition, le président pose au témoin les questions qu’il juge nécessaires, et, s’il y a lieu, celles qui lui sont proposées par les parties.

Le témoin peut se retirer après sa déposition, à moins que le président n’en décide autrement.

Le ministère public, ainsi que la partie civile et le prévenu, peuvent demander, et le président peut toujours ordonner, qu’un témoin se retire momentanément de la salle d’audience après sa déposition, pour y être introduit et entendu s’il y a lieu après d’autres dépositions avec ou sans confrontation.

Article 455

Au cours des débats le président fait, s’il est nécessaire, représenter au prévenu ou aux témoins les pièces à conviction et reçoit leurs observations.

Article 456

Le tribunal, soit d’office, soit à la demande du ministère public, de la partie civile ou du prévenu, peut ordonner tous transports utiles en vue de la manifestation de la vérité.

Les parties et leurs conseils sont appelés à y assister. Il est dressé procès-verbal de ces opérations.

Article 457

Si d’après les débats la déposition d’un témoin paraît fausse, le président, soit d’office, soit à la requête du ministère public ou de l’une des parties, fait consigner aux notes d’audience les dires précis du témoin.

Il peut enjoindre spécialement à ce témoin de demeurer à la disposition du tribunal, qui l’entendra à nouveau, s’il y a lieu.

Si le jugement doit être rendu le jour même, le président peut également faire garder ce témoin par la force publique dans ou hors la salle d’audience.

Après lecture du jugement sur le fond, le tribunal ordonne sa conduite devant le procureur de la République qui requiert l’ouverture d’une information pour faux témoignage.

Il est dressé séance tenante par le tribunal, après la lecture du jugement sur le fond, un procès-verbal des faits ou des dires d’où peut résulter le faux témoignage.

Ce procès-verbal et une expédition des notes d’audience sont transmis sans délai au procureur de la République.

Paragraphe 4 : De la discussion par les parties

Article 458

Le procureur de la République prend, au nom de la loi, les réquisitions tant écrites qu’orales qu’il croit convenables au bien de la justice.

Dans le cas où des réquisitions écrites sont prises, mention en est faite dans les notes tenues par le greffier et le tribunal est tenu d’y répondre.

Article 459

Le prévenu, les autres parties et leurs conseils peuvent déposer des conclusions.

Ces conclusions sont visées par le président et le greffier ; ce dernier mentionne ce dépôt aux notes d’audience.

Le tribunal qui est tenu de répondre aux conclusions ainsi régulièrement déposées doit joindre au fond les incidents et exceptions dont il est saisi, et y statuer par un seul et même jugement en se prononçant en premier lieu sur l’exception et ensuite sur le fond.

Il ne peut en être autrement qu’au cas d’impossibilité absolue, ou encore lorsqu’une décision immédiate sur l’incident ou sur l’exception est commandée par une disposition qui touche à l’ordre public.

Article 460

L’instruction à l’audience terminée, la partie civile est entendue en sa demande, le ministère public prend ses réquisitions, le prévenu, et, s’il y a lieu, la personne civilement responsable, présentent leur défense.

La partie civile et le ministère public peuvent répliquer. Le prévenu ou son conseil auront toujours la parole les derniers.

Article 460-1

Lorsque la personne qui se prétend lésée s’est constituée partie civile par lettre, le président donne lecture de cette lettre dès que l’instruction à l’audience est terminée. Le ministère public prend ses réquisitions ; le prévenu et, s’il y a lieu, la personne civilement responsable présentent leur défense.

Si le tribunal l’estime nécessaire, il peut ordonner la comparution de la partie civile. En ce cas, les débats sur l’ensemble de l’affaire ou uniquement sur les intérêts civils sont renvoyés à une prochaine audience dont la date est immédiatement fixée. Les parties sont tenues de comparaître sans autre citation à l’audience de renvoi. Il en est de même pour les personnes invitées par le tribunal à rester à sa disposition lorsqu’un avertissement écrit leur est immédiatement délivré.

Article 461

Si les débats ne peuvent être terminés au cours de la même audience, le tribunal fixe, par jugement, le jour où ils seront continués.

Les parties et les témoins non entendus, ou ceux qui ont été invités à rester à la disposition du tribunal, sont tenus de comparaître, sans autre citation, à l’audience de renvoi.

Section 5 : Du jugement

Article 462

Le jugement est rendu soit à l’audience même à laquelle ont eu lieu les débats, soit à une date ultérieure.

Dans ce dernier cas, le président informe les parties présentes du jour où le jugement sera prononcé.

Article 463

S’il y a lieu de procéder à un supplément d’information, le tribunal commet par jugement un de ses membres qui dispose des pouvoirs prévus aux articles 151 à 155. Dans le cas où la tutelle pénale est encourue, le juge commis procède ou fait procéder à tous les actes nécessaires au prononcé de cette mesure et, notamment, à l’enquête et à l’examen médico-psychologique prévus à l’article 81 (sixième et septième alinéas).

Ce supplément d’information obéit aux règles édictées par les articles 118 à 121.

Le procureur de la République peut obtenir, au besoin par voie de réquisitions, la communication du dossier de la procédure à toute époque du supplément d’information, à charge de rendre les pièces dans les vingt-quatre heures.

Article 464

Si le tribunal estime que le fait constitue un délit, il prononce la peine.

Il statue, s’il y a lieu, sur l’action civile, et peut ordonner le versement provisoire, en tout ou partie, des dommages-intérêts alloués.

Il a aussi la faculté, s’il ne peut se prononcer en l’état sur la demande en dommages-intérêts, d’accorder à la partie civile une provision, exécutoire nonobstant opposition ou appel.

Article 464-1

A l’égard du prévenu détenu, le tribunal peut, en tout état de cause, par décision spéciale et motivée, lorsque les éléments de l’espèce justifient la prolongation d’une mesure particulière de sûreté, maintenir la détention. Pour l’exécution de cette décision, le mandat continue à produire ses effets.

Article 466

Si le tribunal régulièrement saisi d’un fait qualifié délit par la loi, estime, au résultat des débats, que ce fait ne constitue qu’une contravention, il prononce la peine et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile.

Article 467

Si le fait est une contravention connexe à un délit, le tribunal statue par un seul et même jugement, à charge d’appel sur le tout.

Article 467-1

En matière correctionnelle ou de police, la réparation volontaire, en tout ou partie, avant le jour de l’audience, des préjudices causés par l’infraction peut être retenue comme une circonstance atténuante compte tenu des facultés contributives du prévenu.

Article 468

Si le prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, le tribunal prononce son absolution et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile, ainsi qu’il est dit à l’article 464, alinéas 2 et 3.

Article 469

Si le fait déféré au tribunal correctionnel sous la qualification de délit est de nature à entraîner une peine criminelle, le tribunal renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

Il peut, le ministère public entendu, décerner, par la même décision, mandat de dépôt ou d’arrêt contre le prévenu.

Article 469-1

Nonobstant les dispositions de l’alinéa premier de l’article 464, le tribunal peut, après avoir déclaré le prévenu coupable, soit le dispenser de peine, soit ajourner le prononcé de celle-ci. Il statue s’il y a lieu sur l’action civile.

Article 469-2

Le tribunal peut dispenser de peine lorsqu’il apparaît que le reclassement du prévenu est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble résultant de l’infraction a cessé. La dispense de peine exclut l’application des dispositions prévoyant des interdictions, déchéances ou incapacités de quelque nature qu’elles soient qui résulteraient d’une condamnation.

Article 469-3

Le tribunal peut ajourner le prononcé de la peine lorsqu’il apparaît que le reclassement du prévenu est en voie d’être acquis, que le dommage causé est en voie d’être réparé, compte tenu des ressources du prévenu, et que le trouble résultant de l’infraction va cesser.

Dans ce cas, il fixe dans son jugement le jour où il sera statué sur la peine. L’ajournement ne peut être ordonné qu’en présence du prévenu.

A l’audience de renvoi, le tribunal peut, soit dispenser le prévenu de peine, soit prononcer la sanction prévue par la loi, soit ajourner une nouvelle fois le prononcé de la peine dans les conditions prévues à l’alinéa précédent.

La décision sur la peine intervient au plus tard un an après la première décision d’ajournement.

Article 470

Si le tribunal estime que le fait poursuivi ne constitue aucune infraction à la loi pénale ou que le fait n’est pas établi, ou qu’il n’est pas imputable au prévenu, il renvoie celui-ci des fins de la poursuite.

Article 470-1

Le tribunal saisi, à l’initiative du ministère public ou sur renvoi d’une juridiction d’instruction, de poursuites exercées pour homicide ou blessures involontaires qui prononce une relaxe demeure compétent, sur la demande de la partie civile ou de son assureur formulée avant la clôture des débats, pour accorder, en application des règles de droit civil, réparation de tous les dommages résultant des faits qui ont fondé la poursuite.

Toutefois, lorsqu’il apparaît que des tiers responsables doivent être mis en cause, le tribunal renvoie l’affaire, par une décision non susceptible de recours, devant la juridiction civile compétente qui l’examine d’urgence selon une procédure simplifiée déterminée par décret en Conseil d’Etat.

Article 471

Nonobstant appel, le prévenu détenu qui n’a pas été condamné à une peine d’emprisonnement sans sursis est mis en liberté immédiatement après le jugement.

Il en est de même en cas de condamnation à une peine d’emprisonnement, lorsque la détention provisoire a été ordonnée ou maintenue en application de l’article 464-1 ou de l’article 465, premier alinéa, aussitôt que la durée de la détention a atteint celle de la peine prononcée.

Le contrôle judiciaire prend fin sauf si le tribunal en décide autrement lorsqu’il prononce une condamnation à l’emprisonnement sans sursis ou assorti du sursis avec mise à l’épreuve.

Les sanctions pénales prononcées en application des articles 43-1 à 43-4 du Code pénal peuvent être déclarées exécutoires par provision.

Article 472

Dans le cas prévu par l’article 470, lorsque la partie civile a elle-même mis en mouvement l’action publique, le tribunal statue par le même jugement sur la demande en dommages-intérêts formée par la personne acquittée contre la partie civile pour abus de constitution de partie civile.

Article 473

Tout jugement de condamnation rendu contre le prévenu et éventuellement contre la partie civilement responsable les condamne aux frais et dépens envers l’Etat. Il se prononce à l’égard du prévenu sur la durée de la contrainte judiciaire.

Sauf disposition législative contraire, et sous réserve de l’application du deuxième alinéa de l’article 55 du code pénal, la masse des frais et dépens est divisée en autant de parts égales qu’il y a de prévenus condamnés pour le même délit et chacun n’est redevable que de sa part. Toutefois, les frais et dépens qui n’ont été exposés qu’en raison des besoins ou des demandes d’un seul prévenu peuvent être mis à sa charge par le tribunal.

Il en est de même au cas de transaction ayant éteint l’action publique, conformément à l’article 6, et au cas d’absolution, sauf si le tribunal, par décision spéciale et motivée, décharge le prévenu et la personne civilement responsable de tout ou partie des frais.

La partie civile dont l’action a été déclarée recevable n’est pas tenue des frais dès lors que l’individu contre lequel elle s’est constituée a été reconnu coupable d’une infraction.

Article 474

Au cas d’acquittement, le prévenu ne peut être condamné aux frais du procès.

Toutefois, si le prévenu est acquitté à raison de son état de démence au moment des faits, le tribunal peut mettre à sa charge tout ou partie des dépens.

Article 475

La partie civile qui succombe est tenue des frais. Il en est de même dans les cas visés par l’article 425.

Le tribunal peut toutefois, par décision spéciale et motivée, l’en décharger en tout ou partie.

Article 475-1

Lorsqu’il apparaît inéquitable de laisser à la charge de la partie civile les sommes exposées par elle et non comprises dans les frais et dépens, le juge peut condamner l’auteur de l’infraction à lui payer le montant qu’il détermine.

Article 476

Dans le cas où la condamnation n’intervient pas pour toutes les infractions qui ont fait l’objet de la poursuite ou n’intervient qu’à raison d’infractions qui ont fait l’objet d’une disqualification, soit au cours de l’instruction, soit au moment du prononcé du jugement, comme aussi dans le cas de mise hors de cause de certains prevenus, le tribunal peut, par une disposition motivée, décharger le condamné de la part des frais de justice qui ne résulte pas directement de l’infraction ayant entraîné la condamnation au fond. Le tribunal fixe lui-même le montant des frais dont est alors déchargé le condamné, ces frais étant laissés, selon les circonstances, à la charge du Trésor ou de la partie civile.

Article 477

Les frais et dépens sont liquidés par le jugement. A défaut de décision sur l’application des articles 473 et suivants ou en cas de difficultés d’exécution portant sur la condamnation aux frais et dépens, la juridiction qui a statué au fond peut être saisie par tout intéressé, conformément aux règles établies en matière d’incidents d’exécution, et compléter son jugement sur ce point.

Article 478

Le prévenu, la partie civile ou la personne civilement responsable, peut réclamer au tribunal saisi de la poursuite la restitution des objets placés sous la main de la justice.

Le tribunal peut ordonner d’office cette restitution.

Article 479

Toute personne autre que le prévenu, la partie civile ou la personne civilement responsable qui prétend avoir droit sur des objets placés sous la main de la justice, peut également en réclamer la restitution au tribunal saisi de la poursuite.

Seuls, les procès-verbaux relatifs à la saisie des objets peuvent lui être communiqués.

Le tribunal statue par jugement séparé, les parties entendues.

Article 480

Si le tribunal accorde la restitution, il peut prendre toutes mesures conservatoires pour assurer jusqu’à décision définitive sur le fond la représentation des objets restitués.

Article 482

Le jugement qui rejette une demande de restitution est susceptible d’appel de la part de la personne qui a formé cette demande.

Le jugement qui accorde la restitution est susceptible d’appel de la part du ministère public et de la part du prévenu, de la personne civilement responsable, ou de la partie civile à qui cette décision ferait grief.

La cour ne peut être saisie qu’après que le tribunal a statué au fond.

Article 483

[Article abrogé.]

Article 486

La minute du jugement est datée et mentionne les noms des magistrats qui l’ont rendu ; la présence du ministère public à l’audience doit y être constatée.

Après avoir été signée par le président et le greffier, la minute est déposée au greffe du tribunal dans les trois jours au plus tard du prononcé du jugement. Ce dépôt est mentionné sur le registre spécialement tenu au greffe à cet effet.

Section 6 : Du jugement par défaut et de l’opposition

Paragraphe 1er : Du défaut

Article 487

Sauf les cas prévus par les articles 410, 411, 414, 415, 416 et 424, toute personne régulièrement citée qui ne comparaît pas au jour et à l’heure fixés par la citation est jugée par défaut, ainsi qu’il est dit à l’article 412.

Article 488

Le jugement prononcé par défaut est signifié par exploit d’huissier, conformément aux dispositions des articles 550 et suivants.

Paragraphe 2 : De l’opposition

Article 489

Le jugement par défaut est non avenu dans toutes ses dispositions, si le prévenu forme opposition à son exécution.

Il peut toutefois limiter cette opposition aux dispositions civiles du jugement.

Article 491

Si la signification du jugement a été faite à la personne du prévenu, l’opposition doit être formée dans les délais ci-après, qui courent à compter de cette signification : dix jours si le prévenu réside en France métropolitaine, un mois s’il réside hors de ce territoire.

Article 492

Si la signification du jugement n’a pas été faite à la personne du prévenu, l’opposition doit être formée dans les délais ci-après, qui courent à compter de la signification du jugement faite à domicile, à mairie ou à parquet :

dix jours si le prévenu réside dans la France métropolitaine, un mois s’il réside hors de ce territoire.

Toutefois, s’il s’agit d’un jugement de condamnation et s’il ne résulte pas, soit de l’avis constatant remise de la lettre recommandée prévue aux articles 557, et 558 alinéa 3, soit d’un acte d’exécution quelconque, ou de l’avis donné conformément à l’article 560, que le prévenu a eu connaissance de la signification, l’opposition tant en ce qui concerne les intérêts civils que la condamnation pénale reste recevable jusqu’à l’expiration des délais de prescription de la peine.

Dans les cas visés à l’alinéa précédent, le délai d’opposition court à compter du jour où le prévenu a eu cette connaissance.

Article 493

La personne civilement responsable et la partie civile peuvent former opposition à tout jugement par défaut à leur encontre, dans les délais fixés à l’article 491, lesquels courent à compter de la signification du jugement, quel qu’en soit le mode.

Paragraphe 3 : De l’itératif défaut

Article 495

Dans tous les cas, les frais de la signification du jugement par défaut et de l’opposition peuvent être laissés à la charge de la partie opposante.

Chapitre II : De la cour d’appel en matière correctionnelle

Section 1 : De l’exercice du droit d’appel

Article 496

Les jugements rendus en matière correctionnelle peuvent être attaqués par la voie de l’appel.

L’appel est porté à la cour d’appel.

Article 497

La faculté d’appeler appartient :

1° Au prévenu ;

2° A la personne civilement responsable quant aux intérêts civils seulement ;

3° A la partie civile, quant à ses intérêts civils seulement ;

4° Au procureur de la République ;

5° Aux administrations publiques, dans les cas où celles-ci exercent l’action publique ;

6° Au procureur général près la cour d’appel.

Article 499

Si le jugement est rendu par défaut ou par itératif défaut, le délai d’appel ne court qu’à compter de la signification du jugement, quel qu’en soit le mode.

Article 500

En cas d’appel d’une des parties pendant les délais ci-dessus, les autres parties ont un délai supplémentaire de cinq jours pour interjeter appel.

Article 504

Une requête contenant les moyens d’appel peut être remise dans les délais prévus pour la déclaration d’appel au greffe du tribunal ; elle est signée de l’appelant ou d’un avocat inscrit à un barreau ou d’un avoué ou d’un fondé de pouvoir spécial.

La requête, ainsi que les pièces de la procédure sont envoyées par le procureur de la République au parquet de la cour dans le plus bref délai.

Si le prévenu est en état d’arrestation, il est également, dans le plus bref délai, et par ordre du procureur de la République, transféré dans la maison d’arrêt du lieu où siège la cour d’appel.

Article 505

Le procureur général forme son appel par signification, soit au prévenu, soit à la personne civilement responsable du délit, dans le délai de deux mois à compter du jour du prononcé du jugement.

Article 506

Pendant les délais d’appel et durant l’instance d’appel, il est sursis à l’exécution du jugement, sous réserve des dispositions des articles 464 (deuxième et troisième alinéas), 464-1, 471, 507, 508 et 708.

Article 507

Lorsque le tribunal statue par jugement distinct du jugement sur le fond, l’appel est immédiatement recevable si ce jugement met fin à la procédure.

Dans le cas contraire et jusqu’à l’expiration des délais d’appel, le jugement n’est pas exécutoire et le tribunal ne peut statuer au fond.

Si appel n’a pas été interjeté ou si, avant l’expiration du délai d’appel, la partie appelante n’a pas déposé au greffe la requête prévue à l’alinéa suivant, le jugement est exécutoire et le tribunal statue au fond.

La partie appelante peut déposer au greffe, avant l’expiration des délais d’appel, une requête adressée au président de la chambre des appels correctionnels et tendant à faire déclarer l’appel immédiatement recevable.

Article 508

Le greffier avise le président du tribunal du dépôt de cette requête. Le jugement n’est pas exécutoire et le tribunal ne peut statuer au fond tant qu’il n’a pas été prononcé sur ladite requête.

Dès que le greffier a reçu l’appel et la requête il fait parvenir celle-ci au président de la chambre des appels correctionnels ainsi qu’une expédition du jugement et de l’acte d’appel.

Le président statue sur la requête, par ordonnance non motivée, dans les huit jours de la réception de ce dossier.

S’il rejette la requête, le jugement est exécutoire et le tribunal se prononce au fond ; aucun recours n’est recevable contre l’ordonnance du président et l’appel n’est alors jugé qu’en même temps que l’appel formé contre le jugement sur le fond.

Si, dans l’intérêt de l’ordre public ou d’une bonne administration de la justice, le président fait droit à la requête, il fixe la date à laquelle l’appel sera jugé.

La cour doit statuer dans le mois qui suit l’ordonnance du président, sans que puisse être soulevée devant elle une exception tirée de ce que l’appel formé contre la décision entreprise ne serait pas suspensif ; l’exécution du jugement est suspendue dans ce dernier cas jusqu’à ce qu’intervienne l’arrêt de la cour.

Article 509

L’affaire est dévolue à la cour d’appel dans la limite fixée par l’acte d’appel et par la qualité de l’appelant ainsi qu’il est dit à l’article 515.

L’appel de l’assureur produit effet à l’égard de l’assuré en ce qui concerne l’action civile. Il est, dans un délai de trois jours, notifié à l’assuré par lettre recommandée avec demande d’avis de réception adressée par l’assureur.

Section 2 : De la composition de la chambre des appels correctionnels

Article 510

La chambre des appels correctionnels est composée d’un président de chambre et de deux conseillers.

Les fonctions du ministère public sont exercées par le procureur général ou par l’un de ses avocats généraux ou de ses substituts ; celles du greffe par un greffier de la cour d’appel.

Article 511

Le nombre des audiences correctionnelles est déterminé à la fin de chaque année judiciaire pour l’année judiciaire suivante par l’assemblée générale de la cour.

Il peut être modifié dans les mêmes conditions en cours d’année, suivant les nécessités.

Section 3 : De la procédure devant la chambre des appels correctionnels

Article 512

Les règles édictées pour le tribunal correctionnel sont applicables devant la cour d’appel sous réserve des dispositions suivantes.

Article 513

L’appel est jugé à l’audience sur le rapport oral d’un conseiller ; le prévenu est interrogé.

Les témoins ne sont entendus que si la cour a ordonné leur audition.

Les parties en cause ont la parole dans l’ordre suivant : d’abord, les parties appelantes, puis les parties intimées ; s’il y a plusieurs parties appelantes ou intimées, elles sont entendues dans l’ordre fixé par le président.

Le prévenu ou son conseil auront toujours la parole les derniers.

Article 514

Si la cour estime que l’appel est tardif ou irrégulièrement formé, elle le déclare irrecevable.

Si elle estime que l’appel, bien que recevable, n’est pas fondé, elle confirme le jugement attaqué.

Dans les deux cas, elle condamne l’appelant aux dépens, à moins que l’appel n’émane du ministère public, les dépens étant alors laissés à la charge du Trésor.

Article 515

La cour peut, sur l’appel du ministère public, soit confirmer le jugement, soit l’infirmer en tout ou en partie dans un sens favorable ou défavorable au prévenu.

La cour ne peut, sur le seul appel du prévenu, du civilement responsable, de la partie civile ou de l’assureur de l’une de ces personnes, aggraver le sort de l’appelant.

La partie civile ne peut, en cause d’appel, former aucune demande nouvelle ; toutefois elle peut demander une augmentation des dommages-intérêts pour le préjudice souffert depuis la décision de première instance.

Article 515-1

Lorsque le tribunal, statuant sur l’action civile, a ordonné le versement provisoire, en tout ou en partie, des dommages-intérêts alloués, cette exécution provisoire peut être arrêtée, en cause d’appel, par le premier président statuant en référé si elle risque d’entraîner des conséquences manifestement excessives. Le premier président peut subordonner la suspension de l’exécution provisoire à la constitution d’une garantie, réelle ou personnelle, suffisante pour répondre de toutes restitutions ou réparations.

Lorsque l’exécution provisoire a été refusée par le tribunal statuant sur l’action civile ou lorsque l’exécution provisoire n’a pas été demandée, ou si, l’ayant été, le tribunal a omis de statuer, elle peut être accordée, en cas d’appel, par le premier président statuant en référé.

Article 516

Si le jugement est réformé parce que la cour estime qu’il n’y a ni crime, ni délit, ni contravention, ou que le fait n’est pas établi ou qu’il n’est pas imputable au prévenu, elle renvoie celui-ci des fins de la poursuite.

Dans ce cas, si le prévenu acquitté demande des dommages-intérêts, dans les conditions prévues à l’article 472, il porte directement sa demande devant la cour d’appel.

Article 517

Si le jugement est réformé parce que la cour estime que le prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, elle se conforme aux dispositions de l’article 468.

Article 518

Si le jugement est annulé parce que la cour estime que le fait ne constitue qu’une contravention, elle prononce la peine et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile.

Article 519

Si le jugement est annulé parce que la cour estime que le fait est de nature à entraîner une peine criminelle, la cour d’appel se déclare incompétente. Elle renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

Elle peut, le ministère public entendu, décerner par la même décision, mandat de dépôt ou d’arrêt contre le prévenu.

Article 520

Si le jugement est annulé pour violation ou omission non réparée de formes prescrites par la loi à peine de nullité, la cour évoque et statue sur le fond.

Titre III : Du jugement des contraventions

Chapitre Ier : De la compétence du tribunal de police

Article 522

Est compétent le tribunal de police du lieu de commission ou de constatation de la contravention ou celui de la résidence du prévenu.

Est également compétent le tribunal de police du siège de l’entreprise détentrice du véhicule en cas de contravention, soit aux règles relatives au chargement ou à l’équipement de ce véhicule, soit aux conditions de travail dans les transports routiers, soit à la coordination des transports.

Les articles 383 à 387 sont applicables au jugement des infractions de la compétence du tribunal de police.

Article 523

Le tribunal de police est constitué par le juge du tribunal d’instance, un officier du ministère public ainsi qu’il est dit aux articles 45 et suivants, et un greffier.

Chapitre II : De la procédure simplifiée

Article 525

Le ministère public qui choisit la procédure simplifiée communique au juge du tribunal de police le dossier de la poursuite et ses réquisitions.

Le juge statue sans débat préalable par une ordonnance pénale portant soit relaxe, soit condamnation à une amende.

S’il estime qu’un débat contradictoire est utile ou que des sanctions autres que l’amende devraient être éventuellement prononcées, le juge renvoie le dossier au ministère public aux fins de poursuite dans les formes de la procédure ordinaire.

Article 526

L’ordonnance contient les nom, prénoms, date et lieu de naissance et domicile du prévenu, la qualification légale, la date et le lieu du fait imputé, la mention des textes applicables et, en cas de condamnation, le montant de l’amende et des frais de poursuite et la durée de la contrainte judiciaire.

Le juge n’est pas tenu de motiver l’ordonnance pénale.

Article 527

Le ministère public peut, dans les dix jours de l’ordonnance, former opposition à son exécution par déclaration au greffe du tribunal.

Si, à l’expiration du délai prévu à l’alinéa précédent, le ministère public n’a pas fait opposition, l’ordonnance pénale est notifiée au prévenu par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Le prévenu peut, dans un délai de trente jours à compter de la date d’envoi de la lettre, s’acquitter du montant de l’amende. Dans ce cas, il est mis fin à l’action publique.

Il peut également former opposition à l’exécution de l’ordonnance dans le même délai.

A défaut de paiement ou d’opposition dans le délai ci-dessus, l’ordonnance pénale est mise à exécution.

Toutefois, s’il ne résulte pas de l’avis de réception que le prévenu a reçu la lettre de notification, l’opposition reste recevable jusqu’à l’expiration d’un délai de dix jours qui court de la date à laquelle l’intéressé a eu connaissance de la condamnation, soit par un acte d’exécution, soit par tout autre moyen.

Article 528

En cas d’opposition formée par le ministère public ou par le prévenu, l’affaire est portée à l’audience du tribunal de police dans les formes de la procédure ordinaire. Le jugement rendu par défaut, sur l’opposition du prévenu, ne sera pas susceptible d’opposition.

Jusqu’à l’ouverture des débats, le prévenu peut renoncer expressément à son opposition. L’ordonnance pénale reprend alors sa force exécutoire et une nouvelle opposition est irrecevable.

Article 528-1

L’ordonnance pénale à laquelle il n’a pas été formé opposition a les effets d’un jugement passé en force de chose jugée.

Cependant, elle n’a pas l’autorité de la chose jugée à l’égard de l’action civile en réparation des dommages causés par l’infraction.

Article 528-2

Les dispositions du présent chapitre ne font pas échec au droit de la partie lésée de citer directement le contrevenant devant le tribunal de police, dans les conditions prévues par le présent code.

Lorsque la citation est délivrée après qu’une ordonnance pénale a été rendue sur les mêmes faits, le tribunal de police statue :

Sur l’action publique et sur les intérêts civils si l’ordonnance pénale a fait l’objet d’une opposition dans les délais prévus à l’article 527 et au plus tard à l’ouverture des débats ;

Sur les intérêts civils seulement si aucune opposition n’a été formée ou si le prévenu a déclaré expressément, au plus tard à l’ouverture des débats, renoncer à son opposition ou à son droit d’opposition. Il en est de même s’il est établi que l’ordonnance pénale a fait l’objet d’un paiement volontaire.

Chapitre II bis : De l’amende forfaitaire

Article 529

Dans les matières prévues par la loi, l’action publique née d’une contravention peut être éteinte par le paiement d’une amende forfaitaire, qui est exclusive de l’application des règles de la récidive.

Le montant de l’amende forfaitaire peut être acquitté :

Soit au moment de la constatation de l’infraction, entre les mains de l’agent verbalisateur, contre remise d’une quittance détachée d’un carnet à souches ;

Soit au moyen d’un timbre-amende expédié au service indiqué dans l’avis de contravention dans les quinze jours suivant la constatation de l’infraction ou, le cas échéant, la date d’envoi de cet avis.

Article 530

La procédure de l’amende forfaitaire ne peut intervenir :

Si la contravention expose son auteur à la réparation de dommages aux personnes ou aux biens ;

Si plusieurs contraventions, dont l’une au moins ne peut donner lieu à amende forfaitaire, ont été constatées simultanément.

Article 530-1

A défaut de paiement de l’amende forfaitaire, la répression de la contravention est poursuivie selon les règles de la procédure ordinaire ou celles de la procédure simplifiée.

Article 530-2

Un décret pris dans les formes prévues pour les décrets en Conseil d’Etat fixe le tarif des amendes forfaitaires.

Un décret en Conseil d’Etat détermine les catégories d’agents habilités à percevoir directement des amendes. Il fixe, en tant que de besoin, les conditions et les modalités d’application des articles 529 à 530-1.

Chapitre III : De la saisine du tribunal de police

Article 531

Le tribunal de police est saisi des infractions de sa compétence soit par le renvoi qui lui en est fait par la juridiction d’instruction, soit par la comparution volontaire des parties, soit par la citation délivrée directement au prévenu et à la personne civilement responsable de l’infraction.

Article 532

L’avertissement délivré par le ministère public dispense de citation s’il est suivi de la comparution volontaire de la personne à laquelle il est adressé.

Il indique l’infraction poursuivie et vise le texte de loi qui la réprime.

Article 533

Les articles 385-1, 385-2, 388-1, 388-2, 388-3 et 390 à 392 sont applicables devant le tribunal de police.

Chapitre IV : De l’instruction définitive devant le tribunal de police

Article 534

Avant le jour de l’audience, le président peut, sur la requête du ministère public ou de la partie civile, estimer ou faire estimer les dommages, dresser ou faire dresser des procès-verbaux, faire ou ordonner tous actes requérant célérité.

Article 535

Les dispositions des articles 400 à 405, 406 à 408, sont applicables à la procédure devant le tribunal de police.

Toutefois, les sanctions prévues par l’article 404, alinéa 2, ne peuvent être prononcées que par le tribunal correctionnel, saisi par le ministère public, au vu du procès verbal dressé par le juge du tribunal de police relatant l’incident.

Article 536

Sont également applicables les règles édictées par les articles 418 à 426 concernant la constitution de partie civile ; par les articles 427 à 457 relatifs à l’administration de la preuve sous réserve de ce qui est dit à l’article 537 ; par les articles 458 à 461 concernant la discussion par les parties ; par l’article 462 relatif au jugement.

Article 537

Les contraventions sont prouvées soit par procès-verbaux ou rapports, soit par témoins à défaut de rapports et procès-verbaux, ou à leur appui.

Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les procès-verbaux ou rapports établis par les officiers et agents de police judiciaire et les agents de police judiciaire adjoints, ou les fonctionnaires ou agents chargés de certaines fonctions de police judiciaire auxquels la loi a attribué le pouvoir de constater les contraventions, font foi jusqu’à preuve contraire.

La preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins.

Article 538

S’il y a lieu à supplément d’information, il y est procédé par le juge du tribunal de police, conformément aux articles 118 à 121.

Les dispositions de l’article 463, alinéa 3, sont applicables.

Article 539

Si le tribunal de police estime que le fait constitue une contravention, il prononce la peine.

Il statue s’il y a lieu sur l’action civile conformément aux dispositions de l’article 464, alinéas 2 et 3.

Article 539-1

Nonobstant les dispositions de l’alinéa premier de l’article 539, les articles 469-1 à 469-3 peuvent être appliqués par le tribunal de police.

Article 540

Si le tribunal de police estime que le fait constitue un crime ou un délit, il se déclare incompétent. Il renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

Article 541

Si le tribunal de police estime que le fait ne constitue aucune infraction à la loi pénale, ou que le fait n’est pas établi, ou qu’il n’est pas imputable au prévenu, il renvoie celui-ci des fins de la poursuite.

Les dispositions de l’article 470-1 sont applicables.

Article 542

Si le prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, le tribunal de police prononce son absolution et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile ainsi qu’il est dit à l’article 539.

Article 543

Sont applicables à la procédure devant le tribunal de police les articles 473 à 486 concernant les frais de justice et dépens, la restitution des objets placés sous la main de la justice et la forme des jugements.

Chapitre V : Du jugement par défaut et de l’opposition

Article 544

Sont applicables devant le tribunal de police les dispositions des articles 410 à 415 relatives à la comparution et à la représentation du prévenu et de la personne civilement responsable.

Toutefois, lorsque la contravention poursuivie n’est passible que d’une peine d’amende, le prévenu peut se faire représenter par un avocat ou par un fondé de procuration spéciale.

Article 545

Sont également applicables les dispositions des articles 487 et 488 relatives aux jugements par défaut, et 489 à 495 relatives à l’opposition.

Chapitre VI : De l’appel des jugements de police

Article 546

La faculté d’appeler appartient au prévenu, à la personne civilement responsable, au procureur de la République et à l’officier du ministère public près le tribunal de police, lorsque le jugement prononce une peine d’emprisonnement ou lorsque la peine encourue excède cinq jours d’emprisonnement ou 1.300 F d’amende.

Lorsque des dommages et intérêts ont été alloués, la faculté d’appeler appartient également au prévenu et à la personne civilement responsable.

Cette faculté appartient dans tous les cas à la partie civile quant à ses intérêts civils seulement.

Dans les affaires poursuivies à la requête de l’administration des eaux et forêts, l’appel est toujours possible de la part de toutes les parties, quelles que soient la nature et l’importance des condamnations.

Le procureur général peut faire appel de tous les jugements rendus en matière de police.

Article 547

L’appel des jugements de police est porté à la cour d’appel.

Cet appel est interjeté dans les délais prévus par les articles 498 à 500.

L’appel est suivi et jugé dans la même forme que les appels des jugements correctionnels.

Les articles 502 à 504, alinéas 1er et 2, sont applicables à l’appel des jugements de police.

Article 548

Le procureur général forme son appel par signification, soit au prévenu, soit à la partie civilement responsable de l’infraction, dans le délai de deux mois à compter du jour du prononcé du jugement.

Article 549

Les dispositions des articles 506 à 509, 510 à 520, sont applicables aux jugements rendus par les tribunaux de police.

La cour d’appel, saisie de l’appel d’un jugement d’incompétence du tribunal de police, si elle constate que le fait poursuivi constitue un délit, prononce la peine et statue, s’il y a lieu, sur les dommages-intérêts.

Titre IV : Des citations et significations

Article 550

Les citations et significations, sauf disposition contraire des lois et règlements, sont faites par exploit d’huissier de justice.

Les notifications sont faites par voie administrative.

L’huissier ne peut instrumenter pour lui-même, pour son conjoint, pour ses parents et alliés et ceux de son conjoint, en ligne directe à l’infini, ni pour ses parents et alliés collatéraux, jusqu’au degré de cousin issu de germain inclusivement.

L’exploit de citation ou de signification contient la désignation du requérant, la date, les nom, prénoms et adresse de l’huissier, ainsi que les nom, prénoms et adresse du destinataire.

La personne qui reçoit copie de l’exploit signe l’original ; si elle ne veut ou ne peut signer, mention en est faite par l’huissier.

Article 551

La citation est délivrée à la requête du ministère public, de la partie civile, et de toute administration qui y est légalement habilitée. L’huissier doit déférer sans délai à leur réquisition.

La citation énonce le fait poursuivi et vise le texte de la loi qui le réprime.

Elle indique le tribunal saisi, le lieu, l’heure et la date de l’audience, et précise la qualité de prévenu, de civilement responsable, ou de témoin de la personne citée.

Si elle est délivrée à la requête de la partie civile, elle mentionne les nom, prénoms, profession et domicile réel ou élu de celle-ci.

La citation délivrée à un témoin doit en outre mentionner que la non-comparution, le refus de témoigner et le faux témoignage sont punis par la loi.

Article 552

Le délai entre le jour où la citation est délivrée et le jour fixé pour la comparution devant le tribunal correctionnel ou de police est d’au moins dix jours, si la partie citée réside dans un département de la France métropolitaine ou si, résidant dans un département d’outre-mer, elle est citée devant un tribunal de ce département.

Si la partie citée réside hors de France métropolitaine, ce délai est porté :

1° A deux mois si elle demeure en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord sauf dans les territoires mentionnés au 2° ci-dessous ;

2° A trois mois si elle demeure en Amérique centrale, en Amérique du Sud sauf au Pérou, au Mexique, en Turquie, en Israël et à la Réunion ;

3° A quatre mois si elle demeure en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Iran et en Irak ;

4° A cinq mois si elle demeure en Asie, sauf pour les Etats déjà mentionnés ci-dessus, en Océanie et au Pérou.

Article 553

Si les délais prescrits à l’article précédent n’ont pas été observés, les règles suivantes sont applicables :

1° Dans le cas où la partie citée ne se présente pas, la citation doit être déclarée nulle par le tribunal ;

2° Dans le cas où la partie citée se présente, la citation n’est pas nulle mais le tribunal doit, sur la demande de la partie citée, ordonner le renvoi à une audience ultérieure.

Cette demande doit être présentée avant toute défense au fond, ainsi qu’il est dit à l’article 385.

Article 554

La signification des décisions, dans les cas où elle est nécessaire, est effectuée à la requête du ministère public ou de la partie civile.

Article 555

L’huissier doit faire toutes diligences pour parvenir à la délivrance de son exploit à la personne même de l’intéressé et lui en remettre une copie.

Article 556

Si la personne visée par l’exploit est absente de son domicile, la copie est remise à un parent allié, serviteur ou à une personne résidant à ce domicile.

L’huissier indique dans l’exploit la qualité déclarée par la personne à laquelle est faite cette remise.

Article 557

Si la copie a été remise à une personne résidant au domicile de celui que l’exploit concerne, l’huissier informe sans délai l’intéressé de cette remise, par lettre recommandée avec avis de réception. Lorsqu’il résulte de l’avis de réception, signé par l’intéressé, que celui-ci a reçu la lettre recommandée de l’huissier, l’exploit remis à domicile produit les mêmes effets que s’il avait été délivré à personne.

Article 558

Si l’huissier ne trouve personne au domicile de celui que l’exploit concerne, il vérifie immédiatement l’exactitude de ce domicile.

Lorsque le domicile indiqué est bien celui de l’intéressé, l’huissier mentionne dans l’exploit ses diligences et constatations, puis il remet une copie de cet exploit à la mairie, au maire ou, à défaut, à un adjoint ou à un conseiller municipal délégué, ou au secrétaire de mairie.

Il informe sans délai de cette remise l’intéressé, par lettre recommandée avec avis de réception, en lui faisant connaître qu’il doit retirer immédiatement la copie de l’exploit signifié à la mairie indiquée. Si l’exploit est une signification de jugement rendu par itératif défaut, la lettre recommandée mentionne la nature de l’acte signifié et le délai d’appel.

Lorsqu’il résulte de l’avis de réception, signé par l’intéressé, que celui-ci a reçu la lettre recommandée de l’huissier, l’exploit remis à la mairie produit les mêmes effets que s’il avait été délivré à personne.

Si l’exploit est une citation à comparaître, il ne pourra produire les effets visés à l’alinéa précédent que si le délai entre le jour où l’avis de réception est signé par l’intéressé et le jour indiqué pour la comparution devant le tribunal correctionnel ou de police est au moins égal à celui fixé, compte tenu de l’éloignement du domicile de l’intéressé, par l’article 552.

Article 559

Si la personne visée par l’exploit est sans domicile ou résidence connus, l’huissier remet une copie de l’exploit au parquet du procureur de la République du tribunal saisi.

Article 561

Dans les cas prévus aux articles 557 et 558, la copie est délivrée sous enveloppe fermée ne portant d’autres indications, d’un côté que les nom, prénoms, adresse de l’intéressé, et de l’autre que le cachet de l’étude de l’huissier apposé sur la fermeture du pli.

Article 562

Ceux qui, hors de la France métropolitaine et de l’Algérie, habitent un territoire faisant partie de la Communauté sont cités au parquet du procureur de la République près le tribunal saisi, lequel vise l’original et envoie directement la copie au chef du service judiciaire compétent.

Ceux qui habitent à l’étranger sont cités au même parquet qui, dans les mêmes conditions, envoie la copie au ministre des affaires étrangères ou à toute autre autorité déterminée par les conventions diplomatiques.

Article 563

Dans tous les cas, l’huissier doit mentionner sur l’original de l’exploit, et sous forme de procès-verbal, ses diligences ainsi que les réponses qui ont été faites à ses différentes interpellations.

Le procureur de la République peut prescrire à l’huissier de nouvelles recherches, s’il estime incomplètes celles qui ont été effectuées.

L’original de l’exploit doit être adressé à la personne à la requête de qui il a été délivré, dans les vingt-quatre heures.

En outre, si l’exploit a été délivré à la requête du procureur de la République, une copie de l’exploit doit être jointe à l’original.

Article 564

Les huissiers sont tenus de mettre, à la fin de l’original et de la copie de l’exploit, le coût de celui-ci, à peine d’une amende civile de 20 à 100 francs ; cette amende est prononcée par le président de la juridiction saisie de l’affaire.

Article 565

La nullité d’un exploit ne peut être prononcée que lorsqu’elle a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts de la personne qu’il concerne, sous réserve, pour les délais de citation, des dispositions de l’article 553, 2°.

Article 566

Si un exploit est déclaré nul par le fait de l’huissier, celui-ci peut être condamné aux frais de l’exploit et de la procédure annulée, et éventuellement à des dommages-intérêts envers la partie à laquelle il est porté préjudice.

La juridiction qui déclare la nullité a compétence pour prononcer ces condamnations.

Livre III : Des voies de recours extraordinaires

Titre Ier : Du pourvoi en cassation

Chapitre Ier : Des décisions susceptibles d’être attaquées et des conditions du pourvoi

Article 567

Les arrêts de la chambre de l’instruction et les arrêts et jugements rendus en dernier ressort en matière criminelle, correctionnelle et de police peuvent être annulés en cas de violation de la loi sur pourvoi en cassation formé par le ministère public ou par la partie à laquelle il est fait grief, suivant les distinctions qui vont être établies.

Le recours est porté devant la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Article 567-1

Si le président de la chambre criminelle constate qu’il a été formé un pourvoi contre une décision qui n’est pas susceptible de voie de recours en application des articles 186, alinéa 8, 706 et 706-2, il rend une ordonnance de non-admission du pourvoi. Sa décision n’est pas susceptible de recours.

Article 568

Le ministère public et toutes les parties ont cinq jours francs après celui où la décision attaquée a été prononcée pour se pourvoir en cassation.

Toutefois, le délai de pourvoi ne court qu’à compter de la signification de l’arrêt, quel qu’en soit le mode :

1° Pour la partie qui, après débat contradictoire, n’était pas présente ou représentée à l’audience où l’arrêt a été prononcé, si elle n’avait pas été informée ainsi qu’il est dit à l’article 462, alinéa 2 ;

2° Pour le prévenu qui a demandé à être jugé en son absence dans les conditions prévues à l’article 411, alinéa 1er ;

3° Pour le prévenu qui n’a pas comparu dans les cas prévus aux articles 410 et 411, alinéa 4 ;

4° Pour le prévenu qui a été jugé par itératif défaut.

Le délai du pourvoi contre les arrêts ou les jugements par défaut ne court, à l’égard du prévenu, que du jour où ils ne sont plus susceptibles d’opposition. A l’égard du ministère public, le délai court à compter de l’expiration du délai de dix jours qui suit la signification.

Article 569

Pendant les délais du recours en cassation et, s’il y a eu recours, jusqu’au prononcé de l’arrêt de la Cour de cassation, il est sursis à l’exécution de l’arrêt de la cour d’appel, sauf en ce qui concerne les condamnations civiles, et à moins que la cour d’appel ne confirme le mandat décerné par le tribunal en application de l’article 464-1 ou de l’article 465, premier alinéa, ou ne décerne elle-même mandat sous les mêmes conditions et selon les mêmes règles.

Le contrôle judiciaire prend fin, sauf si la cour d’appel en décide autrement, lorsqu’elle prononce une condamnation à l’emprisonnement sans sursis ou assorti du sursis avec mise à l’épreuve.

En cas d’acquittement, d’absolution ou de condamnation soit à l’emprisonnement assorti du sursis simple ou du sursis avec mise à l’épreuve, soit à l’amende, le prévenu détenu est, nonobstant pourvoi, mis en liberté immédiatement après l’arrêt.

Il en est de même en cas de condamnation à une peine d’emprisonnement, lorsque la détention provisoire a été ordonnée ou maintenue dans les conditions prévues par l’alinéa Ier aussitôt que la durée de la détention aura atteint celle de la peine prononcée.

Article 570

Lorsque le tribunal ou la cour d’appel statue par jugement ou arrêt distinct de l’arrêt sur le fond, le pourvoi en cassation est immédiatement recevable si cette décision met fin à la procédure. Si le président de la chambre criminelle constate qu’une décision a été à tort considérée par la partie intéressée comme mettant fin à la procédure, il apprécie si le pourvoi doit néanmoins être reçu dans l’intérêt de l’ordre public ou d’une bonne administration de la justice, ou si, au contraire, il ne doit pas être reçu, et rend d’office à cet effet une ordonnance d’admission ou de non-admission.

Dans le cas où la décision n’a pas mis fin à la procédure et jusqu’à l’expiration des délais de pourvoi, l’arrêt n’est pas exécutoire et la cour d’appel ne peut statuer au fond.

Si aucun pourvoi n’a été interjeté ou si, avant l’expiration du délai du pourvoi, la partie demanderesse au pourvoi n’a pas déposé au greffe la requête prévue par l’alinéa suivant, le jugement ou l’arrêt est exécutoire et le tribunal ou la cour d’appel statue au fond. Dans ce cas, si la procédure a été néanmoins transmise à la Cour de cassation, le président de la chambre criminelle ordonne qu’il en soit fait retour à la juridiction saisie.

Le demandeur en cassation peut déposer au greffe, avant l’expiration des délais de pourvoi, une requête adressée au président de la chambre criminelle de la Cour de cassation et tendant à faire déclarer son pourvoi immédiatement recevable.

Article 571

Le greffier avise le président du tribunal ou le premier président de la cour d’appel du dépôt de cette requête. Le jugement ou l’arrêt n’est pas exécutoire et il ne peut être statué au fond tant qu’il n’a pas été prononcé sur ladite requête.

Dès que le greffier a reçu le pourvoi et la requête, il fait parvenir celle-ci au président de la chambre criminelle ainsi qu’une expédition du jugement ou de l’arrêt et de la déclaration de pourvoi.

Le président de la chambre criminelle statue sur la requête par ordonnance dans les huit jours de la réception de ce dossier.

S’il rejette la requête, le jugement ou l’arrêt est exécutoire et le tribunal ou la cour d’appel se prononce au fond ; aucun recours n’est recevable contre l’ordonnance du président et le pourvoi n’est alors jugé qu’en même temps que le pourvoi formé contre le jugement ou l’arrêt sur le fond.

Si, dans l’intérêt de l’ordre public ou d’une bonne administration de la justice, le président fait droit à la requête, il fixe la date à laquelle le pourvoi sera jugé.

La chambre criminelle doit statuer dans les deux mois qui suivent l’ordonnance du président, sans que puisse être soulevée devant elle une exception tirée de ce que le pourvoi formé contre la décision entreprise ne serait pas suspensif. L’exécution du jugement ou de l’arrêt est suspendue jusqu’à ce qu’intervienne l’arrêt de la chambre criminelle.

Les dispositions de l’article 570 et du présent article sont applicables aux pourvois formés contre les arrêts préparatoires, interlocutoires ou d’instruction rendus par les chambres d’accusation.

Article 572

Les arrêts d’acquittement prononcés par la cour d’assises ne peuvent faire l’objet d’un pourvoi que dans le seul intérêt de la loi, et sans préjudicier à la partie acquittée.

Article 573

Peuvent toutefois donner lieu à un recours en cassation de la part des parties auxquelles ils font grief les arrêts prononcés par la cour d’assises soit après acquittement dans les conditions prévues par l’article 371, soit après acquittement ou absolution dans les conditions prévues par l’article 372.

Il en est de même des arrêts statuant sur les restitutions, comme il est dit à l’article 373.

Article 574

L’arrêt de la chambre de l’instruction portant renvoi du prévenu devant le tribunal correctionnel ou de police ne peut être attaqué devant la Cour de cassation que lorsqu’il statue, d’office ou sur déclinatoire des parties, sur la compétence ou qu’il présente des dispositions définitives que le tribunal, saisi de la prévention, n’a pas le pouvoir de modifier.

Article 575

La partie civile ne peut se pourvoir en cassation contre les arrêts de la chambre de l’instruction que s’il y a pourvoi du ministère public.

Toutefois, son seul pourvoi est recevable dans les cas suivants :

1° Lorsque l’arrêt de la chambre de l’instruction a dit n’y avoir lieu à informer ;

2° Lorsque l’arrêt a déclaré l’irrecevabilité de l’action de la partie civile ;

3° Lorsque l’arrêt a admis une exception mettant fin à l’action publique ;

4° Lorsque l’arrêt a, d’office ou sur déclinatoire des parties, prononcé l’incompétence de la juridiction saisie ;

5° Lorsque l’arrêt a omis de statuer sur un chef d’inculpation.

6° Lorsque l’arrêt ne satisfait pas, en la forme, aux conditions essentielles de son existence légale ;

7° En matière d’atteintes aux droits individuels telles que définies aux articles 114 à 122 et 341 à 344 du code pénal.

Chapitre II : Des formes du pourvoi

Article 576

La déclaration de pourvoi doit être faite au greffier de la juridiction qui a rendu la décision attaquée.

Elle doit être signée par le greffier et par le demandeur en cassation lui-même ou par un avoué près la juridiction qui a statué, ou par un fondé de pouvoir spécial ; dans ce dernier cas, le pouvoir est annexé à l’acte dressé par le greffier. Si le déclarant ne peut signer, le greffier en fera mention.

Elle est inscrite sur un registre public, à ce destiné et toute personne a le droit de s’en faire délivrer une copie.

Article 578

Le demandeur en cassation doit notifier son recours au ministère public et aux autres parties par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, dans un délai de trois jours.

Article 579

La partie qui n’a pas reçu la notification prévue à l’article 578 a le droit de former opposition à l’arrêt rendu par la Cour de cassation, par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu la décision, dans les cinq jours de la signification prévue à l’article 614.

Article 583

Sont déclarés déchus de leur pourvoi les condamnés à une peine emportant privation de liberté pour une durée de plus de six mois, qui ne sont pas en état ou qui n’ont pas obtenu, de la juridiction qui a prononcé, dispense, avec ou sans caution, de se mettre en état.

L’acte de leur écrou ou l’arrêt leur accordant la dispense est produit devant la Cour de cassation, au plus tard au moment où l’affaire y est appelée.

Pour que son recours soit recevable, il suffit au demandeur de justifier qu’il s’est constitué dans une maison d’arrêt, soit du lieu où siège la Cour de cassation, soit du lieu où a été prononcée la condamnation ; le surveillant-chef de cette maison l’y reçoit sur l’ordre du procureur général près la Cour de cassation ou du chef du parquet de la juridiction du jugement.

Article 584

Le demandeur en cassation, soit en faisant sa déclaration, soit dans les dix jours suivants, peut déposer, au greffe de la juridiction qui a rendu la décision attaquée, un mémoire, signé par lui, contenant ses moyens de cassation. Le greffier lui en délivre reçu.

Article 585

Après l’expiration de ce délai, le demandeur condamné pénalement peut transmettre son mémoire directement au greffe de la Cour de cassation ; les autres parties ne peuvent user du bénéfice de la présente disposition sans le ministère d’un avocat à la Cour de cassation.

Dans tous les cas, le mémoire doit être accompagné d’autant de copies qu’il y a de parties en cause.

Article 586

Sous peine d’une amende civile de 50 F prononcée par la Cour de cassation, le greffier, dans le délai maximum de vingt jours à dater de la déclaration de pourvoi, cote et paraphe les pièces du dossier, auquel il joint une expédition de la décision attaquée, une expédition de l’acte de pourvoi et, s’il y a lieu, le mémoire du demandeur. Du tout, il dresse inventaire.

Article 587

Lorsque le dossier est ainsi en état, le greffier le remet au magistrat du ministère public, qui l’adresse immédiatement au procureur général près la Cour de cassation ; celui-ci le transmet, à son tour, au greffe de la chambre criminelle.

Le président de cette chambre commet un conseiller pour le rapport.

Article 588

Si un ou plusieurs avocats se sont constitués, le conseiller rapporteur fixe un délai pour le dépôt des mémoires entre les mains du greffier de la chambre criminelle.

Article 589

La partie intéressée au pourvoi qui n’aurait pas reçu copie des mémoires produits à l’appui du pourvoi pourra former opposition à l’arrêt rendu par la Cour de cassation, par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu la décision, dans les cinq jours de la signification prévue à l’article 614.

Article 590

Les mémoires contiennent les moyens de cassation et visent les textes de loi dont la violation est invoquée.

Ils sont rédigés sur timbre, sauf si le demandeur est un condamné à une peine criminelle.

Ils doivent être déposés dans le délai imparti. Aucun mémoire additionnel n’y peut être joint, postérieurement au dépôt de son rapport par le conseiller commis. Le dépôt tardif d’un mémoire proposant des moyens additionnels peut entraîner son irrecevabilité.

Chapitre III : Des ouvertures à cassation

Article 591

Les arrêts de la chambre de l’instruction ainsi que les arrêts et jugements rendus en dernier ressort par les juridictions de jugement, lorsqu’ils sont revêtus des formes prescrites par la loi, ne peuvent être cassés que pour violation de la loi.

Article 592

Ces décisions sont déclarées nulles lorsqu’elles ne sont pas rendues par le nombre de juges prescrit ou qu’elles ont été rendues par des juges qui n’ont pas assisté à toutes les audiences de la cause. Lorsque plusieurs audiences ont été consacrées à la même affaire, les juges qui ont concouru à la décision sont présumés avoir assisté à toutes ces audiences.

Ces décisions sont également déclarées nulles lorsqu’elles ont été rendues sans que le ministère public ait été entendu.

Sont, en outre, déclarées nulles les décisions qui, sous réserve des exceptions prévues par la loi, n’ont pas été rendues ou dont les débats n’ont pas eu lieu en audience publique.

Article 593

Les arrêts de la chambre de l’instruction, ainsi que les arrêts et jugements en dernier ressort sont déclarés nuls s’ils ne contiennent pas des motifs ou si leurs motifs sont insuffisants et ne permettent pas à la Cour de cassation d’exercer son contrôle et de reconnaître si la loi a été respectée dans le dispositif.

Il en est de même lorsqu’il a été omis ou refusé de prononcer soit sur une ou plusieurs demandes des parties, soit sur une ou plusieurs réquisitions du ministère public.

Article 594

En matière criminelle, l’arrêt de renvoi de la chambre de l’instruction, devenu définitif, fixe la compétence de la cour d’assises et couvre, s’il en existe, les vices de la procédure antérieure.

Article 595

Lorsque la chambre de l’instruction statue sur le règlement d’une procédure dans un cas autre que celui visé à l’article précédent, tous moyens pris de nullités de l’information doivent lui être proposés, faute de quoi l’inculpé ou la partie civile ne sont plus recevables à en faire état, sauf le cas où ils n’auraient pu les connaître, et sans préjudice du droit qui appartient à la Cour de cassation de relever tous moyens d’office.

Article 596

En matière criminelle et dans le cas où l’accusé a été condamné, si l’arrêt a prononcé une peine autre que celle appliquée par la loi à la nature du crime, l’annulation de l’arrêt pourra être poursuivie tant par le ministère public que par la partie condamnée.

Article 597

La même action appartient au ministère public contre les arrêts d’acquittement mentionnés à l’article 363 si la décision a été prononcée sur la base de la non-existence d’une loi pénale qui pourtant aurait existé.

Article 598

Lorsque la peine prononcée est la même que celle portée par la loi qui s’applique à l’infraction, nul ne peut demander l’annulation de l’arrêt sous le prétexte qu’il y aurait erreur dans la citation du texte de la loi.

Article 600

Nul ne peut, en aucun cas, se prévaloir contre la partie poursuivie de la violation ou omission des règles établies pour assurer la défense de celle-ci.

Chapitre IV : De l’instruction des recours et des audiences

Article 601

Les règles concernant la publicité, la police et la discipline des audiences doivent être observées devant la Cour de cassation.

Article 602

Les rapports sont faits à l’audience. Les avocats des parties sont entendus dans leurs observations après le rapport, s’il y a lieu. Le ministère public présente ses réquisitions.

Article 603

Dans les délibérations de la cour, les opinions sont recueillies par le président, suivant l’ordre des nominations, en commençant par le conseiller le plus ancien.

Le rapporteur opine toujours le premier et le président le dernier.

Article 603-1

Les arrêts de la Cour de cassation rendus en matière pénale mentionnent les noms du président, du rapporteur, des autres magistrats qui les ont rendus, de l’avocat général ainsi que des avocats qui ont postulé dans l’instance et, en outre, les nom, prénoms, profession, domicile des parties et les moyens produits.

Article 604

La Cour de cassation, en toute affaire criminelle, correctionnelle ou de police, peut statuer sur le pourvoi, aussitôt après l’expiration d’un délai de dix jours à compter de la réception du dossier à la Cour de cassation.

Elle doit statuer d’urgence et par priorité, et en tout cas, avant l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la réception du dossier à la Cour de cassation dans les cas suivants :

1° Lorsque le pourvoi est formé contre un arrêt de renvoi en cour d’assises ;

2° Lorsqu’il est formé contre un arrêt de cour d’assises ayant prononcé la peine de mort ;

3° Dans les cas prévus à l’article 571, ce délai est réduit à deux mois.

Chapitre V : Des arrêts rendus par la Cour de cassation

Article 605

La Cour de cassation, avant de statuer au fond, recherche si le pourvoi a été régulièrement formé. Si elle estime que les conditions légales ne sont pas remplies, elle rend, suivant les cas, un arrêt d’irrecevabilité, ou un arrêt de déchéance.

Article 606

La Cour de cassation rend un arrêt de non-lieu à statuer si le pourvoi est devenu sans objet.

Article 607

Lorsque le pourvoi est recevable, la Cour de cassation, si elle le juge mal fondé, rend un arrêt de rejet.

Article 608

L’arrêt d’irrecevabilité, de déchéance ou de rejet condamne le demandeur aux dépens.

Sauf décision contraire de la Cour de cassation, l’arrêt donnant acte de désistement d’une partie est enregistré gratis.

Article 609

Lorsque la Cour de cassation annule un arrêt ou un jugement rendu en matière correctionnelle ou de police, elle renvoie le procès et les parties devant une juridiction de même ordre et degré que celle qui a rendu la décision annulée.

Article 610

En matière criminelle, la Cour de cassation prononce le renvoi du procès, savoir :

Article 611

Lorsque le renvoi aura été fait à une chambre de l’instruction, celle-ci désigne, s’il échet, dans son ressort, la juridiction de jugement. Toutefois, la Cour de cassation peut désigner par avance, même dans un autre ressort, la juridiction criminelle devant laquelle doit, le cas échéant, être renvoyé l’accusé.

Article 612

En matière correctionnelle ou de police, si l’arrêt et la procédure sont annulés pour cause d’incompétence, la Cour de cassation renvoie le procès devant les juges qui doivent en connaître et les désigne.

La Cour de cassation peut n’annuler qu’une partie de la décision lorsque la nullité ne vicie qu’une ou quelques-unes de ces dispositions.

Article 613

Dans tous les cas où la Cour de cassation est autorisée à choisir une cour ou un tribunal pour le jugement d’une affaire renvoyée, ce choix ne peut résulter que d’une délibération spéciale prise immédiatement en la chambre du conseil ; il en est fait mention expresse dans l’arrêt.

Article 614

Une expédition de l’arrêt qui a admis la demande en cassation et ordonné le renvoi devant une nouvelle juridiction est délivrée au procureur général près la Cour de cassation dans les trois jours. Cette expédition est adressée, avec le dossier de la procédure, au magistrat chargé du ministère public près la cour ou le tribunal de renvoi.

L’arrêt de la Cour de cassation est signifié par huissier aux parties, à la diligence de ce magistrat.

Une expédition est également adressée par le procureur général près la Cour de cassation au magistrat chargé du ministère public près la cour ou le tribunal qui a rendu l’arrêt ou le jugement annulé.

Article 615

Lorsqu’un arrêt ou un jugement est annulé pour violation des formes substantielles prescrites par la loi, une expédition de la décision est transmise au ministre de la justice.

Article 617

L’arrêt qui a rejeté la demande en cassation, ou a prononcé la cassation sans renvoi, est délivré, dans les trois jours, au procureur général près la Cour de cassation, par extrait signé du greffier, lequel extrait est adressé au magistrat chargé du ministère public près la Cour ou le tribunal qui a rendu l’arrêt ou le jugement attaqué.

Il est notifié aux parties, à la diligence de ce magistrat, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Article 618

Lorsqu’une demande en cassation a été rejetée, la partie qui l’avait formée ne peut plus se pourvoir en cassation contre le même arrêt ou jugement, sous quelque prétexte et par quelque moyen que ce soit.

Article 619

Lorsque, après cassation d’un premier arrêt ou jugement rendu en dernier ressort, le deuxième arrêt ou jugement rendu dans la même affaire, entre les mêmes parties, procédant en la même qualité, est attaqué par les mêmes moyens, l’affaire est portée devant l’assemblée plénière dans les formes prévues par les articles L. 131-2 et L. 131-3 du code de l’organisation judiciaire.

Chapitre VI : Du pourvoi dans l’intérêt de la loi

Article 620

Lorsque, sur l’ordre formel à lui donné par le ministre de la justice, le procureur général près la Cour de cassation dénonce à la chambre criminelle des actes judiciaires, arrêts ou jugements contraires à la loi, ces actes, arrêts ou jugements peuvent être annulés.

Article 621

Lorsqu’il a été rendu par une cour d’appel ou d’assises ou par un tribunal correctionnel ou de police, un arrêt ou jugement en dernier ressort, sujet à cassation, et contre lequel néanmoins aucune des parties ne s’est pourvue dans le délai déterminé, le procureur général près la Cour de cassation peut d’office et nonobstant l’expiration du délai se pourvoir, mais dans le seul intérêt de la loi, contre ledit jugement ou arrêt. La Cour se prononce sur la recevabilité et le bien-fondé de ce pourvoi. Si le pourvoi est accueilli, la cassation est prononcée, sans que les parties puissent s’en prévaloir et s’opposer à l’exécution de la décision annulée.

Titre II : Des demandes en révision

Article 622

La révision peut être demandée, quelle que soit la juridiction qui ait statué, au bénéfice de toute personne reconnue auteur d’un crime ou d’un délit :

1° Lorsque, après une condamnation pour homicide, des pièces sont représentées propres à faire naître de suffisants indices sur l’existence de la prétendue victime de l’homicide ;

2° Lorsque, après une condamnation pour crime ou délit, un nouvel arrêt ou jugement a condamné pour le même fait un autre accusé ou prévenu et que, les deux condamnations ne pouvant se concilier, leur contradiction est la preuve de l’innocence de l’un ou de l’autre condamné ;

3° Lorsqu’un des témoins entendus a été, postérieurement à la condamnation, poursuivi et condamné pour faux témoignage contre l’accusé ou le prévenu ; le témoin ainsi condamné ne peut pas être entendu dans les nouveaux débats ;

4° Lorsque, après une condamnation, un fait vient à se produire ou à se révéler, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont représentées, de nature à établir l’innocence du condamné.

Article 623

Le droit de demander la révision appartient dans les trois premiers cas :

Au ministre de la justice ;

2° Au condamné ou, en cas d’incapacité, à son représentant légal ;

3° Après la mort ou l’absence déclarée du condamné, à son conjoint, à ses enfants, à ses parents, à ses légataires universels ou à titre universel, à ceux qui en ont reçu de lui la mission expresse.

La Cour de cassation, chambre criminelle, est saisie par son procureur général, en vertu de l’ordre exprès que le ministre de la justice a donné soit d’office, soit sur la réclamation des parties.

Dans le quatrième cas, le droit de demander la révision appartient au ministre de la justice seul, qui statue après avoir fait procéder à toutes recherches et vérifications utiles et pris avis d’une commission composée de trois magistrats de la Cour de cassation annuellement désignés par elle et choisis en dehors de la chambre criminelle, et de trois directeurs au ministère de la justice. Si la demande en révision lui paraît devoir être admise, le ministre transmet le dossier de la procédure au procureur général près la Cour de cassation qui saisit la chambre criminelle.

Article 624

Si l’arrêt ou le jugement de condamnation n’a pas été exécuté, l’exécution en est suspendue de plein droit à partir de la demande formée par le ministre de la justice à la Cour de cassation.

Avant la transmission à la Cour de cassation, si le condamné est en état de détention, l’exécution peut être suspendue sur l’ordre du ministre de la justice. A partir de la transmission de la demande à la Cour de cassation, la suspension peut être prononcée par arrêt de cette cour.

Article 625

Si l’affaire n’est pas en état, la Cour se prononce sur la recevabilité en la forme de la demande et procède directement ou par commission rogatoire à toutes enquêtes sur le fond, confrontations, reconnaissances d’identité et moyens propres à mettre la vérité en évidence.

Lorsque l’affaire est en état, la Cour l’examine au fond. Elle rejette la demande si elle l’estime mal fondée. Si, au contraire, elle l’estime fondée, elle annule la condamnation prononcée. Elle apprécie s’il est possible de procéder à de nouveaux débats contradictoires. En cas d’affirmative, elle renvoie les accusés ou prévenus devant une juridiction de même ordre et de même degré, mais autre que celle dont émane la décision annulée.

S’il y a impossibilité de procéder à de nouveaux débats, notamment en cas de décès, de démence, de contumace ou de défaut d’un ou plusieurs condamnés, d’irresponsabilité pénale ou d’excusabilité, en cas de prescription de l’action ou de la peine, la Cour de cassation, après l’avoir expressément constatée, statue au fond en présence des parties civiles, s’il y a en a au procès, et des curateurs nommés par elle à la mémoire de chacun des morts ; en ce cas, elle annule seulement celles des condamnations qui lui paraissent non justifiées et décharge, s’il y a lieu, la mémoire des morts.

Si l’impossibilité de procéder à de nouveaux débats ne se révèle qu’après l’arrêt de la Cour de cassation annulant l’arrêt ou le jugement de condamnation et prononçant le renvoi, la Cour de cassation, sur la réquisition de son procureur général, rapporte la désignation par elle faite de la juridiction de renvoi et statue comme il est dit à l’alinéa précédent.

Si l’annulation du jugement ou de l’arrêt à l’égard d’un condamné vivant ne laisse rien subsister à sa charge qui puisse être qualifié crime ou délit, aucun renvoi n’est prononcé.

Article 626

La décision d’où résulte l’innocence d’un condamné peut, sur la demande de celui-ci, lui allouer des dommages-intérêts à raison du préjudice que lui a causé la condamnation.

Si la victime de l’erreur judiciaire est décédée, le droit de demander des dommages-intérêts appartient, dans les mêmes conditions, à son conjoint, à ses ascendants et descendants.

Il n’appartient aux parents d’un degré plus éloigné qu’autant qu’ils justifient d’un préjudice matériel résultant pour eux de la condamnation.

La demande est recevable en tout état de la procédure en révision.

Les dommages-intérêts alloués sont à la charge de l’Etat, sauf son recours contre la partie civile, le dénonciateur ou le faux témoin par la faute desquels la condamnation a été prononcée. Ils sont payés comme frais de justice criminelle.

Les frais de l’instance en révision sont avancés par le Trésor à partir de la transmission de la demande à la Cour de cassation.

Si l’arrêt ou le jugement définitif de révision prononce une condamnation, il met à la charge du condamné ou, s’il y a lieu, des demandeurs en révision, les frais dont l’Etat peut demander le remboursement.

Le demandeur en révision qui succombe dans son instance est condamné à tous les frais.

Si le demandeur le requiert, l’arrêt ou le jugement de revision d’où résulte l’innocence du condamné est affiché dans la ville où a été prononcée la condamnation, dans la commune du lieu où le crime ou le délit a été commis, dans celle du domicile des demandeurs en révision et du dernier domicile de la victime de l’erreur judiciaire, si elle est décédée ; dans les mêmes conditions, il est ordonné qu’il soit inséré au Journal officiel et publié, par extraits, dans cinq journaux au choix de la juridiction qui a prononcé la décision.

Les frais de la publicité ci-dessus prévus sont à la charge du Trésor.

Livre IV : De quelques procédures particulières

Titre Ier : Des contumaces

Article 628

Dans le délai de huit jours, cette ordonnance est insérée dans l’un des journaux du département et affichée à la porte du domicile de l’accusé, à celle de la mairie de la commune et à celle de l’auditoire de la cour d’assises.

Le procureur général adresse une expédition de cette ordonnance au directeur des domaines du domicile du contumax.

Article 629

Après un délai de dix jours, il est procédé au jugement de la contumace.

Article 630

Aucun conseil, aucun avoué ne peut se présenter pour l’accusé contumax. Toutefois, si l’accusé est dans l’impossibilité absolue de déférer à l’injonction contenue dans l’ordonnance prévue par l’article 627, ses parents ou ses amis peuvent proposer son excuse.

Article 631

Si la cour trouve l’excuse légitime, elle ordonne qu’il soit sursis au jugement de l’accusé et, s’il y a lieu, au séquestre de ses biens pendant un temps qui est fixé eu égard à la nature de l’excuse et à la distance des lieux.

Article 632

Hors ce cas, il est procédé à la lecture de l’arrêt de renvoi à la cour d’assises, de l’exploit de signification de l’ordonnance ayant pour objet la représentation du contumax et des procès-verbaux dressés pour en constater la publication et l’affichage.

Après cette lecture, la cour, sur les réquisitions du procureur général, prononce sur la contumace.

Si l’une des formalités prescrites par les articles 627 et 628 a été omise, la cour déclare nulle la procédure de contumace et ordonne qu’elle sera recommencée à partir du plus ancien acte illégal.

Dans le cas contraire, la cour prononce sans l’assistance de jurés sur l’accusation, sans pouvoir, en cas de condamnation, accorder le bénéfice des circonstances atténuantes au contumax. La cour statue ensuite sur les intérêts civils.

Article 633

Si le contumax est condamné, ses biens, s’ils n’ont pas fait l’objet d’une confiscation, sont maintenus sous séquestre et le compte de séquestre est rendu à qui il appartiendra après que la condamnation est devenue irrévocable par l’expiration du délai donné pour purger la contumace.

Article 634

Extrait de l’arrêt de condamnation est, dans le plus bref délai, à la diligence du procureur général, inséré dans l’un des journaux du département du dernier domicile du condamné.

Il est affiché, en outre, à la porte de ce dernier domicile, à la porte de la mairie de la commune où le crime a été commis et à celle du prétoire de la cour d’assises.

Pareil extrait est adressé au directeur des domaines du domicile du contumax.

Article 635

A partir de l’accomplissement des mesures de publicité prescrites par l’article précédent, le condamné est frappé de toutes les déchéances prévues par la loi.

Article 636

Le pourvoi en cassation n’est pas ouvert au contumax.

Article 637

En aucun cas, la contumace d’un accusé ne suspend ni ne retarde de plein droit l’instruction à l’égard de ses coaccusés présents.

La cour peut ordonner, après le jugement de ceux-ci, la remise des effets déposés au greffe comme pièces à conviction, lorsqu’ils sont réclamés par les propriétaires ou ayants droit. Elle peut, aussi, ne l’ordonner qu’à charge de les représenter s’il y a lieu.

Cette remise est précédée d’un procès-verbal de description, dressé par le greffier.

Article 638

Durant le séquestre, il peut être accordé des secours à la femme, aux enfants, aux ascendants du contumax s’ils sont dans le besoin.

Il est statué par ordonnance du président du tribunal du domicile du contumax, après avis du directeur des domaines.

Article 639

Si le contumax se constitue prisonnier ou s’il est arrêté avant que la peine soit éteinte par prescription, l’arrêt et les procédures faites depuis l’ordonnance de se représenter sont anéantis de plein droit et il est procédé à son égard dans la forme ordinaire.

Dans le cas où l’arrêt de condamnation avait prononcé une confiscation au profit de l’Etat, les mesures prises pour assurer l’exécution de cette peine restent valables. Si la décision qui intervient après la représentation du contumax ne maintient pas la peine de la confiscation, il est fait restitution à l’intéressé du produit net de la réalisation des biens aliénés et, dans l’état où ils se trouvent, des biens non liquidés.

Article 640

Dans le cas prévu à l’article précédent, si, pour quelque cause que ce soit, des témoins ne peuvent être produits aux débats, leurs dépositions écrites et, s’il est nécessaire, les réponses écrites des autres accusés du même crime sont lues à l’audience ; il en est de même de toutes les autres pièces qui sont jugées, par le président, utiles à la manifestation de la vérité.

Article 641

Le contumax qui, après s’être représenté obtient son renvoi de l’accusation, est condamné aux frais occasionnés par la contumace à moins qu’il n’en soit dispensé par la cour.

La cour peut également ordonner que les mesures de publicité prescrites par l’article 634 s’appliquent à toute décision de justice rendue au profit du contumax.

Titre II : Du faux

Article 642

Lorsqu’il est porté à la connaissance du procureur de la République qu’une pièce arguée de faux figure dans un dépôt public ou a été établie dans un dépôt public, le procureur de la République peut se transporter dans ce dépôt pour procéder à tous examens et vérifications nécessaires.

Le procureur de la République ne peut déléguer les pouvoirs ci-dessus à un officier de police judiciaire.

Le procureur de la République peut, en cas d’urgence, ordonner le transport au greffe des documents suspectés.

Article 643

Dans toute information pour faux en écritures, le juge d’instruction, aussitôt que la pièce arguée de faux a été produite devant lui ou a été placée sous main de justice, en ordonne le dépôt au greffe. Il la revêt de sa signature ainsi que le greffier qui dresse du dépôt un acte décrivant l’état de la pièce.

Toutefois, avant le dépôt au greffe, le juge d’instruction peut ordonner que la pièce soit reproduite par photographie ou par tout autre moyen.

Article 644

Le juge d’instruction peut se faire remettre par qui il appartiendra et saisir toutes pièces de comparaison. Celles-ci sont revêtues de sa signature et de celle du greffier qui en fait un acte descriptif comme il est dit à l’article précédent.

Article 645

Tout dépositaire public de pièces arguées de faux, ou ayant servi à établir des faux, est tenu, sur ordonnance du juge d’instruction, de les lui remettre et de fournir, le cas échéant, les pièces de comparaison qui sont en sa possession.

Si les pièces ainsi remises par un officier public ou saisies entre ses mains ont le caractère d’actes authentiques, il peut demander à ce qu’il lui en soit laissé une copie, certifiée conforme par le greffier, ou une reproduction par photographie ou par tout autre moyen.

Ladite copie ou reproduction est mise au rang des minutes de l’office jusqu’à restitution de la pièce originale.

Article 646

Si au cours d’une audience d’un tribunal ou d’une cour une pièce de la procédure, ou une pièce produite, est arguée de faux, la juridiction décide, après avoir recueilli les observations du ministère public et des parties, s’il y a lieu ou non de surseoir jusqu’à ce qu’il ait été prononcé sur le faux par la juridiction compétente.

Si l’action publique est éteinte ou ne peut être exercée du chef de faux, et s’il n’apparaît pas que celui qui a produit la pièce ait fait sciemment usage d’un faux, le tribunal ou la cour saisi de l’action principale statue incidemment sur le caractère de la pièce prétendue entachée de faux.

Article 647

La demande en inscription de faux contre une pièce produite devant la Cour de cassation est adressée au premier président. Elle est déposée au greffe. Elle est signée par le demandeur ou par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation ou par un fondé de pouvoir spécial. Dans ce dernier cas, le pouvoir est annexé à l’acte dressé par le greffier. Si la personne qui dépose la demande ne peut signer, le greffier en fait mention.

Article 647-1

Le premier président statue dans le mois du dépôt de la requête au greffe, après avis du procureur général.

Il rend une ordonnance de rejet ou une ordonnance portant permission de s’inscrire en faux.

En cas de rejet et sauf s’il en est expressément dispensé, le demandeur est condamné au paiement d’une amende dont le taux est fixé par décret.

Article 647-2

L’ordonnance portant permission de s’inscrire en faux est signifiée au défendeur dans le délai de quinze jours, avec sommation de déclarer s’il entend se servir de la pièce arguée de faux.

A cette sommation doit être jointe une copie de la requête et de l’ordonnance portant permission de s’inscrire en faux.

Article 647-3

Le défendeur doit répondre, dans un délai de quinze jours, s’il entend ou n’entend pas se servir de la pièce arguée de faux.

Cette déclaration est signifiée au demandeur.

Article 647-4

Dans le cas où le défendeur entend se servir de la pièce arguée de faux, le premier président doit renvoyer les parties à se pourvoir devant telle juridiction qu’il désignera pour y être procédé, suivant la loi, au jugement de l’inscription de faux incident.

Titre III : De la manière de procéder en cas de disparition des pièces d’une procédure

Article 648

Lorsque, par suite d’une cause extraordinaire, des minutes d’arrêts ou de jugements rendus en matière criminelle, correctionnelle ou de police, et non encore exécutés, ou des procédures en cours et leurs copies établies conformément à l’article 81 ont été détruites, enlevées ou se trouvent égarées ou qu’il n’a pas été possible de les rétablir, il est procédé ainsi qu’il suit.

Article 649

S’il existe une expédition ou copie authentique du jugement ou de l’arrêt, elle est considérée comme minute et en conséquence remise par tout officier public ou tout dépositaire au greffe de la juridiction qui a rendu la décision, sur l’ordre qui lui en est donné par le président de cette juridiction.

Cet ordre lui sert de décharge.

Article 650

Lorsqu’il n’existe plus en matière criminelle d’expédition ni de copie authentique de l’arrêt, mais s’il existe encore la déclaration de la cour et du jury mentionnée sur la feuille de questions, comme il est dit à l’article 364, il est procédé, d’après cette déclaration, au prononcé d’un nouvel arrêt.

Article 651

Lorsque la déclaration de la cour et du jury ne peut plus être représentée ou lorsque l’affaire a été jugée par contumace et qu’il n’en existe aucun acte par écrit, l’instruction est recommencée à partir du point où les pièces se trouvent manquer.

Il en est de même en toute autre matière, lorsqu’il n’existe plus d’expédition ni de copie authentique de la décision.

Titre IV : De la manière dont sont reçues les dépositions des membres du Gouvernement et celles des représentants des puissances étrangères

Article 652

Le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement ne peuvent comparaître comme témoins qu’après autorisation du conseil des ministres, sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la justice.

Cette autorisation est donnée par décret.

Article 653

Lorsque la comparution a lieu en vertu de l’autorisation prévue à l’article précédent, la déposition est reçue dans les formes ordinaires.

Article 654

Lorsque la comparution n’a pas été demandée ou n’a pas été autorisée, la déposition est reçue par écrit dans la demeure du témoin, par le premier président de la cour d’appel ou, si le témoin réside hors du chef-lieu de la cour, par le président du tribunal de grande instance de sa résidence.

Il sera, à cet effet, adressé par la juridiction saisie de l’affaire, au magistrat ci-dessus désigné, un exposé des faits ainsi qu’une liste des demandes et questions sur lesquels le témoignage est requis.

Article 655

La déposition ainsi reçue est immédiatement remise au greffe ou envoyée, close et cachetée, à celui de la juridiction requérante et communiquée, sans délai, au ministère public ainsi qu’aux parties intéressées.

A la cour d’assises, elle est lue publiquement et soumise aux débats.

Article 656

La déposition écrite d’un représentant d’une puissance étrangère est demandée par l’entremise du ministre des affaires étrangères. Si la demande est agréée, cette déposition est reçue par le premier président de la cour d’appel ou par le magistrat qu’il aura délégué.

Il est alors procédé dans les formes prévues aux articles 654, alinéa 2, et 655.

Titre V : Des règlements de juges

Article 659

Tous autres conflits de compétence sont portés devant la chambre criminelle de la Cour de cassation, laquelle est saisie par requête du ministère public, de l’inculpé ou de la partie civile. La Cour de cassation peut aussi, à l’occasion d’un pourvoi dont elle est saisie, régler de juges d’office et même par avance. Elle peut statuer sur tous actes faits par la juridiction qu’elle dessaisit.

Article 660

La chambre criminelle peut, avant de régler de juges, ordonner la communication de la requête aux parties. Dans ce cas, les pièces de la procédure lui sont transmises, dans le délai par elle fixé, avec les observations des intéressés, et le cours de la procédure est suspendu.

Article 661

L’arrêt portant règlement de juges est signifié aux parties intéressées. Celles-ci peuvent, hors le cas où la communication de la requête a été ordonnée, former opposition à cet arrêt, par acte reçu au greffe du lieu où siège l’une des juridictions en conflit, dans les formes et délais du pourvoi en cassation.

L’opposition emporte effet suspensif si la chambre criminelle en décide ainsi.

L’opposition est jugée dans les quinze jours de l’arrivée des pièces au greffe de la Cour de cassation. Si l’opposition est rejetée, la chambre criminelle peut condamner le demandeur à une amende civile de 100 F.

Titre VI : Des renvois d’un tribunal à un autre

Article 662

En matière criminelle, correctionnelle ou de police, la chambre criminelle de la Cour de cassation peut dessaisir toute juridiction d’instruction ou de jugement et renvoyer la connaissance de l’affaire à une autre juridiction du même ordre, soit si la juridiction normalement compétente ne peut être légalement composée, ou si le cours de la justice se trouve autrement interrompu, soit pour cause de suspicion légitime.

La requête aux fins de renvoi peut être présentée soit par le procureur général près la Cour de cassation, soit par le ministère public établi près la juridiction saisie, soit par l’inculpé, soit par la partie civile.

La requête doit être signifiée à toutes les parties intéressées qui ont un délai de dix jours pour déposer un mémoire au greffe de la Cour de cassation.

La présentation de la requête n’a point d’effet suspensif à moins qu’il n’en soit autrement ordonné par la Cour de cassation.

Le procureur général près la Cour de cassation peut aussi et dans les mêmes formes demander à la chambre criminelle le renvoi d’une affaire d’une juridiction à une autre dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice.

En cas de rejet d’une demande de renvoi pour cause de suspicion légitime, la chambre crinimelle peut ordonner le renvoi dans le même intérêt d’une bonne administration de la justice.

Article 665

Le renvoi peut être également ordonné pour cause de sûreté publique par la chambre criminelle, mais seulement à la requête du procureur général près la Cour de cassation.

Article 666

Tout arrêt qui a statué sur une demande en renvoi pour l’une des causes précitées sera signifié aux parties intéressées à la diligence du procureur général près la Cour de cassation par l’intermédiaire du ministre de la justice.

Article 667

L’arrêt qui a rejeté une demande en renvoi pour sûreté publique n’exclut pas une nouvelle demande en renvoi fondée sur des faits survenus depuis.

Titre VII : De la récusation

Article 668

Tout juge ou conseiller peut être récusé pour les causes ci-après :

1° Si le juge ou son conjoint sont parents ou alliés de l’une des parties ou de son conjoint jusqu’au degré de cousin issu de germain inclusivement.

La récusation peut être exercée contre le juge, même au cas de divorce ou de décès de son conjoint, s’il a été allié d’une des parties jusqu’au deuxième degré inclusivement ;

2° Si le juge ou son conjoint, si les personnes dont il est tuteur, subrogé tuteur, curateur ou conseil judiciaire, si les sociétés ou associations à l’administration ou à la surveillance desquelles il participe ont intérêt dans la contestation ;

3° Si le juge ou son conjoint est parent ou allié, jusqu’au degré indiqué ci-dessus, du tuteur, subrogé tuteur, curateur ou conseil judiciaire d’une des parties ou d’un administrateur, directeur ou gérant d’une société, partie en cause ;

4° Si le juge ou son conjoint se trouve dans une situation de dépendance vis-à-vis d’une des parties ;

5° Si le juge a connu du procès comme magistrat, arbitre ou conseil, ou s’il a déposé comme témoin sur les faits du procès ;

6° S’il y a eu procès entre le juge, son conjoint, leurs parents ou alliés en ligne directe, et l’une des parties, son conjoint ou ses parents ou alliés dans la même ligne ;

7° Si le juge ou son conjoint ont un procès devant un tribunal où l’une des parties est juge ;

8° Si le juge ou son conjoint, leurs parents ou alliés en ligne directe ont un différend sur pareille question que celle débattue entre les parties ;

9° S’il y a eu entre le juge ou son conjoint et une des parties toutes manifestations assez graves pour faire suspecter son impartialité.

Article 669

L’inculpé, le prévenu, l’accusé et toute partie à l’instance qui veut récuser un juge d’instruction, un juge de police, un, plusieurs ou l’ensemble des juges du tribunal correctionnel, des conseillers de la cour d’appel ou de la cour d’assises doit, à peine de nullité, présenter requête au premier président de la cour d’appel.

Les magistrats du ministère public ne peuvent être récusés.

La requête doit désigner nommément le ou les magistrats récusés et contenir l’exposé des moyens invoqués avec toutes les justifications utiles à l’appui de la demande.

La partie qui aura procédé volontairement devant une cour, un tribunal ou un juge d’instruction ne sera reçue à demander la récusation qu’à raison des circonstances survenues depuis, lorsqu’elles seront de nature à constituer une cause de récusation.

Article 670

Le premier président notifie en la forme administrative la requête dont il a été saisi au président de la juridiction à laquelle appartient le magistrat récusé.

La requête en récusation ne dessaisit pas le magistrat dont la récusation est proposée. Toutefois, le premier président peut, après avis du procureur général, ordonner qu’il sera sursis soit à la continuation de l’information ou des débats, soit au prononcé du jugement.

Article 671

Le premier président reçoit le mémoire complémentaire du demandeur, s’il y a lieu, et celui du magistrat dont la récusation est proposée ; il prend l’avis du procureur général et statue sur la requête.

L’ordonnance statuant sur la récusation n’est susceptible d’aucune voie de recours. Elle produit effet de plein droit.

Article 672

Toute demande de récusation visant le premier président de la cour d’appel doit faire l’objet d’une requête adressée au premier président de la Cour de cassation qui, après avis du procureur général près ladite cour, statue par une ordonnance, laquelle n’est susceptible d’aucune voie de recours. Les dispositions de l’article 670 sont applicables.

Article 673

Toute ordonnance rejetant une demande de récusation prononce la condamnation du demandeur à une amende civile de 500 à 5 000 francs.

Article 674

Aucun des juges ou conseillers visés à l’article 668 ne peut se récuser d’office sans l’autorisation du premier président de la cour d’appel dont la décision, rendue après avis du procureur général, n’est susceptible d’aucune voie de recours.

Article 674-1

La demande en récusation d’un magistrat de la Cour de cassation, saisie en matière pénale, doit être motivée ; elle est déposée au greffe. Le ministère d’un avocat n’est pas obligatoire.

Article 674-2

La chambre compétente statue dans le mois du dépôt de la requête au greffe, après observations du magistrat récusé.

Pour le surplus, les dispositions du livre II, titre XX, du code de procédure civile seront observées.

Titre VIII : Du jugement des infractions commises à l’audience des cours et tribunaux

Article 675

Sous réserve des dispositions des articles 342, 457 et 681, alinéa 6, les infractions commises à l’audience sont jugées, d’office ou sur les réquisitions du ministère public, suivant les dispositions ci-après, nonobstant toutes règles spéciales de compétence ou de procédure.

Article 676

S’il se commet une contravention de police pendant la durée de l’audience, le tribunal ou la cour dresse procès-verbal du fait, entend le prévenu, les témoins, le ministère public, et, éventuellement, le défenseur, et applique sans désemparer les peines portées par la loi.

Article 677

Si le fait commis pendant la durée de l’audience d’un tribunal correctionnel ou d’une cour est un délit, il peut être procédé comme il est dit à l’article précédent. Dans ce cas, si la peine prononcée est supérieure à un mois d’emprisonnement, un mandat de dépôt peut être décerné.

Si le fait, qualifié délit, a été commis à l’audience d’un tribunal de police, le président en dresse procès-verbal, qu’il transmet au procureur de la République ; il peut, si la peine encourue est supérieure à six mois d’emprisonnement, ordonner l’arrestation de l’auteur, et sa conduite immédiate devant le procureur de la République.

Article 678

Si le fait commis est un crime, la cour ou le tribunal, après avoir fait arrêter l’auteur, l’interroge et dresse procès-verbal des faits ; cette juridiction transmet les pièces et ordonne la conduite immédiate de l’auteur devant le procureur de la République compétent qui requiert l’ouverture d’une information.

Titre IX : Des crimes et délits commis par des magistrats et certains fonctionnaires

Article 679

Lorsqu’un membre du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation ou de la Cour des comptes, un préfet, un magistrat de l’ordre judiciaire, un magistrat consulaire ou un magistrat des tribunaux administratifs, est susceptible d’être inculpé d’un crime ou d’un délit commis hors l’exercice de ses fonctions, le procureur de la République, saisi de l’affaire, présente requête à la chambre criminelle de la Cour de cassation qui procède et statue comme en matière de règlement de juges et désigne la juridiction chargée de l’instruction et du jugement de l’affaire.

La chambre criminelle doit se prononcer dans la huitaine qui suit le jour où la requête lui sera parvenue.

Article 680

Le juge d’instruction désigné conformément aux dispositions de l’article 83 doit procéder personnellement aux auditions, aux interrogatoires et aux confrontations des personnes visées aux articles 679 et 687 en considération desquelles sa désignation a été provoquée.

Article 681

Lorsqu’une des personnes énumérées à l’article 679, ou un maire, ou l’élu municipal le suppléant, ou un président de communauté urbaine, de district ou de syndicat de communes, ou le président ou le vice-président d’une délégation spéciale, sont susceptibles d’être inculpés d’un crime ou d’un délit commis dans l’exercice de leurs fonctions, le procureur de la République saisi de l’affaire présente, sans délai, requête à la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui statue comme en matière de règlement de juges et désigne la chambre de l’instruction qui pourra être chargée de l’instruction.

S’il estime qu’il y a lieu à poursuite, le procureur général près la cour d’appel désignée en application des dispositions de l’alinéa précédent requiert l’ouverture d’une information.

L’information peut être également ouverte si la partie lésée adresse une plainte, assortie d’une constitution de partie civile, aux présidents et conseillers composant la chambre d’accusation. Dans ce cas, communication de cette plainte au procureur général est ordonnée pour que ce magistrat prenne ses réquisitions ainsi qu’il est dit à l’article 86.

L’information est commune aux complices de la personne poursuivie et aux autres auteurs de l’infraction commise, lors même qu’ils n’exerçaient point de fonctions judiciaires ou administratives.

Lorsque le crime ou le délit dénoncé a été commis à l’occasion d’une poursuite judiciaire et implique la violation d’une disposition de procédure pénale, l’action publique ne peut être exercée que si le caractère illégal de la poursuite ou de l’acte accompli à cette occasion a été constaté par une décision devenue définitive de la juridiction répressive saisie.

La procédure prévue au présent article est également applicable lorsqu’un avocat est susceptible d’être inculpé de l’un des délits visés aux articles 222 et 223 du code pénal.

Article 682

La chambre d’accusation saisie commet un de ses membres qui prescrit tous actes d’instruction nécessaires dans les formes et conditions prévues par le chapitre Ier du titre III du livre Ier. Ce magistrat a compétence même en dehors des limites prévues par l’article 93.

Il peut requérir par commission rogatoire tout juge, tout officier de police judiciaire ou tout juge d’instruction dans les conditions prévues par les articles 151 à 155.

Les décisions de caractère juridictionnel, notamment celles relatives à la mise ou au maintien en détention ou à la mise en liberté de l’inculpé ainsi que celles qui terminent l’information sont rendues par la chambre d’accusation après communication du dossier au procureur général.

Sur réquisitions du procureur général, le président de cette chambre peut, avant sa réunion, décerner mandat contre l’inculpé. Dans les cinq jours qui suivent l’arrestation de l’inculpé, la chambre décide s’il y a lieu ou non de le maintenir en détention.

Article 683

Lorsque l’instruction est terminée, la chambre d’accusation peut :

Soit dire qu’il n’y a lieu à suivre ;

Soit, si l’infraction retenue à la charge de l’inculpé constitue un délit, le renvoyer devant une juridiction correctionnelle du premier degré autre que celle dans le ressort de laquelle l’inculpé exerçait ses fonctions ;

Soit, si l’infraction retenue à la charge de l’inculpé constitue un crime, le renvoyer devant une cour d’assises, autre que celle dans le ressort de laquelle l’accusé exerçait ses fonctions.

Article 684

Les arrêts de la chambre d’accusation sont susceptibles de pourvoi dans les conditions déterminées par le titre Ier du livre III. Toutefois, par dérogation à l’article 574, l’arrêt de la chambre d’accusation portant renvoi de l’inculpé devant le tribunal correctionnel peut, dans tous les cas, faire l’objet d’un pourvoi en cassation. L’arrêt de renvoi devenu définitif couvre, s’il en existe, les vices de la procédure antérieure.

Article 687

Lorsqu’un officier de police judiciaire est susceptible d’être inculpé d’un crime ou d’un délit, qui aurait été commis dans la circonscription où il est territorialement compétent, hors ou dans l’exercice de ses fonctions, ou, s’il s’agit d’un maire ou de ses adjoints, lorsque les dispositions de l’article 681 ne leur sont pas applicables, le procureur de la République saisi de l’affaire présente sans délai requête à la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui procède et statue comme en matière de règlement de juges et désigne la juridiction chargée de l’instruction ou du jugement de l’affaire.

La Chambre criminelle se prononce dans la huitaine qui suit le jour auquel la requête lui est parvenue.

Les dispositions des articles 680 et 681 (alinéa 5) sont applicables.

Article 688

Jusqu’à la désignation de la juridiction compétente comme il est dit ci-dessus, la procédure est suivie conformément aux règles de compétence du droit commun.

Titre X : Des infractions commises à l’étranger

Article 689

Tout citoyen français qui en dehors du territoire de la République s’est rendu coupable d’un fait qualifié crime puni par la loi française peut être poursuivi et jugé par les juridictions françaises.

Tout citoyen français qui en dehors du territoire de la République s’est rendu coupable d’un fait qualifié délit par la loi française peut être poursuivi et jugé par les juridictions françaises si le fait est puni par la législation du pays où il a été commis.

Les dispositions des alinéas 1er et 2 sont applicables à l’auteur du fait qui n’a acquis la qualité de citoyen français que postérieurement au fait qui lui est imputé.

Article 689-1

Tout étranger qui, hors du territoire de la République, s’est rendu coupable d’un crime, soit comme auteur, soit comme complice, peut être poursuivi et jugé d’après les dispositions des lois françaises, lorsque la victime de ce crime est de nationalité française.

Article 690

Quiconque s’est, sur le territoire de la République, rendu complice d’un crime ou d’un délit commis à l’étranger peut être poursuivi et jugé par les juridictions françaises [*compétence pénale internationale*] si le fait est puni à la fois par la loi étrangère et par la loi française, à la condition que le fait qualifié crime ou délit ait été constaté par une décision définitive de la juridiction étrangère.

Article 691

En cas de délit commis contre un particulier, la poursuite [*par les juridictions françaises*] ne peut être intentée qu’à la requête du ministère public [*initiative*] ; elle doit être précédée d’une plainte [*formalité préalable et obligatoire*] de la partie offensée ou d’une dénonciation officielle à l’autorité française par l’autorité du pays [*étranger*] où le fait a été commis.

Article 692

Dans les cas visés aux articles précédents, qu’il s’agisse d’un crime ou d’un délit, aucune poursuite n’a lieu si l’inculpé justifie qu’il a été jugé définitivement à l’étranger et, en cas de condamnation, qu’il a subi ou prescrit sa peine ou obtenu sa grâce.

Article 693

Est réputée commise sur le territoire de la République toute infraction dont un acte caractérisant un de ses éléments constitutifs a été accompli en France.

Article 694

Tout étranger qui, hors du territoire de la République, s’est rendu coupable, soit comme auteur, soit comme complice, d’un crime ou d’un délit attentatoire à la sûreté de l’Etat ou de contrefaçon du sceau de l’Etat, de monnaies nationales ayant cours ou de crime contre des agents ou des locaux diplomatiques ou consulaires français est jugé d’après les dispositions des lois françaises s’il est arrêté en France ou si le Gouvernement obtient son extradition. Les poursuites peuvent être engagées à ces fins.

Lorsqu’un citoyen français s’est rendu coupable, hors du territoire de la République, soit comme auteur, soit comme complice, d’une infraction visée ci-dessus, cette infraction est punissable comme l’infraction commise sur ce territoire.

Quiconque s’est rendu coupable comme complice, sur le territoire de la République, d’une infraction visée à l’alinéa 1er commise à l’étranger est punissable comme le complice visé à l’alinéa 1er.

Article 696

Dans les cas prévus au présent titre et dans les cas de crime, délit ou contravention qui sont de la compétence des juridictions françaises en application d’une convention internationale, le tribunal compétent est celui du lieu où réside le prévenu ou celui de sa dernière résidence connue, celui du lieu où il est trouvé ou celui de la résidence de la victime de l’infraction. A défaut de tout autre tribunal, le tribunal compétent est celui de Paris.

La Cour de cassation peut, sur la demande du ministère public ou des parties, renvoyer la connaissance de l’affaire devant une cour ou un tribunal plus voisin du lieu du crime ou du délit.

Dans le cas de crimes ou de délits mentionnés aux articles 697-1 et 702 qui sont de la compétence des juridictions établies sur le territoire de la République, la juridiction territorialement compétente est celle prévue par l’article 697-3. A défaut de toute autre juridiction, la juridiction compétente est celle prévue par cet article siégeant dans le ressort de la cour d’appel de Paris.

Article 695

Tout Français qui s’est rendu coupable de délits et contraventions en matière forestière, rurale, de pêche, de douanes, de contributions indirectes, sur le territoire, de l’un des Etats limitrophes, peut être poursuivi et jugé en France, d’après la loi française, si cet Etat autorise la poursuite de ses nationaux pour les mêmes faits commis en France.

La réciprocité sera légalement constatée par des conventions internationales ou par décret.

Titre XI : Des crimes et des délits en matière militaire et des crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la nation

Chapitre III : Des crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la Nation

Article 701

En temps de guerre, les crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la Nation et les infractions qui leur sont connexes sont instruits et jugés par les juridictions des forces armées ainsi qu’il est dit au code de justice militaire.

Toutefois, le procureur de la République a qualité pour accomplir ou faire accomplir les actes nécessités par l’urgence et requérir à cet effet le juge d’instruction de son siège. Les dispositions des articles 698-1 à 698-5 sont alors applicables.

Il doit se dessaisir ou requérir le dessaisissement du juge d’instruction dès que l’urgence a cessé.

Titre XI : Des crimes et délits en matière militaire et en matière de sûreté de l’Etat

Chapitre Ier : De la poursuite, de l’instruction et du jugement des crimes et délits en matière militaire en temps de paix

Section 1 : Compétence

Article 697

Dans le ressort de chaque cour d’appel, un tribunal de grande instance est compétent pour l’instruction et, s’il s’agit de délits, le jugement des infractions mentionnées à l’article 697-1.

Des magistrats sont affectés, après avis de l’assemblée générale, aux formations de jugement, spécialisées en matière militaire, de ce tribunal.

Dans le même ressort, une cour d’assises est compétente pour le jugement des crimes mentionnés à l’article 697-1.

Un décret pris sur le rapport conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la défense fixe la liste de ces juridictions.

Article 697-1

Les juridictions mentionnées à l’article 697 connaissent des infractions militaires prévues par le livre III du Code de justice militaire ; elles connaissent également des crimes et délits de droit commun commis dans l’exécution du service par les militaires, tels que ceux-ci sont définis par les articles 61 à 63 du Code de justice militaire.

Ces juridictions sont compétentes à l’égard de toutes personnes majeures, auteurs ou complices, ayant pris part à l’infraction.

Par dérogation aux dispositions du premier alinéa ci-dessus, ces juridictions ne peuvent connaître des infractions de droit commun commises par les militaires de la gendarmerie dans l’exercice de leurs fonctions relatives à la police judiciaire ou à la police administrative ; elles restent néanmoins compétentes à leur égard pour les infractions commises dans le service du maintien de l’ordre.

Si le tribunal correctionnel mentionné à l’article 697 se déclare incompétent pour connaître des faits dont il a été saisi, il renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera ; il peut, le ministère public entendu, décerner par la même décision mandat de dépôt ou d’arrêt contre le prévenu.

Article 697-2

Lorsqu’en temps de paix, un tribunal aux armées n’a pas été établi auprès d’une force [*militaire*] qui stationne ou opère hors du territoire de la République, les crimes et délits [*atteinte à la sûreté de l’Etat*] qui seraient de la compétence de ce tribunal sont, sous réserve des conventions internationales, portés devant une des juridictions [*tribunal de grande instance*] mentionnées à l’article 697.

Article 697-3

La compétence territoriale des juridictions mentionnées à l’article 697 est déterminée conformément aux articles 43, 52, 382 et 663. sont également compétentes les juridictions du lieu de l’affectation ou du débarquement. En outre, la juridiction territorialement compétente à l’égard des personnels des navires convoyés est celle à laquelle seraient déférés les personnels du navire convoyeur.

Section 2 : Procédure

Chapitre II : Des juridictions compétentes en cas de guerre, de mobilisation, d’état de siège ou d’état d’urgence

Chapitre III : Des crimes et délits contre la sûreté de l’Etat

Article 702

En temps de paix, les crimes et délits contre la sûreté de l’Etat sont instruits et jugés par les juridictions de droit commun et selon les règles du présent code.

Lorsque les faits poursuivis constituent un crime ou un délit prévu et réprimé par les articles 70 à 85 du Code pénal ou une infraction connexe, la compétence est dévolue aux juridictions prévues et organisées par les articles 697 et 698-6.

Si le tribunal correctionnel mentionné à l’article 697 se déclare incompétent pour connaître des faits dont il a été saisi, il renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera ; il peut, le ministère public entendu, décerner par la même décision mandat de dépôt ou d’arrêt contre le prévenu.

Titre XII : Des demandes présentées en vue d’être relevé des interdictions, déchéances, incapacités ou mesures de publication

Article 703

Toute demande présentée par un condamné en vue d’être relevé d’une interdiction, d’une déchéance, d’une incapacité ou d’une mesure de publication, formée en application des dispositions de l’article 55-1 (alinéa 2) du code pénal précise la date de la condamnation ainsi que les lieux où a résidé le requérant depuis sa condamnation ou sa libération.

Elle est adressée, selon le cas, au procureur de la République ou au procureur général qui s’entoure de tous les renseignements utiles, prend, s’il y a lieu, l’avis du juge de l’application des peines et saisit la juridiction compétente.

La juridiction saisie statue en chambre du conseil sur les conclusions du ministère public, le requérant ou son conseil entendus ou dûment convoqués. S’il paraît nécessaire d’entendre un condamné qui se trouve détenu, il peut être procédé conformément aux dispositions de l’article 712 du présent code.

La décision est signifiée à la requête du ministère public lorsqu’elle est rendue hors de la présence du requérant ou de son conseil. Elle peut être, selon le cas, frappée d’appel ou déférée à la Cour de cassation.

En cas de rejet de la demande, le requérant est tenu au paiement des frais. La juridiction peut toutefois, par décision spéciale et motivée, l’en décharger en tout ou en partie.

Mention de la décision par laquelle un condamné est relevé totalement ou partiellement d’une interdiction, déchéance, incapacité ou d’une mesure de publication est faite en marge du jugement ou de l’arrêt de condamnation et au casier judiciaire.

Titre XIII : De la poursuite, de l’instruction et du jugement des infractions en matière économique et financière

Article 706-2

Les ordonnances prévues par les articles 706 et 706-1 ne sont pas susceptibles de voies de recours, à l’exception du pourvoi en cassation qui n’est pas suspensif.

La juridiction saisie en application des mêmes articles reste compétente quelles que soient les incriminations retenues lors du règlement ou du jugement de l’affaire sous réserve de l’application des dispositions des articles 181 ou 469. Si les faits constituent une contravention, le juge d’instruction prononce le renvoi de l’affaire devant le tribunal de police compétent en application de l’article 522.

Article 705

Les tribunaux désignés ainsi qu’il est dit à l’article précédent sont compétents pour connaître des infractions ci-après énumérées et de celles qui leur sont connexes dans les affaires qui sont ou apparaîtraient d’une grande complexité :

1° Infractions en matière économique y compris les infractions aux dispositions de la section II du chapitre II du titre II du livre troisième du Code pénal ;

2° Infractions en matière de fraudes et de publicité mensongère ;

3° Infractions en matière fiscale, douanière ou celles concernant les relations financières avec l’étranger ;

4° Infractions concernant les banques, les établissements financiers, la bourse et le crédit ;

5° Les infractions concernant les sociétés civiles et commerciales ainsi que les délits assimilés aux banqueroutes ;

6° Infractions concernant la construction et l’urbanisme.

Titre XIV : Du recours en indemnité ouvert à certaines victimes de dommages résultant d’une infraction

Article 706-4

L’indemnité est allouée par une commission instituée dans le ressort de chaque tribunal de grande instance. Cette commission a le caractère d’une juridiction civile qui se prononce en premier et dernier ressort.

La commission est composée de deux magistrats du siège du tribunal de grande instance et d’une personne majeure, de nationalité française et jouissant de ses droits civiques, s’étant signalée par l’intérêt qu’elle porte aux problèmes des victimes. Elle est présidée par l’un des magistrats.

Les membres de la commission et leurs suppléants sont désignés pour une durée de trois ans par l’assemblée générale des magistrats du siège du tribunal.

Les fonctions du ministère public sont exercées par le procureur de la République ou l’un de ses substituts.

Un décret en Conseil d’Etat détermine les modalités d’application du présent article.

Article 706-5

A peine de forclusion, la demande d’indemnité doit être présentée dans le délai d’un an à compter de la date de l’infraction. Lorsque des poursuites pénales sont exercées, ce délai est prorogé et n’expire qu’un an après la décision de la juridiction qui a statué définitivement sur l’action publique ou sur l’action civile engagée devant la juridiction répressive. Toutefois, la commission relève le requérant de la forclusion lorsqu’il n’a pas été en mesure de faire valoir ses droits dans les délais requis ou lorsqu’il a subi une aggravation de son préjudice ou pour tout autre motif légitime.

Article 706-6

La commission ou son président peut procéder ou faire procéder à toutes auditions et investigations utiles, sans que puisse leur être opposé le secret professionnel. Ils peuvent notamment se faire communiquer copie des procès-verbaux constatant l’infraction ou de toutes les pièces de la procédure pénale, même en cours. Ils peuvent également requérir :

1° De toute personne ou administration, la communication de renseignements sur la situation professionnelle, financière, fiscale ou sociale des personnes ayant à répondre du dommage causé par l’infraction ou du requérant ;

2° De tout service de l’Etat, collectivité publique, organisme de sécurité sociale, organisme assurant la gestion des prestations sociales ou compagnies d’assurance susceptibles de réparer tout ou partie du préjudice, la communication des renseignements relatifs à l’exécution de leurs obligations éventuelles.

Les renseignements ainsi recueillis ne peuvent être utilisés à d’autres fins que l’instruction de la demande d’indemnité et leur divulgation est interdite.

Des provisions peuvent être accordées par le président. Lorsqu’une provision est demandée, dès le dépôt de la requête en indemnisation, le président statue dans le délai d’un mois ; dans ce cas, elle ne peut excéder le quart du maximum fixé en application de l’article 706-9.

Article 706-7

Lorsque des poursuites pénales ont été engagées, la décision de la commission peut intervenir avant qu’il ait été statué sur l’action publique.

La commission peut surseoir à statuer jusqu’à décision définitive de la juridiction répressive dans les cas visés au dernier alinéa de l’article 706-3 ; elle doit, dans les mêmes cas et conditions, surseoir à statuer à la demande de la victime.

Les débats ont lieu et la décision est rendue en chambre du conseil.

Article 706-8

Lorsque la juridiction statuant sur les intérêts civils a alloué des dommages-intérêts d’un montant supérieur à l’indemnité accordée par la commission, la victime peut demander un complément d’indemnité dans la limite des maxima visés à l’article 706-9. Elle doit présenter sa demande dans le délai d’un an après que la décision statuant sur les intérêts civils est devenue définitive.

Article 706-9

Les indemnités allouées par la commission sont à la charge de l’Etat. Elles sont payées comme frais de justice criminelle. Leurs montants ne peuvent dépasser des maxima fixés, chaque année, par décret.

Article 706-10

Lorsque la victime, postérieurement au paiement de l’indemnité, obtient, à un titre quelconque, une réparation ou une indemnisation effective de son préjudice, l’Etat peut demander à la commission qui l’avait accordée d’ordonner le remboursement total ou partiel de l’indemnité ou de la provision.

Article 706-11

L’Etat est subrogé dans les droits de la victime pour obtenir des personnes responsables du dommage causé par l’infraction ou tenues à un titre quelconque d’en assurer la réparation totale ou partielle le remboursement de l’indemnité ou de la provision versée par lui, dans la limite du montant des réparations à la charge desdites personnes.

L’Etat peut exercer ses droits par toutes voies utiles, y compris par voie de constitution de partie civile devant la juridiction répressive et ce, même pour la première fois, en cause d’appel.

Article 706-12

Si la victime ou ses ayants droit se constituent partie civile devant la juridiction répressive ou engagent une action contre les personnes responsables du dommage, ils doivent indiquer, en tout état de la procédure, s’ils ont saisi la commission instituée par l’article 706-4 et si, le cas échéant, celle-ci leur a accordé une indemnité.

A défaut de cette indication, la nullité du jugement en ce qui concerne ses dispositions civiles pourra être demandée par toute personne intéressée pendant deux ans à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif.

Article 706-13

En cas d’infraction commise à l’étranger et relevant de la compétence des juridictions françaises, les dispositions du présent titre sont applicables lorsque la personne lésée est de nationalité française.

Article 706-14

Toute personne qui, victime d’un vol, d’une escroquerie ou d’un abus de confiance, ne peut obtenir à un titre quelconque une réparation ou une indemnisation effective et suffisante de son préjudice, et se trouve de ce fait dans une situation matérielle grave, peut également obtenir de l’Etat une indemnité dans les conditions prévues aux articles 706-4 à 706-13 lorsque ses ressources sont inférieures au plafond prévu à l’alinéa 1er de l’article 2 de la loi n. 72-11 du 3 janvier 1972 pour bénéficier de l’aide judiciaire totale.

Cette indemnité sera au maximum égale au triple du montant mensuel de ce plafond de ressources.

Livre V : Des procédures d’exécution

Titre Ier : De l’exécution des sentences pénales

Chapitre Ier : Dispositions générales

Article 709

Le procureur de la République et le procureur général ont le droit de requérir directement l’assistance de la force publique à l’effet d’assurer cette exécution.

Article 711

Le tribunal ou la cour, sur requête du ministère public ou de la partie intéressée, statue en chambre du conseil après avoir entendu le ministère public, le conseil de la partie s’il le demande et, s’il échet, la partie elle-même, sous réserve des dispositions de l’article 712.

L’exécution de la décision en litige est suspendue si le tribunal ou la cour l’ordonne.

Le jugement sur l’incident est signifié à la requête du ministère public aux parties intéressées.

Article 712

Dans toutes les hypothèses où il paraît nécessaire d’entendre un condamné qui se trouve détenu, la juridiction saisie peut donner commission rogatoire au président du tribunal de grande instance le plus proche du lieu de détention.

Ce magistrat peut déléguer l’un des juges du tribunal qui procède à l’audition du détenu par procès-verbal.

Article 713-1

Lorsque, en application d’une convention ou d’un accord internationaux, une personne détenue en exécution d’une condamnation prononcée par une juridiction étrangère est transférée sur le territoire français pour y accomplir la partie de la peine restant à subir, l’exécution de la peine est poursuivie conformément aux dispositions du présent code, et notamment des articles 713-2 à 713-6.

Article 713-2

Dès son arrivée sur le sol français, le condamné détenu est présenté au procureur de la République du lieu d’arrivée, qui procède à son interrogatoire d’identité et en dresse procès-verbal. Toutefois, si l’interrogatoire ne peut être immédiat, le condamné est conduit à la maison d’arrêt où il ne peut être détenu plus de vingt-quatre heures. A l’expiration de ce délai, il est conduit d’office devant le procureur de la République, par les soins du surveillant-chef.

Au vu des pièces constatant l’accord des Etats sur le transfèrement et le consentement de l’intéressé ainsi que de l’original ou d’une expédition du jugement étranger de condamnation, accompagnés, le cas échéant, d’une traduction officielle, le procureur de la République requiert l’incarcération immédiate du condamné.

Article 713-3

La peine prononcée à l’étranger est, par l’effet de la convention ou de l’accord internationaux, directement et immédiatement exécutoire sur le territoire national pour la partie qui restait à subir dans l’Etat étranger.

Toutefois, lorsque la peine prononcée est, par sa nature ou sa durée, plus rigoureuse que la peine prévue par la loi française pour les mêmes faits, le tribunal correctionnel du lieu de détention, saisi par le procureur de la République ou le condamné, lui substitue la peine qui correspond le plus en droit français ou réduit cette peine au maximum légalement applicable. Il détermine en conséquence, suivant les cas, la nature et, dans la limite de la partie qui restait à subir dans l’Etat étranger, la durée de la peine à exécuter.

Article 713-4

Le tribunal statue en audience publique, après avoir entendu le ministère public, le condamné et, le cas échéant, le conseil choisi par lui ou commis d’office sur sa demande. Le jugement est immédiatement exécutoire nonobstant appel.

Article 713-5

Les délais de transfèrement s’imputent intégralement sur la durée de la peine qui est mise à exécution en France.

Article 713-6

Tous incidents contentieux relatifs à l’exécution de la peine privative de liberté restant à subir en France sont portés devant le tribunal correctionnel du lieu de détention.

Les dispositions de l’article 711 du présent code sont applicables.

Article 713-7

L’application de la peine est régie par les dispositions du présent code.

Article 713-8

Aucune poursuite pénale ne peut être exercée ou continuée et aucune condamnation ne peut être exécutée à raison des mêmes faits contre le condamné qui exécute en France, en application d’une convention ou d’un accord internationaux, une peine privative de liberté prononcée par une juridiction étrangère.

Article 707

Le ministère public et les parties poursuivent l’exécution de la sentence chacun en ce qui le concerne.

Néanmoins, les poursuites pour le recouvrement des amendes et confiscations sont faites au nom du procureur de la République, par le percepteur.

Article 708

L’exécution à la requête du ministère public a lieu lorsque la décision est devenue définitive.

Toutefois, le délai d’appel accordé au procureur général par les articles 505 et 548 ne fait point obstacle à l’exécution de la peine.

L’exécution d’une peine correctionnelle ou de police non privative de liberté peut être suspendue ou fractionnée pour motifs graves d’ordre médical, familial, professionnel ou social. La décision est prise soit par le ministère public, soit, sur la proposition du ministère public, par le tribunal correctionnel ou de police statuant en chambre du conseil, selon que l’exécution de la peine doit être suspendue pendant moins ou plus de trois mois.

Article 709-1

Dans chaque tribunal de grande instance, un ou plusieurs magistrats du siège sont chargés des fonctions de juge de l’application des peines.

Ces magistrats sont désignés, pour une durée de trois années renouvelables, par décret pris après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Il peut être mis fin à leurs fonctions dans les mêmes formes.

Si un juge de l’application des peines est temporairement empêché d’exercer ses fonctions, le tribunal de grande instance désigne un autre magistrat pour le remplacer.

Des comités de probation et d’assistance aux libérés sont institués auprès des tribunaux dont la liste est établie par décret.

Article 710

Tous incidents contentieux relatifs à l’exécution sont portés devant le tribunal ou la cour qui a prononcé la sentence ; cette juridiction peut également procéder à la rectification des erreurs purement matérielles contenues dans ses décisions.

Par exception, la chambre de l’instruction connaît des rectifications et des incidents d’exécution auxquels peuvent donner lieu les arrêts de la cour d’assises.

Titre II : De la détention

Chapitre Ier : De l’exécution de la détention provisoire

Article 714

Les inculpés, prévenus et accusés soumis à la détention provisoire la subissent dans une maison d’arrêt.

Il y a une maison d’arrêt près de chaque tribunal de grande instance, de chaque cour d’appel et de chaque cour d’assises, sauf auprès des tribunaux et des cours qui sont désignés par décret. Dans ce dernier cas, le décret détermine la ou les maisons d’arrêt où sont retenus les prévenus, appelants ou accusés ressortissant à chacune de ces juridictions.

Article 715

Le juge d’instruction, le président de la chambre de l’instruction et le président de la cour d’assises, ainsi que le procureur de la République et le procureur général, peuvent donner tous les ordres nécessaires soit pour l’instruction, soit pour le jugement, qui devront être exécutés dans les maisons d’arrêt.

Article 716

Les inculpés, prévenus et accusés soumis à la détention provisoire sont placés au régime de l’emprisonnement individuel de jour et de nuit. Il ne peut être dérogé à ce principe qu’en raison de la distribution intérieure des maisons d’arrêt ou de leur encombrement temporaire ou, si les intéressés ont demandé à travailler, en raison des nécessités d’organisation du travail.

Toutes communications et toutes facilités compatibles avec les exigences de la discipline et de la sécurité de la prison sont accordées aux inculpés, prévenus et accusés pour l’exercice de leur défense.

Chapitre II : De l’exécution des peines privatives de liberté

Article 717

Les condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité ou à temps purgent leur peine dans une maison centrale. Il en est de même des condamnés à l’emprisonnement auxquels il reste à subir une peine d’une durée supérieure à un an, ou plusieurs peines dont le total est supérieur à un an, après le moment où leur condamnation, ou la dernière de leurs condamnations, est devenue définitive.

Les autres condamnés à l’emprisonnement correctionnel sont détenus dans une maison de correction.

Les condamnés à l’emprisonnement de police sont incarcérés dans un quartier distinct de la maison d’arrêt.

Un même établissement peut servir à la fois de maison d’arrêt et de maison de correction.

Article 718

La répartition des condamnés dans les prisons établies pour peines s’effectue compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité.

Les condamnés dont la peine doit expirer avant qu’ils aient atteint l’âge de vingt-huit ans peuvent être détenus dans les prisons-écoles.

Les condamnés séniles ou inaptes au travail peuvent être détenus dans les prisons-hospices.

Les condamnés malades et les psychopathes peuvent être hospitalisés dans des établissements pénitentiaires appropriés.

Article 719

Les condamnés sont soumis dans les maisons de correction à l’emprisonnement individuel du jour et de nuit, et dans les maisons centrales, à l’isolement de nuit seulement, après avoir subi éventuellement une période d’observation en cellule.

Il ne peut être dérogé à ce principe qu’en raison de la distribution intérieure des locaux de détention ou de leur encombrement temporaire ou des nécessités d’organisation du travail.

Article 720

Les condamnés à des peines privatives de liberté pour des faits qualifiés crimes ou délits de droit commun sont astreints au travail.

Les règles relatives à la répartition des produits du travail des détenus sont fixées par décret.

Article 720-1

L’exécution d’une peine d’emprisonnement correctionnelle ou de police peut être suspendue provisoirement ou fractionnée pour motif grave d’ordre médical, familial, professionnel ou social. La décision est prise après avis de l’avocat de l’inculpé et du ministère public par le juge de l’application des peines dans le ressort duquel il est détenu. Toutefois la décision est prise sur la proposition du juge de l’application des peines par le tribunal correctionnel ou de police statuant en chambre du conseil lorsque l’exécution de la peine doit être interrompue pendant plus de trois mois.

Article 720-2

En cas de condamnation à une peine privative de liberté, non assortie du sursis, dont la durée est égale ou supérieure à dix ans, prononcée en application des articles 302 (alinéa 1), 303 et 304, 310 à 312, 334-1 à 335, 341 (1°, 2° et 3°) et 342 à 344, 382, troisième à septième alinéas, 384 et 462 du Code pénal ou de l’article L. 627 du Code de la santé publique, le condamné ne peut bénéficier pendant une période de sûreté des dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de la peine, le placement à l’extérieur, les permissions de sortir, la semi-liberté et la libération conditionnelle. La durée de la période de sûreté est de la moitié de la peine ou, s’il s’agit d’une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, de quinze ans. La cour d’assises ou le tribunal peut toutefois, par décision spéciale, soit porter ces durées jusqu’aux deux tiers de la peine ou, s’il s’agit d’une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, jusqu’à dix-huit ans, soit exceptionnellement décider de réduire ces durées.

Dans les autres cas, lorsqu’elle prononce une peine privative de liberté d’une durée supérieure à trois ans, non assortie du sursis, la juridiction peut fixer une période de sûreté pendant laquelle le condamné ne peut bénéficier d’aucune des modalités d’exécution de la peine mentionnées au premier alinéa. La durée de cette période de sûreté ne peut excéder les deux tiers de la peine prononcée ou dix-huit ans en cas de condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.

Les réductions de peine accordées pendant la période de sûreté ne seront imputées que sur la partie de la peine excédant cette durée.

Sauf s’il en est décidé autrement par le décret de grâce, la commutation ou la remise d’une peine au moins égale à dix ans d’incarcération sanctionnant une infraction mentionnée au premier alinéa entraîne de plein droit l’application de la période de sûreté pour la durée maximale applicable à la détention restant à subir.

Article 722

Auprès de chaque établissement pénitentiaire, le juge de l’application des peines détermine pour chaque condamné les principales modalités du traitement pénitentiaire. Dans les limites et conditions prévues par la loi, il accorde les placements à l’extérieur, la semi-liberté, les réductions, fractionnements et suspensions de peines, les autorisations de sortie sous escorte, les permissions de sortir, la libération conditionnelle ou il saisit la juridiction compétente pour aménager l’exécution de la peine. Sauf urgence, il statue après avis de la commission de l’application des peines.

Cette commission est réputée avoir rendu son avis si celui-ci n’est pas intervenu dans le délai d’un mois à compter du jour de sa saisine.

Le juge de l’application des peines donne en outre son avis, sauf urgence, sur le transfert des condamnés d’un établissement à un autre.

La commission de l’application des peines est présidée par le juge de l’application des peines ; le procureur de la République et le chef de l’établissement en sont membres de droit.

Article 723-2

Lorsqu’il a été fait application des dispositions de l’article précédent, si les conditions qui ont permis au tribunal de décider que la peine serait subie sous le régime de la semi-liberté ne sont plus remplies, si le condamné ne satisfait pas aux obligations qui lui sont imposées ou s’il fait preuve de mauvaise conduite, le bénéfice de la semi-liberté peut être retiré, sur rapport du juge de l’application des peines, par le tribunal de grande instance. Ce tribunal est celui du lieu d’exécution de la décision, ou, si le condamné est écroué, du lieu de détention.

Le juge de l’application des peines peut, si l’urgence l’exige, suspendre l’application de la semi-liberté.

Dans ce cas, le tribunal doit statuer dans les cinq jours sur le maintien ou le retrait de ce régime.

Article 723-3

La permission de sortir autorise un condamné à s’absenter d’un établissement pénitentiaire pendant une période de temps déterminée qui s’impute sur la durée de la peine en cours d’exécution.

Elle a pour objet de préparer la réinsertion professionnelle ou sociale du condamné, de maintenir ses liens familiaux ou de lui permettre d’accomplir une obligation exigeant sa présence.

Article 723-5

Sans préjudice de l’application de l’article 245 du code pénal, en cas de condamnation pour un crime ou un délit volontaire commis à l’occasion d’une permission de sortir, la juridiction peut décider que le condamné perdra le bénéfice des réductions de peine qui lui ont été accordées antérieurement.

Article 723-6

Tout condamné peut, dans les conditions de l’article 722, obtenir, à titre exceptionnel, une autorisation de sortie sous escorte.

Chapitre III : Des dispositions communes aux différents établissements pénitentiaires

Article 724

Les établissements pénitentiaires reçoivent les personnes en détention provisoire ou condamnées à une peine privative de liberté.

Un acte d’écrou est dressé pour toute personne qui est conduite dans un établissement pénitentiaire ou qui s’y présente librement.

Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret.

Article 725

Nul agent de l’administration pénitentiaire ne peut, à peine d’être poursuivi et puni comme coupable de détention arbitraire, recevoir ni retenir aucune personne qu’en vertu d’un arrêt ou jugement de condamnation, d’une ordonnance de prise de corps, d’un mandat de dépôt ou d’arrêt, d’un mandat d’amener lorsque ce mandat doit être suivi d’incarcération provisoire, ou d’un ordre d’arrestation établi conformément à la loi, et sans qu’ait été donné l’acte d’écrou prévu à l’article 724.

Article 726

Si quelque détenu use de menaces, injures ou violences ou commet une infraction à la discipline, il peut être enfermé seul dans une cellule aménagée à cet effet ou même être soumis à des moyens de coercition en cas de fureur ou de violence grave, sans préjudice des poursuites auxquelles il peut y avoir lieu.

Article 727

Le juge de l’application des peines, le juge d’instruction, le président de la chambre de l’instruction ainsi qu’il est dit à l’article 222, le procureur de la République et le procureur général visitent les établissements pénitentiaires.

Auprès de tout établissement pénitentiaire est instituée une commission de surveillance dont la composition et les attributions sont déterminées par décret.

Ce décret fixe en outre les conditions dans lesquelles certaines personnes peuvent être admises à visiter les détenus.

Les condamnés peuvent continuer à communiquer dans les mêmes conditions que les prévenus avec le défenseur qui les a assistés au cours de la procédure.

Article 728

Un décret détermine l’organisation et le régime intérieur des établissements pénitentiaires.

Dans les prisons établies pour peines, ce régime sera institué en vue de favoriser l’amendement des condamnés et de préparer leur reclassement social.

Titre III : De la libération conditionnelle

Article 729

Les condamnés ayant à subir une ou plusieurs peines privatives de liberté peuvent bénéficier d’une libération conditionnelle s’ils présentent des gages sérieux de réadaptation sociale.

La libération conditionnelle peut être accordée aux condamnés ayant accompli la moitié de leur peine. Pour les condamnés en état de récidive légale aux termes des articles 56, 57 ou 58 du code pénal, le temps d’épreuve est porté aux deux tiers de la peine.

Pour les condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, le temps d’épreuve est de quinze années.

Article 729-2

Dans les formes et conditions prévues par les articles 721, 721-1, et 729-1, mais dans la limite de quarante-cinq jours par année d’incarcération, des réductions du temps d’épreuve nécessaire à l’octroi de la libération conditionnelle peuvent être accordées aux condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Elles ne sont, le cas échéant, imputables que sur la partie de la peine excédant la période de sûreté prévue à l’article 720-2.

Article 730

Le droit d’accorder la libération conditionnelle appartient, selon les distinctions ci-après, soit au juge de l’application des peines, soit au ministre de la justice.

Lorsque le condamné doit subir une ou plusieurs peines privatives de liberté entraînant une détention dont la durée totale, à compter du jour de l’incarcération, n’excède pas trois années, la libération conditionnelle est accordée par le juge de l’application des peines après avis de la commission de l’application des peines.

Lorsque le condamné doit subir une ou plusieurs peines privatives de liberté entraînant une détention dont la durée totale, à compter du jour de l’incarcération, excède trois années, la libération conditionnelle est accordée par le ministre de la justice. La proposition de libération conditionnelle est établie par le juge de l’application des peines, après avis de la commission de l’application des peines. Elle peut être soumise par le ministre de la justice à un comité consultatif de libération conditionnelle. L’avis du préfet du département où le condamné entend fixer sa résidence est recueilli dans tous les cas.

Pour l’application du présent article, la situation de chaque condamné est examinée au moins une fois par an, lorsque les conditions de délai prévues à l’article 729 sont remplies.

Un décret fixe les modalités d’application du présent article.

Article 731

Le bénéfice de la libération conditionnelle peut être assorti de conditions particulières ainsi que de mesures d’assistance et de contrôle destinées à faciliter et à vérifier le reclassement du libéré.

Ces mesures sont mises en oeuvre par le juge de l’application des peines assisté de l’un des comités prévus à l’article 709-1 (alinéa 4), et, le cas échéant, avec le concours des organismes habilités à cet effet.

Un décret détermine les modalités d’application des mesures visées au présent article, la composition et les attributions des comités de probation et d’assistance aux libérés et les conditions d’habilitation des organismes mentionnés à l’alinéa précédent. Il fixe également les conditions du financement indispensable à l’application de ces mesures et au fonctionnement des comités.

Article 732

La décision de libération conditionnelle fixe les modalités d’exécution et les conditions auxquelles l’octroi et le maintien de la liberté est subordonné, ainsi que la nature et la durée des mesures d’assistance et de contrôle. Si elle est prise par le ministre de la justice, celui-ci peut prévoir que l’élargissement s’effectuera au jour fixé par le juge de l’application des peines entre deux dates déterminées.

Cette durée ne peut être inférieure à la durée de la partie de la peine non subie au moment de la libération s’il s’agit d’une peine temporaire ; elle peut la dépasser pour une période maximum d’un an.

Toutefois, lorsque la peine en cours d’exécution est une peine perpétuelle, la durée des mesures d’assistance et de contrôle est fixée pour une période qui ne peut être inférieure à cinq années, ni supérieure à dix années.

Pendant toute la durée de la liberté conditionnelle, les dispositions de la décision peuvent être modifiées, suivant les distinctions de l’article 730, soit après avis des membres du comité de probation et d’assistance aux libérés qui ont pris en charge le condamné, par le juge de l’application des peines compétent pour mettre en oeuvre cette décision, soit, sur proposition de ce magistrat, et après avis, le cas échéant, du comité consultatif de libération conditionnelle, par le ministre de la justice.

Article 733

En cas de nouvelle condamnation, d’inconduite notoire, d’infraction aux conditions ou d’inobservation des mesures énoncées dans la décision de mise en liberté conditionnelle, cette décision peut être révoquée, suivant les distinctions de l’article 730, soit, après avis des membres du comité de probation et d’assistance aux libérés qui ont pris en charge le condamné, par le juge de l’application des peines compétent pour sa mise en oeuvre, soit, sur proposition de ce magistrat, et après avis, le cas échéant, du comité consultatif de libération conditionnelle, par le ministre de la justice. Le juge de l’application des peines qui a pris une décision de libération conditionnelle peut rapporter celle-ci lorsqu’elle n’a pas encore reçu exécution.

En cas d’urgence, l’arrestation peut être provisoirement ordonnée par le juge de l’application des peines du lieu où se trouve le libéré, le ministère public entendu et à charge, s’il y a lieu de saisir l’autorité compétente pour révoquer la libération conditionnelle.

Après révocation, le condamné doit subir, selon les dispositions de la décision de révocation, tout ou partie de la durée de la peine qu’il lui restait à subir au moment de sa mise en liberté conditionnelle, cumulativement, s’il y a lieu, avec toute nouvelle peine qu’il aurait encourue ; le temps pendant lequel il a été placé en état d’arrestation provisoire compte toutefois pour l’exécution de sa peine.

Si la révocation n’est pas intervenue avant l’expiration du délai prévu à l’article précédent, la libération est définitive. Dans ce cas, la peine est réputée terminée depuis le jour de la libération conditionnelle.

Titre IV : Du sursis

Article 734

Le tribunal ou la cour qui prononce une condamnation à l’emprisonnement ou à l’amende peut, dans les cas et selon les conditions prévues ci-après, ordonner qu’il sera sursis à l’exécution de cette peine.

Le sursis peut être simple ou être assorti du placement du condamné sous le régime de la mise à l’épreuve.

Chapitre Ier : Du sursis simple

Article 735

Si le condamné bénéficiant du sursis simple à l’emprisonnement n’a pas commis, pendant le délai de cinq ans à compter de la condamnation, un crime ou un délit de droit commun suivi d’une nouvelle condamnation, soit à une peine criminelle, soit à une peine correctionnelle d’emprisonnement sans sursis, la condamnation suspendue est considérée comme non avenue. Est également considérée comme non avenue la condamnation à l’amende assortie du sursis lorsque, dans le délai ci-dessus, le condamné n’a pas commis un crime ou un délit suivi d’une condamnation à l’amende ou à l’emprisonnement.

Dans le cas contraire, la première peine est exécutée sans qu’elle puisse se confondre avec la seconde. Toutefois, le tribunal peut, par décision spéciale et motivée, dire que la condamnation qu’il prononce n’entraîne pas la révocation, ou n’entraîne que la révocation partielle, du sursis antérieurement accordé. Si le tribunal n’a pas expressément statué sur la dispense de révocation, le condamné peut ultérieurement en demander le bénéfice ; sa requête est alors instruite et jugée selon les règles de compétence et de procédure fixées par les articles 55-1 (alinéa 2) du code pénal et 703 du présent code.

Lorsque le bénéfice du sursis simple n’a été accordé que pour une partie de la peine, la condamnation est considérée comme non avenue dans tous les éléments si la révocation du sursis n’a pas été encourue dans le délai prévu par l’alinéa premier, l’amende ou la partie de l’amende non assortie du sursis restant due.

Article 736

La suspension de la peine ne s’étend pas au paiement des frais du procès et des dommages-intérêts.

Elle ne s’étend pas non plus aux peines accessoires et aux incapacités résultant de la condamnation.

Toutefois, les peines accessoires et les incapacités cesseront d’avoir effet du jour où, par application des dispositions de l’article 735, la condamnation aura été réputée non avenue.

Article 737

Le président de la cour ou du tribunal doit, après avoir prononcé la condamnation assortie du sursis simple, avertir le condamné que, s’il commet une nouvelle infraction, il pourra faire l’objet d’une condamnation qui sera susceptible d’entraîner l’exécution de la première peine sans confusion avec la seconde et qu’il encourra les peines de la récidive dans les termes des articles 57 et 58 du Code pénal.

Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve

Article 738

Le sursis avec mise à l’épreuve est applicable aux condamnations à l’emprisonnement prononcées pour crime ou délit de droit commun. La condamnation peut être déclarée exécutoire par provision.

Le tribunal fixe le délai d’épreuve qui ne peut être inférieur à trois années ni supérieur à cinq années.

Il peut décider que le sursis ne s’appliquera à l’exécution de l’emprisonnement que pour une part dont il détermine la durée.

Article 739

Lorsqu’une condamnation est assortie du sursis avec mise à l’épreuve, le condamné est placé sous le contrôle du juge de l’application des peines dans le ressort duquel il a sa résidence habituelle ou, s’il n’a pas en France de résidence habituelle, sous le contrôle du juge de l’application des peines dans le ressort duquel la juridiction qui a prononcé la condamnation a son siège.

Au cours du délai d’épreuve, le condamné doit satisfaire à l’ensemble des mesures de surveillance et d’assistance qui sont prévues par un décret en Conseil d’Etat et à celles des obligations particulières, également prévues par ce décret en Conseil d’Etat, qui lui sont spécialement imposées soit par la décision de condamnation, soit par une décision que peut, à tout moment, prendre le juge de l’application des peines.

Lorsqu’une obligation particulière est ordonnée par le juge de l’application des peines, cette décision est exécutoire par provision. Toutefois, elle peut être soumise par le condamné, dans le délai d’un mois à compter de la notification qui lui en est faite, à l’examen du tribunal correctionnel qui peut la valider, la rapporter ou la modifier. Si le tribunal impose une obligation différente de celle qu’avait prévue le juge de l’application des peines, sa décision se substitue à celle du juge de l’application des peines à compter du jour où elle est notifiée à l’intéressé.

Le juge de l’application des peines peut, en outre, à tout moment, par une décision immédiatement exécutoire, aménager ou supprimer les obligations particulières auxquelles a été soumis le condamné.

Article 740

Au cours du délai d’épreuve, le juge de l’application des peines sous le contrôle de qui le condamné est placé s’assure, soit par lui-même, soit par toute personne qualifiée, de l’exécution des mesures de surveillance et d’assistance et des obligations imposées à ce condamné.

Si les actes nécessaires à cette fin doivent être effectués hors des limites de son ressort, il charge d’y procéder ou d’y faire procéder le juge de l’application des peines territorialement compétent.

Article 741

Le condamné est tenu de se présenter, chaque fois qu’il en est requis, devant le juge de l’application des peines sous le contrôle duquel il est placé.

Lorsque le condamné ne défère pas à sa réquisition, le magistrat peut, si le condamné se trouve dans son ressort, ordonner qu’il sera conduit devant lui par la force publique pour être entendu sans délai. Si le condamné ne se trouve pas dans son ressort, le même magistrat peut demander au juge de l’application des peines dans le ressort duquel se trouve ce condamné de se le faire présenter par la force publique et de procéder à son audition.

Article 741-1

Si le condamné est en fuite, le juge de l’application des peines peut décerner un ordre de recherche. Le condamné qui fait l’objet de cet ordre est conduit devant le juge de l’application des peines du lieu où il est trouvé ou, si ce magistrat ne peut procéder immédiatement à son audition, devant le procureur de la République. Lorsque le condamné n’a pas été conduit devant le juge de l’application des peines qui a lui-même ordonné les recherches, un procès-verbal de ses déclarations est transmis sans délai à ce magistrat.

Article 741-2

Lorsque le condamné ne se soumet pas aux mesures de surveillance ou aux obligations particulières imposées en application de l’article 739, le juge de l’application des peines, après l’avoir entendu ou fait entendre, peut décider, par ordonnance motivée rendue sur les réquisitions du ministère public, que le condamné sera provisoirement incarcéré dans l’établissement pénitentiaire le plus proche.

Cette décision peut être prise sur délégation par le juge de l’application des peines dans le ressort duquel le condamné est trouvé.

Article 741-3

Les mesures prévues à l’article 741-2 impliquent saisine du tribunal correctionnel pour qu’il soit statué sur l’application des dispositions de l’article 742.

L’affaire doit venir à la première audience ou au plus tard dans les cinq jours de l’écrou, faute de quoi le condamné doit être mis en liberté d’office. S’il y a lieu à remise, le tribunal doit statuer par décision motivée sur le maintien en détention du condamné.

Article 742

Le tribunal correctionnel peut prolonger le délai d’épreuve :

1° Lorsque le condamné ne satisfait pas aux mesures de surveillance et d’assistance ou aux obligations particulières imposées en application de l’article 739 ;

2° Lorsqu’il a commis une infraction suivie d’une condamnation à l’occasion de laquelle la révocation du sursis n’a pas été prononcée ;

3° Lorsqu’il s’est soustrait volontairement à l’obligation de contribuer aux charges familiales, d’acquitter régulièrement des pensions alimentaires, de remettre ses enfants entre les mains de ceux auxquels leur garde a été confiée par décision de justice, ou encore de réparer les dommages causés par l’infraction.

Le tribunal peut aussi, dans les conditions prévues aux articles suivants, ordonner exécution de la peine en totalité ou pour une partie dont il détermine la durée.

Article 742-1

Lorsque le tribunal correctionnel prolonge le délai d’épreuve, ce délai ne peut au total être supérieur à cinq années. Le tribunal peut, en outre, par décision spéciale et motivée, ordonner l’exécution provisoire de cette mesure.

Article 742-2

L’exécution partielle de la peine ne peut être ordonnée qu’une fois et pour une durée qui ne peut dépasser deux mois. La décision ordonnant cette exécution partielle ne met pas fin au régime de la mise à l’épreuve et n’attache pas à la condamnation les effets d’une condamnation sans sursis.

Article 742-3

Si le tribunal correctionnel ordonne l’exécution de la totalité de la peine et si le sursis avec mise à l’épreuve a été accordé après une première condamnation déjà prononcée sous le même bénéfice, la première peine est d’abord exécutée à moins que le tribunal, par décision spéciale et motivée, ne dispense le condamné de tout ou partie de son exécution.

Article 742-4

Lorsque le tribunal correctionnel ordonne l’exécution de la peine en totalité ou en partie, il peut, par décision spéciale et motivée, faire incarcérer le condamné.

Article 743

Si le condamné satisfait aux mesures d’assistance et de surveillance et aux obligations particulières imposées en application de l’article 739 et si son reclassement paraît acquis, le tribunal correctionnel peut déclarer non avenue la condamnation prononcée à son encontre.

Le tribunal ne peut être saisi à cette fin avant l’expiration d’un délai de deux ans à dater du jour où la condamnation est devenue définitive.

La décision du tribunal peut être frappée d’appel par le ministère public et par le condamné.

Article 744

Le tribunal correctionnel compétent pour statuer dans les cas prévus par les articles 739, troisième alinéa, 741-3, 742 et 743 est celui dans le ressort duquel le condamné a sa résidence habituelle ou, si le condamné n’a pas en France de résidence habituelle, celui dans le ressort duquel la juridiction qui a prononcé la condamnation a son siège. Toutefois, s’il a été fait application des dispositions de l’article 741-2, le tribunal compétent pour prendre les mesures prévues à l’article 742 est celui dans le ressort duquel le condamné a été trouvé.

Le tribunal correctionnel est saisi soit par le juge de l’application des peines, soit par le procureur de la République. Il peut également être saisi par la requête du condamné demandant le bénéfice des dispositions de l’article 743.

Le condamné est cité à la requête du ministère public dans les conditions prévues par les articles 550 à 566. Il peut également comparaître dans les conditions prévues par l’article 389, premier et troisième alinéas.

Le tribunal statue en chambre du conseil. Lorsque le juge de l’application des peines ne participe pas à la décision, le tribunal statue sur son rapport écrit.

Article 744-1

Les décisions rendues en application des articles qui précèdent sont susceptibles d’opposition, d’appel ou de pourvoi en cassation dans les conditions prévues aux livres II et III du présent code.

Toutefois, la décision prise par le tribunal en application de l’article 742-4 produit effet nonobstant opposition, appel ou pourvoi en cassation.

En cas d’opposition, l’affaire doit venir devant le tribunal à la première audience ou, au plus tard, dans la huitaine du jour de l’opposition, faute de quoi le condamné doit être remis en liberté d’office. S’il y a lieu à remise, la juridiction doit statuer d’office par une décision motivée sur le maintien ou la levée de l’écrou.

Article 744-2

Lorsque le condamné est placé sous le régime de la mise à l’épreuve par une décision d’une juridiction spéciale aux mineurs, le juge des enfants et le tribunal pour enfants dans le ressort desquels le mineur a sa résidence habituelle exercent les attributions dévolues au juge de l’application des peines et au tribunal correctionnel par les articles 739 à 744-1, jusqu’à l’expiration du délai d’épreuve.

Article 744-3

Si le condamné commet, au cours du délai d’épreuve, un crime ou un délit de droit commun suivi d’une nouvelle condamnation, soit à une peine criminelle, soit à une peine correctionnelle d’emprisonnement, la cour ou le tribunal peut ordonner la révocation de tout ou partie du ou des sursis antérieurement accordés. Dans ce cas, les peines correspondant aux sursis révoqués sont d’abord exécutés sans qu’elles puissent se confondre entre elles ou avec la dernière peine prononcée.

Si le sursis avec mise à l’épreuve a été accordé après une ou plusieurs condamnations déjà prononcées avec le bénéfice de ce sursis, les peines portées par les condamnations correspondantes sont exécutées totalement ou partiellement si la cour ou le tribunal ordonne la révocation, en tout ou en partie, du ou des sursis qui les accompagnent.

Lorsque la révocation du sursis est ordonnée, les dispositions des articles 742-4 et 744-1 sont applicables.

Article 745

Si le condamné n’a pas commis, au cours du délai d’épreuve, une nouvelle infraction ou un manquement aux mesures de surveillance ou d’assistance, ou aux obligations particulières imposées en application de l’article 739, suivis soit d’une décision de condamnation ordonnant la révocation du sursis, soit d’une décision ordonnant l’exécution de la totalité de la peine, la condamnation assortie du sursis avec mise à l’épreuve est considérée comme non avenue.

Lorsque le bénéfice du sursis avec mise à l’épreuve n’a été accordé que pour une partie de la peine, la condamnation est considérée comme non avenue dans tous ses éléments si la révocation du sursis n’a pas été encourue dans le délai prévu à l’alinéa qui précède.

Article 745-1

Si le sursis avec mise à l’épreuve a été accordé après une première condamnation déjà prononcée sous le même bénéfice, cette première condamnation est comme non avenue si la seconde vient elle-même à être déclarée ou réputée non avenue dans les conditions et délais prévus aux articles 743 ou 745.

Article 746

La suspension de la peine ne s’étend pas au paiement des frais du procès et des dommages-intérêts.

Elle ne s’étend pas non plus aux peines accessoires et aux incapacités résultant de la condamnation.

Toutefois, les peines accessoires et les incapacités cesseront d’avoir effet du jour où, par application des dispositions des articles 743 et 745, la condamnation aura été déclarée ou réputée non avenue.

Article 747

Le président de la cour ou du tribunal doit, après avoir prononcé la condamnation assortie du sursis avec mise à l’épreuve, avertir le condamné que, s’il commet une nouvelle infraction, il pourra faire l’objet d’une condamnation qui sera susceptible d’entraîner l’exécution des peines antérieures, sans confusion entre elles ou avec la dernière peine prononcée et qu’il encourra les peines de la récidive dans les termes des articles 57 et 58 du code pénal. Le président doit également informer le condamné des sanctions dont celui-ci serait passible s’il venait à se soustraire aux mesures ordonnées, et de la possibilité qu’il aurait, à l’inverse, de voir déclarer sa condamnation non avenue en observant une parfaite conduite.

Chapitre III : Du sursis assorti de l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général

Article 747-1

Le tribunal peut, dans les conditions prévues par l’article 738, alinéa premier, prévoir que le condamné accomplira, au profit d’une collectivité publique ou d’un établissement public ou d’une association, un travail d’intérêt général non rémunéré et d’une durée qui ne pourra être inférieure à quarante heures ni supérieure à deux cent quarante heures.

Il ne peut être fait application du présent article que lorsque le prévenu est présent. Le président du tribunal, avant le prononcé du jugement, informe le prévenu du droit de refuser l’accomplissement d’un travail d’intérêt général et reçoit sa réponse.

Le tribunal fixe, dans la limite de dix-huit mois, le délai pendant lequel le travail doit être accompli. Ce délai prend fin dès l’accomplissement de la totalité du travail d’intérêt général, la condamnation étant alors considérée comme non avenue ; il peut être suspendu provisoirement pour motif grave d’ordre médical, familial, professionnel ou social.

Les modalités d’exécution de l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général et la suspension du délai prévu par l’alinéa précédent sont décidées par le juge de l’application des peines.

Article 747-2

Au cours du délai fixé en application de l’article 747-1, troisième alinéa, outre l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général, le condamné doit satisfaire à l’ensemble des mesures de contrôle et d’assistance prévues par un décret en Conseil d’Etat ainsi que, le cas échéant, à celles des obligations particulières également prévues par un décret en Conseil d’Etat que le tribunal lui a spécialement imposées.

Article 747-3

A l’exception des articles 738, deuxième et troisième alinéas, 743 et 745, deuxième alinéa, les dispositions du chapitre II ci-dessus sont applicables, l’obligation définie par l’article 747-1 et le délai fixé en application du même article étant respectivement assimilés à une obligation particulière et au délai d’épreuve ; toutefois, le délai prévu par l’article 742-1 est ramené à dix-huit mois.

Article 747-4

Les prescriptions du code du travail relatives au travail de nuit, à l’hygiène, à la sécurité, ainsi qu’au travail des femmes et des jeunes travailleurs sont applicables au travail d’intérêt général.

Article 747-5

L’Etat répond du dommage ou de la part du dommage causé à autrui par un condamné et qui résulte directement de l’application d’une décision emportant l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général.

L’Etat est subrogé de plein droit dans les droits de la victime.

L’action en responsabilité et l’action récursoire sont portées devant les tribunaux de l’ordre judiciaire.

Article 747-6

Les dispositions des articles 747-1 à 747-5 ci-dessus sont applicables aux mineurs de seize à dix-huit ans. Toutefois, la durée du travail d’intérêt général ne pourra être inférieure à vingt heures ni supérieure à cent vingt heures, et le délai pendant lequel le travail doit être accompli ne pourra excéder un an.

Les attributions du juge de l’application des peines prévues par les articles 747-1 et 747-7 sont dévolues au juge des enfants. Pour l’application de l’article 747-1, alinéa premier, les travaux d’intérêt général doivent être adaptés aux mineurs et présenter un caractère formateur ou de nature à favoriser l’insertion sociale des jeunes condamnés.

Article 747-7

Un décret en Conseil d’Etat détermine les modalités d’application du présent chapitre. Il établit les conditions dans lesquelles s’exécutera l’activité des condamnés, ainsi que la nature des travaux proposés.

En outre, le décret détermine les conditions dans lesquelles :

1° Le juge de l’application des peines établit, après avis du ministère public et consultation de tout organisme public compétent en matière de prévention de la délinquance, la liste des travaux d’intérêt général susceptibles d’être accomplis dans son ressort ;

2° Le travail d’intérêt général peut, pour les condamnés salariés, se cumuler avec la durée légale du travail ;

3° Sont habilitées les associations mentionnées au premier alinéa de l’article 747-1.

Titre V : De la reconnaissance de l’identité des individus condamnés

Article 748

Lorsque, après une évasion suivie de reprise ou dans toute autre circonstance, l’identité d’un condamné fait l’objet d’une contestation, cette contestation est tranchée suivant les règles établies en matière d’incidents d’exécution. Toutefois l’audience est publique.

Si la contestation s’élève au cours et à l’occasion d’une nouvelle poursuite, elle est tranchée par la cour ou le tribunal saisi de cette poursuite.

Titre VI : De la contrainte judiciaire

Article 753

Elle ne peut être exercée simultanément contre le mari et la femme, même pour le recouvrement de sommes afférentes à des condamnations différentes.

Article 759

Les individus contre lesquels la contrainte a été prononcée peuvent en prévenir ou en faire cesser les effets soit en payant ou consignant une somme suffisante pour éteindre leur dette, soit en fournissant une caution reconnue bonne et valable.

La caution est admise par le receveur des finances. En cas de contestation, elle est déclarée, s’il y a lieu, bonne et valable par le président du tribunal de grande instance agissant par voie de référé.

La caution doit se libérer dans le mois, faute de quoi elle peut être poursuivie.

Lorsque le paiement intégral n’a pas été effectué, et sous réserve des dispositions de l’article 760, la contrainte judiciaire peut être requise à nouveau pour le montant des sommes restant dues.

Article 760

Lorsque la contrainte judiciaire a pris fin pour une cause quelconque, elle ne peut plus être exercée ni pour la même dette, ni pour des condamnations antérieures à son exécution,

à moins que ces condamnations n’entraînent par leur quotité une contrainte plus longue que celle déjà subie, auquel cas la première incarcération doit toujours être déduite de la nouvelle contrainte.

Article 761

Le débiteur détenu est soumis au même régime que les condamnés, sans toutefois être astreint au travail.

Article 762

Le condamné qui a subi une contrainte judiciaire n’est pas libéré du montant des condamnations pour lesquelles elle a été exercée.

Titre VI : De la contrainte par corps

Article 755

Les règles sur l’exécution des mandats de justice fixées par les articles 124, 132 hormis la référence à l’article 133, et 134, alinéas 1er et 2, sont applicables à la contrainte par corps.

Article 757

Si le débiteur arrêté ne requiert pas qu’il en soit référé, ou si, en cas de référé, le président ordonne qu’il soit passé outre, il est procédé à l’incarcération dans les formes ci-dessus prévues pour l’exécution des peines privatives de liberté.

Titre VII : De la prescription de la peine

Article 763

Les peines portées par un arrêt rendu en matière criminelle se prescrivent par vingt années révolues, à compter de la date où cet arrêt est devenu définitif.

Néanmoins, le condamné sera, sans préjudice des dispositions de l’article 45, alinéa 2, du Code pénal, soumis de plein droit et sa vie durant à l’interdiction de séjour dans le département où demeureraient soit celui sur lequel ou contre la propriété duquel le crime aurait été commis, soit ses héritiers directs.

Les dispositions des articles 45 à 50 du Code pénal sont applicables à la présente interdiction.

Article 764

Les peines portées par un arrêt ou jugement rendu en matière correctionnelle se prescrivent par cinq années révolues, à compter de la date où cet arrêt ou jugement est devenu définitif, sous réserve des dispositions de l’article 738, alinéa 3.

Article 765

Les peines portées par un arrêt ou jugement rendu pour contravention de police se prescrivent par deux années révolues, à compter de la date où cet arrêt ou jugement est devenu définitif.

Toutefois, les peines prononcées pour une contravention de police connexe à un délit se prescrivent selon les dispositions de l’article 764.

Article 766

En aucun cas, les condamnés par défaut ou par contumace dont la peine est prescrite ne peuvent être admis à se présenter pour purger le défaut ou la contumace.

Article 767

Les condamnations civiles portées par les arrêts ou par les jugements rendus en matière criminelle, correctionnelle et de police, et devenus irrévocables, se prescrivent d’après les règles établies par le Code civil.

Titre VIII : Du casier judiciaire

Article 769

Il est fait mention sur les fiches du casier judiciaire des peines ou dispenses de peines prononcées après ajournement du prononcé de la peine, des grâces, commutations ou réductions de peines, des décisions qui suspendent ou qui ordonnent l’exécution d’une première condamnation, des décisions prises en application du deuxième alinéa de l’article 713-3 ou du premier alinéa de l’article 713-6, des décisions de libération conditionnelle et de révocation, des décisions de suspension de peine, des réhabilitations, des décisions qui rapportent ou suspendent les arrêtés d’expulsion, ainsi que la date de l’expiration de la peine et du paiement de l’amende.

Sont retirées du casier judiciaire les fiches relatives à des condamnations effacées par une amnistie ou réformées en conformité d’une décision de rectification du casier judiciaire. Il en est de même, sauf en ce qui concerne les condamnations prononcées pour des faits imprescriptibles, des fiches relatives à des condamnations prononcées depuis plus de quarante ans et qui n’ont pas été suivies d’une nouvelle condamnation à une peine criminelle ou correctionnelle.

Article 770

Lorsque, à la suite d’une décision prise à l’égard d’un mineur de dix-huit ans, la rééducation de ce mineur apparaît comme acquise, le tribunal pour enfants peut, après l’expiration d’un délai de trois ans à compter de ladite décision et même si le mineur a atteint sa majorité, décider, à sa requête, à celle du ministère public ou d’office, la suppression du casier judiciaire de la fiche concernant la décision dont il s’agit.

Le tribunal pour enfants statue en dernier ressort. Lorsque la suppression de la fiche a été prononcée, la mention de la décision initiale ne doit plus figurer au casier judiciaire du mineur. La fiche afférente à ladite décision est détruite.

Le tribunal de la poursuite initiale, celui du lieu du domicile actuel du mineur et celui du lieu de sa naissance sont compétents pour connaître de la requête.

La suppression de la fiche relative à une condamnation prononcée pour des faits commis par une personne âgée de dix-huit à vingt et un ans peut également, si le reclassement du condamné paraît acquis, être prononcée à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la condamnation. Cette suppression ne peut cependant intervenir qu’après que les peines privatives de liberté ont été subies et que les amendes ont été payées et, si des peines complémentaires ont été prononcées pour une durée déterminée, après l’expiration de cette durée.

Dans le cas prévu à l’alinéa qui précède, la suppression du casier judiciaire de la fiche constatant la condamnation est demandée par requête, selon les règles de compétence et de procédure fixées par les deuxième et troisième alinéas de l’article 778.

Article 771

Le casier judiciaire national automatisé reçoit également les condamnations, décisions, jugements ou arrêtés visés à l’article 768 du présent code, concernant les personnes nées à l’étranger et les personnes dont l’acte de naissance n’est pas retrouvé ou dont l’identité est douteuse.

Article 772

Il est donné connaissance aux autorités militaires, par l’envoi d’une copie de la fiche du casier judiciaire, des condamnations ou des décisions de nature à modifier les conditions d’incorporation des individus soumis à l’obligation du service militaire.

Il est donné avis également aux mêmes autorités de toutes modifications apportées à la fiche ou au casier judiciaire en vertu des articles 769 et 770.

Article 773

Le casier judiciaire national automatisé communique à l’Institut national de la statistique et des études économiques l’identité des personnes qui ont fait l’objet d’une décision entraînant la privation de leurs droits électoraux.

Article 773-1

Une copie de chaque fiche constatant une condamnation à une peine privative de liberté prononcée pour crime ou délit est adressée au sommier de police technique tenu par le ministre de l’intérieur. La consultation de ce fichier est exclusivement réservée aux autorités judiciaires et aux services de police et de gendarmerie.

Les condamnations effacées par une amnistie ou par la réhabilitation de plein droit ou judiciaire cessent de figurer au sommier de police technique.

Article 774

Le relevé intégral des fiches du casier judiciaire applicables à la même personne est porté sur un bulletin appelé bulletin n° 1.

Le bulletin n° 1 n’est délivré qu’aux autorités judiciaires.

Lorsqu’il n’existe pas de fiche au casier judiciaire, le bulletin n° 1 porte la mention "néant".

Article 775-1

Le tribunal qui prononce une condamnation peut exclure expressément sa mention au bulletin n. 2 soit dans le jugement de condamnation, soit par jugement rendu postérieurement sur la requête du condamné instruite et jugée selon les règles de compétence et procédure fixées par les articles 55-1 (alinéa 2) du code pénal et 703 du présent code.

L’exclusion de la mention d’une condamnation au bulletin n. 2 emporte relèvement de toutes les interdictions, déchéances ou incapacités de quelque nature qu’elles soient résultant de cette condamnation.

Article 776

Le bulletin n. 2 du casier judiciaire est délivré :

1° Aux préfets et aux administrations publiques de l’Etat saisis de demandes d’emplois publics, de propositions relatives à des distinctions honorifiques ou de soumissions pour des adjudications de travaux ou de marchés publics ou en vue de poursuites disciplinaires ou de l’ouverture d’une école privée ;

2° Aux autorités militaires pour les appelés des classes et de l’inscription maritime et pour les jeunes qui demandent à contracter un engagement ainsi qu’aux autorités publiques compétentes en cas de contestation sur l’exercice des droits électoraux ou sur l’existence de l’incapacité d’exercer une fonction publique élective prévue par l’article 194 de la loi n. 85-98 du 25 janvier 1985 précitée.

3° Aux administrations et personnes morales dont la liste sera déterminée par le décret en Conseil d’Etat prévu à l’article 779 ;

4° Aux présidents des tribunaux de commerce pour être joint aux procédures de faillite et de règlement judiciaire, ainsi qu’aux juges commis à la surveillance du registre du commerce à l’occasion des demandes d’inscription audit registre.

Article 777

Le bulletin n° 3 est le relevé des condamnations suivantes prononcées pour crime ou délit, lorsqu’elles ne sont pas exclues du bulletin n° 2 :

1° Condamnations à des peines privatives de liberté d’une durée supérieure à deux ans qui ne sont assorties d’aucun sursis ou qui doivent être exécutées en totalité par l’effet de révocation du sursis ;

2° Condamnations à des peines privatives de liberté de la nature de celles visées au 1° ci-dessus et d’une durée inférieure ou égale à deux ans, si la juridiction en a ordonné la mention au bulletin n° 3 ;

3° Condamnations à des interdictions, déchéances ou incapacités prononcées sans sursis, en application des articles 43-1 à 43-5 du Code pénal, pendant la durée des interdictions, déchéances ou incapacités.

Le bulletin n° 3 peut être réclamé par la personne qu’il concerne, il ne doit, en aucun cas, être délivré à un tiers.

Article 777-1

La mention d’une condamnation au bulletin n° 3 peut être exclue dans les conditions fixées par l’alinéa 1er de l’article 775-1.

Article 777-2

Toute personne justifiant de son identité obtient, sur demande adressée au procureur de la République près le tribunal de grande instance dans le ressort duquel elle réside, communication du relevé intégral des mentions du casier judiciaire la concernant. Si la personne intéressée réside à l’étranger, la communication est faite par l’intermédiaire de l’agent diplomatique ou du consul compétent.

La communication ne vaut pas notification des décisions non définitives et ne fait pas courir les délais de recours.

Aucune copie de ce relevé intégral ne peut être délivrée.

Les dispositions du présent article sont également applicables au sommier de police technique.

Article 777-3

Aucun rapprochement ni aucune connexion, au sens de l’article 19 de la loi n. 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, ne peuvent être effectués entre le casier judiciaire national automatisé et tout autre fichier ou recueil de données nominatives détenus par une personne quelconque ou par un service de l’Etat ne dépendant pas du ministère de la justice.

Aucun fichier ou recueil de données nominatives détenu par une personne quelconque ou par un service de l’Etat ne dépendant pas du ministère de la justice ne pourra mentionner, hors les cas et dans les conditions prévus par la loi, des jugements ou arrêts de condamnation.

Toutefois, une condamnation pénale pourra toujours être invoquée en justice par la victime de l’infraction.

Toute infraction aux dispositions qui précèdent sera punie des peines prévues à l’article 44 de la loi visée à l’alinéa 1er.

Article 778

Lorsque au cours d’une procédure quelconque le procureur de la République ou le juge d’instruction constate qu’un individu a été condamné sous une fausse identité ou a usurpé un état civil, il est immédiatement procédé d’office, à la diligence du procureur de la République, aux rectifications nécessaires avant la clôture de la procédure.

La rectification est demandée par requête au président du tribunal ou de la cour qui a rendu la décision. Si la décision a été rendue par une cour d’assises, la requête est soumise à la chambre de l’instruction.

Le président communique la requête au ministère public et commet un magistrat pour faire le rapport. Les débats ont lieu et le jugement est rendu en chambre du conseil. Le tribunal ou la cour peut ordonner d’assigner la personne objet de la condamnation.

Si la requête est admise, les frais sont supportés par celui qui a été la cause de l’inscription reconnue erronée s’il a été appelé dans l’instance. Dans le cas contraire ou dans celui de son insolvabilité, ils sont supportés par le Trésor.

Toute personne qui veut faire rectifier une mention portée à son casier judiciaire peut agir dans la même forme. Dans le cas où la requête est rejetée, le requérant est condamné aux frais.

Mention de la décision est faite en marge du jugement ou de l’arrêt visé par la demande en rectification.

La même procédure est applicable au cas de contestation sur la réhabilitation de droit, ou de difficultés soulevées par l’interprétation d’une loi d’amnistie, dans les termes de l’article 769, alinéa 2.

Article 779

Un décret en Conseil d’Etat détermine les mesures nécessaires à l’exécution des articles 768 à 778, et notamment les conditions dans lesquelles doivent être demandés, établis et délivrés les bulletins n° 1, 2 et 3 du casier judiciaire.

Ce règlement détermine également les conditions dans lesquelles les informations enregistrées par le casier judiciaire national automatisé peuvent être utilisées pour l’exécution des sentences pénales.

Le décret en Conseil d’Etat susvisé est pris après avis de la commission nationale de l’informatique et des libertés.

Article 780

Quiconque a pris le nom d’un tiers, dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer l’inscription d’une condamnation au casier judiciaire de celui-ci, est puni de six mois à cinq ans d’emprisonnement et de 500 francs à 20 000 francs d’amende, sans préjudice des poursuites à exercer éventuellement du chef de faux.

La peine ainsi prononcée est subie immédiatement après celle encourue pour l’infraction à l’occasion de laquelle l’usurpation de nom a été commise.

Est puni des peines prévues à l’alinéa premier celui qui, par de fausses déclarations relatives à l’état civil d’un inculpé, a sciemment été la cause de l’inscription d’une condamnation sur le casier judiciaire d’un autre que cet inculpé.

Titre IX : De la réhabilitation des condamnés

Article 782

Toute personne condamnée par un tribunal français à une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle peut être réhabilitée.

Article 783

La réhabilitation est soit acquise de plein droit, soit accordée par arrêt de la chambre de l’instruction.

Article 784

Elle est acquise de plein droit au condamné qui n’a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle à une peine criminelle ou correctionnelle :

1° Pour la condamnation à l’amende après un délai de trois ans à compter du jour du paiement de l’amende, de l’expiration de la contrainte par corps ou de la prescription accomplie ;

2° Pour la condamnation unique, soit à une peine d’emprisonnement n’excédant pas six mois, soit à une sanction pénale autre que l’emprisonnement ou l’amende prononcée à titre principal, après un délai de cinq ans à compter, soit de l’expiration de la peine ou de la sanction subie, soit de la prescription accomplie ;

3° Pour la condamnation unique à une peine d’emprisonnement n’excédant pas cinq ans, ou pour les condamnations multiples dont l’ensemble ne dépasse pas deux ans, après un délai de dix ans à compter, soit de l’expiration de la peine subie, soit de la prescription accomplie.

Sont, pour l’application des dispositions qui précèdent, considérés comme constituant une condamnation unique les condamnations dont la confusion a été accordée.

La remise totale ou partielle d’une peine par voie de grâce équivaut à son exécution totale ou partielle.

Article 785

La réhabilitation ne peut être demandée en justice, du vivant du condamné, que par celui-ci, ou, s’il est interdit, par son représentant légal ; en cas de décès et si les conditions légales sont remplies, la demande peut être suivie par son conjoint ou par ses ascendants ou descendants et même formée par eux, mais dans le délai d’une année seulement à dater du décès.

La demande doit porter sur l’ensemble des condamnations prononcées qui n’ont pas été effacées par une réhabilitation antérieure.

Article 786

La demande en réhabilitation ne peut être formée qu’après un délai de cinq ans pour les condamnés à une peine criminelle, de trois ans pour condamnés à une peine correctionnelle et d’un an pour les condamnés à une peine contraventionnelle.

Ce délai part, pour les condamnés à une amende, du jour où la condamnation est devenue irrévocable et, pour les condamnés à une peine privative de liberté, du jour de leur libération définitive ou, conformément aux dispositions de l’article 733, quatrième alinéa, du jour de leur libération conditionnelle lorsque celle-ci n’a pas été suivie de révocation et, pour les condamnés soumis à la tutelle pénale, du jour où celle-ci a pris fin.

A l’égard des condamnés à une sanction pénale autre que l’emprisonnement ou l’amende, prononcée à titre principal, ce délai part de l’expiration de la sanction subie.

Article 787

Les condamnés qui sont en état de récidive légale, ceux qui, après avoir obtenu la réhabilitation, ont encouru une nouvelle condamnation, ceux qui, condamnés contradictoirement ou par contumace à une peine criminelle, ont prescrit contre l’exécution de la peine, ne sont admis à demander leur réhabilitation qu’après un délai de dix ans écoulés depuis leur libération ou depuis la prescription.

Néanmoins, les récidivistes qui n’ont subi aucune peine criminelle et les réhabilités qui n’ont encouru qu’une condamnation à une peine correctionnelle sont admis à demander la réhabilitation après un délai de six années depuis leur libération.

Sont également admis à demander la réhabilitation, après un délai de six années écoulées depuis la prescription, les condamnés contradictoirement ou par défaut à une peine correctionnelle qui ont prescrit contre l’exécution de la peine.

Les condamnés contradictoirement, les condamnés par contumace ou par défaut, qui ont prescrit contre l’exécution de la peine, sont tenus, outre les conditions qui vont être énoncées, de justifier qu’ils n’ont encouru, pendant les délais de la prescription, aucune condamnation pour faits qualifiés crimes ou délits et qu’ils ont eu une conduite irréprochable.

Article 788

Le condamné doit, sauf le cas de prescription, justifier du paiement des frais de justice, de l’amende et des dommages-intérêts ou de la remise qui lui en est faite.

A défaut de cette justification, il doit établir qu’il a subi le temps de contrainte judiciaire déterminé par la loi ou que le Trésor a renoncé à ce moyen d’exécution.

S’il est condamné pour banqueroute frauduleuse, il doit justifier du paiement du passif de la faillite en capital,

intérêts et frais ou de la remise qui lui en est faite.

Néanmoins, si le condamné justifie qu’il est hors d’état de se libérer des frais de justice, il peut être réhabilité même dans le cas où ces frais n’auraient pas été payés ou ne l’auraient été qu’en partie.

En cas de condamnation solidaire, la cour fixe la part des dommages-intérêts ou du passif qui doit être payée par le demandeur.

Si la partie lésée ne peut être retrouvée, ou si elle refuse de recevoir la somme due, celle-ci est versée à la Caisse des dépôts et consignations comme en matière d’offres de paiement et de consignation. Si la partie ne se présente pas dans un délai de cinq ans pour se faire attribuer la somme consignée,

cette somme est restituée au déposant sur sa simple demande.

Article 789

Si depuis l’infraction le condamné a rendu des services éminents au pays, la demande de réhabilitation n’est soumise à aucune condition de temps ni d’exécution de peine. En ce cas, la cour peut accorder la réhabilitation même si les frais, l’amende et les dommages-intérêts n’ont pas été payés.

Article 790

Le condamné adresse la demande en réhabilitation au procureur de la République de sa résidence actuelle ou, s’il demeure à l’étranger, au procureur de la République de sa dernière résidence en France ou, à défaut, à celui du lieu de condamnation.

Cette demande précise :

1° La date de la condamnation ;

2° Les lieux où le condamné a résidé depuis sa libération.

Article 791

Le procureur de la République s’entoure de tous renseignements utiles aux différents lieux où le condamné a pu séjourner.

Il prend en outre l’avis du juge de l’application des peines.

Article 792

Le procureur de la République se fait délivrer :

1° Une expédition des jugements de condamnation ;

2° Un extrait du registre des lieux de détention où la peine a été subie constatant quelle a été la conduite du condamné ;

3° Un bulletin n° 1 du casier judiciaire.

Il transmet les pièces avec son avis au procureur général.

Article 793

La cour est saisie par le procureur général.

Le demandeur peut soumettre directement à la cour toutes pièces utiles.

Article 794

La cour statue dans les deux mois sur les conclusions du procureur général, la partie ou son conseil entendu ou dûment convoqués.

Article 795

L’arrêt de la chambre de l’instruction peut être déféré à la Cour de cassation dans les formes prévues par le présent code.

Article 796

Dans le cas visé à l’article 789, le pourvoi en cassation formé contre l’arrêt rejetant la demande en réhabilitation est instruit et jugé sans amende ni frais. Tous les actes de la procédure sont visés pour timbre et enregistrés gratis.

Article 797

En cas de rejet de la demande, une nouvelle demande ne peut être formée avant l’expiration d’un délai de deux années, à moins que le rejet de la première ait été motivé par l’insuffisance des délais d’épreuve. En ce cas, la demande peut être renouvelée dès l’expiration de ces délais.

Article 798

Mention de l’arrêt prononçant la réhabilitation est faite en marge des jugements de condamnation et au casier judiciaire.

Dans ce cas, les bulletins n° 2 et n° 3 du casier judiciaire ne doivent pas mentionner la condamnation.

Le réhabilité peut se faire délivrer sans frais une expédition de l’arrêt de réhabilitation et un extrait de casier judiciaire.

Article 799

La réhabilitation efface la condamnation, nul ne peut en faire état.

Titre X : Des frais de justice

Article 800

Un décret en Conseil d’Etat détermine les frais qui doivent être compris sous la dénomination de frais de justice criminelle, correctionnelle et de police ; il en établit le tarif, en règle le paiement et le recouvrement, détermine les voies de recours, fixe les conditions que doivent remplir les parties prenantes et, d’une façon générale, règle tout ce qui touche aux frais de justice en matière criminelle, correctionnelle et de police.

Partie réglementaire - Décrets en Conseil d’Etat

Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

Chapitre Ier : De la police judiciaire

Section 1 : Dispositions générales

Article R2

Les officiers de police judiciaire doivent rendre compte de leurs diverses opérations à l’autorité judiciaire dont ils dépendent sans attendre la fin de leur mission.

Article R1

Les officiers de police judiciaire, à l’occasion d’une enquête ou de l’exécution d’une commission rogatoire, ne peuvent, sous réserve des dispositions de l’article 30, solliciter ou recevoir des ordres ou instructions que de l’autorité judiciaire dont ils dépendent.

Section 2 : Des officiers de police judiciaire

Paragraphe 1er : Désignation des officiers de police judiciaire

A - Désignation des gendarmes officiers de police judiciaire

Article R3

La commission prévue à l’article 16 (2°) du code de procédure pénale et dont l’avis conforme est requis pour la désignation des gendarmes ayant la qualité d’officier de police judiciaire est composée comme suit :

1° Le procureur général près la Cour de cassation ou son délégué choisi par lui parmi le premier avocat général et les avocats généraux près la Cour de cassation, président ;

2° Neuf magistrats du ministère public, dont deux au plus peuvent être des magistrats honoraires ou en retraite ;

3° Le général inspecteur général de la gendarmerie ou son représentant ;

Huit officiers supérieurs de gendarmerie.

Le secrétariat de la commission est assuré par la direction de la gendarmerie et de la justice militaire.

Article R4

Les membres de la commission sont nommés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la Justice et du ministre des Armées.

Article R5

La qualité d’officier de police judiciaire peut être attribuée à la suite d’un examen technique aux gendarmes comptant au moins cinq ans de service dans la gendarmerie.

Les candidats doivent totaliser au moins trois ans de service dans la gendarmerie au 1er janvier de l’année de l’examen pour être autorisés à subir les épreuves.

Les conditions d’établissement des listes des candidats admis à se présenter, les modalités d’organisation de l’examen technique et le programme des épreuves sont fixés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la Justice, et du ministre des Armées.

Article R6

Le jury de l’examen technique est constitué par la commission composée conformément à l’article R. 3.

Le jury établit la liste des candidats ayant satisfait à l’examen technique.

Article R7

L’attribution de la qualité d’officier de police judiciaire aux candidats reçus à l’examen technique est prononcée, suivant les besoins du service, sur avis conforme de la commission, par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la Justice, et du ministre des Armées.

Par dérogation aux dispositions des articles R. 5 et R. 6 et de l’alinéa qui précède, sur avis conforme de la commission, la qualité d’officier de police judiciaire peut être attribuée sans examen technique, par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la Justice, et du ministre des Armées, au gendarme blessé dans le service à l’occasion d’une opération de police au cours de laquelle il a fait preuve de qualités particulières de courage.

En aucun cas, l’attribution de la qualité d’officier de police judiciaire ne peut prendre effet avant que les bénéficiaires aient accompli cinq ans en activité de service dans la gendarmerie.

B : Désignation des officiers de police judiciaire de la police nationale

Article R8

La commission prévue à l’article 16 (3°) dont l’avis conforme est requis pour la désignation des fonctionnaires du corps des inspecteurs de la police nationale ayant la qualité d’officier de police judiciaire et du corps des commandants et officiers de paix de la police nationale auxquels est attribuée, aux termes de l’article L. 23-1 du code de la route, la qualité d’officier de police judiciaire, est composée comme suit :

1° Le procureur général près la Cour de cassation ou son délégué choisi par lui parmi le premier avocat général et les avocats généraux près la Cour de cassation, président ;

2° Sept magistrats dont quatre au plus peuvent être des magistrats honoraires ou en retraite ;

3° Le directeur général de la police nationale ou son représentant ;

4° Le directeur du personnel et des écoles de la police ou son représentant ;

5° Le directeur, chef de l’inspection générale de la police nationale ou son représentant ;

6° Quatre fonctionnaires de la police nationale ayant au moins rang de commissaire principal.

Le secrétariat de la commission est assuré par la direction du personnel et des écoles de la police.

Les membres de la commission désignés ci-dessus aux 2° et 6° ont chacun un suppléant.

Article R9

Les membres de la commission et leurs suppléants sont nommés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre de l’intérieur.

Article R10

La qualité d’officier de police judiciaire peut être attribuée aux fonctionnaires du corps des inspecteurs de la police nationale et, en ce qui concerne les infractions prévues à l’article L. 23-1 du Code de la route, aux fonctionnaires du corps des commandants et officiers de paix de la police nationale. Les fonctionnaires de ces deux catégories doivent compter au moins deux ans de services effectifs dans leur corps en qualité de titulaire et avoir satisfait aux épreuves d’un examen technique.

Les modalités d’organisation de cet examen et le programme des épreuves sont fixés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la Justice, et du ministre de l’Intérieur.

Article R11

Le jury de l’examen technique est constitué par la commission composée conformément à l’article R. 8. Le membre suppléant qui remplace le membre titulaire siège pendant toute la durée de l’examen.

Le jury établit la liste des candidats ayant satisfait à l’examen technique.

Article R12

L’attribution de la qualité d’officier de police judiciaire aux candidats reçus à l’examen technique est prononcée, après avis conforme de la commission, par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre de l’intérieur, sur proposition du directeur général de la police nationale.

Paragraphe 2 : Habilitation des militaires de la gendarmerie et des fonctionnaires de la police nationale, ayant la qualité d’officier de police judiciaire, à exercer effectivement les attributions attachées à cette qualité

A : Habilitation des officiers de police judiciaire de la gendarmerie

Article R13

Les militaires de la gendarmerie visés à l’article 16 (2°) ne peuvent être habilités à exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’officier de police judiciaire que lorsqu’ils doivent assurer, à un poste actif de commandement ou d’exécution, le service spécial à leur arme, dans le cadre d’une circonscription territoriale.

Article R14

Pour chaque militaire de la gendarmerie remplissant la condition prévue à l’article qui précède et affecté à un emploi comportant effectivement l’exercice des attributions attachées à sa qualité d’officier de police judiciaire, une demande d’habilitation est adressée au procureur général près la cour d’appel dans le ressort de laquelle se trouve le siège des fonctions de l’officier de police judiciaire intéressé, par le commandant de groupement lorsque ce militaire lui est subordonné, et par le commandant régional de la gendarmerie dans les autres cas.

La demande doit préciser la nature des fonctions confiées à cet officier de police judiciaire et les limites territoriales dans lesquelles il sera appelé à les exercer habituellement.

Article R15

Lorsque les limites territoriales dans lesquelles l’officier de police judiciaire est appelé à exercer ses fonctions habituelles excèdent celles de la cour d’appel dans le ressort de laquelle est situé le siège desdites fonctions, le procureur général saisi de la demande d’habilitation statue sur cette demande après avoir pris l’avis du procureur général près chaque cour d’appel dans le ressort de laquelle l’officier de police judiciaire est appelé à exercer ses fonctions habituelles.

Lorsque l’officier de police judiciaire est appelé à exercer lesdites fonctions sur tout le territoire de la République, la demande d’habilitation est adressée au procureur général près la cour d’appel de Paris, qui statue sans être tenu de procéder à la consultation prévue à l’alinéa qui précède.

Article R15-1

Le procureur général accorde ou refuse par arrêté l’habilitation à exercer effectivement les attributions attachées à la qualité d’officier de police judiciaire.

L’arrêté d’habilitation indique les fonctions en vue desquelles cette habilitation est accordée et précise qu’elle vaut seulement pour le temps pendant lequel l’officier de police judiciaire exercera lesdites fonctions.

Lorsqu’il envisage de refuser l’habilitation, le procureur général en informe l’intéressé, en lui précisant qu’il peut, dans un délai de quinze jours, prendre connaissance de son dossier et être entendu, le cas échéant, avec l’assistance d’un conseil de son choix.

Article R15-2

Le procureur général prononce le retrait ou, pour une durée n’excédant pas deux ans, la suspension de l’habilitation à exercer les attributions attachées à la qualité d’officier de police judiciaire, par arrêté pris soit d’office, soit sur la proposition du commandant du groupement ou du commandant régional de la gendarmerie.

Il entend préalablement l’officier de police judiciaire qui peut prendre connaissance du dossier relatif aux faits qui lui sont reprochés et se faire assister d’un conseil de choix.

L’officier de police judiciaire dont l’habilitation a été suspendue reprend de plein droit, à l’expiration de la suspension, l’exercice des attributions attachées à sa qualité. Le procureur général peut, à tout moment, abréger la durée de la suspension.

Après un retrait, l’habilitation ne peut être rendue que dans les formes prévues par son attribution initiale.

B : Habilitation des officiers de police judiciaire de la police nationale

Article R15-3

Les fonctionnaires de la police nationale nationale visés à l’article 16 (3°) ne peuvent être habilités à exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’officier de police judiciaire que lorsqu’ils sont affectés à un emploi comportant l’exercice desdites attributions.

Pour chaque fonctionnaire affecté à un tel emploi, une demande d’habilitation est adressée par le chef du service auquel appartient ce fonctionnaire, au procureur général près la cour d’appel dans le ressort de laquelle se trouve le siège des fonctions de l’officier de police judiciaire intéressé.

La demande doit préciser la nature des fonctions confiées à cet officier de police judiciaire et les limites territoriales dans lesquelles il sera appelé à les exercer habituellement.

Article R15-4

Lorsque les limites territoriales dans lesquelles l’officier de police judiciaire est appelé à exercer les fonctions habituelles excèdent celles de la cour d’appel dans le ressort de laquelle est situé le siège desdites fonctions, le procureur général saisi de la demande d’habilitation statue sur cette demande après avoir pris l’avis du procureur général près chaque cour d’appel dans le ressort de laquelle l’officier de police judiciaire est appelé à exercer ses fonctions habituelles.

Lorsque l’officier de police judiciaire est appelé à exercer lesdites fonctions sur tout le territoire de la République, la demande d’habilitation est adressée au procureur général près la cour d’appel de Paris, qui statue sans être tenu de procéder à la consultation prévue à l’alinéa qui précède.

Article R15-5

Le procureur général accorde ou refuse par arrêté l’habilitation à exercer effectivement les attributions attachées à la qualité d’officier de police judiciaire.

L’arrêté d’habilitation indique les fonctions en vue desquelles cette habilitation est accordée et précise qu’elle vaut seulement pour le temps pendant lequel l’officier de police exercera lesdites fonctions.

Lorsqu’il envisage de refuser l’habilitation, le procureur général en informe l’intéressé, en lui précisant qu’il peut, dans un délai de quinze jours, prendre connaissance de son dossier et être entendu, le cas échéant, avec l’assistance d’un conseil de son choix.

Article R15-6

Le procureur général prononce le retrait ou, pour une durée n’excédant pas deux ans, la suspension de l’habilitation à exercer les attributions attachées à la qualité d’officier de police judiciaire, par arrêté pris soit d’office, soit sur la proposition du chef de service. Il entend préalablement l’officier de police judiciaire qui peut prendre connaissance du dossier relatif aux faits qui lui sont reprochés et se faire assister d’un conseil de son choix.

L’officier de police judiciaire dont l’habilitation a été suspendue reprend de plein droit, à l’expiration de la suspension, l’exercice des attributions attachées à sa qualité. Le procureur général peut, à tout moment, abréger la durée de la suspension.

Après un retrait, l’habilitation ne peut être rendue que dans les formes prévues pour une attribution initiale.

Paragraphe 3 : Fonctionnement de la commission prévue à l’article 16-2

Article R15-7

Le président de la commission prévue à l’article 16-2 et son suppléant sont désignés annuellement par le bureau de la Cour de cassation parmi les membres de la commission.

Le secrétaire de la commission est désigné par le premier président de la Cour de cassation parmi les secrétaires-greffiers de cette juridiction.

Article R15-8

Le recours prévu à l’article 16-2 est formé par voie de requête signée par l’officier de police judiciaire et remise ou adressée au secrétaire de la commission qui en délivre récépissé. Cette requête contient toutes indications utiles sur la décision de suspension ou de retrait de l’habilitation.

Article R15-9

Dès réception de la requête, le secrétaire de la commission en transmet copie au procureur général près la Cour de cassation et au procureur général qui a pris la décision de suspension ou de retrait d’habilitation. Le dossier d’officier de police judiciaire du requérant est adressé au secrétariat de la commission avec un rapport motivé du procureur général qui a pris la décision.

Article R15-10

Dans les quinze jours qui suivent la réception de la requête, le président charge du rapport un des membres de la commission.

Article R15-11

La commission procède ou fait procéder soit par l’un de ses membres, soit par commission rogatoire, à toutes mesures d’instruction utiles, notamment, s’il y a lieu, à l’audition du requérant qui peut se faire assister d’un conseil de son choix. Le procureur général près la Cour de cassation dépose ses conclusions au secrétariat vingt jours au moins avant la date de l’audience.

Article R15-12

Le président de la commission fixe la date de l’audience après avis du procureur général près la Cour de cassation. Cette date et les conclusions du procureur général près la Cour de cassation sont notifiées par le secrétaire de la commission au requérant par lettre recommandée, avec demande d’avis de réception. Sauf si le président a ordonné sa comparution personnelle, l’officier de police judiciaire est invité à faire connaître s’il comparaîtra personnellement, s’il se fera assister d’un conseil ou se fera représenter.

La lettre recommandée prévue à l’alinéa précédent doit être adressée au requérant douze jours au moins avant la date de l’audience.

Article R15-13

Après l’exposé du rapport par le magistrat qui en est chargé, l’officier de police judiciaire peut faire entendre des témoins dont les noms et adresses doivent avoir été indiqués au secrétariat de la commission cinq jours au moins avant la date de l’audience.

Le procureur général près la Cour de cassation développe ses conclusions. S’ils sont présents, le requérant et son conseil sont entendus.

Article R15-14

La commission peut soit annuler la décision ou la confirmer, soit transformer le retrait en suspension ou réduire la durée de la suspension.

Si le requérant n’est pas présent ou représenté lorsque la décision de la commission est rendue, cette décision lui est notifiée dans les quarante-huit heures de son prononcé par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Le dossier de l’officier de police judiciaire, complété par une copie de la décision de la commission, est immédiatement renvoyé au procureur général qui a pris la décision frappée de recours.

Article R15-15

Les frais exposés devant la commission, y compris les frais de déplacement du requérant, sont assimilés aux frais de justice criminelle, correctionnelle et de police. Ils restent à la charge de l’Etat.

Article R15-16

La décision de la commission peut être déférée à la Cour de cassation pour violation de la loi.

Section 3 : Des agents de police judiciaire

Article R15-17

La qualité d’agent de police judiciaire peut être attribuée par arrêté du ministre de l’Intérieur aux enquêteurs de la police nationale désignés à l’article 20 (3°) qui comptent au moins trois ans de services effectifs en qualité de titulaires et qui ont satisfait aux épreuves d’un examen technique.

Les modalités d’organisation de cet examen et le programme des épreuves sont fixés par arrêté du ministre de l’Intérieur.

Le jury d’examen est composé de la manière suivante :

1° Le directeur général de la police nationale ou son représentant ayant au moins la qualité de sous-directeur, président ;

2° Le directeur du personnel et des écoles de la police ou son représentant ;

3° Le directeur, chef de l’inspection générale de la police nationale, ou son représentant ;

4° Quatre fonctionnaires de la police nationale ou leurs suppléants, ayant au moins le grade de commissaire de police, et désignés par arrêté du ministre de l’Intérieur.

Le membre suppléant qui remplace le membre titulaire siège pendant toute la durée de l’examen.

Le secrétariat du jury d’examen est assuré par la direction du personnel et des écoles de la police.

Titre III : Des juridictions d’instruction

Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

Section 1 : Dispositions générales

Article R15-18

Lorsqu’il ne procède pas lui-même ou ne fait pas procéder par un officier de police judiciaire à l’enquête de personnalité prévue par l’alinéa 6 de l’article 81, le juge d’instruction saisi de la procédure ou, sur délégation ou, sur délégation, celui dans le ressort duquel réside l’inculpé peut désigner à cette fin toute personne physique ou morale habilitée comme il est dit ci-après ou, à titre exceptionnel, un contrôleur judiciaire.

Article R15-19

La personne physique ou morale, selon qu’elle désire être habilitée à procéder à des enquêtes de personnalité dans le ressort du tribunal de grande instance ou dans celui de la cour d’appel, en fait la demande au moyen des juges d’instruction ou au président de la chambre de l’instruction.

La demande présentée par une association comporte notamment :

1° La copie du Journal officiel portant publication de la déclaration de l’association ou, en ce qui concerne les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin ou de la Moselle, une copie de l’extrait du registre des associations du tribunal d’instance :

2° Un exemplaire des statuts et, s’il y a lieu, du règlement intérieur ;

3° La liste des établissements de l’association avec indication de leur siège ;

4° Un exposé indiquant les conditions de fonctionnement de l’association et, le cas échéant, l’organisation et les conditions de fonctionnement des comités locaux, ainsi que leurs rapports avec l’association ;

5° La mention des nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, profession et domicile des membres du conseil d’administration et du bureau de l’association ainsi que, le cas échéant, ceux de ses représentants locaux ;

6° Les pièces financières qui doivent comprendre les comptes du dernier exercice, le budget de l’exercice courant et un bilan ou un état de l’actif mobilier et immobilier et du passif.

Article R15-20

Après avoir procédé à toute les diligences qu’il juge utiles, le doyen des juges d’instruction ou le président de la chambre de l’instruction communique la demande au président du tribunal ou au premier président.

Article R15-21

L’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet du tribunal ou de la cour d’appel, sur le rapport du magistrat saisi de la demande, statue sur l’habilitation à la majorité de ses membres présents.

La commission restreinte de l’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet, dans les juridictions où sa constitution est obligatoire, exerce les attributions mentionnées à l’alinéa précédent.

Article R15-22

En cas d’urgence, une habilitation provisoire, valable jusqu’à la décision de la prochaine assemblée générale ou commission restreinte, peut être prise par le doyen des juges d’instruction, sur proposition ou après avis conforme du procureur de la République, ou par le président de la chambre de l’instruction, sur proposition ou après avis conforme du procureur général.

Article R15-23

Ne peut être habilitée une personne qui a fait l’objet d’une condamnation, incapacité ou déchéance mentionnée au bulletin n° 2 du casier judiciaire.

Article R15-24

L’habilitation peut être retirée selon la procédure prévue par les articles R. 15-20 et R. 15-21.

Le procureur de la République ou le procureur général peut, aux fins de retrait d’habilitation, saisir, selon le cas, l’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet du tribunal, celle de la cour d’appel ou la commission restreinte compétente.

En cas d’urgence, le doyen des juges d’instruction, sur proposition ou avis conforme du procureur de la République, ou le président de la chambre de l’instruction, sur proposition ou avis conforme du procureur général, peut retirer provisoirement l’habilitation jusqu’à la décision de la prochaine assemblée générale ou commissaire restreinte.

Section 7 : Du contrôle judiciaire et de la détention provisoire

Sous-section 1 : Du contrôle judiciaire

Paragraphe 1er : Des autorités ou personnes contribuant au contrôle judiciaire

Article R16

Le juge d’instruction saisi de la procédure ou, sur délégation, celui dans le ressort duquel l’inculpé, désigne, pour contribuer à l’application du contrôle judiciaire, soit une personne physique ou morale habilitée à cette fin, soit un service de police ou de gendarmerie ou tout service judiciaire ou administratif compétent, soit, à titre exceptionnel, un enquêteur de personnalité.

Les contrôleurs judiciaires sont habilités sous les conditions et selon les règles de compétence et de procédure définies par les articles R. 15-19 à R. 15-24.

Article R16-1

Les autorités ou personnes chargées de contribuer à l’application du contrôle judiciaire s’assurent que l’inculpé se soumet aux obligations qui lui sont imposées ; à cet effet, elles peuvent le convoquer et lui rendre visite ; elles effectuent toutes démarches et recherches utiles à l’exécution de leur mission.

Elles rendent compte au juge d’instruction, dans les conditions qu’il détermine, du comportement de l’inculpé ; si celui-ci se soustrait aux obligations qui lui sont imposées, elles en avisent le juge sans délai.

Article R16-2

La rétribution et le remboursement des frais de déplacement des enquêteurs de personnalité et des personnes physiques ou représentants des personnes morales désignées en application de l’article 138, alinéa 2 (6°), sont payés comme frais de justice criminelle.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux membres en activité des personnels de l’Etat appartenant soit à un service relevant du ministère de la Justice ou à un service de police ou de gendarmerie, soit à un service social ou à tout autre service chargé normalement de l’exécution de décisions judiciaires.

Paragraphe 2 : Des modalités d’exécution du contrôle judiciaire

Article R17

L’application du contrôle judiciaire ne doit pas porter atteinte à la liberté d’opinion de ceux qui y sont soumis non plus qu’à leurs convictions religieuses ou politiques, ni faire échec aux droits de la défense.

Article R17-1

Avis est donné aux chefs des services de police ou de gendarmerie du lieu de résidence de l’inculpé de toutes ordonnances soumettant ce dernier à l’une des obligations prévues aux 1°, 2°, 3°, 4°, 8°, 9°, 12° de l’article 138 (alinéa 2), ainsi que de toutes ordonnances portant suppression, modification ou dispense de ces obligations.

Article R17-2

Le service ou autorité auquel l’inculpé doit se présenter périodiquement par application du 5° de l’article 138 (alinéa 2) relève les dates auxquelles l’intéressé s’est présenté dans les conditions fixées par le juge d’instruction.

Article R17-3

L’autorité ou la personne qualifiée désignée par le juge d’instruction pour contrôler les activités professionnelles de l’inculpé ou son assiduité à un enseignement, par application du 6° de l’article 138 (alinéa 2) peut se faire présenter par l’inculpé tous documents ou renseignements concernant son travail ou sa scolarité.

Article R17-4

Le récépissé remis à l’inculpé en échange des documents visés aux 7° et 8° de l’article 138 (alinéa 2) doit mentionner la nature et les références du document retiré, les nom, prénoms, date de naissance et domicile de l’intéressé ; il doit comporter en outre, lorsqu’il s’agit d’un des documents visés au 7° de l’article 138 (alinéa 2), une photographie récente de l’inculpé et indiquer qu’il vaut justification de l’identité.

Le récépissé doit être remis par l’inculpé lorsque le document retiré lui est restitué.

Article R17-5

Lorsqu’il est soumis à l’obligation prévue au 10° de l’article 138 (alinéa 2) l’inculpé choisit le praticien ou l’établissement qui assurera l’examen, le traitement ou les soins. Il présente ou fait parvenir au juge toutes les justifications requises.

Dans le cas où les dispositions des articles L. 355-1 et suivants du Code de la santé publique [*alcooliques dangereux pour autrui*] sont applicables, le juge d’instruction peut ordonner à l’inculpé, au titre du contrôle judiciaire, de se soumettre aux mesures de surveillance sanitaire prévues à l’article L. 355-3 dudit code. Avis de l’ordonnance portant placement sous contrôle judiciaire est donné à l’autorité sanitaire.

Article R18

Lorsque le juge d’instruction fait application des mesures prévues au 12° de l’article 138 (alinéa 2), avis en est donné s’il y a lieu, soit à l’employeur ou à l’autorité hiérarchique dont relève l’inculpé, soit à l’ordre professionnel auquel il appartient, soit à l’autorité à l’agrément de laquelle est soumis l’exercice de sa profession.

Article R18-1

Lorsque le juge d’instruction fait application des mesures prévues par le 13° de l’article 138 (alinéa 2), avis en est donné à la succursale ou agence bancaire, à la personne, à l’établissement ou au service qui gèrent le ou les comptes de l’inculpé.

Paragraphe 3 : Du cautionnement

Article R19

Le cautionnement prévu au 11° de l’article 138 (alinéa 2) est versé au régisseur de recettes installé auprès du secrétariat-greffe de la juridiction compétente auquel le chef de ce service adresse copie de l’ordonnance rendue par le juge d’instruction.

Article R20

Les récépissés constatant le versement ou les versements partiels du cautionnement sont détachés d’un carnet à souches tenu par le régisseur de recettes.

Article R21

Lorsque le cautionnement est fourni par chèque, celui-ci doit être certifié et établi au nom du régisseur de recettes de la juridiction compétente.

Article R22

Il est donné avis au juge d’instruction par le greffier des défauts ou retards de versement du cautionnement.

Avis du versement lui-même est donné sans délai au juge d’instruction par le greffier, lorsqu’une mise en liberté assortie du contrôle judiciaire est subordonnée à ce versement dans les conditions prévues par les articles 147 et 148.

Article R23

Les espèces ou valeurs de caisse remises au régisseur de recettes pour un cautionnement doivent être versées à la Caisse des dépôts et consignations dans le délai de deux jours.

Le greffier est responsable de la conservation de ces espèces ou valeurs avant leur versement à la Caisse des dépôts et consignations.

Article R24

Lorsque le juge d’instruction ordonne que la partie du cautionnement affectée à la garantie des droits de la victime ou du créancier d’une dette alimentaire soit versée à ceux-ci par provision, il leur en est donné avis.

La Caisse des dépôts et consignations, sur les diligences du régisseur de recettes, crédite le compte de ce dernier de la somme correspondante, aux fins de versement aux ayants droit.

Article R25

Le ministère public, d’office ou à la demande des parties civiles, produit aux services du Trésor qui assurent au titre des produits divers du budget le recouvrement de la fraction du cautionnement acquise à l’Etat dans le cas prévu par l’article 142-2 (alinéa 2), un certificat du greffe établi en double exemplaire constatant la responsabilité encourue par l’inculpé dans ce cas et, éventuellement, un second certificat mentionnant les condamnations prononcées et le numéro de l’extrait du jugement ou d’arrêt dans les cas prévus par les articles 142-3 (alinéa 2) et 372.

La Caisse des dépôts et consignations distribue sans délai, aux ayants droit, les sommes déposées.

Toute contestation relative à l’application du présent article est jugée sur requête, en chambre du conseil, comme incident de l’exécution du jugement ou de l’arrêt.

Sous-section 3 : De l’indemnisation à raison d’une détention provisoire

Article R26

La commission prévue à l’article 149-1 est saisie par une requête signée du demandeur et remise ou adressée au secrétaire de la commission qui en délivre récépissé.

La requête contient l’exposé des faits et toutes indications utiles, notamment :

1° Sur la date et la nature de la décision qui a ordonné la détention provisoire ainsi que sur l’établissement pénitentiaire où cette détention a été subie ;

2° Sur la juridiction qui a pronconcé la décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement ainsi que sur la date de sa décision ;

3° Sur la nature et le montant des préjudices allégués ;

4° Sur l’adresse où doivent être faites les notifications au demandeur.

La requête est accompagnée de toutes pièces justificatives.

Article R27

Dans un délai de quinze jours à compter de la réception de la requête, le secrétaire de la commission en transmet copie au procureur général près la Cour de cassation et, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, à l’agent judiciaire du Trésor.

Il demande au greffe de la juridiction qui a rendu la décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement la communication du dossier de la procédure.

Article R28

Le demandeur peut se faire délivrer à ses frais copie des pièces de la procédure pénale. Son avocat peut prendre communication du dossier au secrétariat de la commission.

Article R29

L’agent judiciaire du Trésor peut prendre connaissance du dossier de la procédure pénale au secrétariat de la commission. Il lui est délivré sans frais, sur sa demande, copie des pièces.

L’agent judiciaire du Trésor dépose ses conclusions au secrétariat de la commission dans le délai de deux mois à compter de la réception de la lettre recommandée prévue à l’article R. 27.

Article R30

Lorsque l’agent judiciaire du Trésor a déposé ses conclusions ou à l’expiration du délai prévu à l’article précédent, le secrétaire de la commission transmet le dossier au procureur général près la Cour de cassation.

Le procureur général dépose ses conclusions dans le mois suivant.

Article R31

Le secrétaire de la commission notifie au demandeur, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, dans le délai de quinze jours à compter de leur dépôt, les conclusions de l’agent judiciaire du Trésor et celles du procureur général.

Article R32

Dans le délai d’un mois à compter de la dernière des notifications prévues à l’article précédent, le demandeur remet ou adresse au secrétaire de la commission ses observations en réponse qui sont communiquées à l’agent judiciaire du Trésor et au procureur général dans le délai de quinze jours.

Article R33

Dans le mois qui suit l’expiration du délai de quinze jours prévu à l’article précédent, le président de la commission charge du rapport un de ses assesseurs ou un conseiller référendaire à la Cour de cassation, lequel n’a pas voix délibérative.

Article R34

La commission procède ou fait procéder à toutes mesures d’instruction utiles, notamment, s’il y a lieu, à l’audition du demandeur.

Article R35

Le président de la commission fixe la date de l’audience après avis du procureur général. Cette date est notifiée par le secrétaire de la commission, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au demandeur et à l’agent judiciaire du Trésor un mois au moins avant l’audience.

Le demandeur est invité à faire connaître s’il comparaîtra, assisté ou non d’un avocat, devant la commission pour être entendu personnellement ou s’il entend se faire représenter par un avocat.

Article R36

Le demandeur et l’agent judiciaire du Trésor peuvent être représentés ou assistés par un avocat au conseil d’Etat et à la Cour de cassation ou par un avocat régulièrement inscrit à un barreau.

Article R37

Après le rapport, le demandeur s’il y a lieu, l’agent judiciaire du Trésor et leurs avocats respectifs sont entendus.

Le procureur général développe ses conclusions.

Article R38

Si la requête est rejetée, le demandeur est condamné aux dépens, à moins que la commission ne l’en décharge d’une partie ou de la totalité.

La décision de la commission comporte exécution forcée pour le paiement des dépens.

Article R39

Si la commission accorde une provision ou une indemnité, le paiement de l’indemnité et le remboursement des frais de copie de pièces exposées par le demandeur sont faits à ce dernier par le comptable direct du Trésor de Paris chargé du paiement des frais de justice, sur un exécutoire établi par le président de la commission.

Article R40

La décision de la commission est notifiée sans délai au demandeur et à l’agent judiciaire du Trésor par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Le dossier de la procédure pénale est renvoyé avec une copie de la décision.

Article R40-1

Lorsqu’il apparaît manifestement, au vu des renseignements recueillis sur les énonciations de la requête, que le demandeur ne remplit pas la condition d’avoir fait l’objet d’une détention provisoire au cours d’une procédure terminée à son égard par une décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, le président peut décider qu’il n’y a pas lieu à plus ample instruction et fixer sans délai la date de l’audience.

Article R40-2

L’admission au bénéfice de l’aide judiciaire devant la commission peut être accordée dans les mêmes formes et conditions et avec les mêmes effets qu’en matière civile, soit par le bureau établi près la Cour de cassation, soit par le bureau établi près la juridiction qui a rendu la décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement, selon que le demandeur aura demandé à être représenté ou assisté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation ou par un avocat régulièrement inscrit à un barreau.

La demande d’aide judiciaire est directement adressée au bureau compétent pour en connaître.

Cette demande interrompt le délai prévu à l’article 149-2.

Article R40-3

Parmi les magistrats désignés pour composer la commission, le bureau de la Cour de cassation désigne celui qui est chargé d’en exercer la présidence, ainsi que son suppléant.

La désignation des magistrats appelés à composer la commission est faite pour l’année judiciaire.

Lorsqu’un des magistrats désignés cesse de pouvoir faire partie de la commission, il est procédé à une désignation en remplacement qui produit effet jusqu’à l’expiration de l’année en cours.

Article R40-4

Les fonctions de secrétaire et de greffier de la commission sont remplies par un secrétaire-greffier de la Cour de cassation.

Section 8

Section 10

Section 11

Section 12

Section 13

Chapitre II

Livre II : Des juridictions de jugement

Titre Ier : De la cour d’assises

Chapitre Ier

Chapitre II : De la tenue des assises

Article R41

Le siège des cours d’assises énumérées ci-dessous est exceptionnellement fixé dans une ville autre que le chef-lieu de la cour d’appel s’il en existe une ou dans le cas contraire autre que le chef-lieu du département.

COUR D’ASSISES :

Département : Charente-Maritime.

Siège : Saintes.

Département : Manche.

Siège : Coutances.

Département : Pas-de-Calais.

Siège : Saint-Omer.

Département : Saône-et-Loire.

Siège : Chalon-sur-Saône.

Département : VAR.

Siège : Draguignan (à titre temporaire).

Département : Vaucluse.

Siège : Carpentras (à titre temporaire).

Titre II : Du jugement des délits

Chapitre Ier : Du tribunal correctionnel

Article R41-2

Dans le cas prévu par l’alinéa 2 de l’article 470-1, la décision de renvoi de la juridiction pénale désigne la juridiction civile compétente et précise l’identité des tiers responsables qui paraissent devoir être mis en cause.

Une copie de la décision de renvoi et le dossier de l’affaire sont aussitôt transmis par le secrétariat-greffe à la juridiction désignée.

Chapitre II

Titre III : Du jugement des contraventions

Chapitre II : Procédure simplifiée

Article R42

A l’expiration du délai d’opposition ouvert au ministère public, le secrétaire-greffier en chef du tribunal de police notifie l’ordonnance pénale au contrevenant par une lettre recommandée avec demande d’avis de réception qui comporte les mentions prévues à l’article 526 et indique les délais et modalités de paiement et d’opposition fixés aux articles R. 43, R. 44 et R. 46.

Le secrétaire-greffier en chef adresse dans les trois jours au comptable direct du Trésor, en trois exemplaires, un état récapitulatif des lettres recommandées envoyées.

Article R43

Dans les trente jours de la date d’envoi de la lettre recommandée, le contrevenant peut acquitter l’amende et les frais de justice en versant, en une seule fois, leur montant entre les mains du comptable direct du Trésor, soit en espèces, soit par mandat poste, soit par virement au compte de chèques postaux dudit comptable, soit par chèque barré ou virement de banque.

Dans tous les cas, le contrevenant doit, à l’appui du paiement, remettre ou faire parvenir au comptable direct du Trésor la lettre de notification ou lui faire connaître les références portées sur celle-ci.

Article R44

Si deux contraventions ou plus ont donné lieu à une seule ordonnance, le contrevenant doit s’acquitter en un seul versement du montant total des amendes et des frais de justice, à moins qu’il ne fasse opposition à l’ordonnance.

Article R45

Quarante jours au plus tard à compter de l’envoi de la dernière en date des lettres recommandées qui figurent sur l’état récapitulatif prévu à l’alinéa 2 de l’article R. 42, le comptable donne avis au secrétaire-greffier en chef des paiements régulièrement faits, par renvoi d’un exemplaire dudit état émargé par duplication.

Article R46

L’opposition faite par le contrevenant dans les délais prévus soit aux troisième et quatrième alinéas, soit au sixième alinéa de l’article 527 doit être formée :

Soit par lettre adressée au secrétaire-greffier en chef du tribunal qui a rendu la décision attaquée. La lettre doit être expédiée dans le délai prescrit, le cachet de la poste faisant foi ;

Soit par une déclaration verbale faite au secrétaire-greffier en chef enregistrée et signée par celui-ci et par le contrevenant lui-même ou par un avocat ou un fondé de pouvoir spécial. Le pouvoir est annexé à l’acte dressé par le secrétaire-greffier en chef.

Dans les deux cas, le contrevenant doit, à l’appui de l’opposition, remettre ou adresser au secrétaire-greffier en chef la lettre de notification ou lui faire connaître les références portées sur celle-ci.

Les déclarations d’opposition sont inscrites sur un registre.

Article R47

En cas d’opposition formée par le prévenu, le secrétaire-greffier en chef avise sans délai le procureur de la République et lui transmet les pièces de la procédure.

Article R48

Si le contrevenant n’a pas payé l’amende et les frais de justice et s’il n’a pas formé opposition dans le délai fixé à l’article 527 (alinéas 3 et 4), l’ordonnance pénale est mise à exécution.

Le recouvrement est effectué au vu d’un extrait de l’ordonnance établi par le secrétaire-greffier en chef du tribunal de police, sur une formule dont le modèle est arrêté par le garde des sceaux, ministre de la justice, et par le ministre de l’Economie et des Finances.

Chapitre III : De l’instruction définitive devant le tribunal de police

Article R50

Dans le cas prévu par l’alinéa 2 de l’article 470-1, il est procédé comme il est dit à l’article R. 41-1.

Chapitre IV

Chapitre V

Chapitre VI

Titre IV

Livre III

Livre IV : De quelques procédures particulières

Titre Ier

Titre II

Titre III

Titre IV

Titre V

Titre VI

Titre VII

Titre VIII

Titre IX

Titre X

Titre XI

Titre XII

Titre XIV : Du recours en indemnité ouvert à certaines victimes de dommages résultant d’une infraction

Article R50-1

Tous les trois ans, au cours du dernier trimestre, l’assemblée générale des magistrats du siège du tribunal de grande instance désigne les membres titulaires de la commission prévue par l’article 706-4 ainsi que parmi ceux-ci, le magistrat qui en assure la présidence. Elle désigne également deux magistrats du siège suppléants ainsi que la personne susceptible de suppléer le troisième membre de la commission.

Elle peut décider que la commission comportera plusieurs formations composées comme il est dit à l’alinéa précédent.

En cas d’empêchement ou de cessation de fonctions du président, la présidence de la commission est assurée par l’autre magistrat.

En cas d’empêchement ou de cessation de fonctions d’un des membres, la composition de la commission est complétée en faisant appel aux suppléants dans les conditions prévues par le présent article. Les fonctions du nouveau membre expirent à la date du renouvellement normal de la commission. Il est procédé au remplacement du membre suppléant par l’assemblée générale des magistrats du siege.

En cas d’urgence, s’il ne peut être fait immédiatement application des dispositions qui précèdent, le président du tribunal pourvoit provisoirement, par ordonnance, au remplacement du membre de la commission. Cette ordonnance ne peut produire effet au-delà de la prochaine assemblée générale.

Article R50-1-1

Les personnes, autres que les magistrats en activité, qui souhaitent faire acte de candidature en qualité d’assesseurs à la commission d’indemnisation du tribunal de grande instance de leur lieu de résidence en font la demande auprès du président de ce tribunal avant le 30 avril de l’année au cours de laquelle doit être renouvelée la commission.

Le président du tribunal procède ou fait procéder à toutes diligences utiles pour l’instruction de la demande. L’assemblée générale statue sur son rapport.

Avant de prendre leurs fonctions, les assesseurs désignés, titulaires et suppléants, prêtent serment devant le tribunal de bien et fidèlement remplir leur mission et de garder le secret des délibérations. Une indemnité horaire est allouée aux assesseurs qui siègent à la commission ; le montant et les modalités de versement de cette indemnité sont fixés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé du budget.

Lorsqu’ils se sont abstenus, sans motif légitime, de déférer à trois convocations successives, les assesseurs peuvent être déclarés démissionnaires. En cas de fautre grave entachant l’honneur ou la probité, ils sont déchus de leurs fonctions.

Les décisions prévues par l’alinéa précédent sont prises, à la demande du président de la commission ou du procureur de la République, par l’assemblée générale des magistrats du siège du tribunal ; en cas d’urgence, le président du tribunal peut, par ordonnance, prononcer une suspension provisoire. Cette ordonnance ne peut produire effet au-delà de la prochaine assemblée générale.

Article R50-2

Le secrétariat de la commission est assuré par le greffier en chef ou par un secrétaire-greffier du tribunal de grande instance.

Article R50-3

Le siège et le ressort de la commission sont les mêmes que ceux du tribunal de grande instance.

Article R50-4

La commission territorialement compétente est :

Soit celle dans le ressort de laquelle demeure le demandeur ;

Soit, si une juridiction pénale a été saisie en France métropolitaine ou dans les départements d’outre-mer, celle dans le ressort de laquelle cette juridiction a son siège.

Le demandeur peut, à son choix, présenter sa requête devant l’une ou l’autre de ces deux commissions.

Article R50-5

Si le demandeur ne demeure pas en France métropolitaine ou dans les départements d’outre-mer et si aucune juridiction pénale n’a été saisie dans ces départements ou en métropole, la commission compétente est celle du tribunal de grande instance.

Article R50-6

En cas de pluralité de demandeurs victimes d’une même infraction, la commission saisie par l’un d’entre eux peut être également saisie par les autres.

Article R50-7

L’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle devant la commission peut être accordée par le bureau établi près le tribunal de grande instance.

La demande d’aide juridictionnelle interrompt les délais prévus aux articles 706-5 et 706-8.

Article R50-8

La commission est saisie par une requête signée de la personne lésée, de son représentant légal ou de son conseil et remise, ou adressée par lettre recommandée, au secrétaire de la commission qui en délivre récépissé.

Article R50-9

La requête contient tous renseignements utiles à l’instruction de la demande d’indemnité et notamment l’indication :

a) Des nom, prénoms et demeure du demandeur ;

b) De la date, du lieu et des circonstances de l’infraction génératrice du dommage corporel ;

c) De la nature du dommage corporel subi ainsi que, s’il y a lieu, de l’incapacité totale temporaire de travail et de l’incapacité permanente qui en sont résultées ;

d) De la juridiction pénale éventuellement saisie de l’infraction ;

e) Des liens de parenté ou relations de droit ou de fait existant entre le demandeur et celui qui a personnellement souffert du dommage corporel lorsqu’il ne s’agit pas de la même personne ;

f) De la perte ou de la diminution de revenus, de l’accroissement de charges ou de l’inaptitude à exercer une activité professionnelle, qui sont la conséquence du dommage ;

g) Le cas échéant, des organismes publics ou privés dont relève le demandeur ou auprès desquels il est assuré et qui sont susceptibles de l’indemniser de tout ou partie du préjudice subi ;

h) Des raisons pour lesquelles il est dans l’impossibilité d’obtenir auprès de ces organismes ou de toute autre personne morale ou physique la réparation effective et suffisante de son préjudice ;

i) Des demandes de réparation ou d’indemnité déjà présentées et, en particulier, des actions en dommages-intérêts qui ont été engagées ainsi que des sommes qui lui ont déjà été versées en réparation d’une partie du préjudice ;

j) Du montant de l’indemnité réclamée devant la commission ;

k) De l’adresse où doivent être faites les notifications au demandeur.

La requête est accompagnée de toutes pièces justificatives.

Article R50-10

Lorsque le préjudice consiste en une perte ou une diminution de revenus, en un accroissement de charges ou en une inaptitude à exercer une activité professionnelle, le demandeur doit faire connaître l’ensemble des ressources dont il dispose. Il doit produire notamment :

1° Une copie de la déclaration de ses revenus de l’année précédant l’infraction et de l’année précédant celle au cours de laquelle la commission est saisie ou, s’il n’est pas imposable, un certificat de non-imposition ;

2° Le cas échéant, la liste de ses biens immobiliers.

Article R50-11

S’il s’agit d’une requête en complément d’indemnité fondée sur l’article 706-8, elle doit être accompagnée d’une expédition de la décision, passée en force de chose jugée, qui a statué sur les intérêts civils.

Article R50-12

Le secrétaire de la commission transmet, sans délai, copie de la requête et des pièces annexes mentionnées à l’article R. 50-10 au procureur de la République près le tribunal de grande instance et, par lettre simple, à l’agent judiciaire du Trésor.

Article R50-13

Le président de la commission ou le magistrat assesseur instruit l’affaire ; il peut procéder ou faire procéder à toutes auditions et investigations utiles.

Toutefois, lorsqu’il est manifeste au vu des énonciations de la requête ou des pièces annexes que le demandeur ne remplit par une des conditions prévues à l’article 706-3, il est procédé immédiatement comme il est dit aux articles R. 50-17 et suivants.

Article R50-14

Le demandeur ainsi que l’agent judiciaire du Trésor peuvent prendre connaissance du dossier au secrétariat de la commission et adresser toutes observations qu’ils estiment utiles à l’instruction de la demande d’indemnité.

Le requérant peut se faire délivrer, à ses frais, par le secrétariat copie des pièces du dossier. L’agent judiciaire peut, sur sa demande, obtenir que les copies de ces pièces lui soient adressées.

S’il s’agit de procès-verbaux constatant l’infraction ou de pièces de la procédure pénale, la délivrance ou l’envoi des copies est subordonné à l’autorisation du ministère public.

Article R50-15

Lorsque le demandeur sollicite l’attribution d’une provision, le président de la commission communique sans délai la requête au procureur de la République et à l’agent judiciaire du Trésor et recueille leurs observations. Dans le délai d’un mois ou de deux mois selon que la requête est faite dès le dépot de la demande en indemnisation ou ultérieurement, il statue par une ordonnance portée à la connaissance du procureur de la République. Il est procédé comme il est dit à l’article R. 50-22.

Article R50-16

Lorsque l’affaire est instruite, le président de la commission fixe la date de l’audience.

Article R50-17

Le secrétaire de la commission convoque au moins deux mois à l’avance le demandeur et l’agent judiciaire du Trésor à l’audience qui a été fixée. Cette convocation est faite par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Les parties sont informées dans la convocation que leurs observations doivent être adressées à la commission au plus tard quinze jours avant la date de l’audience mais qu’elles peuvent consulter le dossier au secrétariat jusqu’au jour de celle-ci.

Article R50-18

Le procureur de la République est informé de la date de l’audience et dépose ses conclusions quinze jours au moins avant cette date.

Article R50-19

A l’audience, le magistrat qui a procédé à l’instruction de l’affaire fait son rapport ; le demandeur et l’agent judiciaire du Trésor, s’ils sont présents ou représentés, sont ensuite entendus.

Le procureur de la République développe ses conclusions.

Article R50-20

A l’audience, la commission, lorsqu’elle estime qu’il y a lieu de renvoyer l’affaire à une autre audience, fixe immédiatement la date de celle-ci. Les parties, lorsqu’elles ne sont ni présentes ni représentées, sont informées, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, de ce renvoi.

Article R50-21

Si la requête est rejetée, le demandeur est condamné aux dépens, à moins que la commission ne l’en décharge en partie ou en totalité.

Article R50-22

La décision de la commission est notifiée sans délai, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au demandeur et à l’agent judiciaire du Trésor.

Si une indemnité est accordée, la décision accompagnée de l’exécutoire établi par le président de la commission est notifiée au comptable direct du Trésor du siège du tribunal de grande instance chargé du paiement des frais de justice ou, en ce qui concerne les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, au comptable des impôts.

Article R50-23

Les décisions de la commission et du président de la commission ne peuvent être frappées d’opposition. Elles peuvent être l’objet d’un pourvoi en cassation.

Article R50-24

Le paiement de la provision ou de l’indemnité est fait par le comptable mentionné à l’article R. 50-22 ; avis du paiement est donné sans délai au président de la commission.

Article R50-25

Lorsque l’agent judiciaire du Trésor demande, en application de l’article 706-10, le remboursement total ou partiel de l’indemnité qui a été versée par l’Etat, il saisit par simple requête la commission qui se prononce, les parties entendues ou appelées dans les conditions prévues aux articles R. 50-17 et suivants.

Article R50-26

Lorsque, postérieurement à l’attribution d’une provision ou d’une indemnité par une commission, des poursuites pénales sont engagées contre l’auteur présumé de l’infraction, le ministère public de la juridiction répressive saisie en informe l’agent judiciaire du Trésor.

Article R50-27

La déclaration de la victime ou de ses ayants droit faite par application des dispositions de l’article 706-12 est communiquée par le greffier en chef ou le secrétaire-greffier de la juridiction saisie dans le délai de quinze jours, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, à l’agent judiciaire du Trésor. Cette communication est accompagnée des renseignements nécessaires à l’exercice de l’action prévue à l’article 706-11. La date de l’audience au cours de laquelle il sera statué sur les intérêts civils est notifiée au moins un mois à l’avance par le greffier en chef ou le secrétaire-greffier à l’agent judiciaire du Trésor par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. En cas de déclaration tardive, l’affaire doit être renvoyée à une audience ultérieure dont l’agent judiciaire du Trésor est informé dans le délai ci-dessus indiqué.

Article R50-28

Les dispositions des articles 643 à 647 du nouveau code de procédure civile s’appliquent aux délais de deux mois aux articles R. 50-15 et R. 50-17.

Livre V : Des procédures d’exécution.

Titre IV : Du sursis

Chapitre Ier

Chapitre II : Du sursis avec mise à l’épreuve.

Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

Article R53

Le juge de l’application des peines dans le ressort duquel réside le condamné contrôle l’exécution des mesures et des obligations relatives au régime de la mise à l’épreuve.

Section 5 : Dispositions diverses

Article R60

Lorsque le juge des enfants est compétent en vertu de l’article 744-2, il peut s’il l’estime opportun, combiner les mesures prévues au présent chapitre avec celles qui sont définies aux articles 15 à 19, 27 et 28 de l’ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 modifiée relative à l’enfance délinquante.

Le délégué à la liberté surveillée désigné par ce magistrat exerce alors les fonctions d’agent de probation.

Chapitre II : De sursis avec mise à l’épreuve

Section 1 : Dispositions générales

Article R51

Les condamnés placés sous le régime de la mise à l’épreuve résultant des articles 738 à 747 sont soumis aux mesures de surveillance et d’assistance prévues à la section III du présent chapitre, en vue d’assurer le contrôle de leur comportement et leur reclassement social.

Ces condamnés peuvent se voir appliquer, en outre, certaines des obligations prévues à la section IV, lorsqu’elles ont été imposées spécialement par l’arrêt ou le jugement.

Article R52

Ces mesures et obligations ne sauraient porter atteinte à la liberté d’opinion de ceux qui y sont soumis ni à leurs convictions religieuses ou politiques.

Section 2 : Des autorités chargées de contrôler le régime de la mise à l’épreuve

Article R55

[Article abrogé].

Section 4 : Des obligations imposées spécialement par l’arrêt ou le jugement

Article R59

[Article abrogé].

Section 5 : Dispositions diverses

Article R61

Pendant le temps de sa présence sous les drapeaux, le condamné placé sous le régime de la mise à l’épreuve est soustrait aux mesures de surveillance et d’assistance, et le cas échéant, aux obligations imposées spécialement par l’arrêt ou le jugement.

Dès son retour à la vie civile, il doit se présenter au juge de l’application des peines de sa résidence, si le délai de mise à l’épreuve n’est pas expiré.

Titre V : Le travail d’intérêt général

Chapitre Ier : Modalités d’habilitation des associations et d’établissement de la liste des travaux d’intérêt général

Section 1 : Des modalités d’habilitation des associations

Article R61-1

Les associations qui désirent obtenir l’habilitation prévue par l’article 43-3-5 du Code pénal et l’article 747-7 du Code de procédure pénale en font la demande au juge de l’application des peines du ressort dans lequel elles envisagent de mettre en oeuvre des travaux d’intérêt général.

La demande comporte :

1° La copie du Journal officiel portant publication de la déclaration de l’association ou, pour les associations déclarées dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, une copie du registre des associations du tribunal d’instance ;

2° Un exemplaire des statuts et, s’il y a lieu, du règlement intérieur de l’association ;

3° La liste des établissements de l’association avec indication de leur siège ;

4° Un exposé indiquant les conditions de fonctionnement de l’association et, le cas échéant, l’organisation et les conditions de fonctionnement des comités locaux, ainsi que leurs rapports avec l’association ;

5° La mention des nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, profession et domicile des membres du conseil d’administration et du bureau de l’association ainsi que, le cas échéant, ceux de leurs représentants locaux ;

6° Les pièces financières qui doivent comprendre les comptes du dernier exercice, le budget de l’exercice courant et un bilan ou un état de l’actif mobilier et immobilier et du passif.

Article R61-2

Le juge de l’application des peines procède à toutes diligences qu’il juge utiles. Il consulte le conseil départemental de prévention de la délinquance prévu par le décret n° 83-459 du 8 juin 1983 qui a trois mois pour donner son avis. Il communique ensuite la demande d’habilitation au président du tribunal.

L’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet du tribunal statue sur la demande d’habilitation [*compétence*], après rapport du juge de l’application des peines et à la majorité des membres présents.

La commission restreinte de l’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet, dans les tribunaux où sa constitution est obligatoire, exerce les attributions mentionnées à l’alinéa précédent.

L’habilitation accordée est valable pour une durée de trois ans.

Article R61-3

En cas d’urgence ou à titre probatoire, le juge de l’application des peines peut, sur proposition ou après avis conforme du procureur de la République, habiliter provisoirement l’association.

L’habilitation provisoire accordée en raison de l’urgence est valable jusqu’à la décision de la prochaine assemblée générale ou commission restreinte. Celle accordée à titre probatoire est valable pour une durée non renouvelable qui est fixée par le juge de l’application des peines dans la limite d’un an.

Article R61-4

L’association habilitée porte à la connaissance du juge de l’application des peines toute modification de l’un des éléments mentionnés à l’article R. 61-1. Elle est tenue de faire parvenir chaque année le budget et ses comptes.

Article R61-5

L’habilitation peut être retirée selon la procédure prévue par l’article R. 61-2.

Le procureur de la République peut saisir l’assemblée générale des magistrats du siège et du parquet du tribunal ou la commission restreinte aux fins de retrait de l’habilitation.

En cas d’urgence, le juge de l’application des peines peut, sur proposition ou après avis conforme du procureur de la République, retirer provisoirement l’habilitation jusqu’à la décision de la prochaine assemblée générale ou commission restreinte.

Section 2 : De l’établissement de la liste des travaux d’intérêt général

Article R61-6

Les collectivités publiques, les établissements publics et les associations qui désirent faire inscrire des travaux d’intérêt général sur la liste prévue par les articles 43-3-5 du Code pénal et 747-7 du Code de procédure pénale en font la demande au juge de l’application des peines du ressort dans lequel ils envisagent de faire exécuter ces travaux.

Pour les collectivités publiques et les établissements publics, la demande mentionne les nom, prénoms, date et lieu de naissance ainsi que les fonctions des représentants qualifiés.

Pour les associations qui ne sont pas encore habilitées, la demande prévue par l’alinéa 1er du présent article est jointe à la demande d’habilitation. Pour les associations déjà habilitées, elle comporte mention de la date de cette habilitation.

A la demande est annexée une note indiquant la nature et les modalités d’exécution des travaux proposés, les nom et qualité des personnes chargées de l’encadrement technique ainsi que le nombre de postes de travail susceptibles d’être offerts.

Article R61-7

Le juge de l’application des peines procède à toutes diligences et consultations utiles. A cette fin, il adresse copie de la demande au conseil départemental de prévention de la délinquance.

Article R61-8

Après que le procureur de la République a donné son avis ou dix jours au plus tôt après l’avoir saisi, le juge de l’application des peines prend sa décision en tenant compte de l’utilité sociale des travaux proposés et des perspectives d’insertion sociale ou professionnelle qu’ils offrent aux condamnés.

Article R61-9

La radiation d’un travail inscrit sur la liste peut être prononcée selon la procédure prévue par l’article R. 61-8.

Section 3 : Disposition diverses

Article R61-10

Les décisions relatives à l’habilitation provisoire des associations et à l’établissement de las liste des travaux d’intérêt général sont communiquées au président du tribunal de grande instance et au procureur de la République.

Toutes les décisions relatives à l’habilitation ou au retrait d’habilitation des associations sont protées à la connaissance du garde des sceaux et du commissaire de la République par le juge de l’application des peines.

Section 3 : Dispositions diverses

Article R61-11

Les organismes mettant en oeuvre des travaux d’intérêt général adressent chaque année un rapport au juge de l’application des peines.

Chapitre II : De l’exécution du travail d’intérêt général

Section 1 : De la décision du juge de l’application des peines fixant les modalités d’exécution du travail d’intérêt général

Article R61-13

La décision prise en application de l’article R. 61-12 peut être modifiée à tout moment.

Article R61-14

Le juge de l’application des peines choisit un travail d’intérêt général parmi ceux inscrits sur la liste de son ressort ou, avec l’accord du juge de l’application des peines territorialement compétent, sur la liste d’un autre ressort.

Article R61-15

Lorsqu’un condamné exerce une activité salariée, la durée hebdomadaire cumulée de cette activité et du travail d’intérêt général ne peut excéder de plus de douze heures la durée légale du travail.

Article R61-16

La durée du travail d’intérêt général n’inclut pas les délais de route et le temps des repas.

Article R61-17

Le juge de l’application des peines notifie sa décision au condamné et à l’organisme au profit duquel le travail d’intérêt général sera accompli. Il en donne avis au procureur de la République.

Article R61-18

Avant d’exécuter sa peine, le condamné se soumet à un examen médical qui a pour but :

1° De rechercher s’il n’est pas atteint d’une affection dangereuse pour les autres travailleurs ;

2° De s’assurer qu’il est médicalement apte au travail auquel le juge de l’application des peines entend l’affecter.

Section 2 : Des mesures de contrôle du condamné au travail d’intérêt général

Article R61-19

Le condamné au travail d’intérêt général doit se soumettre aux mesures de contrôle suivantes [*obligation*] :

1° Répondre aux convocations du juge de l’application des peines ou de l’agent de probation désigné ;

2° Se soumettre à l’examen médical prévu par l’article R. 61-18 ;

3° Justifier des motifs de ses changements d’emploi ou de résidence qui font obstacle à l’exécution du travail d’intérêt général selon les modalités fixées ;

4° Obtenir l’autorisation préalable du juge de l’application des peines pour tout déplacement qui ferait obstacle à l’exécution du travail d’intérêt général selon les modalités fixées ;

5° Recevoir les visites de l’agent de probation et lui communiquer tous documents ou renseignements relatifs à l’exécution de la peine.

Article R61-22

Pour chaque condamné, l’organisme au profit duquel le travail d’intérêt général est effectué fait connaître au juge de l’application des peines ou à l’agent de probation le responsable désigné pour assurer la direction et le contrôle techniques du travail.

Article R61-23

Le juge de l’application des peines ou l’agent de probation s’assure de l’exécution du travail auprès du responsable désigné. Il visite, le cas échéant, le condamné sur son lieu de travail.

Article R61-24

Le responsable désigné informe sans délai le juge de l’application des peines ou l’agent de probation de toute violation de l’obligation de travail et de tout incident causé ou subi par le condamné à l’occasion de l’exécution de sa tâche.

Article R61-25

En cas de danger immédiat pour le condamné ou pour autrui ou en cas de faute grave du condamné, le responsable désigné peut suspendre l’exécution du travail. Il en donne sans délai avis au juge de l’application des peines ou à l’agent de probation.

Article R61-26

L’organisme au profit duquel le travail d’intérêt général a été accompli délivre au juge de l’application des peines ou à l’agent de probation ainsi qu’au cOndamné un document attestant que ce travail a été exécuté.

Chapitre III : Dispositions applicables aux condamnations prononcées par les juridictions pour mineurs.

Article R61-27

Lorsque la condamnation à un travail d’intérêt général ou à une peine d’emprisonnement avec sursis assorti de l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général est prononcée par une juridiction pour mineurs, les attributions du juge de l’application des peines sont dévolues au juge des enfants. Les dispositions des sarticles R. 61-1 à R. 61-18 et R. 61-20 à R. 61-26 sont applicables sous réserve des dispositions particulières édictées par les articles R. 61-28 à R. 61-32.

Article R61-28

Pour l’habilitation des associations désirant mettre en oeuvre des travaux d’intérêt général spécifiquement adaptés aux mineurs, le juge des enfants, avant de communiquer la demande au président du tribunal, saisit le directeur départemental de la protection judiciaire de la jeunesse. Celui-ci fait connaître par écrit son avis sur les garanties offertes par l’association.

Article R61-29

Pour l’inscription sur la liste, prévue par les articles 43-3-5 du Code pénal et 747-7 du Code de procédure pénale, des travaux d’intérêt général applicables aux mineurs, le juge des enfants recueille l’avis du directeur départemental de l’éducation surveillée et prend sa décision en tenant compte du caractère formateur du travail proposé ou de son apport à l’insertion sociale des jeunes condamnés.

Article R61-30

La décision du juge des enfants fixant les modalités d’exécution du travail d’intérêt général est notifiée au condamné mineur et à ses parents tuteurs ou gardiens ; avis en est donné au procureur de la République.

Article R61-31

Le jeune condamné au travail d’intérêt général doit se soumettre aux mesures de contrôles suivantes.

1° Répondre aux convocations du juge des enfants ;

2° Se soumettre à l’examen médical prévu par l’article R. 61-18 ;

3° Informer le juge des enfants de tout changement d’emploi ou de résidence ou de tout déplacement qui ferait obstacle à l’exécution de travaux d’intérêt général selon les modalités fixées.

Article R61-32

Le juge des enfants s’assure de l’exécution du travail d’intérêt général.

Il peut demander à un éducateur ou à une structure éducative de l’éducation surveillée d’apprécier si le travail effectué conserve son caractère formateur ou de nature à permettre l’insertion sociale du jeune condamné et s’il demeure adapté à la personnalité de celui-ci.

Lorsque le mineur est condamné à une peine d’emprisonnement avec sursis assortie de l’obligation d’accomplir un travail d’intérêt général, le juge des enfants peut faire application des dispositions de l’article R. 60.

Titre VI

Titre VII

Titre VIII : Du casier judiciaire

Chapitre Ier : De l’organisation des services du casier judiciaire

Article R62

Le service du casier judiciaire national automatisé est dirigé par un magistrat de l’administration centrale du ministère de la Justice sous le contrôle et l’autorité du directeur des affaires criminelles et des grâces.

Article R63

Le magistrat chargé du service du casier judiciaire national automatisé désigne nommément les personnes habilitées à traiter les informations destinées au casier judiciaire ainsi que celles qui peuvent accéder auxdites informations.

Article R64

Le directeur de l’institut national de la statistique et des études économiques communique au service du casier judiciaire national automatisé les noms patronymiques, les prénoms, les dates et lieu de naissance et le sexe des personnes âgées de plus de douze ans qui figurent au répertoire national d’identification ainsi que les modifications dont ces données auront éventuellement été l’objet.

Cette communication, effectuée sur support magnétique, a lieu périodiquement, au moins une fois par an. Il peut y être procédé par plusieurs envois séparés.

Le service du casier judiciaire national automatisé ne peut utiliser l’extrait du répertoire national d’identification des personnes physiques qui lui est communiqué à des fins autres que la vérification de l’état civil des personnes dont le casier judiciaire est demandé.

En aucun cas le numéro attribué par l’institut national de la statistique et des études économiques pour servir de base aux vérifications d’identité n’est communiqué au service du casier judiciaire national automatisé.

Chapitre II : De l’établissement des fiches du casier judiciaire

Article R65

Une fiche du casier judiciaire est établie au nom de toute personne qui a été l’objet d’une des décisions énumérées à l’article 768.

Cette fiche est établie sur papier ou sur support magnétique.

Article R66

La fiche constatant l’une des décisions visées par l’article 768 (1° à 6°) est dressée par le greffier de la juridiction qui a statué dans les quinze jours qui suivent celui où la décision est devenue définitive si elle a été rendue contradictoirement.

En cas de décision par défaut, le délai de quinzaine court du jour de la signification ; pour les arrêts de contumace, il court du jour de l’arrêt.

Lorsque les cours et tribunaux ont ordonné qu’il sera sursis à l’exécution de la peine, avec ou sans mise à l’épreuve, cette décision est mentionnée sur la fiche constatant la condamnation.

Article R66-1

Les fiches sont adressées au service du casier judiciaire national automatisé soit sur un support papier, soit sous la forme d’un enregistrement magnétique.

Article R67

Les fiches constatant une décision disciplinaire d’une autorité administrative, qui entraîne ou édicte des incapacités, sont adressées au service du casier judiciaire national automatisé dès la réception de l’avis qui est donné dans le plus bref délai au procureur de la République ou au ministre de la justice par l’autorité qui a rendu la décision.

Les fiches relevant un arrêté d’expulsion sont dressées par le ministre de l’Intérieur ou les préfets des départements frontières et transmises au service du casier judiciaire national automatisé.

Article R68

Les fiches du casier judiciaire national automatisé sont enregistrées sur un support magnétique.

Article R70

Les fiches du casier judiciaire national automatisé sont effacées dans les cas suivants :

1° Au décès du titulaire de la fiche, établi notamment par la mention portée au registre de l’état civil des naissances en applicaton de l’article 79 du Code civil ou, lorsque le décès ne serait pas parvenu à la connaissance du service du casier judiciaire national automatisé, quand le titulaire aurait atteint l’âge de cent ans ;

2° Lorsque la condamnation mentionnée sur la fiche a été entièrement effacée par l’amnistie ;

3° Lorsque l’intéressé a obtenu une décision de rectification du casier judiciaire, le retrait se fait, selon le cas, à la diligence du procureur général ou du procureur de la République près la juridiction qui a statué ;

4° Lorsque le condamné purge sa contumace ou lorsqu’il a fait opposition à un jugement ou arrêt par défaut ou lorsque la Cour de cassation annule la décision par application des articles 620 ou 625, le retrait se fait sur ordre du procureur général ou du procureur de la République près la juridiction qui a rendu la décision devenue caduque ;

5° Lorsque le tribunal pour enfants a décidé la suppression de la fiche en application de l’article 770, le retrait se fait à la diligence du ministère public près le tribunal pour enfants qui a rendu cette décision.

Article R71

Le service du casier judiciaire national automatisé enregistre les avis provenant des autorités étrangères concernant les personnes condamnées par une juridiction étrangère.

Article R72

Pour les personnes nées dans les territoires d’outre-mer les fiches prévues aux articles R. 65 et R. 67, alinéa 2, et les avis prévues aux articles R. 67, alinéa 1er, R. 69 et R. 71, sont transmis au procureur général ou au procureur de la République près la juridiction d’appel du territoire dans lequel est situé le lieu de naissance, qui le fait parvenir au greffe compétent.

Chapitre III : Des copies des fiches du casier judiciaire

Article R74

En cas de condamnation ou de décision de nature à modifier les conditions d’incorporation prononcée contre un individu soumis à l’obligation du service militaire, le greffier de la juridiction qui a prononcé la décision adresse une copie de la fiche à la direction du recrutement et de la statistique de la région militaire sur le territoire de laquelle il se trouve.

Lorsqu’il y a lieu d’apporter des modifications à la fiche, avis en est donné par l’autorité qui l’avait établie à la direction du recrutement et de la statistique de la région militaire sur le territoire de laquelle elle se trouve.

Article R75

Le service du casier judiciaire national automatisé communique à l’Institut national de la statistique et des études économiques l’identité des personnes de nationalité française ayant fait l’objet d’une décision entraînant la privation des droits électoraux en précisant, pour chaque cas, la date à laquelle cette incapacité cessera d’avoir effet.

Il informe l’Institut national de la statistique et des études économiques de toute modification ultérieure de la capacité électorale de ces personnes.

Pour l’application du présent article, les informations peuvent être communiquées sur support magnétique.

Article R75-1

Un copie de chaque fiche relative à une condamnation à une peine privative de liberté prononcée pour crime ou délit est adressée par le greffier de la juridiction qui a prononcé la condamnation au fichier central de la police nationale du ministère de l’intérieur en vue de son enregistrement sur le sommier de police technique.

Chapitre IV : De la délivrance des bulletins n° 1 du casier judiciaire

Article R76

Le bulletin n° 1 est réclamé au magistrat chargé du casier judiciaire national automatisé par lettre, télégramme, télécopie, télé-transmission ou support magnétique, indiquant l’état civil de la personne dont le bulletin est demandé, et précisant l’autorité judiciaire requérante.

Sur instructions de l’autorité judiciaire requérante, le bulletin n° 1 est délivré en double exemplaire.

Article R77

Avant d’établir le bulletin n° 1, le service chargé du casier judiciaire national automatisé vérifie l’identité de l’intéressé au moyen des informations communiquées par l’Institut national de la statistique et des études économiques en application de l’article R. 64. Si le résultat de cet examen s’avère négatif, il inscrit dans le corps du bulletin, à l’exclusion de toute autre mention, l’indication "Aucune identité applicable".

Si l’intéressé est né hors de la France métropolitaine, si son lieu de naissance est inconnu ou s’il est âgé de moins de douze ans, le service inscrit sur le bulletin n° 1 "Identité non vérifiable par le service".

Article R78

S’il existe une ou plusieurs fiches du casier judiciaire, la teneur ainsi que celle des mentions prévues à l’article 769, en est reproduite sur le bulletin n° 1.

Sinon, le bulletin n° 1 est revêtu de la mention : " néant ".

Article R78-1

Le bulletin n° 1 du casier judiciaire est adressé par lettre à l’autorité judiciaire requérante.

En cas d’urgence, cet envoi peut être effectué par télécopie.

Chapitre V : De la délivrance des bulletins n° 2 du casier judiciaire

Article R79

Outre le cas prévus aux 1°, 2° et 4° de l’article 776, le bulletin n° 2 du casier judiciaire est délivré :

1° Aux administrations publiques de l’Etat chargées de la police des étrangers ;

2° A celles chargées des intérêts des anciens combattants, victimes de la guerre et pupilles de la nation ;

3° A celles qui sont chargées de l’assainissement des professions agricoles, commerciales, industrielles ou artisanales ;

4° A celles chargées de l’attribution de dommages de guerre et de prêts à la construction ;

5° A celles chargées de l’admission des candidatures à une représentation professionnelle ;

6° A celles saisies de demandes d’autorisation d’introduction en France d’un employé étranger du sexe féminin ;

7° Aux juges commis à la surveillance du registre du commerce à l’occasion des demandes d’inscription au registre spécial des agents commerciaux ;

8° Aux collectivités publiques locales, à la Société nationale des chemins de fer français, aux Charbonnages de France et houillères de bassin, à Electricité de France et Gaz de France, à la Banque de France, saisis de demandes d’emplois, de soumissions pour les adjudications de travaux ou de marchés publics ou en vue de poursuites disciplinaires ;

9° Aux administrations publiques saisies de demande d’autorisation ou de détention d’armes ou de munitions, ou de demandes d’autorisation d’importation, d’exportation, d’élaboration, de détention, de transfert, d’utilisation ou de transport de matières nucléaires définies à l’article 1er de la loi du 25 juillet 1980 ;

10° Aux conseils de l’ordre des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes et des pharmaciens saisis de demandes d’inscription au tableau ou de poursuites disciplinaires ;

11° Aux commissions d’inscription sur la liste de commissaires aux comptes ;

12° Aux commissaires du Gouvernement près les conseils de l’ordre des experts-comptables et comptables agréés saisis de demandes d’inscription ou de poursuitees disciplinaires ;

13° A l’administration fiscale à l’occasion de la délivrance des certificats prévus à l’article 6 du décret n° 75-911 du 6 octobre 1975 relatif aux centres de gestion agréés ;

14° Aux institutions mentionnées à l’article L. 351-2 du Code du travail ;

15° Aux administrations publiques saisies de candidatures à un embarquement sur un navire français et chargées du contrôle des conditions d’exercice de la profession de marin ;

16° Aux administrations publiques de l’Etat chargées de contrôler les déclarations des agences privées de recherche ou de délivrer l’autorisation d’exercer les activités de gardiennage, de surveillance de transport de fonds ou de protection des personnes ;

17° A l’administration auprès de laquelle est institué le comité prévu par l’article 46 du Code pénal ;

18° Aux administrations publiques de l’Etat chargées d’instruire les procédures de changement de nom, d’acquisition, de perte ou de déchéance de la nationalité française ;

19° Aux établissements mentionnés à l’article L. 792 du Code de la santé publique lorsqu’ils sont saisis d’une demande d’emploi ;

20° A la Commission des opérations de bourse, en ce qui concerne les dirigeants d’entreprises faisant appel public à l’épargne lors de la nomination de ces dirigeants, lors d’une demande de visa formulée par ceux-ci ou du dépôt d’un document d’information en application de l’article 37 de la loi n° 83-1 du 3 janvier 1983 ;

21° A la commission des marchés à terme de marchandises en ce qui concerne les personnes physiques ou les dirigeants des personnes morales qui sollicitent l’agrément ou l’inscription prévues par les articles 31, 32 et 34 de la loi n° 83-610 du 8 juillet 1983, ainsi que les personnes qui font l’objet d’une procédure disciplinaire sur le fondement des articles 22, 29 ou 41 de cette loi.

Article R80

Le bulletin n° 2 est réclamé au service du casier judiciaire national automatisé par lettre, télégramme, télétransmission ou support magnétique avec l’indication de l’état civil de la personne dont le bulletin est demandé, de la qualité de l’autorité requérante ainsi que du motif de la demande.

Article R80-1

Les dispositions de l’article R. 77 sont applicables pour l’établissement du bulletin n° 2.

Article R81

S’il existe une ou plusieurs fiches du casier judiciaire autres que celles figurant à l’article 775, la teneur ainsi que celles des mentions prévues à l’article 769 en est reproduite sur le bulletin n° 2.

Sinon, le bulletin n° 2 est revêtu de la mention "néant".

Chapitre VI : De la délivrance des bulletins n° 3 du casier judiciaire

Article R82

Le bulletin n° 3 ne peut être demandé au service du casier judiciaire national automatisé que par lettre signée de la personne qu’il concerne et précisant l’état civil de celle-ci. Si le demandeur est né à l’étranger, si son lieu de naissance est inconnu ou s’il est âgé de moins de douze ans, il doit, en outre, justifier de son identité.

Le bulletin n° 3 peut également être obtenu si la personne qu’il concerne se présente au casier judiciaire national et justifie de son identité.

Si le demandeur ne sait ou ne peut signer, cette impossibilité est constatée par le maire ou le commissaire de police qui atteste en même temps que la demande est faite au nom et sur l’initiative de la personne que le bulletin n° 3 concerne.

Article R83

La vérification d’identité prévue par l’article R. 77 doit être effectuée avant l’établissement du bulletin n° 3 des personnes nées en France. Si le résultat de cet examen s’avère négatif, le service du casier judiciaire national automatisé ne délivrera le bulletin n° 3 qu’au vu d’une fiche d’état civil.

Article R84

Lorsqu’il n’existe pas au casier judiciaire de fiche ou lorsque les mentions que portent les fiches ne doivent pas être inscrites sur le bulletin n° 3, celui-ci est oblitéré par une barre transversale.

Lorsque l’examen des fiches révèle l’existence d’une des condamnations prévues à l’article 777, la teneur, avec indication de toutes les peines prononcées en est reproduite sur le bulletin n° 3, ainsi que les mentions prévues à l’article 769 qui s’y rapportent.

Chapitre VII : Dispositions diverses

Article R85

Les fiches et les copies des fiches relatives à des décisions judiciaires ainsi que les bulletins n° 1 sont payés sur les crédits affectés aux frais de justice à recouvrer sur les condamnés.

Les bulletins n° 1 établis par le casier judiciaire central sont délivrés gratuitement.

Article R86

Les bulletins n° 2 du casier judiciaire sont délivrés gratuitement.

Article R87

Les bulletins n° 3 du casier judiciaire sont délivrés gratuitement.

Article R88

Le service du casier judiciaire national automatisé est avisé, par les soins du procureur de la République ou du procureur général, dans mandats d’arrêt et des jugements ou arrêts prononçant des condamnations à des peines privatives de liberté, contradictoires ou par défaut, qui n’ont pas été exécutés. Ces avis font l’objet d’un enregistrement au casier judiciaire.

Ils sont renvoyés avec toutes les indications utiles permettant l’exécution des mandats, jugements ou arrêts, par le service du casier judiciaire national automatisé, au procureur de la République près le tribunal, au procureur général près la cour d’appel ou au commissaire du Gouvernement près le tribunal des forces armées dont ils émanent, lorsque les intéressés demandent un bulletin n° 3 ou qu’il a été demandé à leur sujet un bulletin n° 1 ou n° 2.

En outre, les autorités militaires donnent avis au service du casier judiciaire national automatisé des cas d’insoumission ou de désertion dont elles ont connaissance. Ces avis font l’objet d’un enregistrement au casier judiciaire. Ils sont renvoyés, avec toutes les indications utiles, aux autorités dont ils émanent, dans les circonstances prévues au deuxième alinéa.

Article R90

Les fiches du casier judiciaire, les copies de ces fiches destinées à l’échange international ou au recrutement de l’armée ainsi que les bulletins n° 1, n° 2 et n° 3 et les déclarations de perte de pièces d’identité prévues au premier alinéa de l’article précédent sont établis conformément aux modèles fixés par le garde des sceaux, ministre de la justice.

Les copies de fiches destinées à la vérification de la capacité électorale sont établies selon un modèle fixé par l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Titre IX

Titre X : Des frais de justice

Chapitre Ier : Dispositions préliminaires

Article R91

Les comptables directs du Trésor font l’avance des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police. Ils poursuivent le recouvrement de ceux desdits frais qui ne sont point à la charge de l’Etat, le tout dans la forme et selon les règles établies par le présent titre.

Article R92

Les frais de justice criminelle, correctionnelle et de police sont :

1° Les frais de translation des prévenus ou accusés, les frais de translation des condamnés pour se rendre au lieu où ils sont appelés en témoignage, mais seulement quand cette translation ne peut être effectuée par les voitures cellulaires du service pénitentiaire, les frais de transport des procédures et des pièces à conviction ;

2° Les frais d’extradiction des prévenus, accusés ou condamnés ; les frais de commission rogatoire et autres frais de procédure pénale en matière internationale ;

3° Les honoraires et indemnités qui peuvent être accordés aux experts, aux interprètes et les frais de traduction ;

4° Les indemnités qui peuvent être accordées aux témoins et aux jurés ;

5° Les frais de garde des scellés, ceux de mise en fourrière et ceux de l’immobilisation décidée en application de l’article 43-3-3° bis du Code pénal.

7° Les émoluments des huissiers ;

8° Les frais de capture ;

9° Les indemnités allouées aux magistrats et greffiers au cas de transport pour exercer un acte de leur fonction dans les cas prévus à la section VII du chapitre II du présent titre ;

10° Les frais de communication postale, télégraphique, téléphonique, le port des paquets pour la procédure pénale ;

11° Les frais d’impressions des arrêts, jugements et ordonnances de justice ;

12° Les frais d’exécution des arrêts en matière criminelle et les gages des exécuteurs ;

13° Les indemnités et secours accordés aux victimes d’erreurs judiciaires ainsi que les frais de révision et les secours aux individus relaxés ou acquittés ;

14° Les indemnités accordées en application des articles 149 et 150 ;

15° Les indemnités accordées en application de l’article 706-9 ainsi que les frais exposés devant les commissions prévues à l’article 706-4.

Article R93

Sont, en outre, assimilés aux frais de justice criminelle, correctionnelle et de police, en ce qui concerne l’imputation, le paiement et la liquidation, les dépenses qui résultent :

1° Des procédures suivies en application des lois concernant l’enfance délinquante et des lois concernant la protection de l’enfance en danger ;

2° De l’application de la législation sur le régime des aliénés ;

3° Des procédures suivies en application de la législation en matière de tutelle des mineurs, de tutelle ou de curatelle des majeurs et de sauvegarde de justice ;

6° Des poursuites d’office en matière civile ;

7° Des inscriptions hypothécaires requises par le ministère public ;

8° Des avances faites en matière de règlement judiciaire ou de liquidation des biens dans les cas prévus à l’article 94 de la loi n° 67-563 du 13 juillet 1967 ;

9° Des dispositions de la loi n° 72-11 du 3 janvier 1972 instituant l’aide judiciaire ;

10° Du transport des greffes ou des archives des cours ou tribunaux ;

11° De lois spéciales ou de règlements d’administration publique et dont l’avance doit être faite par le comptable direct du trésor ;

12° Des frais exposés devant la commission prévue à l’article 16-2 ;

13° Des enquêtes ordonnées en matière de divorce et de séparation de corps en application de l’article 287-1 du Code civil ;

14° Des indemnités de transport et de séjour des magistrats et des secrétaires des juridictions de l’ordre judiciaire, sans préjudice des dispositions de l’article R. 92 ;

15° Des frais postaux des secrétariats-greffes des juridictions civiles nécessités par les actes et procédures ainsi que par l’envoi des bulletins de casier judiciaire ;

16° Des actes faits d’office en matière de scellés.

Chapitre II : Tarif des frais

Section 1 : Des frais de translation des personnes, de transport des procédures et des pièces à conviction

Article R94

Les prévenus ou accusés sont, en principe, transférés soit par chemin de fer, soit, à défaut, par service régulier de transport en commun ou en voiture sur la réquisition des autorités judiciaires.

Les individus qui doivent être conduits devant une Cour ou un tribunal siégeant dans une ville autre que celle où ils sont détenus, pour entendre statuer, soit sur l’opposition à un jugement, ou arrêt, soit sur un appel interjeté contre un jugement, sont transférés par les voitures cellulaires du service pénitentiaire, toutes les fois que ce mode de transfèrement est possible et qu’il n’y a pas urgence à opérer le transport.

Article R95

Le transport par chemin de fer doit, à moins de circonstances exceptionnelles, être effectué dans un compartiment réservé de 2e classe.

Article R96

La réquisition, soit à la compagnie de chemin de fer, soit au voiturier, doit être établie en deux exemplaires dont l’un est remis au greffier chargé de la liquidation des frais du procès et l’autre à la compagnie de chemin de fer ou au voiturier, pour qu’ils le produisent à l’appui de leur mémoire.

Article R97

Les prévenus ou accusés peuvent être, en cas de nécessité, transférés par des véhicules de la gendarmerie ou de la police.

Dans ce cas, une indemnité kilométrique, fixée chaque année par arrêté du garde des sceaux, ministre de la Justice, et du ministre chargé du Budget, est attribuée pour le trajet aller et retour parcouru. Son taux est uniforme quels que soient le type de véhicule utilisé et le nombre de personnes transportées.

Article R98

Lorsque dans le ressort d’une cour d’appel ou d’un tribunal de grande instance ou dans un département, il y a lieu de charger un entrepreneur général d’assurer le transport des prévenus ou accusés, le droit de passer le marché, conformément aux dispositions du décret du 6 avril 1942, n’appartient qu’au ministre de la justice qui peut déléguer ses pouvoirs aux procureurs généraux ou aux procureurs de la République, à charge par eux de soumettre à son approbation préalable le marché s’il est passé de gré à gré, ou ses clauses et conditions s’il y a lieu avec concurrence et publicité.

Dans les localités où le service n’est pas assuré par un entrepreneur général, l’autorité requérante traite de gré à gré pour chaque transport avec un voiturier au mieux des intérêts du Trésor.

A défaut de voiturier acceptant le prix proposé, des réquisitions sont adressées au maire qui y pourvoit par les moyens dont il dispose.

Article R99

Les prévenus ou accusés peuvent se faire transporter par chemin de fer ou en voiture à leurs frais, en se soumettant aux mesures de précaution prescrites par le magistrat qui aura ordonné le transport ou par le chef d’escorte chargé de l’exécuter.

Article R100

Le transport des prévenus ou accusés dans l’intérieur de Paris ou dans sa banlieue, ainsi que dans les villes où cette mesure est rendue nécessaire par l’importance du service ou par l’éloignement de la prison se fait, en principe, par voiture fermée et par un entrepreneur particulier, en vertu d’un marché passé conformément aux dispositions de l’article R. 98.

Une convention préalable détermine, s’il y a lieu, au moment de la conclusion de chaque marché, le montant des subventions qui seront allouées par la ville et par le département.

Article R101

Les procédures et les pièces à conviction sont confiées aux gendarmes ou aux agents chargés de la conduite des prévenus ou accusés.

Si, en ce cas, des frais exceptionnels ont dû être avancés par les agents chargés du transport, ceux-ci, pour en obtenir le remboursement, en portent le montant sur leur mémoire.

Si, à raison du poids ou du volume, les objets ne peuvent être transportés par les gendarmes ou agents, ils le sont, sur réquisition écrite du magistrat, soit par chemin de fer, soit par un entrepreneur, soit par toutes autres voies plus économiques, sauf les précautions convenables pour la sûreté desdits objets.

Article R102

Les aliments ou secours nécessaires aux personnes qui font l’objet du transport leur sont fournis dans les maisons d’arrêt.

Cette dépense n’est point considérée comme faisant partie des frais généraux de justice criminelle, correctionnelle et de police, elle est confondue dans la masse des dépenses ordinaires des maisons d’arrêt.

Dans les lieux où il n’y a point de maison d’arrêt, le maire assure la fourniture des aliments et autres objets, et le remboursement en est fait aux fournisseurs comme frais généraux de justice criminelle, correctionnelle et de police.

Si l’individu transféré tombe malade en cours de route et doit être placé dans un hôpital, les frais d’hospitalisation sont payés conformément aux lois et règlements sur l’aide sociale.

Article R103

Les dépenses que les gendarmes se trouvent obligés de faire en route leur sont remboursées comme frais de justice criminelle, correctionnelle et de police sur leurs mémoires détaillés, auxquels ils joignent les ordres qu’ils ont reçus ainsi que les quittances particulières pour les dépenses de nature à être ainsi constatées.

Si les gendarmes n’ont pas de fonds suffisants pour faire ces avances, la somme présumée nécessaire leur est provisoirement allouée par le magistrat qui ordonne le transport.

Il est fait mention du montant de cette allocation provisoire sur l’ordre de transport.

Arrivés à destination, les gendarmes font régler définitivement leur mémoire par le magistrat devant lequel le prévenu doit comparaître.

Il est alloué aux gendarmes des frais d’escorte dans les conditions et conformément aux tarifs fixés par les règlements sur le service de la gendarmerie.

Article R104

Lorsqu’en conformité des dispositions du code de procédure pénale sur le faux et dans les cas prévus notamment aux articles 642 et 645, des pièces arguées de faux ou des pièces de comparaison doivent être remises au greffe par des dépositaires publics ou particuliers, le procureur de la République ou le juge d’instruction peut ordonner soit que le dépositaire se transportera en personne ou par mandataire au greffe du tribunal ou devant lui pour faire ce dépôt, soit que ce dépositaire les remettra à tel magistrat ou tel officier de police judiciaire qu’il désigne, lequel lui délivrera un double du procès-verbal constatant cette remise.

Lorsque le dépositaire ou son mandataire s’est transporté pour ce dépôt, il a droit à la taxe de comparution et aux indemnités de voyage et de séjour allouées aux témoins.

Article R105

Les frais de location de coffres destinés à mettre en sûreté les valeurs mobilières, bijoux et objets précieux sont payés par le régisseur nommé dans chaque secrétariat greffe, soit au moyen de l’avance consentie par le comptable direct du Trésor, soit par prélèvement autorisé sur la somme consignée par la partie civile constituée par acte initial.

Section 2 : Honoraires et indemnités des experts, des interprètes et des personnes chargées des enquêtes sociales et de personnalité

Paragraphe 1er : Des experts.

A : Règles générales

Article R106

Les tarifs fixés par le présent titre, en ce qui concerne les frais d’expertise, doivent être appliqués en prenant pour base la résidence des experts.

Les frais de rédaction et de dépôt du rapport, ainsi que, le cas échéant, de la prestation de serment sont compris dans les indemnités fixées par ces tarifs.

Aucune indemnité n’est allouée pour la prestation de serment de l’expert devant la cour d’appel lors de sa première inscription ni, le cas échéant, lors d’une nouvelle inscription après radiation ou non-réinscription.

Article R107

Lorsque le montant prévu de ses frais et honoraires dépasse 1.000 F, l’expert désigné doit, avant de commencer ses travaux, en informer la juridiction qui l’a commis.

Au-dessus de ce montant et sauf cas d’urgence, la demande de l’expert est communiquée au ministère public qui peut, dans le délai de trois jours, présenter ses observations. S’il n’en est pas tenu compte, le ministère public peut saisir, par l’intermédiaire du procureur général, le président de la chambre d’accusation ou le président de la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour de sûreté de l’Etat. La décision de ce magistrat doit intervenir dans les huit jours [*délai*] et elle ne peut faire l’objet de recours.

Article R109

Les prix des opérations tarifées ou non tarifées peuvent être réduits en cas de retard dans l’accomplissement de la mission ou d’insuffisance du rapport.

Si le travail doit être refait, toute rémunération peut être refusée.

Article R110

Lorsque les experts se déplacent, il leur est alloué, sur justification, une indemnité de transport qui est calculée ainsi qu’il suit :

1° Si le voyage est fait par chemin de fer, l’indemnité est égale au prix d’un billet de première classe, tant à l’aller qu’au retour ;

2° Si le voyage est fait par un autre service de transport en commun, l’indemnité est égale au prix d’un voyage, d’après le tarif de ce service, tant à l’aller qu’au retour ;

3° Si le voyage n’est pas fait par l’un des moyens visés ci-dessus, l’indemnité est fixée selon les taux prévus pour les déplacements des personnels civils de l’Etat utilisant leur voiture personnelle ;

4° Si le voyage est fait par mer, il est accordé, sur le vu du duplicata du billet de voyage délivré par la compagnie de navigation, le remboursement du prix de passage en 1ère classe ordinaire, tant à l’aller qu’au retour ;

5° Si le voyage est fait par air, il est accordé, sur le vu du billet de voyage délivré par la compagnie aérienne, le remboursement du prix de passage sur la base du tarif de la classe la plus économique.

Les experts titulaires de permis de circulation ou jouissant, à titre personnel ou en raison de leur emploi, de réductions de tarifs n’ont pas droit au remboursement des frais de transport pour la partie correspondant à l’exonération dont ils bénéficient.

Les demandes de remboursement de frais de transport doivent être obligatoirement accompagnées d’une déclaration des intéressés certifiant qu’ils ne bénéficient pas, à quelque titre que ce soit, d’avantages de tarifs ou, dans le cas contraire, qu’ils ne bénéficient pas d’autres avantages que ceux dont il est fait état dans la demande.

Si le déplacement d’un expert chargé de plusieurs missions est opéré au cours de la même journée sur le territoire de plusieurs communes situées dans la même direction, le mémoire doit être établi d’après la distance de sa résidence à la commune la plus éloignée.

Article R111

Il est alloué aux experts qui se déplacent une indemnité journalière de séjour calculée suivant la réglementation relative aux frais de déplacement des personnels civils de l’Etat.

Pour le calcul de ces indemnités, les experts sont assimilés aux fonctionnaires du groupe I.

Article R112

Lorsque les experts sont entendus, soit devant les cours ou tribunaux, soit devant les magistrats instructeurs à l’occasion de la mission qui leur est confiée, il leur est alloué, outre leurs frais de déplacement et de séjour s’il y a lieu, une indemnité déterminée par la formule suivante : I = 20 + (S x 4), dans laquelle :

I est le montant de l’indemnité forfaitaire exprimée en francs ;

S le salaire minimum interprofessionnel de croissance tel qu’il est fixé au 1er janvier de l’année en cours.

Les experts qui justifient d’une perte de salaire ou de traitement, au moyen d’une attestation délivrée par leur employeur ou chef de service, ont droit, en outre, à une indemnité supplémentaire calculée suivant la formule I = S x D, dans laquelle :

S est le salaire minimum interprofessionnel de croissance déterminé comme ci-dessus ;

D la durée horaire de comparution, celle-ci ne pouvant excéder huit heures par jour ouvrable.

Article R113

Lorsque les experts justifient qu’ils se sont trouvés, par suite de circonstances indépendantes de leur volonté, dans l’impossibilité de remplir leur mission, les magistrats commettants peuvent, par décision motivée soumise à l’agrément du président de la chambre d’accusation, leur allouer une indemnité, outre leurs frais de transport, de séjour et autres débours s’il y a lieu.

Article R114

Les experts ont droit, sur la production de pièces justificatives, au remboursement des frais de transport des pièces à conviction et de tous autres débours reconnus indispensables.

Article R115

Les magistrats commettants peuvent autoriser les experts à percevoir au cours de la procédure des acomptes provisionnels soit lorsqu’ils ont fait des travaux d’ine importance exceptionnelle, soit lorsqu’ils ont été dans la nécessité de faire des transports coûteux ou des avances personnelles.

Toutefois, le montant total des acomptes ne pourra pas dépasser le tiers du montant des frais et honoraires prévu.

B : Dispositions spéciales

a) Expertise en matière de fraudes commerciales

Article R116

Il est alloué à chaque expert désigné conformément aux lois et règlements sur la répression des fraudes en matière commerciale, pour l’analyse de chaque échantillon, y compris les frais de laboratoire :

Pour le premier échantillon : 12,96 euros.

Pour les échantillons suivants dans la même affaire : 7,17 euros.

b) Médecine légale

Article R116-1

Les tarifs d’honoraires correspondant aux actes d’expertise prévus par les articles R. 117 à R. 120 sont déterminés par référence aux tarifs conventionnels d’honoraires fixés en application des articles L. 262 et L. 267 du Code de la sécurité sociale et sont calculés, pour chacun de ces actes, d’après leur nature et leur valeur relative telles qu’elles résultent des cotations par lettres clés et coefficients mentionnées dans les articles suivants.

Article R117

Chaque médecin régulièrement requis ou commis reçoit à titre d’honoraires une somme calculée en fonction des cotations suivantes [*lettres clés et coefficients*] :

1° a) Pour une visite judiciaire comportant un ou plusieurs examens et le dépôt d’un rapport ... C 2,5

b) Pour une visite judiciaire comportant un ou plusieurs examens d’une victime, la fixation des taux d’incapacité et le dépôt d’un rapport ... C 3,5

c) Pour l’examen clinique et la prise de sang prévus aux articles R. 20 à R. 25 du Code des débits de boissons :

d) Pour chaque examen prévu par l’article L. 627-1 du Code de la santé publique ... C 2

2° Pour un transport sur les lieux et description de cadavre ... C 2,5

Lorsque ces opérations sont effectuées par l’expert qui procède ultérieurement à l’autopsie ... C 1,5

3° Pour autopsie avant inhumation ... Cs 6

4° Pour autopsie après exhumation ou autopsie de cadavre en état de décomposition avancée ... Cs 10

5° Pour autopsie de cadavre de nouveau-né avant inhumation ... Cs 3

6° Pour autopsie de cadavre de nouveau-né après exhumation ou autopsie de cadavre de nouveau-né en état de décomposition avancée ... Cs 5

7° Pour une expertise psychologique comportant un ou plusieurs examens :

8° Pour une expertise médico-psychologique comportant un ou plusieurs examens ... CNPSY 5

9° Pour une expertise psychiatrique comportant un ou plusieurs examens ... CNPSY 5.

c) Toxicologie

Article R118

Les analyses toxicologiques sont ainsi cotées, pour chaque expert, lorsque les dosages de plusieurs éléments ne peuvent être groupés en une seule opération :

1° Pour recherche et dosage de l’alcool dans le sang ... B 50

2° Dosage de l’oxycarbonémie ... B 50

3° Dosage de l’oxyde de carbone dans l’atmosphère ... B 50

4° Dosage de la benzolémie ... B 70

5° Recherche et dosage du trichloréthylène et de l’acide trichloracétique ... B 70

6° Recherche et dosage d’un élément toxique dans les viscères ... B 220

7° Expertise toxicologique complète ... B 1500

8° Recherche et dosage des amphétamines dans le sang ou les urines ... B 60 9° Recherche et dosage des stupéfiants dans le sang ou les urines ... B 150.

d) Biologie

Article R119

Il est alloué à chaque expert régulièrement requis ou commis :

Pour caractériser des produits biologiques, dans les cas simples, une somme calculée en fonction de la cotation : B 50.

e) Radiodiagnostic

Article R120

Il est alloué à chaque médecin expert ou radiologiste qualifié, régulièrement requis ou commis :

1° Lorsqu’il s’agit d’examen radiographique ou radioscopique d’une personne vivante, des honoraires calculés en fonction des cotations fixées dans la troisième partie de la nomenclature générale des actes professionnels des médecins ... Z

2° Lorsqu’il s’agit de la localisation de corps étrangers dans un cadavre, des honoraires calculés en fonction de la cotation ... Z 20

3° Lorsqu’il s’agit de la localisation de corps étrangers dans un cadre putréfié, des honoraires calculés en fonction de la cotation ... Z 35.

f) Expertise mécanique

Article R120-1

Il est alloué à chaque expert, pour une expertise mécanique complète portant sur un ou plusieurs véhicules automobiles, ordonnée par une juridiction siégeant à Paris ou dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne, à la suite d’accident de la circulation, à l’exclusion des examens simples ne portant que sur des organes déterminés du véhicule, et à l’exclusion de toute indemnité d’établissement de plans, prise de photographies et frais de séjour : [*francs*] 330 F.

Pour une expertise ordonnée dans les mêmes conditions, par les juridictions des autres départements, à l’exclusion de toute indemnité autre que les indemnités de transport et de séjour :

300 F.

Paragraphe 2 : Des personnes chargées des enquêtes sociales et de personnalité ou contribuant au contrôle judiciaire

Article R121

En sus du remboursement de leurs frais de déplacement, il est alloué aux personnes habilitées par arrêté du ministre de la Justice :

Pour la vérification de la situation matérielle, familiale ou sociale des personnes faisant l’objet d’une enquête, prévue par l’article 41 (alinéa 5) : 220 F.

Pour l’enquête sur la personnalité des inculpés ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale, prévue par l’article 81 (alinéa 6) : 330 F .

Article R121-1

En sus du remboursement de leurs frais de déplacement, il est alloué aux enquêteurs de personnalité et aux personnes physiques ou représentants des personnes morales mentionnées à l’article R. 16-2 (alinéa 1er) pour la mission de contrôle judiciaire exercée sur chaque inculpé en application du 6° de l’article 138 (alinéa 2) :

300 F lorsque la mission de contrôle judiciaire dure trois mois ou moins ;

600 F lorsque la mission de contrôle judiciaire dure plus de trois mois sans excéder un an ;

900 F lorsque la mission de contrôle judiciaire dure plus d’un an.

Paragraphe 3 : Des interprètes traducteurs

Article R122

Les traductions par écrit sont payées 60 F la page de texte français.

Lorsque les interprètes traducteurs sont appelés devant le procureur de la République, les officiers de police judiciaire ou leurs auxiliaires, devant les juges d’instruction ou devant les juridictions répressives pour faire les traductions orales, il leur est alloué :

1° Pour la première heure de présence, qui est toujours due en entier :

A Paris et dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne : 80 F ;

Dans les autres départements : 72 F ;

2° Par demi-heure supplémentaire, due en entier dès qu’elle est commencée : 40 F ou 36 F suivant la distinction ci-dessus.

Les sommes fixées par le présent article sont majorées de 25 % lorsque la traduction porte sur une langue autre que l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou l’italien.

Les interprètes traducteurs ont droit aux indemnités de voyage et de séjour prévues aux articles R. 110 et R. 111.

Section 3 : Des indemnités qui peuvent être accordées aux témoins et aux jurés

Paragraphe 1er : Des témoins

A : Règles générales

Article R123

Il peut être accordé aux témoins, s’ils le requièrent :

1. Une indemnité de comparution ;

2. Des frais de voyage ;

3. Une indemnité journalière de séjour.

Article R124

Les indemnités accordées aux témoins ne sont avancées par le Trésor qu’en tant qu’ils ont été cités ou appelés, soit à la requête du ministère public, soit en vertu d’une ordonnance rendue d’office dans les cas prévus aux articles 283 et 310 et à l’article 30 de la loi du 22 janvier 1851 sur l’assistance judiciaire.

Article R125

Les témoins cités ou appelés à la requête, soit des accusés, soit des parties civiles, reçoivent les indemnités ci-dessus mentionnées.

Elles leur sont payées par ceux qui les ont appelés en témoignage.

Article R127

Les militaires des armées de terre, de mer et de l’air, en activité de service, lorsqu’ils sont appelés en témoignage, n’ont droit à aucune taxe ni à aucune indemnité payables sur les fonds de justice criminelle, correctionnelle et de police, pour frais de voyage et de séjour, à moins qu’ils ne soient cités au lieu de leur domicile, pendant qu’ils sont en congé ou en permission, et qu’à la date de leur comparution ce congé ou cette permission, soit encore en cours.

Article R128

Les magistrats sont tenus d’énoncer, dans les mandats qu’ils délivrent au profit des témoins, que la taxe a été requise.

B : Indemnités de comparution

Article R129

Les témoins âgés de seize ans ou plus, appelés à déposer soit à l’instruction, soit devant les cours et tribunaux statuant en matière criminelle, correctionnelle ou de police reçoivent une indemnité de comparution déterminée par la formule suivante :

I = 10 + (S x 4) dans laquelle :

I est le montant de l’indemnité forfaitaire exprimée en francs ;

S le salaire minimum interprofessionnel de croissance tel qu’il est fixé au 1er janvier de l’année en cours.

Les témoins qui justifient d’une perte de salaire ou de traitement, au moyen d’une attestation délivrée par leur employeur ou chef de service, ont droit, en outre, à une indemnité supplémentaire calculée suivant la formule I = S x D dans laquelle :

S est le salaire minimum interprofessionnel de croissance déterminé comme ci-dessus ;

D la durée horaire de comparution, celle-ci ne pouvant excéder huit heures par jour ouvrable.

Article R130

Lorsque les enfants de moins de seize ans appelés en témoignage dans les conditions prévues à l’article précédent sont accompagnés par une personne sous l’autorité de laquelle ils se trouvent ou, par son délégué, cette personne a droit à l’indemnité prévue à l’article précédent.

Article R131

Lorsqu’il est constaté qu’un témoin, en raison de ses infirmités a dû être accompagné par un tiers, celui-ci a droit à l’indemnité prévue aux articles R. 129 et R. 130.

Article R132

Tout témoin a droit à l’indemnité prévue aux articles R. 129, R. 130 et R. 131 alors même qu’il lui est alloué une indemnité pour frais de voyage et de séjour.

C : Frais de voyage et de séjour

Article R133

Lorsque les témoins se déplacent, il leur est alloué sur justification une indemnité de transport qui est calculée ainsi qu’il suit :

1° Si le voyage est fait par chemin de fer, l’indemnité est égale au prix d’un billet de deuxième classe tant à l’aller qu’au retour ;

2° Si le voyage est fait par un autre service de transport en commun, l’indemnité est égale au prix d’un voyage, d’après le tarif de ce service, tant à l’aller qu’au retour ;

3° Si le voyage n’est pas fait par l’un des moyens visés ci-dessus, l’indemnité est fixé à 0,38 F par kilomètre parcouru, tant à l’aller qu’au retour ;

4° Si le voyage est fait par mer, il est accordé, sur le vu du duplicata du billet de voyage délivré par la compagnie de navigation, le remboursement du prix de passage en 2ème classe tant à l’aller qu’au retour ;

5° Si le voyage est fait par air, il est accordé sur le vu du billet de voyage délivré par la compagnie aérienne le remboursement du prix de passage sur la base du tarif de la classe la plus économique.

Les témoins, titulaires de permis de circulation ou jouissant à titre personnel ou en raison de leur emploi, de réductions de tarifs n’ont pas droit au remboursement des frais de transport pour la partie correspondant à l’exonération dont ils bénéficient. Les demandes de remboursement des frais de transport doivent être obligatoirement accompagnées d’une déclaration des intéressés certifiant qu’ils ne bénéficient pas, à quelque titre que ce soit, d’avantages de tarifs ou, dans le cas contraire, qu’ils ne bénéficient pas d’autres avantages que ceux dont il est fait état dans la demande.

Article R134

Lorsqu’un témoin se trouve hors d’état de subvenir aux frais de son déplacement, il lui est délivré, s’il le requiert et sur présentation d’une ordonnance rendue par le président du tribunal d’instance de sa résidence, un acompte sur l’indemnité qui lui sera due.

Cet acompte peut être égal au prix d’un billet aller et retour quand le voyage s’effectue par un service de transport qui délivre des billets d’aller et retour payables intégralement au moment du départ ; dans les autres cas, il ne doit pas excéder la moitié du montant de l’indemnité.

Le régisseur d’avances qui paie cet acompte en fait mention en marge ou au bas soit de la copie de la citation, soit de l’avertissement remis au témoin.

Article R135

Les témoins retenus en dehors de leur résidence par l’accomplissement de leurs obligations ont droit à une indemnité journalière calculée dans les conditions fixées à l’article R. 111.

Pour le calcul des taux journaliers, les témoins sont assimilés aux fonctionnaires du groupe III.

Article R138

Les indemnités de voyage et de séjour prévues aux articles R. 133 et suivants sont accordées aux personnes qui accompagnent des mineurs de seize ans ou des témoins malades ou infirmes dans les conditions précisées aux articles R. 130 et R. 131.

Paragraphe 2 : Des membres du jury criminel

Article R139

Il est accordé aux membres du jury criminel, s’ils le requièrent et quand il y a lieu :

1° Une indemnité de session ;

2° Des frais de voyage ;

3° Une indemnité journalière de séjour.

Article R140

Il est accordé aux jurés, pendant la durée de la session, une indemnité journalière déterminée par la formule suivante :

I = 40 + (S x 8), dans laquelle :

I est le montant de l’indemnité forfaitaire exprimé en francs ;

S le salaire minimum interprofessionnel de croissance tel qu’il est fixé au 1er janvier de l’année en cours.

Les jurés qui justifient d’une perte de salarié ou traitement, au moyen d’une attestation délivrée par leur employeur ou chef de service, ont droit, en outre, à une indemnité supplémentaire calculée suivant la formule suivante : I = S x D, dans laquelle :

S est le salaire minimum interprofessionnel de croissance déterminé comme ci-dessus ;

D la durée horaire de l’audience, celle-ci ne pouvant excéder huit heures par jour ouvrable.

Article R141

Lorsque les jurés se déplacent, il leur est alloué, sur justification, une indemnité de transport qui est calculée ainsi qu’il suit :

1° Si le voyage est fait par chemin de fer, l’indemnité est égale au prix d’un billet de première classe, tant à l’aller qu’au retour ;

2° Si le voyage est fait par un autre service de transport en commun, l’indemnité est égale au prix d’un voyage, d’après le tarif de ce service, tant à l’aller qu’au retour ;

3° Si le voyage n’est pas fait par l’un des moyens visés ci-dessus, l’indemnité est fixée selon les taux prévus pour les déplacements des personnels civils de l’Etat, utilisant leur voiture personnelle ;

4° Si le voyage est fait par mer, il est accordé, sur le vu du duplicata du billet de voyage délivré par la compagnie de navigation le remboursement du prix de passage en première classe ordinaire, tant à l’aller qu’au retour ;

5° Si le voyage est fait par air, il est accordé sur le vu du billet de voyage délivré par la compagnie aérienne le remboursement du prix de passage sur la base du tarif de la classe la plus économique.

Les jurés titulaires de permis de circulation ou jouissant, à titre personnel ou en raison de leur emploi, de réduction de tarif n’ont pas droit au remboursement des frais de transport pour la partie correspondant à l’exonération dont ils bénéficient. Les demandes de remboursement de frais de transport doivent être obligatoirement accompagnées d’une déclaration des intéressés certifiant qu’ils ne bénéficient pas, à quelque titre que ce soit, d’avantages de tarifs ou, dans le cas contraire, qu’ils ne bénéficient pas d’autres avantages que ceux dont il est fait état dans la demande.

Article R142

Les jurés retenus en dehors de leur résidence par l’accomplissement de leurs obligations ont droit à une indemnité journalière de séjour calculée dans les conditions fixées par l’article R. 111.

Pour le calcul des taux journaliers, les jurés sont assimilés aux fonctionnaires du groupe I.

Article R144

Les indemnités de session et de séjour pendant la durée de la session sont dues pour chaque journée où le juré titulaire ou supplémentaire a été présent à l’appel pour concourir à la formation du jury de jugement.

Les jurés complémentaires n’ont droit à l’indemnité de session que s’ils ont été inscrits sur la liste de service.

Article R145

Le président de la Cour d’assises délivre, jour par jour, aux membres du jury criminel qui en font la demande, les ordonnances de taxe correspondant aux indemnités journalières auxquelles ils ont droit.

Mention de ces ordonnances de taxe partielle est faite sur la copie de la notification délivrée aux jurés en exécution de l’article 267 pour être ensuite déduite de l’ordonnance de taxe définitive.

Article R146

Lorsqu’un juré se trouve hors d’état de subvenir aux frais de son déplacement, il lui est délivré, s’il le requiert et sur présentation d’une ordonnance rendue par le président du tribunal d’instance de sa résidence un acompte sur l’indemnité qui lui sera due. Le montant de cet acompte est déterminé conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article R. 134.

Le régisseur d’avances, qui paie cet acompte, en fait mention en marge et au bas de la notification délivrée au juré.

Section 4 : Des frais de garde des scellés, de mise en fourrière et de l’immobilisation décidée en application de l’article 43-3-3° bis du code pénal

Article R147

Dans les cas prévus aux articles 54, 56, 97 et 151, il n’est accordé de taxe pour la garde des scellés que lorsqu’il n’a pas été jugé à propos de confirmer cette garde à des habitants de l’immeuble où les scellés ont été apposés.

Dans ces cas, il est alloué pour chaque jour, pendant le premier mois, au gardien nommé d’office :

A Paris : 3 F ;

Dans les autres localités : 2 F. Le premier mois écoulé, ces indemnités sont réduites de moitié.

Lorsque les scellés sont apposés sur des véhicules automobiles, les tarifs des frais de garde sont fixés ainsi qu’il est prévu par l’article R. 289 du Code de la Route.

Article R147-1

Le tarif des frais de garde entraînés par l’immobilisation d’un véhicule décidée en application de l’article 43-3-3° bis du Code pénal est celui qui est fixé conformément à l’article R. 289 du Code de la route.

Article R148

Les animaux et tous les objets périssables, pour quelque cause qu’ils soient saisis, ne peuvent rester en fourrière ou sous le séquestre plus de huit jours.

Après ce délai, la mainlevée provisoire doit, en principe, être accordée.

S’ils ne doivent ou ne peuvent être restitués, ils sont mis en vente, et les frais de fourrière sont prélevés sur le produit de la vente par privilège et de préférence à tous autres.

Article R149

La mainlevée provisoire de la mise sous séquestre des animaux et des objets périssables est ordonnée par le président du tribunal d’instance ou par le juge d’instruction, moyennant caution et paiement des frais de fourrière et de séquestre.

Si lesdits animaux ou objets doivent être vendus, la vente est ordonnée par les mêmes magistrats.

Cette vente est faite à l’enchère au marché le plus voisin à la diligence du comptable des impôts.

Le jour de la vente est indiqué par affiche, vingt-quatre heures à l’avance, à moins que la modicité de l’objet ne détermine le magistrat à en ordonner la vente sans formalité, ce qu’il exprime dans son ordonnance.

Le produit de la vente est versé dans la caisse du comptable direct du Trésor, pour en être disposé, ainsi qu’il est ordonné par le jugement définitif.

Section 5 : Des frais de copie

B : Expéditions

a) Délivrance des expéditions

Article R154

Dans le cas de renvoi des accusés, soit devant une autre juridiction d’instruction, soit devant une autre Cour d’assises, s’ils ont déjà reçu la copie des pièces prescrites à l’article 279, il ne peut leur être délivré une nouvelle copie payée sur les frais généraux de justice criminelle, correctionnelle et de police.

Mais tout accusé, renvoyé devant la Cour d’assises, peut se faire délivrer à ses frais une expédition des pièces de la procédure, même de celles qui ne sont pas comprises dans la copie délivrée gratuitement.

Le même droit appartient à la partie civile et aux personnes civilement responsables.

Article R155

En matière criminelle, correctionnelle ou de police, et sans préjudice, le cas échéant, de l’application des dispositions des articles 91 et D. 32, il peut être délivré aux parties et à leurs frais :

1° Sur leur demande, expédition de la plainte ou de la dénonciation des ordonnances définitives, des arrêts, des jugements, des ordonnances pénales et des titres exécutoires prévus à l’article L. 27-I, alinéa 2, du Code de la route ;

2° Avec l’autorisation du procureur de la République ou du procureur général selon le cas, expédition de toutes les autres pièces de la procédure, notamment, en ce qui concerne les pièces d’une enquête terminée par une décision de classement sans suite.

Article R156

En matière criminelle, correctionnelle ou de police, aucune expédition autre que celle des arrêts, jugements, ordonnances pénales définitifs et titres exécutoires ne peut être délivrée à un tiers sans une autorisation du procureur de la République ou du procureur général, selon le cas, notamment en ce qui concerne les pièces d’une enquête terminée par une décision de classement sans suite.

Toutefois, dans les cas prévus au présent article et à l’article précédent, l’autorisation doit être donnée par le procureur général lorsqu’il s’agit de pièces déposées au greffe de la cour ou faisant partie d’une procédure close par une décision de non-lieu ou d’une affaire dans laquelle le huis clos a été ordonné.

Dans les cas prévus au présent article et à l’article précédent si l’autorisation n’est pas accordée, le magistrat compétent pour la donner doit notifier sa décision en la forme administrative et faire connaître les motifs du refus.

Article R157

Toutes les fois qu’une procédure en matière criminelle, correctionnelle ou de police est transmise à quelque cour ou tribunal que ce soit, ou au ministère de la Justice, la procédure et les pièces sont envoyées en minutes, à moins que le ministre de la Justice ne désigne des pièces pour être expédiées par copies ou par extraits.

Article R158

Dans tous les cas où il y a envoi des pièces d’une procédure, le greffier est tenu d’y joindre un inventaire, qu’il dresse sans frais, ainsi qu’il est prescrit à l’article 586.

Article R159

Sont seuls expédiés dans la forme exécutoire les arrêts, jugements, ordonnances pénales et ordonnances de justice que les parties ou le ministère public demandent dans cette forme.

Article R160

Ne doivent pas être insérés dans la rédaction des arrêts et jugements les réquisitoires ou plaidoyers prononcés soit par le ministère public, soit par les défenseurs des prévenus ou accusés, mais seulement leurs conclusions.

b) Droits d’expédition et de copie

Article R165

En matière pénale, la délivrance, lorsqu’elle est autorisée, de reproductions de pièces de procédures autres que les décisions est rémunérée à raison de 3 F. par page.

Cette délivrance est gratuite pour la première reproduction de chaque acte lorsqu’elle est demandée par un avocat commis d’office ou désigné au titre de l’aide judiciaire ou lorsque la gratuité est prévue par une disposition particulière.

c) Expéditions délivrées par les surveillants chefs des maisons d’arrêt.

Article R166

Il est alloué un droit fixe de 0,50 F au surveillant chef de la maison d’arrêt pour l’expédition de l’acte d’écrou qui doit être jointe au dossier, soit dans le cas prévu à l’article 583, soit pour assurer l’exécution des dispositions de la loi du 17 juillet 1970 relative à la tutelle pénale.

E : Indemnités

Article R176

Au cas d’exécution d’un arrêt portant condamnation à mort, le secrétaire greffier en chef de la cour, du tribunal de grande instance ou du tribunal d’instance du lieu de l’exécution est tenu d’y assister, d’en dresser procès-verbal qu’il transcrit au bas de l’arrêt et de faire parvenir à l’officier de l’état civil les renseignements prescrits par le code civil.

Article R178

Les greffiers qui accompagnent les magistrats ont droit aux indemnités de transport et de séjour prévues pour ces derniers à la section VII du présent chapitre.

Section 6 : Des émoluments et indemnités alloués aux huissiers de justice et aux agents de la force publique

Paragraphe 1er : Service d’audience des huissiers de justice

Article R179

Les huissiers de justice ne reçoivent aucun traitement fixe. Il leur est seulement accordé des émoluments à raison des actes confiés à leur ministère.

Article R180

Par dérogation au principe posé dans l’article précédent, il est payé une indemnité annuelle de 1150 F à chacun des six huissiers de justice audienciers chargés du service de la Cour d’assises de Paris.

Paragraphe 2 : Citations et significations

Article R181

Il est alloué aux huissiers de justice pour toutes citations en matière criminelle, correctionnelle et de police, pour les significations des mandats de comparution, pour toutes significations d’ordonnances, jugements et arrêts et tous autres actes ou pièces en matière criminelle, correctionnelle et de police, une somme forfaitaire de 18 F pour l’original, les copies et l’envoi par lettre recommandée avec avis de réception prévue par les articles 557 et 558 et ce, en sus du coût d’affranchissement.

Article R182

Dans les cas prévus à l’article précédent, il est alloué, en outre, aux huissiers de justice une somme de 36 F si la délivrance de l’acte a été faite à personne.

Article R183

Lorsqu’il n’a pas été délivré au ministère public d’expédition des actes ou jugements à signifier, les significations sont faites par les huissiers de justice sur les minutes qui leur sont confiées par les greffiers contre récépissé, à la charge par eux de les rétablir au greffe dans les vingt-quatre heures qui suivent la signification.

Lorsqu’un acte ou jugement a été remis en expédition au ministère public, la signification est faite sur cette expédition sans qu’il en soit délivré une seconde pour cet objet.

Article R184

Les copies de tous actes, jugements et pièces à signifier sont toujours faites par les huissiers de justice ou leurs clercs.

Article R185

Lorsqu’il doit être donné copie de certaines pièces, il est alloué, quel que soit le nombre de pages copiées, une somme forfaitaire de 6 F en matière de police et de 9 F en matière correctionnelle et criminelle.

Article R187

Sauf disposition spéciale des lois et règlements il n’est alloué aucune taxe aux agents de la force publique à raison des citations, notifications et significations dont ils peuvent être chargés par les officiers de police judiciaire et par le ministère public.

Paragraphe 3 : Exécution des mandats d’amener, de dépôt et d’arrêt et des mesures de contrainte exercées contre les témoins défaillants - Capture en exécution d’une ordonnance de prise de corps, d’un jugement ou d’un arrêt

Article R188

L’exécution des mandats d’amener, de dépôt et d’arrêt, des ordonnances de prise de corps, des arrêts et jugements de condamnation, des mesures de contrainte exercées contre les témoins défaillants en vertu des articles 109, 110 et 153, est confiée aux militaires de la gendarmerie autres que les officiers et aux fonctionnaires de police autres que les commissaires et commissaires adjoints, ainsi qu’aux gardes champêtres et aux chefs de district et agents techniques des eaux et forêts.

Article R189

Des primes sont allouées aux agents de la force publique dans les conditions fixées aux articles R. 190 et R. 191 lorsqu’il y a eu exécution forcée et que l’arrestation a nécessité des recherches spéciales dûment constatées.

Il n’y a pas lieu de distinguer, au point de vue du droit à l’allocation, suivant que l’agent qui a opéré l’arrestation était porteur du mandat ou de l’extrait de jugement ou d’arrêt ou avait été simplement avisé de l’existence de cette pièce par une circulaire ou par une insertion à un bulletin de police.

La gratification la plus élevée est seule accordée si le prévenu, accusé ou condamné était sous le coup de plusieurs mandats, ordonnances de prise de corps, arrêts ou jugements de condamnations.

Article R190

Il est alloué aux personnes mentionnées à l’article R188, pour l’exécution des mandats d’amener ou des mesures de contrainte exercées contre les témoins défaillants en vertu des articles 109, 110 et 153, une prime de 5 F.

Article R191

Il est alloué aux personnes mentionnées à l’article R. 188, pour capture ou saisie de la personne, en exécution :

1° D’un jugement de police ou d’un jugement ou arrêt correctionnel prononçant une peine d’emprisonnement n’excédant pas dix jours : 5 F.

2° D’un mandat d’arrêt ou d’un jugement ou arrêt en matière correctionnelle emportant peine d’emprisonnement de plus de dix jours : 7 F.

3° D’une ordonnance de prise de corps ou d’un arrêt de condamnation à une peine de réclusion criminelle à temps n’excédant pas dix ans : 10 F.

4° D’un arrêt de condamnation à une peine de réclusion criminelle à temps excédant dix ans ou à une peine plus forte : 20 F.

Paragraphe 4 : Exécution des arrêts de contumace

Article R192

Pour les affiches de l’ordonnance qui, aux termes des articles 627 et 628, doit être rendue et publiée contre les contumax, y compris le procès-verbal de la publication, il est alloué aux huissiers de justice une indemnité de 7,50 F.

Article R193

Il est alloué aux huissiers de justice pour l’apposition de chacun des trois extraits de l’arrêt de condamnation par contumace qui doit être affiché, conformément à l’article 634, et pour la rédaction du procès-verbal constatant l’accomplissement de cette formalité, un droit de 3,75 F.

Paragraphe 5 : Frais de voyage et de séjour

Article R194

Il est alloué aux huissiers de justice, qui se transportent hors de la commune de leur résidence, l’indemnité prévue à l’article R110.

Les huissiers de justice titulaires de permis de circulation ou jouissant à titre personnel ou en raison de leur emploi, de réductions de tarifs, n’ont pas droit au remboursement des frais de transport pour la partie correspondant à l’exonération dont ils bénéficient. Les demandes de remboursement de frais de transport doivent être obligatoirement accompagnées d’une déclaration des intéressés certifiant qu’ils ne bénéficient pas, à quelque titre que ce soit, d’avantages de tarifs, ou dans le cas contraire, qu’ils ne bénéficient pas d’autres avantages que ceux dont il est fait état dans la demande.

Il n’est dû aucun transport dans les limites des villes ou chefs-lieux de commune, telles qu’elles sont actuellement fixées.

Article R195

Il est alloué, à compter du second jour, une indemnité de 30 F par jour aux huissiers de justice retenus en dehors de leur résidence soit par l’accomplissement de leurs fonctions, soit en raison de la durée du déplacement, soit par un cas de force majeure dûment constatée.

Paragraphe 6 : Dispositions générales

Article R196

Pour faciliter la vérification de la taxe des mémoires des huissiers, il est tenu au parquet de chaque cour et tribunal un registre des actes de ces officiers ministériels. Chaque affaire y est sommairement désignée, et en marge ou à la suite de cette désignation sont relatés, par ordre de dates, l’objet et la nature des diligences à mesure qu’elles sont faites, ainsi que le montant des émoluments qui y sont affectés.

Article R197

Les procureurs généraux et les procureurs de la République examinent en même temps les écritures, afin de s’assurer qu’elles sont conformes aux prescriptions de l’article R. 185, et ils réduisent au taux convenable le prix des écritures qui ne seraient pas dans la proportion établie par ledit article.

Article R198

Tout huissier de justice qui refusera d’instrumenter dans une procédure suivie à la requête du ministère public ou de faire le service auquel il est tenu près la cour ou le tribunal et qui, après injonction à lui faite par le procureur général ou le procureur de la République, persistera dans son refus, sera destitué, sans préjudice de tous dommages-intérêts et des autres peines qu’il aura encourues.

Article R199

Les huissiers de justice ne peuvent, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit, exiger d’autres ou de plus forts droits que ceux qui leur sont alloués par le présent titre.

Par dérogation à la règle établie à l’alinéa précédent, sont fixés conformément aux tarifs en matière civile, sauf pour les parties civiles visées à l’article R247, les frais des actes délivrés à la requête des parties civiles après l’extinction de l’action publique et en vue de faire statuer uniquement sur les intérêts civils.

Ces frais sont à la charge des intéressés et ne sont pas imputables sur les crédits de la justice criminelle.

Section 7 : Indemnités de transport et de séjour accordées aux magistrats et aux greffiers

Article R200

Il est alloué aux magistrats et aux personnels exerçant les fonctions de greffier des indemnités pour frais de voyage et de séjour nécessités :

1° Par les transports effectués en matière criminelle, correctionnelle ou de police, dans les cas prévus par le Code de procédure pénale, notamment aux articles 54, 56, 62, 63, 68, 69, 72, 74, 92, 93, 112, 151, 205, 654, 680 et 713 ou par des lois spéciales ;

2° Par les transports du président de la chambre d’accusation à l’effet de s’assurer du bon fonctionnement des cabinets d’instruction du ressort de la cour d’appel, conformément aux dispositions de l’article 220 ;

3° Par les transports des juges des tribunaux d’instance pour l’établissement de la liste annuelle du jury ;

4° Par les transports des magistrats de la cour d’appel qui siègent comme présidents ou assesseurs dans une cour d’assises tenue hors du chef-lieu du ressort, et du procureur général ou de ses substituts qui vont y porter la parole, sans qu’il y ait lieu de distinguer entre les sessions ordinaires et extraordinaires, ainsi que du procureur de la République lorsqu’il occupe le siège du ministère public devant les tribunaux d’instance de son ressort, en application de l’article 45 du présent code ou de l’article 4 de l’ordonnance n° 58-1273 du 22 décembre 1958 ;

5° Par les transports des commissaires de police, ou des officiers de police désignés par le procureur général, conformément aux articles 46 et 48, pour occuper le siège du ministère public près le tribunal de police d’une autre ville que celle où ils exercent leurs fonctions ;

6° Par le transport des magistrats, entre autres, du président de la chambre d’accusation, du juge d’instruction, du juge des enfants ou du juge de l’application des peines, du procureur général ou du procureur de la République, à l’effet de se rendre dans un établissement pénitentiaire dans les cas prévus notamment aux articles 222, 722, 723, 727 et 730 du Code de procédure pénale ainsi qu’à l’article R2 du Code pénal ;

7° Par le transport d’un magistrat pour recevoir la déclaration de nationalité souscrite par un détenu ou pour lui en notifier le refus pour cause d’indignité ;

8° Par le transport du procureur de la République sur l’ordre du procureur général pour procéder à la vérification des greffes ou à celles des registres de l’état civil ;

9° Par le transport des magistrats pour visiter les hôpitaux psychiatriques, les établissements d’éducation surveillée et les services de la liberté surveillée ainsi que les établissements privés habilités par le ministère de la Justice ;

10° Par le transport des magistrats, en vertu de l’article 490-3 du Code civil, pour visiter les majeurs protégés par la loi.

Article R201

Les indemnités prévues par l’article R200 sont calculées sur la base des règles relatives aux conditions et modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu’ils sont à la charge des budgets de l’Etat, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains organismes subventionnés.

Article R202

Dans les cas prévus à l’article R. 200 (1°) les indemnités allouées par les articles R. 203, R. 204 et R. 205 sont dues, soit que le transport ait été effectué spontanément ou par délégation en exécution d’une commission rogatoire, soit qu’il s’agisse d’une information régulière ou d’une enquête officieuse ordonnée par l’autorité supérieure compétente.

Section 8 : Du port des lettres et paquets

Article R208

Les droits relatifs à la correspondance postale, télégraphique et téléphonique sont perçus pour chaque affaire criminelle, correctionnelle ou de police dans les conditions fixées et d’après le tarif établi par des lois spéciales.

Article R209

Les frais postaux ou télégraphiques sont payés par le régisseur d’avances, soit au moyen de l’avance consentie par le comptable direct du Trésor, soit par prélèvement autorisé sur la somme consignée par la partie civile constituée par acte initial.

Section 9 : Des frais d’impression

Article R210

Les seules impressions qui doivent être payées à titre de frais de justice sont :

1° Celles des jugements et arrêts dont l’affichage ou l’insertion ont été ordonnés par la cour ou le tribunal ;

2° Celles des signalements individuels de personnes arrêtées dans les cas exceptionnels où l’envoi de ces signalements aurait été reconnu indispensable ;

3° Celle de l’arrêt ou du jugement de révision d’où résulte l’innocence d’un condamné et dont l’affichage est prescrit par l’article 626, alinéas 9 et 10.

Article R211

Les placards destinés à être affichés sont transmis aux maires qui les font apposer dans les lieux accoutumés aux frais de la commune.

Article R212

Les impressions payées à titre de frais de justice, criminelle, correctionnelle et de police sont faites en vertu de marchés passés pour chaque ressort de cour ou de tribunal par le procureur général ou le procureur de la République, suivant le cas, et qui ne peuvent être exécutés qu’avec l’approbation préalable du ministre de la Justice.

Toutefois, à défaut d’un tel marché, il peut être traité de gré à gré chaque fois qu’une impression doit être faite. Les imprimés joignent à chaque article de leur mémoire un exemplaire de l’objet imprimé comme pièce justificative.

Section 10 : Des frais d’exécution des arrêts

Article R213

Des règlements spéciaux déterminent les dépenses nécessaires pour l’exécution des arrêts criminels et règlent le mode de leur paiement.

Le ministre de la Justice peut accorder, sur les fonds généraux des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police, sur l’avis des procureurs généraux et des préfets, des secours alimentaires aux exécuteurs infirmes ou sans emploi, à leurs veuves et à leurs orphelins, jusqu’à l’âge de douze ans.

Chapitre III : Des dépenses assimilées à celles de l’instruction des procès criminels

Section 1 : Règles générales

Article R214

Dans les procédures assimilées, au point de vue des dépenses, aux procès criminels, correctionnels et de police, les frais sont avancés par les régisseurs d’avances, conformément aux dispositions du présent titre, mais ils sont taxés et liquidés d’après le tarif et suivant les règles de chaque juridiction compétente.

Leur mode de paiement est celui du présent titre.

Article R215

Par dérogation à la règle établie à l’article précédent, sont payés conformément au tarif fixé par le présent titre, les frais des poursuites exercées devant le tribunal civil ou devant la cour d’appel :

1° Pour contravention aux lois sur la tenue des registres de l’état civil, dans les cas prévus aux articles 50 et 53 du code civil, et sur la célébration des mariages, dans le cas prévu à l’article 192 du code civil ;

2° Pour infractions disciplinaires commises par des officiers publics ou ministériels.

Section 2 : Règles spéciales

Paragraphe 1 : Aide judiciaire.

Article R216

En matière d’aide judiciaire, les frais qui sont exposés dans les instances portées devant les juridictions administratives sont admis en dépense par le ministre de la Justice.

Si au cours de l’instance suivie avec le bénéfice de l’aide judiciaire devant un tribunal administratif, des témoins sont appelés à déposer, l’indemnité qui leur est allouée, après taxation régulière par le président du tribunal administratif, est acquittée provisoirement et sans délai par le comptable direct du Trésor.

Paragraphe 3 : Frais engagés d’office en matière de scellés.

Article R218

Les frais engagés d’office en matière de scellés sont à la charge de la succession, et le recouvrement en est poursuivi conformément à la loi du 5 septembre 1807 relative au mode de recouvrement des frais de justice au profit du Trésor public en matière criminelle, correctionnelle et de police.

Paragraphe 4 : Inscriptions hypothécaires requises par le ministère public

Article R219

Les frais des inscriptions hypothécaires prises d’office par le ministère public sont avancés par les régisseurs d’avances, sauf recouvrement ultérieur contre les intéressés.

Paragraphe 5 : Recouvrement des amendes

Article R220

Les frais de recouvrement des amendes prononcées dans les cas prévus par le code de procédure pénale et par le code pénal sont taxés conformément aux tarifs en matière civile.

Ces frais ne sont point imputés sur les fonds généraux des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police ; l’avance et la régularisation en sont effectuées par les soins des comptables du Trésor.

Paragraphe 6 : Transport des registres et archives.

Article R221

lorsqu’il y a lieu de déplacer des registres, minutes et autres papiers d’un greffe ou des archives d’une cour ou d’un tribunal, il est dressé sans frais par le greffier, et, à son défaut, par le président de la cour ou du tribunal, suivant le cas, un bref état des registres et papiers à transporter.

Si les archives déplacées sont celles d’un parquet, l’inventaire est dressé, suivant le cas, par le procureur général, le procureur de la République, ou l’officier du ministère public près le tribunal de police, et, à défaut de ce dernier, par le président du tribunal de police.

Chapitre IV : Du paiement et du recouvrement des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police

Section 1 : Du paiement des frais

Article R222

Les parties prenantes dressent leurs états ou mémoires de frais de justice en un exemplaire, sur papier non timbré, conformément aux modèles arrêtés par le ministère de la justice.

Tout état ou mémoire fait au nom de deux ou plusieurs parties prenantes doit être signé par chacune d’elles ; le paiement ne peut être fait que sur leur acquit individuel ou sur celui de la personne qu’elles ont autorisée, spécialement et par écrit, à percevoir le montant de l’état ou mémoire. Cette autorisation est mise au bas de l’état et ne donne lieu à la perception d’aucun droit.

Paragraphe 1er : Présentation des états et des mémoires

Section 1 : Du mode de paiement

Paragraphe 1er : Délivrance de l’ordonnance de taxe.

Article R222

Les frais de justice criminelle, correctionnelle et de police, sont payés sur les états ou mémoires des parties prenantes.

Article R223

Sous peine de rejet, les états ou mémoires sont dressés conformément aux modèles arrêtés par le ministre de la Justice.

Article R224

Les parties prenantes dressent leurs états ou mémoires de frais de justice en un exemplaire sur papier non timbré.

Tout état ou mémoire fait au nom de deux ou plusieurs parties prenantes doit être signé par chacune d’elles ; le paiement ne peut être fait que sur leur acquit individuel ou sur celui de la personne qu’elles ont autorisée, spécialement et par écrit, à toucher le montant de l’état ou mémoire. Cette autorisation est mise au bas de l’état et ne donne lieu à la perception d’aucun droit.

Article R225

La partie prenante dépose ou adresse son état ou mémoire au parquet près la juridiction compétente.

Lorsque le mémoire porte sur des frais devant une juridiction de l’ordre judiciaire autre que le tribunal de grande instance, le parquet compétent est celui du ressort dans lequel la juridiction a son siège.

Le magistrat du ministère public transmet l’état ou mémoire, assorti de ses réquisitions, au magistrat taxateur.

Article R226

Le président de chaque juridiction ou le magistrat qu’il délègue taxe tous les états ou mémoires relatifs à des frais engagés sur l’ordre des autorités appartenant à cette juridiction ou des personnes agissant sous le contrôle de ces autorités.

Les frais faits en vertu des ordres d’un juge d’instruction ou d’un juge des enfants sont taxés par ce magistrat.

Toutefois, lorsque les états ou mémoires portent sur des frais engagés par un huissier de justice pour des actes effectués en dehors de la juridiction qui a rendu la décision, ils sont taxés selon le montant des frais, par le président du tribunal de grande instance ou du tribunal d’instance, dans le ressort duquel l’huissier a sa résidence.

Article R226

Le président de chaque juridiction ou le magistrat qu’il délègue taxe tous les états ou mémoires relatifs à des frais engagés sur l’ordre des autorités appartenant à cette juridiction ou des personnes agissant sous le contrôle de ces autorités.

Les frais faits en vertu des ordres d’un juge d’instruction ou d’un juge des enfants sont taxés par ce magistrat.

Toutefois, lorsque les états ou mémoires portent sur des frais engagés par un huissier de justice pour des actes effectués en dehors de la juridiction qui a rendu la décision, ils sont taxés selon le montant des frais, par le président du tribunal de grande instance ou du tribunal d’instance, dans le ressort duquel l’huissier a sa résidence.

Article R227

Lorsque les réquisitions du ministère public tendent à ce que la demande de la partie prenante soit accueillie sans modification, l’ordonnance de taxe n’est susceptible d’aucun recours si le montant de la somme allouée est conforme à ladite demande.

Dans ce cas, le mémoire est revêtu par le chef du secrétariat-greffe de la mention Taxe définitive.

Article R228

Lorsque la taxe diffère soit de la demande de la partie prenante, soit des réquisitions du ministère public, un exemplaire de l’ordonnance de taxe est notifié par le secrétaire-greffier au parquet et notifié en la forme administrative ou par lettre recommandée à la partie prenante.

Le ministère public et la partie prenante disposent d’un délai de dix jours à compter de cette notification pour former un recours contre l’ordonnance de taxe.

Ces recours sont formés par déclaration au greffe du magistrat taxateur ou par lettre recommandée adressée à ce greffe.

La partie prenante est informée du recours du procureur de la République en la forme administrative ou par lettre recommandée.

Les recours sont portés devant la chambre de l’instruction quelle que soit la juridiction à laquelle appartient le magistrat taxateur ou, si les frais ont été exposés devant la Cour de sûreté de l’Etat, devant la chambre de contrôle de l’instruction.

Le pourvoi en cassation est ouvert dans tous les cas sous réserve des dispositions du premier alinéa de l’article 46 de la loi n° 63-23 du 15 janvier 1963.

Article R229

Les dispositions des articles R222 à R228 ne sont pas applicables à la taxe :

1° Des indemnités des témoins, des jurés et des interprètes ;

2° Des dépenses de toute nature inférieures à un maximum fixé par les instructions du ministre de la Justice.

Dans ces cas, la taxe du magistrat compétent est apposée sans réquisitoire du parquet sur les réquisitions, convocations ou copies de citation, états ou mémoires des parties prenantes.

Article R229-1

Dans les cas prévus à l’article R. 229, lorsque la taxe diffère de la demande de la partie prenante, cette dernière peut, dans les dix jours de la perception de la somme qui lui a été allouée adresser une simple réclamation au magistrat du ministère public qui saisit de ses réquisitions le magistrat taxateur.

Il est procédé conformément aux dispositions des articles R. 227 et R. 228.

Article R231

Les contestations relatives à la liquidation des dépens en matière d’ordonnance pénale sont portées devant le juge qui a prononcé la condamnation, dans les conditions prévues aux articles 710 et suivants du Code de procédure pénale.

Paragraphe 2 : Paiement.

Article R233

Toutes les fois qu’il y a partie civile en cause et que celle-ci n’a pas obtenu le bénéfice de l’aide judiciaire, les ordonnances de taxe concernant les frais d’instruction, expédition et signification des jugements sont décernées contre la partie civile s’il y a consignation.

Dans tous les cas où la consignation n’a pas été faite ou si elle est insuffisante, les ordonnances sont notifiées pour exécution au comptable direct du Trésor.

Section 2 : De la consignation par la partie civile pour frais de procédure

Article R236

En matière criminelle, correctionnelle ou de police, et sans préjudice en ce qui concerne l’instruction des dispositions de l’article 88, la partie qui n’a pas obtenu l’aide judiciaire est tenue, sous peine de non-recevabilité, de déposer au greffe la somme présumée nécessaire pour les frais de la procédure toutes les fois que, devant une juridiction d’instruction ou de jugement, son action n’est pas jointe à l’action préalable du ministère public.

En cas de citation directe devant le tribunal ou en cas d’appel, la juridiction saisie fixe le montant de la consignation à la première audience où l’affaire est portée.

Un supplément de consignation peut être exigé au cours des poursuites, soit pendant l’instruction, soit devant la juridiction de jugement, dès que le reliquat paraît insuffisant pour assurer le paiement de tous les frais, y compris l’enregistrement du jugement.

Il ne peut être exigé aucune rétribution pour la garde de ce dépôt, à peine de concussion.

Article R239

Les sommes non employées sont remises, sur simple récépissé, à la partie civile, lorsque l’affaire est terminée par une décision qui, à l’égard de la partie civile, a force de chose jugée.

Toutefois, lorsque la partie civile a succombé, elle ne peut obtenir le remboursement des sommes non employées qu’après avoir justifié du paiement des frais mis à sa charge ou après avoir autorisé le chef du secrétariat-greffe à faire payer par le régisseur lesdits frais par prélèvement sur la consignation.

Article R240

Pour obtenir le remboursement des sommes qui ont servi à solder les frais de la procédure, la partie civile qui n’a pas succombé ou la partie civile de bonne foi qui a été déchargée de la totalité ou d’une partie des frais, doit établir un mémoire qui est taxé par le président de la cour d’assises, par le président de la cour d’appel ou du tribunal dans les conditions prévues pour la taxe aux articles R222 et suivants.

Ce mémoire est payé comme les autres frais de justice criminelle, correctionnelle ou de police par le régisseur d’avances.

Section 3 : De la liquidation et du recouvrement des frais

Paragraphe 1er : Liquidation des frais

Article R241

Sont déclarés dans tous les cas à la charge de l’Etat et sans recours envers les condamnés :

1° Les frais de voyage et de séjour des magistrats délégués pour la tenue des cours d’assises ;

2° Les frais de transport et de séjour des juges des tribunaux d’instance pour l’établissement de la liste annuelle du jury ;

3° Toutes les indemnités payées aux jurés ;

4° Les frais de transport des prévenus et accusés dans les cas prévus à l’article R100 ;

5° Les indemnités et les frais payés aux enquêteurs de personnalité et aux personnes physiques ou représentants de personnes morales désignés par le juge d’instruction pour l’application du contrôle judiciaire ;

6° Toutes les dépenses pour l’exécution des arrêts criminels ;

7° Les frais exposés devant la commission prévue à l’article 16-2.

Article R242

Il est dressé pour chaque affaire criminelle ou de police, un état de liquidation des frais autres que ceux qui sont à la charge de l’Etat sans recours envers les condamnés.

Au cours de l’instruction, cet état est dressé par le greffier d’instruction au fur et à mesure des frais comme il est dit à l’article 81, alinéa 2.

Cette liquidation doit être insérée soit dans l’ordonnance, soit dans l’arrêt, le jugement ou l’ordonnance pénale qui prononce la condamnation aux frais.

Lorsque cette insertion ne peut être faite, le juge décerne exécutoire contre qui de droit, au bas de l’état même de liquidation.

Article R243

Pour faciliter la liquidation, les officiers de police judiciaire et les juges d’instruction, aussitôt qu’ils ont terminé leurs fonctions relativement à chaque affaire, doivent joindre aux pièces un relevé des frais auxquels ont donné lieu les actes dont ils ont été chargés.

Article R244

Le greffier doit remettre au trésorier-payeur général, dès que la condamnation est devenue définitive, un extrait de l’ordonnance, jugement ou arrêt, pour ce qui concerne la liquidation et la condamnation au remboursement des frais ou une copie de l’état de liquidation rendu exécutoire.

Paragraphe 2 : Personnes contre lesquelles le recouvrement des frais peut être poursuivi

Article R245

Conformément aux articles 366, 473 à 477, 514, 543 et 549 du Code de procédure pénale et 55 du Code pénal, tout arrêt, tout jugement ou toute ordonnance pénale de condamnation doit assujettir au remboursement des frais les condamnés et les personnes civilement responsables.

Au cas où l’annulation d’une procédure est fondée sur une nullité qui n’est le fait du condamné ou des personnes civilement responsables, ceux-ci ne peuvent être tenus des frais nécessités par cette procédure.

Le juge peut ne pas mettre à la charge de la partie qui succombe, quelle qu’elle soit, les frais qu’il déclare frustratoires.

Article R246

En matière criminelle, correctionnelle et de police, et sans préjudice des dispositions de l’article 177, alinéa 4, la partie civile qui n’a pas succombé n’est jamais tenue des frais, sauf de ceux occasionnés par elle et qui ont été déclarés frustratoires.

Le montant de la consignation par elle effectuée lui est restitué dans les conditions prévues aux articles R239 et R240.

Article R247

Sont assimilés aux parties civiles, sauf en ce qui concerne la consignation préalable :

1° Toute administration publique, relativement aux procès suivis, soit à sa requête, soit d’office et dans son intérêt ;

2° Les départements, les communes et les établissements publics dans les procès instruits à leur requête ou d’office pour les délits commis contre leurs domaines publics ou privés.

Paragraphe 3 : Régularisation des dépenses - Recouvrement

Article R249

Le recouvrement des frais de justice payés par les régisseurs d’avances qui ne restent pas définitivement à la charge de l’Etat est poursuivi à la diligence des comptables du Trésor par toutes voies de droit et notamment celle de la contrainte judiciaire s’il y a lieu.

Dispositions générales

Article R250

Le présent code, ainsi que les règlements qui le modifient, est applicable aux départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de la Réunion et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Partie réglementaire - Décrets simples

Livre Ier : De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

Titre Ier : Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction

Chapitre Ier : De la police judiciaire

Section 1 : Dispositions générales

Article D2

Les officiers de police judiciaire des différents corps ou services entretiennent, à tous les échelons, des relations de coopération et d’aide réciproque.

En principe, les relations s’établissent entre les commissaires divisionnaires, chefs de service, et les chefs de corps de gendarmerie ; entre les commissaires ou officiers de police d’une part, et les commandants de compagnie ou commandants de brigade de gendarmerie d’autre part.

Article D3

Dès qu’il est informé d’un crime ou délit flagrant, l’officier de police judiciaire local prévient le procureur de la République et, dans le cadre des dispositions réglementaires propres à chaque corps ou service, provoque l’enquête ou y procède conformément aux prescriptions du Code de procédure pénale.

Le magistrat compétent apprécie souverainement, dans chaque cas d’espèce, en fonction de la nature et des circonstances de l’affaire des hypothèses qu’elle autorise et de l’étendue des recherches à entreprendre, s’il y a lieu de dessaisir l’officier de police judiciaire qui a commencé l’enquête ou de lui laisser poursuivre pour tout ou partie les investigations.

Les officiers de police judiciaire de la gendarmerie donnent avis aux organismes de police de tout fait paraissant constituer un crime ou un délit d’un caractère particulier en raison de son objet, de ses circonstances ou de son auteur et tels que ceux énumérés à l’article suivant *obligation*.

La même obligation s’impose aux officiers de police judiciaire de la sûreté nationale à l’égard des services de gendarmerie.

Article D4

Le magistrat fait appel aux fonctionnaires relevant des services de police judiciaire dans les cas de nécessité, en tenant compte des possibilités que procurent à l’officier de police judiciaire premier saisi sa rapidité d’intervention, ses sources d’information, sa connaissance de l’affaire et du milieu humain.

Le concours de ces fonctionnaires peut se révéler indispensable lorsque la poursuite de l’enquête exige :

Soit une spécialisation technique : infractions d’ordre commercial, financier ou bancaire, infractions économiques, traite des femmes, trafic d’or et de devises, trafic d’armes, contrefaçons ;

Soit des recherches dépassant le cadre territorial d’un corps de gendarmerie ;

Soit des investigations auprès d’administrations, offices ou organismes nationaux ou internationaux (trafic de stupéfiants, faux monnayage) ;

Soit lorsque le crime ou le délit est présumé avoir été commis par des délinquants professionnels itinérants ou par des bandes organisées ;

Soit lorsque le mode des investigations à poursuivre n’entre pas dans les méthodes traditionnelles de la gendarmerie (filature, surveillances spéciales, pénétration dans certains milieux).

Article D5

Lorsque les officiers ou agents de police judiciaire de la gendarmerie et des services de police judiciaire participent à une même enquête, la répartition des tâches et la centralisation des éléments d’information sont assurées par le magistrat saisi de l’enquête.

Les militaires de la gendarmerie et les fonctionnaires de la police judiciaire se font par des renseignements recueillis et des opérations effectuées dans le cadre des instructions données par le magistrat.

Ils collaborent constamment dans l’intérêt dans la justice. Ils mettent en commun leur compétence, leurs aptitudes et les moyens complémentaires dont ils disposent.

A la demande des services de police judiciaire, et dans le cadre de la réglementation en vigueur, la gendarmerie peut mettre en place des barrages routiers suivant les plans établis dans les unités de l’arme.

Les militaires de la gendarmerie et les fonctionnaires de la police judiciaire mentionnent dans leur procédure les concours qu’ils se sont apportés dans la conduite de l’enquête.

Article D6

Lorsqu’ils sont amenés à exécuter une commission rogatoire dans la circonscription d’une brigade de gendarmerie, les fonctionnaires de la police judiciaire informent de leur mission l’officier dont dépend cette unité ou, s’il y a urgence ou difficultés, le commandant de brigade. Les militaires de la gendarmerie facilitent, dans toute la mesure de leurs moyens, l’exécution de cette mission.

Dans la limite des instructions du magistrat compétent et des dispositions législatives ou réglementaires visant notamment les obligations qui lient les officiers de police judiciaire, les fonctionnaires de la police judiciaire informent des résultats obtenus dans leur circonscription les officiers de gendarmerie intéressés.

Article D7

Dans le cadre des instructions données par les parquets, les officiers et agents de police judiciaire de la gendarmerie font appel aux spécialistes des services de l’identité judiciaire pour effectuer des constatations, prélèvements et relevés, lorsque les moyens propres à la gendarmerie ne permettent pas de les réaliser dans des conditions satisfaisantes.

En pareil cas, les officiers de police judiciaire de gendarmerie, tout en conservant l’initiative de l’enquête, veillent à la conservation des traces et de l’état des lieux.

Ils facilitent la tâche des spécialistes des services de l’identité judiciaire qui, de leur côté, fournissent aux enquêteurs de la gendarmerie tous renseignements techniques utiles à l’orientation des recherches qu’ils sont habilités à poursuivre.

Les militaires de la gendarmerie qualifiés procèdent aux opérations simples de police technique, l’interprétation des résultats étant confiée, s’il y a lieu, aux services de l’identité judiciaire.

Article D8

Dans le cadre des textes réglementaires ou des accords interministériels en vigueur :

La gendarmerie adresse aux services relevant de la direction de la police judiciaire de la sûreté nationale les renseignements relatifs à la criminalité, susceptibles d’être exploités dans un but de centralisation, de classification ou de diffusion (avis, fiches, statistiques) ;

Les mêmes services de police judiciaire transmettent à la gendarmerie par messages, fiches, circulaires, toutes indications utiles à l’identification ou à la recherche des malfaiteurs. Lorsque ces diffusions sont établies à la demande d’un service de gendarmerie, celui-ci doit figurer parmi les autorités à prévenir dès la découverte des individus recherchés.

Article D1

Dans le ressort de chaque cour d’appel, les officiers de police judiciaire sont égaux devant la loi en prérogative et en responsabilité ; ils sont placés sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la chambre de l’instruction.

Dans le ressort de chaque tribunal, le tribunal, le procureur de la République et ses substituts ont seuls qualité pour diriger l’activité des officiers et agents de police judiciaire, par la voie, s’il y a lieu, de leurs supérieurs hiérarchiques.

Le procureur de la République et le juge d’instruction ont le libre choix des formations auxquelles appartiennent les officiers de police judiciaire territorialement compétents qui seront chargés de l’exécution de leurs réquisitions ou commissions rogatoires.

Le chef de la formation coordonne l’exécution des opérations de police judiciaire effectuées dans son service et veille à la transmission des procès-verbaux aux autorités judiciaires.

Section 2 : Des officiers de police judiciaire

Article D9

Les officiers de police judiciaire doivent énoncer leur nom et leur qualité dans tous les procès-verbaux qu’ils établissent en matière de police judiciaire.

Article D10

Lorsqu’ils exécutent une commission rogatoire ou agissent selon la procédure des crimes et délits flagrants ou sur la réquisition du préfet en application de l’article 30 du Code de procédure pénale, les officiers de police judiciaire établissent des procès-verbaux séparés pour chacun des actes qu’ils sont appelés à faire.

Chaque procès-verbal doit mentionner le nom et la qualité de l’officier de police judiciaire qui a opéré personnellement, à l’exclusion de tout autre *mentions obligatoires*.

Article D11

Lorsqu’ils agissent dans le cadre de l’enquête préliminaire, les officiers de police judiciaire peuvent relater dans un seul procès-verbal les opérations effectuées au cours de la même enquête.

Si plusieurs officiers de police judiciaire concourent à une enquête préliminaire, le nom de celui qui a personnellement accompli chacune des opérations doit être précisé.

Ces dispositions sont applicables aux agents de police judiciaire énumérés à l’article 20.

Article D12

L’extension de compétence territoriale conférée aux officiers de police judiciaire par l’article 18 (alinéa 4) revêt un caractère exceptionnel et limitatif [*conditions d’application*] :

1° Elle n’est applicable qu’au cas de crime ou délit flagrant ;

2° Elle ne peut être exercée que s’il s’agit d’un crime ou délit constaté dans la circonscription habituelle de l’officier de police judiciaire ;

3° Elle concerne seulement la poursuite des investigations et l’exécution des auditions, perquisitions et saisies qui se rattachent directement à l’infraction et qui s’imposent à l’officier de police judiciaire dans le temps de l’enquête de flagrant délit.

Lorsque, par application de l’article 18 (alinéa 4), un officier de police judiciaire opère en dehors de sa circonscription habituelle, même s’il agit dans le ressort d’un tribunal de grande instance près duquel il exerce ses fonctions, il doit aviser préalablement le procureur de la République et l’officier de police judiciaire ayant normalement compétence sur le lieu où il se transporte [*obligation, information*.

A l’issue de ses opérations, il tient ces derniers informés des résultats obtenus *]obligation*. Il mentionne dans sa procédure les avis donnés et, éventuellement, les concours qui lui ont été prêtés par le service local de police ou de gendarmerie.

L’extension de compétence territoriale prévue à l’article 18 (alinéa 5) est applicable soit dans le cours d’une enquête de flagrant délit, soit dans le cadre d’une information judiciaire, mais elle ne peut résulter que d’une prescription formelle du magistrat saisi, et seulement s’il y a urgence [*conditions*.

Les réquisitions du procureur de la République ou la commission rogatoire, selon le cas, doivent viser l’article 18 (alinéa 5) et mentionner expressément, outre l’urgence, la nature et le lieu des opérations à effectuer *]formalité obligatoire*.

Dans le plus bref délai et, autant que possible, avant son transport, l’officier de police judiciaire requis ou commis dans les conditions ci-dessus avise un officier de police judiciaire exerçant ses fonctions dans la circonscription où il doit opérer qu’il va recourir à son assistance ; il lui fournit, en même temps, les précisions indispensables, notamment de temps et de lieu.

Il mentionne cet avis dans sa procédure ainsi que le concours de l’officier de police judiciaire l’ayant assisté ; il informe le procureur de la République territorialement compétent du résultat de ses opérations.

Section 3 : Des agents de police judiciaire

Article D13

Les agents de police judiciaire secondent les officiers de police judiciaire dans l’exercice de leurs fonctions, en se limitant strictement aux opérations qui leur sont prescrites et sans que puisse leur être délégué aucun des pouvoirs propres de l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête.

En outre, les agents de police judiciaire ont notamment pour mission d’assurer l’exécution :

1° Des mesures de contrainte contre les témoins défaillants en application des articles 62, 109, 110 et 153 du code de procédure pénale ;

2° Des mandats d’amener, de dépôt, d’arrêt et des ordonnances de prise de corps ;

3° Des arrêts et des jugements de condamnation ;

4° Des contraintes par corps.

Les agents de police judiciaire énumérés aux articles 20 et 21 n’ont, en aucun cas, qualité pour décider des mesures de garde à vue.

Article D14

Les agents de police judiciaire énumérés à l’article 20 ont compétence pour constater tous crimes, délits ou contraventions et pour en dresser procès-verbal.

En outre, ils peuvent effectuer des enquêtes préliminaires soit d’office, soit sur instructions du procureur de la République ou de leurs chefs hiérarchiques.

Dans le cadre d’une procédure de crime ou délit flagrant, ils ont qualité pour entendre les personnes susceptibles de fournir des renseignements sur les faits en cause, mais seulement s’ils ont reçu des ordres à cet effet et dans les limites qui leur ont été ainsi fixées.

Indépendamment de ces attributions, ils secondent les officiers de police judiciaire comme il est dit à l’article D. 13.

Ils font parvenir leurs procès-verbaux au procureur de la République par l’intermédiaire de leurs chefs hiérarchiques, qui les transmettent sans délai, conformément à l’article 19.

Article D15

Les agents de police judiciaire énumérés à l’article 21 rendent compte de tous crimes, délits ou contraventions dont ils ont connaissance sous forme de rapports adressés à leurs chefs hiérarchiques. Ces derniers, qui ont la qualité d’officiers de police judiciaire, informent sans délai le procureur de la République en lui transmettant notamment les rapports de ces agents de police judiciaire, en application de l’article 19.

Section 5

Titre III : Des juridictions d’instruction

Chapitre Ier : Du juge d’instruction : juridiction d’instruction du premier degré

Section 1 : Dispositions générales

Paragraphe 2

Paragraphe 3

Paragraphe 4

Paragraphe 5 : Examens médical et médico-psychologique.

Article D16

L’enquête sur la personnalité des inculpés ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale prévue à l’article 81, alinéa 6, du Code de procédure pénale et les examens, notamment médical et médico-psychologique, mentionnés à l’alinéa 7 dudit article, constituent le dossier de personnalité de l’inculpé *définition*.

Ce dossier a pour objet de fournir à l’autorité judiciaire, sous une forme objective et sans en tirer de conclusion touchant à l’affaire en cours, des éléments d’appréciation sur le mode de vie passé et présent de l’inculpé.

Il ne saurait avoir pour but la recherche des preuves de la culpabilité.

Article D17

Lorsqu’elles ont à apprécier l’opportunité de requérir ou d’ordonner les enquêtes et examens visés à l’article D. 16, les autorités judiciaires tiennent le plus grand compte, notamment :

1° Du fait que l’inculpé est âgé de moins de vingt-cinq ans ;

2° De sa qualité de récidiviste, spécialement s’il encourt la tutelle pénale (la tutelle pénale a été supprimée par l’article 70 de la loi n° 81-82 du 2 février 1981 publiée au Journal officiel du 3 février 1981) ;

3° De la nature du délit (coups et blessures volontaires, délits sexuels, incendie volontaire) ;

4° De la possibilité de prononcer la déchéance de l’autorité parentale, en application des articles 1er et 2 de la loi du 24 juillet 1889 (dispositions abrogées par l’article 18 de la loi n° 70-459 du 4 juin 1970 publiée au Journal officiel du 5 juin 1970 - cf. les articles 378 et 378-1 du code civil) ;

5° De l’éventualité d’une décision de sursis avec mise à l’épreuve ou d’admission au régime de semi-liberté conformément aux dispositions de l’article 723-1.

Article D18

Le juge d’instruction qui ordonne les enquêtes et examens visés à l’article D. 16, fixe le délai dans lequel les rapports doivent lui être adressés.

En cas de retards injustifiés, la personne désignée peut être remplacée et il en est donné avis aux fins de droit au procureur général et au président de la chambre d’accusation.

Article D19

Dans les cas où il apparaît nécessaire de soumettre à une expertise psychiatrique un inculpé qui a fait l’objet d’une enquête ou d’un examen mentionnés à l’article D. 16, le dossier de personnalité peut être communiqué, en tout ou partie, à l’expert.

Article D23

L’examen médical et l’examen médico-psychologique prévus par l’article 81, alinéa 6, du code de procédure pénale constituent des mesures soumises aux règles de l’expertise organisée par les articles 156 à 169 dudit code.

Article D24

Les médecins chargés de ces examens sont, en principe, choisis sur les listes d’experts établies en application de l’article 157 et des articles R. 26 à R. 40 du code de procédure pénale.

Le juge d’instruction peut également, par décision motivée, choisir des médecins particulièrement qualifiés, ne figurant pas sur ces listes.

Article D25

Lorsque le médecin chargé de l’examen médical ou médico-psychologique se fait assister d’autres personnes, leur nom et leur qualité doivent être mentionnés dans le rapport d’examen.

Article D26

Le juge d’instruction peut désigner, pour procéder aux examens qu’il estime utiles, des techniciens de qualifications différentes et notamment un psychologue et un observateur.

Il peut prescrire que ces derniers exécuteront leur mission en liaison avec le médecin chargé de l’examen médical ou médico-psychologique.

Paragraphe 6 : Désignation du juge d’instruction.

Article D27

Le juge d’instruction chargé d’une information nouvelle ou appelé à remplacer son collègue en cas d’empêchement ou de changement de poste, est désigné dans les conditions ci-après.

Article D28

Le président du tribunal, saisi du réquisitoire introductif et des pièces jointes s’il s’agit d’une information nouvelle, transmet le dossier assorti de sa décision au juge d’instruction désigné.

Article D29

Le président peut désigner, pour le remplacer dans l’exercice des fonctions prévues à l’article D. 28, l’un des vice-présidents ou des juges du tribunal.

A défaut de désignation, il est remplacé, en cas d’absence, par le vice-président ou le juge du rang le plus élevé, présent au tribunal.

Article D30

Le président du tribunal peut établir un tableau de roulement désignant les juges d’instruction provisoirement chargés des informations qui viendraient à se présenter la nuit, les dimanches et jours fériés.

La désignation définitive du juge d’instruction intervient dans les vingt-quatre heures.

Article D31

Les dispositions du présent paragraphe ne sont pas applicables :

1° Lorsqu’il n’existe qu’un juge d’instruction ;

2° Lorsqu’il s’agit d’une information comportant un inculpé mineur de dix-huit ans et qu’il n’existe qu’un juge d’instruction chargé spécialement des affaires concernant les mineurs désignés conformément à l’article 4, pénultième alinéa, de l’ordonnance du 2 février 1945, modifiée, relative à l’enfance délinquante ;

3° Lorsque le juge d’instruction présent sur les lieux d’un crime ou délit flagrant est saisi en vertu de l’article 72, dernier alinéa, du Code de procédure pénale.

Section 2 : De la constitution de partie civile et de ses effets

Article D32

Quand, après une information ouverte sur constitution de partie civile, une décision de non-lieu a été rendue, l’inculpé et toute personne visée dans la plainte peut se faire délivrer par le procureur de la République, une expédition de la plainte et de la décision de non-lieu en vue de l’application éventuelle des dispositions de l’article 91 du code de procédure pénale.

Section 3 : Instructions et renseignements donnés par l’autorité judiciaire

Article D32-1

Outre le titre de détention qu’il délivre, le juge d’instruction transmet au chef d’établissement une notice individuelle comportant des renseignements relatifs aux faits ayant motivé la poursuite de l’inculpé, à ses antécédents judiciaires et à sa personnalité.

Il indique sur cette notice, le cas échéant, les mesures qu’il prescrit en application des dispositions des articles D. 55, D. 56, D. 61, D. 65, D. 105, D. 321, D. 337, D. 397 et D. 421.

Section 8 : Des commissions rogatoires

Article D33

Lorsqu’un juge d’instruction adresse une commission rogatoire à un officier de police judiciaire chef d’un service de police ou d’une unité de gendarmerie, celui-ci peut en faire assurer l’exécution par un officier de police judiciaire placé sous son autorité, à condition que ce dernier agisse dans les limites de sa compétence territoriale.

L’officier de police judiciaire chargé de l’exécution d’une commission rogatoire par son chef hiérarchique doit, sans préjudice de l’application des dispositions de l’article D. 9, en rendre compte immédiatement au magistrat mandant si celui-ci a prescrit cette diligence.

Article D34

L’officier de police judiciaire chargé de l’exécution d’une commission rogatoire tient le magistrat commettant informé de son activité.

Il lui réfère sans délai des difficultés qui viendraient à se présenter et solliciter ses instructions.

Article D35

Lorsqu’une commission rogatoire prescrit des opérations simultanées sur divers points du territoire, le juge d’instruction peut ordonner sa diffusion en reproductions ou copies en application de l’article 155 alinéa 1er, du code de procédure pénale.

Une reproduction intégrale de l’original de la commission rogatoire notamment par photocopie ou même une reproduction de reproduction, est dans ce cas, valable.

Il en est de même d’une copie intégrale de la commission rogatoire certifiée conforme par l’autorité chargée de la diffusion.

Si les services de police et de gendarmerie sont appelés à assurer une diffusion générale, la commission rogatoire est établie en trois originaux adressés au ministre de l’intérieur (direction des services de police judiciaire), au ministre des armées (sous-direction de la gendarmerie) et au préfet de police (direction de la police judiciaire).

Article D36

S’il y a urgence, la commission rogatoire peut être diffusée par tous moyens, et notamment par la voie télégraphique, conformément à l’article 155, alinéa 2, du Code de procédure pénale.

Le télégramme ou le message doit préciser les mentions essentielles de l’original, et spécialement la nature de l’inculpation, le nom et la qualité du magistrat mandant.

Il porte également, le cas échéant, l’indication des autorités qui en ont assuré la transmission ainsi que le numéro d’enregistrement.

Section 9 : De l’expertise

Chapitre II : De la chambre d’accusation : juridiction d’instruction du second degré

Section 1 : Dispositions générales

Article D43

Dans les cours d’appel comportant quatre chambres au plus, non compris les chambres détachées, et jusqu’à ce qu’il puisse en être autrement disposé, le président de la chambre d’accusation peut, en cas de nécessité, assurer à titre exceptionnel le service d’une autre chambre de la même cour, conformément aux dispositions de l’article 191, alinéa 4.

Chapitre II : De la chambre de l’instruction : juridiction d’instruction du second degré

Section 3 : Du contrôle de l’activité des officiers de police judiciaire

Article D44

Conformément aux dispositions de l’article 226, alinéa 2, il est tenu en permanence au parquet général de chaque cour d’appel un dossier individuel concernant l’activité, en tant qu’officier de police judiciaire et pour l’ensemble du ressort, de chacun des fonctionnaires civils et militaires ayant cette qualité.

Article D45

Après avoir recueilli les appréciations des juges d’instruction et, le cas échéant, des juges des enfants et du juge de l’application des peines de son tribunal, le procureur de la République établit en triple exemplaire et transmet au procureur général près la cour d’appel entre le 15 et le 31 janvier de chaque année, pour chacun des fonctionnaires visés à l’article D. 44, une notice individuelle de renseignements qui doit notamment comporter une note chiffrée de 0 à 5 et une appréciation sur chacun des éléments suivants :

1° Rédaction des rapports et procès-verbaux ;

2° Valeur des informations données au parquet ;

3° Habileté professionnelle ;

4° Degré de confiance accordé ;

5° Note générale.

A la fin de la notice figure, en outre, une appréciation générale circonstanciée, signée du procureur de la République.

Il est procédé, par les soins du procureur général, à l’établissement d’une notice individuelle analogue pour chacun des officiers de police judiciaire de la gendarmerie qui sont affectés à un groupement ou à une unité d’échelon supérieur, ainsi que pour chacun des fonctionnaires officiers de police judiciaire affectés au service régional de police judiciaire.

Article D46

Les notices individuelles de renseignements prévues à l’article D. 45 sont établies conformément au modèle fixé par le garde des sceaux, ministre de la justice.

Article D47

Chaque notice, complétée, le cas échéant, par des renseignements supplémentaires demandés par le procureur général au procureur de la République est versée au dossier de l’intéressé, établi conformément à l’article D. 44.

Ce dossier est obligatoirement communiqué à la chambre de l’instruction lorsque celle-ci se trouve saisie dans les conditions fixées à l’article 225.

Livre II

Livre III

Livre IV : De quelques procédures particulières

Titre Ier

Titre II : Du faux

Article D47-1

Le demandeur en inscription de faux contre une pièce produite devant la Cour de cassation, dont le premier président rejette la demande, est condamné, sauf s’il en est expressément dispensé, au paiement d’une amende civile de 200 F au moins et de 1.000 F. au plus.

Titre III

Titre IV

Titre V

Titre VI

Titre VII

Titre VIII

Titre IX

Titre X

Titre XI

Titre XII

Titre XV

Livre V : Des procédures d’exécution

Titre Ier : De l’exécution des sentences pénales

Article D48

Le ministère public étant chargé de l’exécution de l’ensemble des sentences pénales prononcées par les juridictions répressives, il est tenu à cet effet, par chaque parquet, un fichier ou un registre dit "Registre d’exécution des peines".

Le registre d’exécution des peines est établi de manière à permettre de prendre immédiatement connaissance des peines à exécuter et, le cas échéant, des motifs pour lesquels l’exécution n’a pas encore eu lieu.

Les mentions utiles sont portées sur le registre après chaque audience, ainsi qu’après toute diligence relative à l’exécution de la peine ou à l’inscription de la condamnation au casier judiciaire.

Les registres d’exécution des peines sont établis conformément aux modèles fixés par le ministre de la justice et sont tenus selon ses instructions.

Article D49

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance poursuit seul l’exécution des peines d’emprisonnement pour contravention de police prononcées par le tribunal de police.

A cet effet, l’officier du ministère public près ce tribunal lui adresse un extrait de tout jugement prononçant une telle peine, dès que celui-ci est devenu définitif.

Des registres spéciaux d’exécution des peines d’emprisonnement prononcées par chacun des tribunaux de police du ressort du tribunal de grande instance sont tenus au parquet de ce tribunal, dans les conditions prévues à l’article D48.

Article D49-1

Préalablement à la mise à exécution d’une condamnation à une peine égale ou inférieure à six mois d’emprisonnement concernant une personne non incarcérée, le ministère public communique au juge de l’application des peines un extrait de la décision accompagné, le cas échéant, de toutes informations utiles. Il en est de même en cas de cumul des condamnations concernant la même personne si le total des peines prononcées n’excède pas six mois.

Le juge de l’application des peines détermine les modalités d’exécution de la peine en considération de la situation du condamné.

A défaut de réponse du juge de l’application des peines dans le mois suivant la communication visée à l’alinéa précédent et même, en cas d’urgence, avant ce terme, la peine peut être ramenée à exécution par le ministère public en la forme ordinaire.

Titre II : De la détention

Article D50

Sont désignées dans le présent titre par le mot détenus, les personnes faisant l’objet d’une mesure privative de liberté à l’intérieur d’un établissement pénitentiaire.

Sont désignés par le mot condamnés, uniquement les condamnés ayant fait l’objet d’une décision ayant acquis le caractère définitif. Toutefois, par application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 708, le délai d’appel accordé au procureur général par l’article 505 n’est pas pris en considération à cet égard.

Sont indistinctement désignés par le mot prévenus, tous les détenus qui sont sous le coup de poursuites pénales et n’ont pas fait l’objet d’une condamnation définitive au sens précisé ci-dessus, c’est-à-dire aussi bien les inculpés, les prévenus, et les accusés, que les condamnés ayant formé opposition, appel ou pourvoi.

Article D51

L’expression "magistrat saisi du dossier de l’information" [*définition*] désigne dans le présent titre, selon le cas et conformément aux règles de la procédure pénale, le juge d’instruction ou le juge des enfants, le procureur de la République, le président de la cour d’assises, le procureur général près la cour d’appel, et éventuellement le procureur général près la Cour de cassation.

Article D52

Les détenus qui sont prévenus pour une cause et condamnés pour une autre doivent être soumis au même régime et aux mêmes règles disciplinaires que les condamnés, sauf à bénéficier des avantages et facilités accordés aux prévenus pour les besoins de leur défense.

Chapitre Ier : De l’exécution de la détention provisoire

Section 1 : Des établissements dans lesquels la détention provisoire est subie

Article D53

Les prévenus placés en détention provisoire sont incarcérés, selon les prescriptions du mandat ou de la décision de justice dont ils font l’objet, à la maison d’arrêt de la ville où siège la juridiction d’instruction ou du jugement devant laquelle ils ont à comparaître.

Toutefois, au cas où il n’y a pas de maison d’arrêt dans cette ville ou lorsque la maison d’arrêt ne comporte pas de locaux appropriés à l’âge ou à l’état de santé des intéressés, ou en ce qui concerne les femmes, de quartiers aménagés pour elles, ou encore lorsque cet établissement n’offre pas une capacité d’accueil ou des garanties de sécurité suffisantes, les prévenus sont incarcérés à la maison d’arrêt la plus proche disposant d’installations convenables, d’où ils sont extraits chaque fois que l’autorité judiciaire le requiert.

Article D54

Il y a une maison d’arrêt auprès de chaque cour d’assises. Toutefois, les accusés ressortissant aux cours d’assises du Gers, de la Haute-Savoie et du Vaucluse sont retenus respectivement à la maison d’arrêt d’Agen, à la maison d’arrêt de Bonneville et à la maison d’arrêt d’Avignon.

La liste des tribunaux de grande instance auprès desquels il n’y a pas de maison d’arrêt est fixée conformément au tableau ci-dessous, qui détermine en outre la ou les maisons d’arrêt où sont retenus les prévenus ou appelants ressortissant à ces juridictions.

COURS D’APPEL : AGEN

JURIDICTION : Auch.

PRISON DE RATTACHEMENT : Agen.

JURIDICTION : Marmande.

PRISON DE RATTACHEMENT : Agen.

COURS D’APPEL : AIX.

JURIDICTION : Tarascon.

PRISON DE RATTACHEMENT : Avignon.

COURS D’APPEL : AMIENS.

JURIDICTION : Abbeville.

PRISON DE RATTACHEMENT : Amiens.

JURIDICTION : Laon.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saint-Quentin et Soissons.

JURIDICTION : Péronne.

PRISON DE RATTACHEMENT : Amiens et Saint-Quentin.

JURIDICTION : Senlis.

PRISON DE RATTACHEMENT : Compiègne.

COURS D’APPEL : ANGERS.

JURIDICTION : Saumur.

PRISON DE RATTACHEMENT : Angers.

COURS D’APPEL : BESANCON.

JURIDICTION : Dôle.

PRISON DE RATTACHEMENT : Besançon.

COURS D’APPEL : BORDEAUX.

JURIDICTION : Bergerac.

PRISON DE RATTACHEMENT : Périgueux.

JURIDICTION : Libourne.

PRISON DE RATTACHEMENT : Bordeaux.

COURS D’APPEL : CHAMBERY.

JURIDICTION : Albertville.

PRISON DE RATTACHEMENT : Chambéry.

JURIDICTION : Annecy.

PRISON DE RATTACHEMENT : Bonneville.

JURIDICTION : Thonon-les-Bains.

PRISON DE RATTACHEMENT : Bonneville.

COURS D’APPEL : DOUAI.

JURIDICTION : Avesnes-sur-Helpe.

PRISON DE RATTACHEMENT : Valenciennes.

JURIDICTION : Boulogne.

PRISON DE RATTACHEMENT : Béthune et Saint-Omer.

JURIDICTION : Hazebrouck.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saint-Omer.

COURS D’APPEL : GRENOBLE.

JURIDICTION : Vienne.

PRISON DE RATTACHEMENT : Lyon. COURS D’APPEL : LYON.

JURIDICTION : Belley.

PRISON DE RATTACHEMENT : Chambéry.

JURIDICTION : Montbrison.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saint-Etienne.

JURIDICTION : Villefranche-sur-Saône.

PRISON DE RATTACHEMENT : Lyon et Trévoux.

COURS D’APPEL : METZ.

JURIDICTION : Thionville.

PRISON DE RATTACHEMENT : Metz.

COURS D’APPEL : MONTPELLIER.

JURIDICTION : Narbonne.

PRISON DE RATTACHEMENT : Carcassonne.

JURIDICTION : Millau.

PRISON DE RATTACHEMENT : Rodez.

COURS D’APPEL : NANCY.

JURIDICTION : Saint-Dié.

PRISON DE RATTACHEMENT : Remiremont en Epinal.

COURS D’APPEL : NIMES.

JURIDICTION : Carpentras.

PRISON DE RATTACHEMENT : Avignon.

COURS D’APPEL : PARIS.

JURIDICTION : Bobigny.

PRISON DE RATTACHEMENT : Fleury-Mérogis et Fresnes.

JURIDICTION : Sens.

PRISON DE RATTACHEMENT : Auxerre.

COURS D’APPEL : PAU.

JURIDICTION : Dax.

PRISON DE RATTACHEMENT : Bayonne et Mont-de-Marsan.

COURS D’APPEL : POITIERS.

JURIDICTION : La Rochelle.

PRISON DE RATTACHEMENT : Fontenay-le-Comte.

JURIDICTION : Rochefort.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saintes.

JURIDICTION : Bressuire.

PRISON DE RATTACHEMENT : Fontenay-le-Comte.

JURIDICTION : Les Sables-d’Olonne.

PRISON DE RATTACHEMENT : La Roche-sur-Yon.

COURS D’APPEL : RENNES.

JURIDICTION : Dinan.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saint-Malo.

JURIDICTION : Guingamp.

PRISON DE RATTACHEMENT : Saint-Brieuc.

JURIDICTION : Morlaix.

PRISON DE RATTACHEMENT : Brest et Saint-Brieuc. COURS D’APPEL :

RIOM.

JURIDICTION : Cusset.

PRISON DE RATTACHEMENT : Moulins-Yzeure.

COURS D’APPEL : ROUEN.

JURIDICTION : Bernay.

PRISON DE RATTACHEMENT : Evreux.

COURS D’APPEL : TOULOUSE.

JURIDICTION : Saint-Gaudens.

PRISON DE RATTACHEMENT : Toulouse.

JURIDICTION : Castres.

PRISON DE RATTACHEMENT : Albi et Toulouse.

COURS D’APPEL : VERSAILLES.

JURIDICTION : Nanterre.

PRISON DE RATTACHEMENT : M.A. des Yvelines.

Section 2 : Des ordres donnés par l’autorité judiciaire

Article D55

Conformément aux dispositions de l’article 715, le juge d’instruction, le président de la chambre d’accusation et le président de la cour d’assises, ainsi que le procureur de la République et le procureur général, peuvent donner tous les ordres nécessaires [*compétence*] soit pour l’instruction, soit pour le jugement, qui devront être exécutés dans les maisons d’arrêt.

Compte rendu doit leur être adressé d’urgence des difficultés auxquelles pourrait donner lieu l’exécution desdits ordres.

Les mêmes prérogatives appartiennent au juge des enfants à l’égard des mineurs relevant de sa juridiction.

Article D55-1

Hors le cas de l’instruction préparatoire, l’autorité judiciaire qui ordonne un placement en détention provisoire ou, à défaut, le ministère public chargé de l’exécution de la décision, adresse au chef de l’établissement, en même temps que le titre de détention, la notice prévue par l’article D32-1 (alinéa 1er).

Cette notice précise, le cas échéant, les mesures prescrites par l’autorité judiciaire et l’avis prévu par l’article D79.

Article D56

Indépendamment des mesures d’isolement ou de séparation d’autres détenus qu’il peut ordonner conformément aux dispositions de l’article D55, le juge d’instruction a le droit de prescrire une interdiction temporaire de communiquer en vertu de l’article 116.

En aucun cas, l’interdiction de communiquer ne s’applique au conseil de l’inculpé, mais elle s’oppose à ce que le détenu qu’elle concerne soit visité par toute autre personne étrangère à l’administration pénitentiaire ou corresponde avec elle.

Article D57

Les autorités judiciaires requièrent la translation ou l’extraction des prévenus aux fins et dans les conditions visées aux articles D116, D292 à D296, D297 à D299 et D314 à D317.

Sous réserve de l’application éventuelle des dispositions du deuxième alinéa de l’article R94, l’exécution des réquisitions de translation ou d’extraction est assurée par les services de gendarmerie ou de police.

Les frais de l’opération sont imputables sur le chapitre des frais de justice criminelle et correctionnelle, sauf dans le cas prévu à l’article R99.

Section 3 : Du régime de la détention provisoire

Paragraphe 1er : Hypothèses où il est dérogé au principe de l’emprisonnement individuel

Article D58

Dans les maisons d’arrêt où, par suite de la distribution des locaux ou de leur encombrement temporaire, le régime de l’emprisonnement individuel ne peut être appliqué à tous les prévenus, ceux à l’égard desquels l’autorité judiciaire aura prescrit l’interdiction de communiquer ou la mise à l’isolement doivent être placés par priorité en cellule individuelle.

Article D59

Dans les maisons d’arrêt où le régime de l’emprisonnement individuel ne peut être appliqué pour des raisons visées à l’article D58, les prévenus doivent être séparés des autres détenus dans les conditions indiquées aux articles D85, D89 et D90 et placés par priorité en cellule individuelle, sauf contre-indication médicale.

Les prévenus ne doivent pas être réunis contre leur gré avec des condamnés.

Article D60

Lorsqu’ils ont demandé à travailler et si la nature des travaux à exécuter l’exige ou s’il n’a pas été possible de trouver des tâches susceptibles d’être effectuées individuellement en cellule, les prévenus peuvent travailler en commun.

Paragraphe 2 : Dispenses dont bénéficient les prévenus

Article D61

Les prévenus conservent leurs vêtements personnels, à moins qu’il n’en soit autrement ordonné par l’autorité administrative, pour d’impérieuses raisons d’ordre ou de propreté, ou par l’autorité judiciaire, dans l’intérêt de l’instruction.

Ils sont autorisés à recevoir du dehors les vêtements dont ils ont besoin ou à les faire acheter à leurs frais.

Ils ont la possibilité de demander à l’administration de leur fournir les effets nécessaires s’ils ont consentis à faire un travail susceptible de détériorer leurs vêtements personnels.

A défaut d’effets personnels convenables, un costume civil en bon état est mis à la disposition du prévenu en vue de sa comparution devant les autorités judiciaires.

Article D62

Les prévenus peuvent demander qu’il leur soit donné du travail dans les conditions prévues aux articles D99 et suivants.

Article D63

Les sommes appartenant ou venant à échoir aux prévenus sont inscrites à leur compte nominatif dans les conditions fixées aux articles D328 et D329.

Paragraphe 3 : Visites et correspondance

Article D64

Les permis de visite sont délivrés pour les prévenus par le magistrat saisi du dossier de l’information et ils sont utilisés dans les conditions visées aux articles D403 et suivants.

Sauf disposition contraire, ces permis sont valables jusqu’au moment où la condamnation éventuelle acquiert un caractère définitif. En conséquence, il n’y a pas lieu à renouvellement du permis lorsque le magistrat qui l’a accordé est dessaisi du dossier de la procédure, mais l’autorité judiciaire ultérieurement saisie est compétente pour en supprimer les effets ou pour délivrer de nouveaux permis.

Article D65

Les prévenus peuvent écrire tous les jours et sans limitation à toute personne de leur choix et recevoir des lettres de toute personne, sous réserve de dispositions contraires ordonnées par le magistrat saisi du dossier de l’information.

Indépendamment des mesures de contrôle auxquelles elle est soumise conformément aux articles D415 et D416, leur correspondance est communiquée audit magistrat dans les conditions que celui-ci détermine.

Paragraphe 4 : Exercice des droits de la défense

Article D66

Il est interdit au personnel de l’administration pénitentiaire et à toute personne qui apporte sa collaboration à cette administration d’agir de façon directe ou indirecte auprès des détenus pour influer sur leurs moyens de défense et sur le choix de leur défenseur.

Pour l’exercice de ce choix, le tableau des avocats inscrits dans les barreaux du département est affiché au greffe et tenu à la disposition des détenus.

Article D67

Conformément aux dispositions des articles 116 et 716, les prévenus peuvent communiquer librement avec leur conseil verbalement ou par écrit, et toutes facilités compatibles avec les exigences de la discipline et de la sécurité de la prison leur sont accordées pour l’exercice de leur défense.

Ni l’interdiction de communiquer visée à l’article 116, ni les punitions de quelque nature qu’elles soient, ne peuvent supprimer ou restreindre cette faculté de libre communication avec le conseil.

Article D68

Le défenseur régulièrement choisi ou désigné, agissant dans l’exercice de ses fonctions, et sur présentation d’un permis portant mention de sa qualité, communique librement avec les prévenus, en dehors de la présence d’un surveillant, et dans un parloir spécial.

A moins de dérogations motivées par l’urgence, les visites du conseil peuvent avoir lieu tous les jours, aux heures fixées par le règlement intérieur de l’établissement après avis du bâtonnier de l’ordre des avocats.

Article D69

Les lettres adressées sous pli fermé par les prévenus à leur défenseur, ainsi que celles que leur envoie ce dernier, ne sont pas soumises au contrôle visé à l’article D416, s’il peut être constaté sans équivoque qu’elles sont réellement destinées au défenseur ou proviennent de lui.

A cet effet, les mentions utiles doivent être portées sur leur enveloppe pour indiquer la qualité et l’adresse professionnelle de leur destinataire ou de leur expéditeur.

Chapitre II : De l’exécution des peines privatives de liberté

Section 1 : Des divers établissements affectés à l’exécution des peines

Article D69-1

Les condamnés sont répartis dans les établissements affectés à l’exécution des peines compte tenu, notamment, de leur sexe, de leur âge, de leur situation pénale, de leurs antécédents, de leur état de santé physique et mentale, de leurs aptitudes, et, plus généralement, de leur personnalité ainsi que du régime pénitentiaire dont ils relèvent en vue de leur réadaptation sociale

Les condamnés sont, dans la mesure du possible, intéressés à l’élaboration ou à la modification de leur programme de traitement individuel qui est conçu et mis en oeuvre en liaison avec les différentes catégories de personnel.

Les affectations des condamnés sont décidées exclusivement par l’administration centrale des services pénitentiaires à la suite de la procédure d’orientation visée à la section II.

Toutefois, les affectations relèvent de la compétence du directeur régional des services pénitentiaires pour les détenus dont le reliquat de la peine à subir n’excède pas deux ans d’emprisonnement.

Dans l’un et l’autre cas, les décisions sont prises, sauf urgence, après consultation du juge de l’application des peines.

Article D70

Les établissements qui reçoivent les condamnés définitifs sont :

Pour les condamnés à une longue peine, au sens du premier alinéa de l’article 717, les maisons centrales et les centres de détention à vocation nationale ou régionale dont les régimes et les critères d’affectation sont respectivement définis aux articles D70-1, D70-2 et D73 ;

Pour les autres condamnés, les maisons d’arrêt.

Des établissements ou quartiers d’établissements appartenant à l’une des catégories visées ci-dessus sont spécialement destinés à recevoir, en fonction, des critères définis au premier alinéa de l’article D69-1 :

Par ailleurs, les condamnés admis au régime de la semi-liberté sont détenus dans des quartiers ou des centres destinés à cet effet.

Article D70-1

Les maisons centrales comportent une organisation et un régime de sécurité dont les modalités internes permettent néanmoins de préserver et de développer les possibilités de reclassement des condamnés.

Un arrêté ministériel fixe la liste des maisons centrales.

Article D70-2

Les centres de détention comportent un régime principalement orienté vers la resocialisation des condamnés.

Parmi ces établissements figurent les centres pour jeunes condamnés et les établissements ouverts.

Un arrêté ministériel fixe la liste des centres de détention.

Article D71

Les affectations des condamnés auxquels il reste à subir une peine d’une durée supérieure à deux ans ou plusieurs peines dont le total est supérieur à deux ans, après le moment où leur condamnation ou la dernière de leurs condamnations, est devenue définitive, sont décidées exclusivement par l’administration centrale des services pénitentiaires à la suite de la procédure d’orientation visée à la section II. Elles peuvent être modifiées au cours de l’exécution de la peine compte tenu notamment du comportement des condamnés ou de leurs perspectives de réadaptation sociale.

Article D72

Les maisons d’arrêt reçoivent les condamnés à titre définitif qui n’ont pas à subir une longue peine au sens du premier alinéa de l’article 717.

Ces condamnés sont maintenus dans l’établissement où ils ont été écroués ou sont envoyés dans une autre maison d’arrêt de la région.

Dans ce dernier cas, la décision d’affectation appartient au directeur régional des services pénitentiaires [*compétence*] dans le cadre des mesures indiquées à l’article D301. Elle est prise en tenant compte des possibilités de traitement individuel et de la capacité offertes par chaque établissement.

Article D73

Les centres de détention régionaux reçoivent les condamnés auxquels il reste à subir un temps d’incarcération n’excédant pas trois ans.

L’affectation est décidée à l’échelon régional pour les détenus dont le reliquat de la peine ou des peines n’excède pas deux ans d’emprisonnement.

Article D74

Le régime des centres de détention réservés aux jeunes condamnés fait l’objet d’aménagements correspondant aux besoins particuliers de cette catégorie de détenus.

Article D75

Des établissements ou des quartiers d’établissements appartenant à la catégorie des maisons d’arrêt, des maisons centrales et des centres de détention ont une vocation sanitaire et sont aménagés, pour que les détenus puissent y recevoir les soins ou y être soumis à la surveillance d’ordre médical que nécessite soit leur âge ou leur infirmité, soit leur état de santé physique ou mental.

L’admission est prononcée, sur avis médical, par l’administration centrale ou par le Directeur régional, selon les dispositions [*conditions*] des articles D300, D301 et D383 ; en ce qui concerne les détenus malades, la décision de sortie est prise dans des conditions identiques.

Les condamnés placés dans ces établissements reçoivent un traitement médical approprié, mais ils demeurent soumis au régime des prisons ordinaires, en toutes celles de ses dispositions qui ne peuvent nuire à ce traitement.

Section 2 : De l’orientation des condamnés à une longue peine

Article D76

Pour l’application des dispositions de la présente section sont considérés comme ayant à subir une longue peine les condamnés à la réclusion criminelle et les condamnés à l’emprisonnement auxquels il reste à subir une peine d’une durée supérieure à deux ans ou plusieurs peines dont le total est supérieur à deux ans, après le moment où leur condamnation, ou la dernière de leurs condamnations, est devenue définitive.

Article D77

L’orientation des condamnés à une longue peine a pour objet de déterminer l’établissement pénitentiaire qui convient à chacun d’eux, compte tenu de son âge, de ses antécédents, de sa catégorie pénale, de son état de santé physique et mentale, de ses aptitudes, des possibilités de son reclassement, et plus généralement, de sa personnalité.

L’orientation relève exclusivement de l’administration centrale pour les condamnés auxquels il reste à subir une peine d’une durée supérieure à deux ans, ou plusieurs peines dont le total est supérieur à deux ans, après le moment où leur condamnation ou la dernière de leurs condamnations est devenue définitive. Elle s’opère à l’aide des renseignements qui sont fournis par l’autorité judiciaire et par l’administration pénitentiaire sur les intéressés, et éventuellement, grâce aux examens auxquels ces derniers sont soumis au centre national d’observation de l’administration pénitentiaire.

Article D78

Le ministère public près la juridiction qui a prononcé une condamnation à une longue peine adresse à l’établissement pénitentiaire où le condamné est détenu ou vient à être incarcéré, outre l’extrait de jugement ou d’arrêt et la notice individuelle visée à l’article D158, les pièces ci-dessous désignées :

1° Copie du rapport de l’enquête ou des enquêtes sur la personnalité, la situation matérielle, familiale ou sociale de l’intéressé qui auraient été prescrites conformément aux dispositions de l’alinéa 5 de l’article 81 ;

2° Copie du rapport de l’examen ou des examens médicaux, psychiatriques ou médico-psychologiques auxquels il aurait été éventuellement procédé en vertu d’une décision judiciaire ;

3° Copie du réquisitoire définitif et de la décision de condamnation ;

4° Et, s’il échet, les avis indiqués à l’article D79.

Ces pièces et copies doivent être envoyées dans le mois qui suit la date à compter de laquelle la condamnation est devenue définitive lorsque l’intéressé est détenu, ou sinon, dans le mois qui suit l’incarcération de celui-ci.

Article D79

Chaque fois qu’ils l’estiment utile, le président de la juridiction qui a prononcé la condamnation ainsi que le représentant du ministère public, peuvent exprimer leur avis sur la destination qui semblerait la mieux appropriée au condamné ou sur celle qui, au contraire, leur paraîtrait contre-indiquée. Il leur est également loisible de donner leur opinion sur le traitement dont l’intéressé relèverait.

Ces avis sont joints aux documents visés à l’article D78, en vue de leur transmission à l’établissement où le condamné est détenu.

Article D80

Le chef d’établissement signale à l’administration centrale chaque condamné auquel il reste à subir une peine d’une durée supérieure à deux ans, ou plusieurs peines dont le total est supérieur à deux ans, après le moment où la condamnation, ou la dernière des condamnations, est devenue définitive, au moyen d’une notice d’orientation. Il communique le texte de cette notice au juge de l’application des peines afin que ce magistrat soit en mesure de formuler son avis sur la destination du condamné.

La notice contient, avec les propositions du chef d’établissement, les principaux renseignements de nature à permettre l’orientation de l’intéressé, et son examen donne lieu :

Article D81

Au vu de la notice mentionnée à l’article D80 et afin de compléter le dossier, l’administration centrale peut procéder ou faire procéder, notamment par un service socio-éducatif des services extérieurs, à toute enquête sur la situation familiale et sociale d’un condamné.

Article D82

En cas d’admission au centre national d’observation, le condamné est transféré dans cet établissement suivant les instructions et à la date arrêtées par l’administration centrale et il y est soumis obligatoirement aux différents examens qui semblent nécessaires.

Au vu de ces examens, du dossier qui a été constitué et des propositions du centre national d’observation, une décision d’affectation dans l’établissement qui paraît le mieux approprié à la personnalité de l’intéressé est prise par l’administration centrale.

Le juge de l’application des peines du tribunal dans le ressort duquel est situé le centre national d’observation exerce auprès dudit centre toutes les attributions qui lui sont dévolues par le présent code.

L’affectation ne peut être modifiée que s’il survient un fait ou un élément d’appréciation nouveau et, éventuellement, après un nouvel examen par le centre national d’observation. Ce centre peut également être chargé d’un bilan d’évolution de la personnalité d’un condamné dans la perspective notamment, d’une libération conditionnelle ou d’une meilleure individualisation du régime de détention ou d’exécution de la peine.

Section 3 : Du régime auquel les condamnés sont soumis

Paragraphe 1er : Maisons d’arrêt

Article D83

Le régime appliqué dans les maisons d’arrêt est celui de l’emprisonnement individuel de jour et de nuit dans toute la mesure où la distribution des lieux le permet et sauf contre-indication médicale.

Cette règle ne fait pas obstacle, toutefois, à ce que soient organisées des activités collectives ou des activités dirigées, dans les conditions prévues aux articles D362, D446 et D452.

A : Etablissements cellulaires

Article D84

Dans les maisons d’arrêt cellulaires, ou dans les quartiers cellulaires de ces établissements, il ne peut être dérogé à la règle de l’emprisonnement individuel qu’à titre temporaire, en raison de leur encombrement ou, pendant la journée, en raison des nécessités de l’organisation du travail.

Le chef de l’établissement peut cependant décider, sur l’avis motivé du médecin, de suspendre l’emprisonnement individuel d’un détenu, notamment si l’intéressé manifeste des intentions de suicide, à charge d’en rendre compte au directeur régional et, selon qu’il s’agit d’un prévenu ou d’un condamné, au magistrat saisi du dossier de l’information ou au juge de l’application des peines.

Article D85

Au cas où le nombre des cellules ne serait pas suffisant pour que chaque détenu puisse en occuper une individuellement, le chef de l’établissement désigne les détenus qui peuvent être placés ensemble dans le quartier en commun ou dans les locaux de désencombrement s’il en existe, et, à défaut, dans les cellules.

Les détenus ainsi désignés ne doivent comprendre, ni les prévenus à l’égard desquels l’autorité judiciaire aura prescrit l’interdiction de communiquer ou la mise à l’isolement, ni les détenus âgés de moins de 21 ans, ni les condamnés à l’emprisonnement de police, non plus, dans la mesure du possible, que les prévenus et les condamnés n’ayant pas subi antérieurement une peine privative de liberté.

Article D86

Des coïnculpés ne doivent pas être réunis dans une même cellule, alors même que le magistrat saisi du dossier de l’information n’aurait pas ordonné leur séparation.

Article D87

Si la nature des travaux à exécuter l’exige, ou s’il n’a pas été possible de trouver des tâches susceptibles d’être effectuées individuellement en cellule les détenus peuvent travailler en commun.

B : Etablissements en commun

Article D88

Dans les maisons d’arrêt dont les locaux, en tout ou en partie, ne permettent que l’incarcération en commun, et où les détenus sont par suite nécessairement réunis, toutes les précautions utiles doivent être prises pour éviter que leur promiscuité entraîne des conséquences fâcheuses.

Au surplus, dans la mesure du possible, il convient d’assurer l’emprisonnement individuel de certains détenus et, pour les autres, de les séparer par catégories.

Article D89

Indépendamment des détenus qui doivent être isolés de leurs codétenus pour des raisons disciplinaires ou par mesure de précaution ou de sécurité, ou sur prescription médicale, et des prévenus qui font l’objet de l’une des mesures visées à l’article D56, il importe que soient séparés, chaque fois que cela est possible les détenus âgés de moins de vingt et un ans, quelle que soit leur situation pénale, et les condamnés à l’emprisonnement de police.

Article D90

Pour les détenus dont l’isolement n’est pas assuré dans les conditions prévues à l’article D89, les catégories suivantes doivent être séparées :

Doivent être distingués au surplus, à l’intérieur de chacune de ces catégories, d’une part les détenus n’ayant pas subi antérieurement une peine privative de liberté, et d’autre part ceux qui ont déjà encouru de nombreuses condamnations.

C : Répartition des détenus dans les établissements

Article D91

Le choix des détenus à placer en commun et leur répartition à l’intérieur de chaque maison d’arrêt incombent personnellement au chef de l’établissement, sous réserve des dispositions de l’article D83.

Article D92

Le chef d’établissement informe chaque mois le président du tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve la maison d’arrêt, le juge de l’application des peines, le procureur de la République près ledit tribunal, ainsi que le directeur régional des services pénitentiaires, de l’état des effectifs au regard des capacités d’accueil de l’établissement.

Article D93

Le directeur régional ordonne tous les transfèrements utiles à l’intérieur de sa région concernant les condamnés à de courtes peines, les détenus pour dettes et les condamnés à de longues peines laissés à sa disposition.

Si les mesures qui lui paraissent nécessaires concernent d’autres détenus, excèdent sa compétence ou soulèvent des difficultés particulières, il doit adresser dans le moindre délai un rapport au ministre de la justice.

Paragraphe 2 : Etablissements pour peines

Article D94

Dans chaque maison centrale ou centre de détention la prise en charge des détenus est effectuée, à leur arrivée, par le chef d’établissement et les différents personnels visés à l’article D. 285, en particulier par les membres du personnel socio-éducatif.

A cette occasion, les condamnés sont informés du régime intérieur de l’établissement et de leur programme de traitement individuel, dont les modalités sont examinées avec eux, ainsi qu’il est prévu à l’article D. 69-1.

La période d’accueil et d’observation, durant laquelle les détenus peuvent être placés à l’emprisonnement individuel, ne peut excéder quinze jours.

Article D95

Le régime des maisons centrales et des centres de détention comporte l’isolement de nuit. Il n’y est dérogé que sur indication médicale ou, à titre exceptionnel et provisoire, en raison de la distribution des locaux.

Pendant la journée, les condamnés sont réunis pour le travail et les activités physiques et sportives. Ils peuvent l’être aussi pour les besoins de l’enseignement ou de la formation, de même que pour des activités culturelles ou de loisirs.

Le contenu de l’emploi du temps, et notamment la part faite à ces diverses activités, doit permettre aux condamnés de conserver ou de développer leurs aptitudes intellectuelles, psychologiques et physiques pour préparer leur réadaptation ultérieure.

Article D95-1

Sans préjudice de l’application des dispositions de l’article D95 prévoyant la mise en oeuvre de mesure de traitement pendant toute la durée de l’exécution de la peine, les condamnés bénéficient, au cours de la dernière période de l’incarcération, d’une préparation active à leur élargissement conditionnel ou définitif, en particulier sur le plan socio-professionnel. Cette préparation comprend, le cas échéant, un placement au régime de semi-liberté. Elle est effectuée soit sur place, soit après transfèrement sur un centre ou un quartier spécialisé.

Article D97

Le régime des centres de détention visés à l’article D. 70-2 est aménagé en vue de favoriser la resocialisation des condamnés.

Il comporte, en conséquence, les particularités énoncées aux articles D. 146 concernant les permissions de sortir, D. 417 relatif aux modalités et moyens de correspondance avec l’extérieur et D. 448 sur les activités collectives et leur organisation.

Les détenus dont le comportement se révèle incompatible avec l’application de ce régime sont exclus des centres de détention par application des dispositions de l’article D. 71.

Section 6 : Du juge de l’application des peines et de la commission de l’application des peines

Article D115

Dans chaque tribunal de grande instance un ou plusieurs magistrats du siège sont chargés des fonctions de juge de l’application des peines.

La compétence de ce ou de ces magistrats s’exerce à l’égard des établissements pénitentiaires situés dans le ressort du tribunal de grande instance.

Article D116

Le juge de l’application des peines est chargé, auprès des établissements pénitentiaires situés dans le ressort de sa juridiction et dans lesquels sont détenus des condamnés, de suivre l’exécution des peines de ceux-ci.

Il ne peut se substituer au directeur régional ou au chef de l’établissement, en ce qui concerne l’organisation ou le fonctionnement de celui-ci, mais il doit assurer l’individualisation de l’exécution de la sentence judiciaire en orientant et en contrôlant les conditions de son application *obligation*. A cet effet, il lui appartient de décider les principales modalités du traitement auquel sera soumis chaque condamné, et notamment les mesures visées à l’article D. 97 et aux articles D. 118 et suivants.

Lorsqu’il n’y a pas urgence, il se prononce au sein de la commission de l’application des peines.

Le juge de l’application des peines ordonne l’extraction des condamnés, soit en vue de la comparution de ceux-ci dans son cabinet lorsqu’il l’a estimé utile, soit dans les cas prévus aux articles 723-6, D. 424, D. 425 et D. 455, soit plus généralement pour la mise en application d’une décision relevant de sa compétence. Il requiert l’extraction par les services de police ou de gendarmerie selon la distinction de l’article D. 315.

Article D116-1

Dans l’exercice de ses attributions, le juge de l’application des peines peut procéder ou faire procéder à toutes auditions, enquêtes ou examens utiles.

Article D117

Lorsque le juge de l’application des peines est appelé à se rendre dans un établissement pénitentiaire pour assumer les fonctions qui lui sont dévolues par le présent code et par l’article R2 du code pénal, les indemnités de frais de voyage et de séjour lui sont allouées dans les conditions visées à l’article R200 du présent code.

Article D117-1

La commission de l’application des peines qui siège dans chaque établissement pénitentiaire comprend, outre les membres de droit mentionnés à l’article 722 (alinéa 4), les membres du personnel de direction, le surveillant chef, un membre du personnel de surveillance, les travailleurs sociaux, le médecin et le psychiatre.

Le juge de l’application des peines peut, en accord avec le chef de l’établissement, faire appel soit à titre permanent, soit pour une séance déterminée, à toute personne remplissant une mission dans la prison, lorsque sa connaissance des cas individuels ou des problèmes à examiner rend sa présence utile.

Le juge de l’application des peines peut ordonner la comparution du détenu devant la commission de l’application des peines afin qu’il soit entendu par cette dernière dans les domaines qui relèvent de sa compétence.

Les membres de la commission ainsi que les personnes appelées, à un titre quelconque, à assister à ses réunions sont tenus à l’égard des tiers au secret pour tout ce qui concerne ses travaux.

Section VII : Du placement à l’extérieur, du régime de semi-liberté et des permissions de sortir.

Article D118

Indépendamment des cas où il est procédé à leur extraction ou à leur transfèrement et des cas où ils sont chargés d’exécuter des corvées sous la surveillance directe ou constante du personnel, des condamnés peuvent se trouver régulièrement en dehors des établissements pénitentiaires dans les hypothèses prévues aux articles 723 et 723-3 qui prévoient soit le placement à l’extérieur et l’admission au régime de semi-liberté, soit les permissions de sortir.

Paragraphe 1er : Dispositions communes

Article D119

La décision de placement à l’extérieur des condamnés en vue de leur emploi à des travaux contrôlés par l’administration, d’admission au régime de semi-liberté, sous réserve de l’application des dispositions de l’article 723-1, d’autorisation de sortie sous escorte ou de permission de sortir est prise [*compétence*] par le juge de l’application des peines, sur la proposition ou après avis du chef de l’établissement et, sauf urgence, au sein de la commission de l’application des peines.

Ce magistrat recueille tous les renseignements qu’il estime utiles, sans préjudice de l’application des dispositions de l’article D. 127 lorsqu’il s’agit de l’ouverture d’un chantier de travail.

Article D120

Par exception au principe posé à l’article D. 119, l’admission au régime de semi-liberté est prononcée par le ministre de la justice, lorsqu’elle a lieu à titre probatoire préalablement à la mise à exécution d’un arrêté de libération conditionnelle, dans l’hypothèse visée à l’article D. 535-1°.

Article D122

Par dérogation aux dispositions de l’article D. 318, les détenus admis au régime de semi-liberté ou bénéficiaires d’une permission de sortir sont autorisés à détenir une somme d’argent leur permettant d’effectuer en dehors de l’établissement les dépenses nécessaires et, notamment, de payer les repas pris à l’extérieur et d’utiliser des moyens de transport.

Le chef de l’établissement apprécie, au moment de la sortie des intéressés, l’importance de la somme qui doit leur être remise, par prélèvement sur leur part disponible. Lorsqu’ils réintègrent la prison, et à intervalles réguliers en ce qui concerne les semi-libres, les détenus doivent justifier des dépenses effectuées et le reliquat de la somme qui avait été mise à leur disposition est déposé au service comptable.

Article D123

Les détenus autorisés à sortir d’un établissement sans faire l’objet d’une surveillance doivent être porteurs d’un document leur permettant de justifier de la régularité de leur situation.

Outre les renseignements d’état civil et d’anthropométrie utiles, ce document doit mentionner les lieux où les intéressés sont autorisés à se rendre ainsi que la date et l’heure auxquelles ils sont dans l’obligation de réintégrer la prison.

Il doit être produit à toute réquisition de l’autorité publique.

Article D124

Les condamnés qui se trouvent en dehors d’un établissement en vertu d’une des autorisations prévues aux articles 723 et 723-3 demeurent soumis à l’ensemble des règles disciplinaires relatives au régime des détenus de leur catégorie, sous la seule réserve des dérogations édictées à la présente section.

Toute inobservation de ces règles, tout manquement à l’obligation de bonne conduite, tout incident, doit être signalé au juge de l’application des peines. En cas d’urgence, le chef de l’établissement peut faire procéder à la réintégration immédiate du détenu sauf à en rendre compte sans délai à ce magistrat.

Le juge de l’application des peines prononce, le cas échéant, le retrait de la mesure lorsque celle-ci a été accordée par lui.

Lorsque le régime de semi-liberté a été décidé par la juridiction de jugement, le tribunal de grande instance du lieu de détention prononce son retrait éventuel, sur rapport du juge de l’application des peines. Ce magistrat peut, si l’urgence l’exige, suspendre l’application de la semi-liberté. Dans ce cas, le tribunal doit statuer dans les cinq jours sur le maintien ou le retrait de ce régime.

Article D125

Les détenus qui, bénéficiant d’une des autorisations prévues aux articles 723 et 723-3, n’ont pas regagné l’établissement pénitentiaire dans les délais fixés, doivent être considérés comme se trouvant en état d’évasion.

Les diligences prévues aux articles D280 et D283 doivent en conséquence être effectuées, et les intéressés, de même que ceux qui auraient tenté de se soustraire à l’obligation de réintégrer la prison, encourent des sanctions disciplinaires sans préjudice des poursuites pénales qui pourraient être exercées en application de l’article 245 du code pénal.

Paragraphe 3 : Régime de semi-liberté

Article D141

Par exception au principe rappelé à l’article D110, les condamnés admis au régime de semi-liberté relèvent du régime général de la sécurité sociale, ou le cas échéant, du régime applicable aux professions agricoles. Dans les deux cas, la déclaration d’emploi est souscrite à la diligence et sous la responsabilité de l’employeur, conformément aux obligations qui lui incombent selon la nature de son entreprise.

Paragraphe 3 : Placement à l’extérieur sans surveillance du personnel pénitentiaire

Article D136

[Article abrogé]

Paragraphe 4 : Permissions de sortir

Article D142-1

Les conditions de délai prévues aux articles D143 à D146 ne sont applicables que si le condamné n’est pas en cours d’exécution de la période de sûreté.

Article D144

A l’occasion des circonstances familiales graves visées à l’article D425, une permission de sortir d’une durée maximale de trois jours peut être accordée, d’une part aux condamnés à une peine privative de liberté inférieure ou égale à cinq ans, et, d’autre part, aux condamnés à une peine privative de liberté supérieure à cinq ans, lorsqu’ils ont exécuté la moitié de leur peine.

Article D142

La permission de sortir est accordée pour une ou plusieurs sorties. Elle autorise le condamné à se rendre en un lieu situé sur le territoire national.

Un délai de route peut être accordé au bénéficiaire de la permission de sortir ; il est calculé en fonction de la durée du trajet et des horaires des moyens de transport utilisés.

Article D143

Des permissions de sortir d’une durée n’excédant pas la journée peuvent être accordées dans les cas suivants aux condamnés à une peine privative de liberté inférieure ou égale à cinq ans ainsi qu’aux condamnés à une peine privative de liberté supérieure à cinq ans, lorsque ces derniers ont exécuté la moitié de leur peine :

1° Présentation à leurs employeurs éventuels des détenus prochainement libérables ou susceptibles d’être admis au bénéfice de la libération conditionnelle ou au régime de semi-liberté ;

2° Présentation aux épreuves d’un examen dans les conditions prévues aux articles D455 et D459 ;

3° Présentation dans un centre d’examen médical, psychologique ou psychotechnique ;

4° Accomplissement de toute formalité requise par l’autorité militaire soit préalablement à un engagement dans les forces armées en vue duquel la libération conditionnelle a été accordée, soit à l’égard des détenus militaires et marins ;

5° Sortie les dimanches et jours fériés ou chômés des condamnés admis au régime de semi-liberté ;

6° Comparution soit devant une juridiction de l’ordre judiciaire, soit devant une juridiction ou un organisme d’ordre administratif, d’un condamné admis au régime de semi-liberté.

Article D145

Des permissions de sortir d’une durée maximale de trois jours peuvent être accordées en vue du maintien des liens familiaux ou de la préparation de la réinsertion sociale, aux condamnés qui ont exécuté la moitié de leur peine et qui n’ont plus à subir qu’un temps de détention inférieur à trois ans.

Ces permissions sont accordées sans condition de délai aux condamnés exécutant une ou plusieurs peines d’emprisonnement n’excédant pas au total une durée d’un an.

Article D146

Les condamnés incarcérés dans les centres de détention peuvent bénéficier des permissions de sortir prévues à l’article D145, lorsqu’ils ont exécuté le tiers de leur peine.

A leur égard, la durée de ces permissions peut être portée à cinq jours et, une fois par an, à dix jours.

Article D147

Le détenu bénéficiaire d’une permission de sortir doit supporter les frais occasionnés par son séjour hors de l’établissement et notamment le coût des moyens de transport qu’il serait éventuellement obligé d’utiliser.

En conséquence, aucune autorisation de sortir ne peut être accordée si une somme suffisante ne figure pas à la part disponible du condamné ou si l’intéressé ne justifie pas de possibilités licites d’hébergement et de transport.

Section 4 : Du travail des détenus

Paragraphe 1er : Principes

Article D98

Les condamnés à des peines privatives de liberté pour des faits qualifiés crimes ou délits de droit commun sont dispensés du travail s’ils suivent effectivement un enseignement ou une formation professionnelle ou si, après avis du médecin, ils sont reconnus inaptes.

L’inobservation par des détenus des ordres ou des instructions donnés pour l’exécution d’une tâche peut entraîner l’application de sanctions disciplinaires.

Article D99

De même que les prévenus, les condamnés de police, les condamnés bénéficiant du régime visé à l’article D493 et les détenus pour dettes peuvent demander qu’il leur soit donné du travail.

Dans cette hypothèse, ils sont assujettis aux mêmes règles que les condamnés pour l’organisation et la discipline du travail.

Article D100

Les dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’un travail productif et suffisant pour occuper la durée normale d’une journée de travail soit fourni aux détenus.

Article D101

Le travail est procuré aux détenus compte tenu du régime pénitentiaire auquel ceux-ci sont soumis, des nécessités de bon fonctionnement des établissements ainsi que des possibilités locales d’emploi.

Dans la mesure du possible, le travail de chaque détenu est choisi en fonction non seulement de ses capacités physiques et intellectuelles, mais encore de l’influence que ce travail peut exercer sur les perspectives de sa réinsertion. Il est aussi tenu compte de sa situation familiale et de l’existence de parties civiles à indemniser.

Les détenus peuvent être autorisés à travailler pour leur propre compte par le chef d’établissement s’il s’agit d’un membre du personnel de direction, sinon, par le directeur régional. Ils peuvent également être autorisés à travailler pour le compte d’associations constituées en vue de préparer leur réinsertion sociale et professionnelle.

Ces associations sont agréées par décision du garde des sceaux, ministre de la justice.

Paragraphe 2 : Formes et modalités du travail

Article D102

Aucun genre de travail ne peut être adopté à titre définitif s’il n’a été préalablement autorisé par le directeur régional des services pénitentiaires.

L’organisation, les méthodes et les rémunérations du travail doivent se rapprocher autant que possible de celles des activités professionnelles extérieures afin notamment de préparer les détenus aux conditions normales du travail libre.

Article D103

Le travail est effectué dans les établissements pénitentiaires sous le régime de la régie directe, de la concession ou de celui qui est défini pour les détenus autorisés à travailler pour leur propre compte ou dans le cadre d’une association agréée.

Sont exclusives de tout contrat de travail les relations qui s’établissent entre l’administration pénitentiaire et le détenu auquel elle procure un travail ainsi que les relations entre l’entreprise concessionnaire et le détenu mis à sa disposition selon les conditions d’une convention administrative qui fixe, notamment, les conditions de rémunération et d’emploi.

Toutefois, conformément au second alinéa de l’article 723, les dispositions ci-dessus ne sont pas applicables aux condamnés admis au régime de semi-liberté qui font l’objet, s’ils sont préalablement détenus, d’une décision de placement à laquelle ils doivent souscrire.

Article D104

Les concessions de travail à l’intérieur des établissements pénitentiaires font l’objet de clauses et conditions générales arrêtées par le ministre de la justice.

Le chef d’établissement, s’il s’agit d’un membre du personnel de direction, a qualité [*compétence*] pour accorder une concession de travail pour une durée égale ou inférieure à trois mois ou pour un effectif égal ou inférieur à cinq détenus.

Les concessions [*de travail*] envisagées pour une durée supérieure à trois mois ou pour un effectif supérieur à cinq détenus font l’objet d’un contrat qui en fixe les conditions particulières notamment quant à l’effectif des détenus, au montant des rémunérations et à la durée de la concession. Ce contrat est signé par le représentant de l’entreprise concessionnaire et le directeur régional.

Article D105

Dans chaque établissement, des détenus sont affectés au service général de la prison, en vue de maintenir en état de propreté les locaux de la détention et d’assurer les différents travaux ou corvées nécessaires au fonctionnement des services.

Ces détenus sont choisis de préférence parmi les condamnés n’ayant pas une longue peine à subir ; des prévenus ne peuvent être désignés qu’avec l’accord préalable du magistrat saisi du dossier de l’information.

Si la continuité des tâches qui leur sont confiées le justifie, ils sont rémunérés suivant un tarif préétabli par l’administration centrale et dans les conditions prévues pour les travaux en régie.

Aucun détenu ne peut être employé aux écritures de la comptabilité générale, au greffe judiciaire ou dans les services médico-sociaux.

Article D107

Indépendamment de la garde des détenus, les surveillants assurent le respect des règles de discipline et de sécurité sur les lieux du travail.

L’encadrement technique est assuré soit par un personnel spécialisé relevant de l’administration pénitentiaire, soit par des préposés des entreprises concessionnaires ou des animateurs des associations visées à l’article D101. Ces personnes extérieures sont agréées par le directeur régional après consultation du procureur de la République.

Article D108

La durée du travail par jour et par semaine, déterminée par le règlement intérieur de l’établissement, doit se rapprocher des horaires pratiqués dans la région ou dans le type d’activité considéré ; en aucun cas elle ne saurait leur être supérieure.

Le respect du repos hebdomadaire et des jours fériés doit être assuré ; les horaires doivent prévoir le temps nécessaire pour le repos, les repas, la promenade et les activités éducatives et de loisirs.

Article D109

Les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels sont applicables dans les établissements pénitentiaires.

Article D110

Le droit à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles est reconnu aux détenus exécutant un travail, selon les modalités du régime spécial établi par le décret n° 49-1585 du 10 décembre 1949 pris pour l’application aux détenus de la loi n° 46-2426 du 30 octobre 1946 sur la prévention et la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Section 5 : De la répartition du produit du travail

Article D111

La rémunération du travail est répartie conformément aux dispositions des articles D112 et suivants, après qu’aient été précomptées les cotisations à caractère social mises à la charge des détenus.

Article D112

Les détenus participent à leurs frais d’entretien sur le produit de leur travail.

Le montant de cette participation est fixé chaque année par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice.

Il ne saurait en toute hypothèse dépasser 30 % de la rémunération après déduction des cotisations à caractère social.

Les rémunérations versées sur crédits budgétaires sont nettes de tout prélèvement au profit du Trésor.

Article D113

Une part égale à 20 % [*pourcentage*] de la rémunération telle qu’elle résulte de l’article D111 est affectée à la constitution d’un pécule de libération ainsi qu’à l’indemnisation des parties civiles.

Les prélèvements relatifs à l’indemnisation des parties civiles sont limités à la moitié de cette part.

La part prévue par le premier alinéa du présent article est réduite à 10 % [*pourcentage*] pour les semi-libres. Elle est exclusivement réservée à l’indemnisation des parties civiles.

Article D114

Après déduction des versements prévus aux articles D. 111, D. 112 et D. 113, le solde de la rémunération est acquis au détenu qui peut en disposer dans les conditions prévues aux articles D. 323, D. 330 et D. 331.

La portion attribuée aux détenus sur les produits de leur travail peut toutefois être accrue de gratifications, à titre exceptionnel et sous réserve que celles-ci n’excèdent pas le quart de la rémunération principale.

Chapitre III : Des dispositions communes aux différents établissements pénitentiaires

Section 1 : Du greffe judiciaire des prisons

Paragraphe 1 : Registre et formalités d’écrou.

Article D148.

Tout établissement pénitentiaire est pourvu d’un registre d’écrou.

Le chef de l’établissement, ou sous son autorité le fonctionnaire chargé du greffe, tient ce registre et veille à la légalité de la détention des individus incarcérés ainsi qu’à l’élargissement des libérables.

Le registre d’écrou [*définition*] est constitué de feuilles mobiles préalablement revêtues d’une numérotation continue et classées dans un fichier.

Il doit être présenté aux fins de contrôle et de visa, aux différentes autorités judiciaires à chacune de leurs visites, ainsi qu’aux autorités administratives qui procèdent à l’inspection générale de l’établissement [*obligation*].

Article D149

Lors de la conduite de toute personne dans un établissement pénitentiaire par l’exécuteur d’un arrêt ou jugement de condamnation, d’une ordonnance de prise de corps, d’un mandat de dépôt ou d’arrêt, d’un mandat d’amener lorsque ce mandat doit être suivi d’incarcération provisoire, ou un ordre d’arrestation établi conformément par la loi, un acte d’écrou est dressé sur le registre visé à l’article D148. Le chef de l’établissement constate par cet acte la remise de la personne et inscrit la nature et la date du titre de détention, ainsi que l’autorité dont il émane. L’acte d’écrou est signé par le chef de l’établissement et par le chef d’escorte.

En cas d’exécution volontaire de la peine, le chef de l’établissement mentionne sur le registre d’écrou l’arrêt ou le jugement de condamnation dont l’extrait lui a été transmis par le procureur général ou par le procureur de la République.

En toute hypothèse, avis de l’écrou est donné par le chef de l’établissement, selon le cas, au procureur général ou au procureur de la République.

La date de la sortie du détenu, ainsi que, s’il y a lieu, la décision ou le texte de la loi motivant la libération, fait également l’objet d’une mention sur l’acte d’écrou.

Il n’y a pas lieu de lever l’écrou des détenus qui viennent à faire l’objet des mesures prévues aux articles D118 et D314, mais mention de ces mesures doit être portée au registre d’écrou.

Article D150

Outre les écritures exigées pour l’incarcération ou la libération et la mention des ordonnances prévues aux articles 133, 145, 148 et 179, ainsi que des jugements ou arrêts prévus aux articles 213, 464-1 et 569, des indications doivent être portées pour prévenir les fraudes, fixer l’identité des détenus et faire connaître les modifications subies par la situation pénale ou administrative de ceux-ci pendant leur détention ou au moment de leur mise en liberté.

Article D151

Le registre d’écrou ne doit pas quitter l’établissement pénitentiaire.

Toutefois, à titre exceptionnel, la fiche d’écrou d’un détenu peut être déplacée en dehors de cet établissement afin de permettre soit l’écrou d’un individu hospitalisé immédiatement après son arrestation et momentanément intransportable, soit la levée d’écrou d’un détenu hospitalisé au moment de sa libération.

Paragraphe 2 : Autres registres et écritures du greffe.

Article D154

Il appartient aux chefs des établissements pénitentiaires de délivrer aux autorités habilitées par la loi ou les règlements des extraits ou des copies certifiées conformes de toutes pièces qui se trouvent en leur possession.

Il leur appartient pareillement de délivrer des expéditions ou extraits des actes d’écrou.

Paragraphe 3 : Dossiers individuels des détenus.

Article D155.

Pour tout détenu, il est constitué au greffe de l’établissement pénitentiaire un dossier individuel qui suit l’intéressé dans les différents établissements où il serait éventuellement transféré.

Indépendamment de ce dossier, des dossiers particuliers doivent être établis en outre à l’égard de certains détenus, notamment pour les condamnés proposables à la libération conditionnelle, pour les interdits de séjour, pour les étrangers passibles d’expulsion et pour les libérables qui ont à satisfaire à des obligations militaires.

A : Dossier spécial aux condamnés à une longue peine.

Article D156

Un dossier spécial est ouvert pour tout condamné qui doit subir une peine privative de liberté d’une durée supérieure à un an, ou plusieurs peines dont le total est supérieur à un an, après le moment où sa condamnation est devenue définitive.

Ce dossier comprend les cinq parties visées aux articles D157, D159, D161, D162 et D163.

Article D157

La partie judiciaire du dossier contient l’extrait ou les extraits de jugement ou d’arrêt de condamnation, la notice individuelle visée à l’article D158 et toutes autres pièces ou documents relatifs à l’exécution des peines, notamment ceux qui concernent les victimes.

Article D158

La notice individuelle contient les renseignements concernant l’état civil du condamné, sa profession, sa situation de famille, ses moyens d’existence, son degré d’instruction, sa conduite habituelle, sa moralité et ses antécédents.

Ces renseignements sont complétés par l’exposé des faits qui ont motivé la condamnation et des éléments de nature à aggraver ou à atténuer la culpabilité de l’intéressé.

La rédaction de la notice, qui incombe au ministère public près la juridiction qui a prononcé la condamnation, est obligatoire à l’égard de tout condamné qui doit subir ou auquel il reste à subir plus de trois mois d’une peine privative de liberté à compter de la date où la décision est devenue définitive.

La notice doit être adressée dans le délai prévu au dernier alinéa de l’article D78.

Article D159

La partie pénitentiaire du dossier est constituée par le chef de l’établissement dans lequel le condamné accomplit sa peine.

Elle contient tous les renseignements tenus à jour sur son comportement en détention et au travail, son compte nominatif, et sur les décisions administratives prises à son égard.

Article D160.

Dans la même partie du dossier, sont consignées les sanctions disciplinaires prononcées ainsi que toutes les mesures visant à encourager les efforts des détenus en vue de leur réadaptation sociale.

Article D161

La partie médicale du dossier comprend l’ensemble des documents relatifs à l’état de santé physique et mental du condamné et, notamment, le résultat des examens pratiqués par les médecins et dentistes ou par les différents services de dépistage.

Le personnel médical de l’établissement peut seul consulter ces documents et faire état des renseignements qui y sont mentionnés, compte tenu des prescriptions relatives au secret médical et des dispositions de l’article D378.

En cas de transfèrement, cette partie du dossier est adressée sous pli fermé au médecin de l’établissement de destination.

Article D162.

La quatrième partie du dossier visé à l’article D156 correspond au dossier destiné au service socio-éducatif.

Contenant des éléments ou documents recueillis par les travailleurs sociaux ou qui leur ont été fournis, ce dossier leur permet de suivre l’évolution du détenu et, ainsi, de mieux individualiser sa situation pénale et la préparation de sa libération. Il a aussi pour objet de leur permettre de renseigner l’autorité judiciaire qui en fait la demande, en application de l’article D462.

Les documents couverts par le secret professionnel ne peuvent être consultés que par un membre d’un service socio-éducatif. En cas de transfèrement, le service socio-éducatif transmet ces documents sous pli fermé au service correspondant de l’établissement de destination ou, en cas de libération et s’il y a lieu, au comité de probation et d’assistance aux libérés du lieu de résidence où l’intéressé a déclaré se retirer.

Article D163.

Une partie du dossier individuel constitue une cote d’observation où sont assemblés les pièces et documents contenant le résultat des enquêtes, examens et expertises auxquels il a pu être procédé sur la personnalité, l’état médical, psychiatrique et psychologique, la situation matérielle, familiale ou sociale du condamné, soit au cours de l’information préalable, soit en vue de son orientation, soit ultérieurement pendant le cours de l’exécution de sa peine.

Ce dossier comprend, par conséquent, les pièces visées aux articles D78, D79 et D81 et contient les différentes appréciations ou avis émis à l’égard du condamné intéressé, ainsi que les rapports de synthèse de l’observation.

Article D164.

A la libération ou au décès d’un condamné à une longue peine, ou après son évasion, les différentes parties de son dossier sont rassemblées, et à l’expiration du délai d’un an, l’ensemble est envoyé au dépôt central d’archives pénitentiaires.

Le ministre de la justice détermine les conditions dans lesquelles ces archives, et plus généralement tous autres documents en possession de l’administration pénitentiaire, peuvent être consultés pour les besoins de la recherche scientifique.

B : Dossiers des autres détenus.

Article D165.

Pour les condamnés n’ayant pas à subir une longue peine au sens de l’article D156, leur dossier est constitué au fur et à mesure de l’arrivée ou de la rédaction des pièces les concernant.

Toutes dispositions doivent être prises pour assurer la protection du secret de celles d’entre elles qui ont un caractère strictement médical ou social.

Article D166.

Le dossier visé à l’article D. 165 est conservé pendant trente années au greffe de l’établissement où son titulaire a été incarcéré en dernier lieu.

Passé ce délai, l’administration pénitentiaire en est déchargée et peut en demander le versement dans les dépôts d’archives départementales.

Section 2 : De la punition de cellule, de la mise à l’isolement et des moyens de contrainte

Paragraphe 1 : Punition de cellule

Article D167

La punition de cellule consiste dans le placement du détenu dans une cellule aménagée à cet effet et qu’il doit occuper seul ; sa durée ne peut excéder quarante-cinq jours. Pour les mineurs de seize à dix-huit ans, elle est limitée à quinze jours lorsque l’infraction disciplinaire est accompagnée de violences contre les personnes et à cinq jours dans les autres cas.

Elle est infligée dans les conditions visées à l’article D249 et peut être assortie du sursis pour tout ou partie de son exécution, ainsi qu’il est prévu à l’article D251.

Article D168

Dans les conditions visées à l’article D249, le chef de l’établissement peut prononcer une punition de cellule dans la limite de quarante-cinq jours. Toutefois, dans les prisons dirigées par un chef de maison d’arrêt ou un surveillant chef, cette faculté est réduite à huit jours au maximum ; le directeur régional peut élever la durée de la sanction jusqu’à quarante-cinq jours. Les durées fixées ci-dessus sont réduites respectivement à quinze jours, trois jours et quinze jours lorsque le détenu est un mineur de seize à dix-huit ans.

Le temps passé en prévention disciplinaire s’impute sur la durée de la punition à subir.

Les détenus punis doivent être visités par le médecin, si possible dès leur mise en cellule de punition et en tout cas deux fois par semaine au moins. La punition est suspendue si le médecin constate que sa continuation est de nature à compromettre la santé du détenu.

Article D169

La mise en cellule de punition entraîne pendant toute sa durée la privation de cantine et de visites. Elle comporte aussi des restrictions à la correspondance autre que familiale. Toutefois, les détenus conservent la faculté de communiquer librement avec leur conseil, conformément aux dispositions des articles D67, D411 et D419.

Les détenus punis de cellule font une promenade d’une heure par jour au préau individuel.

Paragraphe 2 : Mise à l’isolement

Article D170

Tout détenu se trouvant dans un établissement ou quartier en commun peut soit sur sa demande, soit par mesure de précaution ou de sécurité, être placé à l’isolement.

La mise à l’isolement est ordonnée par le chef de l’établissement qui rend compte à bref délai au directeur régional et au juge de l’application des peines. Le chef de l’établissement fait en outre rapport à la commission de l’application des peines dès la première réunion suivant la mise à l’isolement ou le refus opposé à la demande d’isolement du détenu.

Le détenu peut faire parvenir au juge de l’application des peines soit directement, soit par l’intermédiaire de son conseil, toutes observations utiles en ce qui concerne la décision prise à son égard.

Les détenus placés à l’isolement sont signalés au médecin qui les visite dans les conditions prévues à l’article D375. Le médecin émet, chaque fois qu’il l’estime utile, un avis sur l’opportunité de prolonger l’isolement ou d’y mettre fin.

La durée de l’isolement ne peut être prolongée au-delà de trois mois sans qu’un nouveau rapport ait été fait devant la commission de l’application des peines et sans une décision du directeur régional, prononcée après avis du médecin.

Article D171

La mise à l’isolement ne constitue pas une mesure disciplinaire.

Les détenus qui en font l’objet sont soumis au régime ordinaire de détention.

Paragraphe 3 : Moyens de contrainte

Article D172

Aucun moyen de contrainte ne doit être employé à titre de sanction disciplinaire.

Les moyens de contrainte visés à l’article 726 ne peuvent être utilisés, en application des dispositions dudit article, que sur prescription médicale ou sur ordre du chef de l’établissement, s’il n’est d’autre possibilité de maîtriser un détenu, de l’empêcher de causer des dommages ou de porter atteinte à lui-même ou à autrui. Le chef d’établissement doit faire visiter d’urgence le détenu par le médecin qui décide de maintenir ou de faire cesser la contrainte.

Il doit en être rendu compte sans délai au directeur régional.

Article D173

Par mesure de précaution contre les évasions, les détenus peuvent être soumis au port des menottes et des entraves pendant leur transfèrement ou leur extraction, ou lorsque les circonstances ne permettent pas d’assurer efficacement leur garde d’une autre manière.

Toutefois, aucun lien ne doit être laissé à un détenu au moment de sa comparution devant une juridiction.

Article D174

Le personnel de l’administration pénitentiaire ne doit utiliser la force envers les détenus qu’en cas de légitime défense, de tentative d’évasion ou de résistance par la violence ou par inertie physique aux ordres donnés.

Lorsqu’il y recourt, il ne peut le faire qu’en se limitant à ce qui est strictement nécessaire.

Article D175

Conformément aux dispositions de la loi du 28 décembre 1943 "les membres du personnel des établissements pénitentiaires en uniforme ou en tenue civile doivent, en l’absence de l’autorité judiciaire ou administrative, déployer la force armée dans les cas suivants :

Lorsque des violences ou des voies de fait sont exercées contre eux ou lorsqu’ils sont menacés par des individus armés ;

Lorsqu’ils ne peuvent défendre autrement les établissements pénitentiaires dont ils ont la garde, le postes ou les personnes qui leur sont confiés ou, enfin, si la résistance est telle qu’elle ne puisse être vaincue que par la force des armes ;

Lorsque des personnes cherchant à pénétrer dans un établissement pénitentiaire ou des détenus invités à s’arrêter par des appels répétés de "halte" faits à haute voix cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et ne peuvent être contraints de s’arrêter que par l’usage des armes".

Pour l’application des dispositions qui précèdent, les membres des forces préposées au maintien de l’ordre, intervenant à l’intérieur d’un établissement pénitentiaire ou assurant une mission de protection et de garde dans l’établissement ou aux abords de celui-ci en application des dispositions de l’article D266, sont, pendant le temps de cette intervention ou de l’accomplissement de cette mission, assimilés aux membres du personnel des établissements pénitentiaires.

Section 3 : Des visites effectuées par les autorités judiciaires

Article D176

Le juge de l’application des peines doit visiter les établissements pénitentiaires au moins une fois par mois pour vérifier les conditions dans lesquelles les condamnés y exécutent leur peine.

Il lui appartient de faire part de ses observations éventuelles aux autorités compétentes pour y donner suite.

Il adresse chaque année au ministre de la justice, sous le couvert des chefs de cour, un rapport sur l’application des peines.

Article D177

Conformément aux dispositions de l’article 222, le président de la chambre d’accusation visite, chaque fois qu’il estime nécessaire et au moins une fois par trimestre, les maisons d’arrêt du ressort de la cour d’appel, et y vérifie la situation des inculpés en état de détention provisoire.

Il transmet ses observations éventuelles au président de la chambre d’accusation compétent à l’égard des prévenus qui ne relèvent pas d’une juridiction du ressort de sa cour d’appel.

Le juge d’instruction et, en ce qui concerne les mineurs relevant de sa juridiction, le juge des enfants, peuvent également visiter la maison d’arrêt et y voir les prévenus aussi souvent qu’ils l’estiment utile.

En outre, le juge des enfants procède à une visite de la maison d’arrêt au moins une fois par an pour y vérifier les conditions de la détention des mineurs. A cette occasion, il fait part de ses observations éventuelles aux autorités compétentes pour y donner suite.

Article D178.

Le procureur de la République et le procureur général visitent les établissements pénitentiaires.

Le procureur de la République doit se rendre dans chaque prison une fois par trimestre et plus souvent s’il y a lieu, notamment pour entendre les détenus qui auraient des réclamations à présenter.

Il rend compte de ses observations éventuelles au procureur général.

Article D179

Un rapport conjoint du premier président et du procureur général rend compte chaque année au ministre de la justice du fonctionnement des établissements pénitentiaires de leur ressort et du service assuré par le personnel de ces établissements.

Section 4 : De la commission de surveillance

Article D180.

La commission de surveillance comprend, sous la présidence du commissaire de la République dans les chefs-lieux de département et du commissaire adjoint de la République dans les chefs-lieux d’arrondissement :

1° Le président du tribunal de grande instance et le procureur de la République près ledit tribunal, ou les magistrats les représentant ;

2° Le juge de l’application des peines ;

3° Un juge d’instruction désigné par le président du tribunal de grande instance ;

4° Le juge des enfants, si la commission est instituée auprès d’une maison d’arrêt située au siège d’un tribunal pour enfant ;

5° Le bâtonnier de l’ordre des avocats ou son représentant ;

6° Un officier représentant le général commandant la région militaire, si la commission est instituée auprès d’un établissement où sont incarcérés des militaires et marins ;

7° Un membre du conseil général élu par ses collègues ;

8° Le maire de la commune où est situé l’établissement ou son représentant ;

9° Le directeur départemental du travail et de la main-d’oeuvre ou son représentant ;

10° L’inspecteur d’académie ou son représentant ;

11° Le président de la chambre de commerce et d’industrie ou son représentant ;

12° Le président de la chambre de métiers ou son représentant ;

13° Le directeur départemental de l’action sanitaire et sociale ou son représentant ;

14° Un représentant des oeuvres d’assistance aux détenus ou aux libérés agréées au titre de l’aide sociale, désigné sur la proposition du juge de l’application des peines ;

15° Trois à six personnes appartenant à des oeuvres sociales ou choisies en raison de l’intérêt qu’elles portent aux problèmes pénitentiaires et post-pénaux.

Les membres de la commission visés aux deux numéros précédents sont nommés pour une période de deux ans renouvelable par un arrêté préfectoral dont une ampliation est adressée au ministre de la justice.

Le chef de l’établissement et les membres du personnel, les visiteurs agréés, les membres des services médico-sociaux ainsi que les aumôniers attachés à l’établissement, et toutes autres personnes y exerçant habituellement une activité ne peuvent faire partie de la commission de surveillance.

Le directeur régional des services pénitentiaires, ou son représentant, assiste aux travaux de la commission de surveillance.

Article D181

Le premier président de la cour d’appel et le procureur général près ladite cour peuvent désigner respectivement un magistrat du siège et un magistrat du parquet afin de les représenter et de prendre part aux travaux de la commission de surveillance, s’ils ne désirent y assister eux-mêmes.

Article D182

En l’absence du commissaire de la République ou du secrétaire général de la préfecture, ou dans les chefs-lieux d’arrondissement en l’absence du commissaire adjoint de la République, les séances sont présidées par le magistrat du rang le plus élevé.

Article D183

La commission de surveillance se réunit sur convocation de son président, au moins une fois par an, dans l’établissement près duquel elle est instituée.

En outre, un ou plusieurs de ses membres peuvent être délégués pour visiter la prison plus fréquemment si la commission l’estime utile.

La commission entend le chef d’établissement qui présente un rapport sur l’organisation et le fonctionnement de l’établissement. Elle peut également procéder à l’audition de toute personne susceptible de lui apporter des informations utiles à l’exercice de sa mission.

En application de l’article D261, le président de la commission de surveillance reçoit les requêtes des détenus portant sur toute matière relevant de la compétence de cette commission, telle qu’elle est définie à l’article D184.

Article D184

La commission est chargée de la surveillance intérieure de la prison en ce qui concerne la salubrité, la sécurité, le régime alimentaire et le service de santé, le travail, la discipline et l’observation des règlements, ainsi que l’enseignement et la réadaptation sociale des détenus.

Il lui appartient de communiquer au ministre de la justice les observations critiques ou suggestions qu’elle croit devoir formuler.

Elle ne peut, en aucun cas, faire acte d’autorité.

Article D185

Les commissions de surveillance instituées auprès d’établissements pénitentiaires d’un même département peuvent avoir la même composition.

Section 5 : Des conditions dans lesquelles certaines personnes sont admises à visiter les détenus

Article D186

Les détenus nommément désignés sont visités en vertu d’autorisations et dans les conditions déterminées aux articles D64, D68 et D403 et suivants.

Article D187

Le ministre de la justice peut seul délivrer les autorisations à portée générale qui permettent, à titre permanent, ou pour un nombre limité de visites, la communication avec les détenus non nominativement désignés, sous réserve des droits conférés à l’autorité judiciaire.

En dehors des cas visés à l’article D473 relatif aux visiteurs des prisons, ces autorisations sont exceptionnelles.

Chapitre IV : De l’administration des établissements pénitentiaires

Section 1 : Du rôle et de l’organisation générale de l’administration pénitentiaire

Article D188

L’administration pénitentiaire a pour fonction d’assurer la mise à exécution des décisions judiciaires prononçant une peine privative de liberté ou ordonnant une incarcération provisoire, et d’assurer la garde et l’entretien des personnes qui, dans les cas déterminés par la loi, doivent être placées ou maintenues en détention en vertu ou à la suite de décisions de justice.

Article D189

Conformément aux dispositions de l’article 728, le régime intérieur des prisons établies pour peines que réglemente le présent titre est institué en vue de préparer leur reclassement social.

A l’égard de tous les détenus dont elle a la charge à quelque titre que ce soit, l’administration pénitentiaire assure le respect de la dignité inhérente à la personne humaine et prend toutes les mesures destinées à faciliter leur réintégration dans la société.

Article D190

L’administration pénitentiaire relève de l’autorité du garde des sceaux, ministre de la justice.

Son administration centrale est constituée par la direction de l’administration pénitentiaire au ministère de la justice.

Article D191

Les services extérieurs de l’administration pénitentiaire sont répartis en directions régionales.

Article D192

Conformément aux dispositions du décret du 27 janvier 1965, le territoire métropolitain est divisé en neuf régions pénitentiaires dont les sièges et les circonscriptions sont respectivement désignés ci-après :

Bordeaux - Charente, Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne.

Dijon - Ardennes, Aube, Côte-d’Or, Doubs, Jura, Marne, Haute-Marne, Nièvre, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Yonne, territoire de Belfort.

Lille - Aisne, Eure, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Seine-Maritime, Somme.

Lyon - Ain, Allier, Ardèche, Cantal, Drôme, Isère, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Haute-Savoie.

Marseille - Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Corse, Var, Vaucluse.

Paris - Cher, Essonne, Eure-et-Loir, Hauts-de-Seine, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Yvelines.

Rennes - Calvados, Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Manche, Mayenne, Morbihan, Orne, Sarthe, Vendée.

Strasbourg - Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vosges.

Toulouse - Ariège, Aude, Aveyron, Gard, Haute-Garonne, Gers, Hérault, Lot, Lozère, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne.

Section 2 : Du personnel de l’administration pénitentiaire

Article D196

Pour assurer leur fonctionnement, les services extérieurs de l’administration pénitentiaire disposent des catégories de personnel suivantes :

1° Fonctionnaires placés par règlement d’administration publique sous statut spécial :

Personnel de direction : directeurs régionaux, directeurs, sous-directeurs ;

Personnel administratif : secrétaires administratifs, commis ;

Personnel technique et de formation professionnelle : instructeurs techniques, chefs de travaux ;

Personnel éducatif et de probation : éducateurs, adjoints de probation ;

Personnel de surveillance : chefs de maison d’arrêt, surveillants-chefs, premiers surveillants, surveillants principaux, surveillants.

2° Fonctionnaires des corps communs :

Personnel de bureau et de service ;

Personnel médico-social : assistants sociaux, infirmiers.

3° Agents contractuels, indemnitaires et vacataires :

Ingénieurs, agents techniques d’encadrement et d’entretien ;

Médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, internes ;

Aumôniers ;

Délégués à la probation ;

Enseignants, moniteurs d’éducation physique et tous autres personnels spécialisés.

Article D197

Dans chaque région et dans chaque établissement pénitentiaire, la composition du personnel est déterminée par le ministère de la justice, conformément aux textes fixant le recrutement et les attributions de fonctionnaires, employés et agents de l’administration pénitentiaire.

Paragraphe 1er : Attributions particulières

Article D198.

Les agents visés à l’article D196, 1°, exercent les fonctions définies par le statut spécial des fonctionnaires des services extérieurs de l’administration pénitentiaire et par les textes relatifs à l’organisation et à la gestion des établissements.

Les agents visés à l’article D196, 2° et 3°, soit qu’ils relèvent du statut général de la fonction publique, soit qu’ils soient soumis à d’autres dispositions, réglementaires ou contractuelles, exercent leurs fonctions dans les conditions et sous les obligations particulières résultant soit des textes relatifs à l’organisation des établissements, soit, en général, du service pénitentiaire.

Notamment, les aumôniers, les médecins, les infirmiers ou infirmières, les travailleurs sociaux, exercent leurs fonctions dans les conditions et sous les obligations particulières définies respectivement aux articles D433 et suivants">suivants">suivants, D373 et suivants, D367 et D461 et suivants.

Paragraphe 2 : Dispositions générales

Article D216

Le personnel des services extérieurs de l’administration pénitentiaire est tenu de parfaire ses connaissances professionnelles dans les conditions qui sont fixées par l’administration centrale.

Il a obligation de participer aux cours et stages de formation ou de perfectionnement assurés à l’école de formation du personnel de l’administration pénitentiaire ou organisés par le centre national d’études et de recherches pénitentiaires ou par tout autre organisme.

Article D217

A l’exception des agents exerçant les fonctions de chef d’établissement ou de ceux qui exercent une fonction définie par instruction de service, le personnel de surveillance est tenu au port de l’uniforme pendant le service, et, en dehors du service, lorsqu’il se trouve dans les locaux de la détention.

Les surveillants sont tenus de consigner leurs observations concernant les différentes missions qui leur sont confiées.

Article D218

Dans les locaux de la détention, les agents ne sont porteurs d’aucune arme, hors le cas exceptionnel prévu à l’article D. 267.

Les surveillants assurant un service de garde en dehors des bâtiments de détention sont armés dans les conditions fixées par une instruction de service.

Article D219

Les membres du personnel doivent, en toute circonstance, se conduire et accomplir leur tâche de telle manière que leur exemple ait une bonne influence sur les détenus et suscite leur respect.

Ils doivent s’abstenir de tout acte, de tout propos ou de tout écrit qui serait de nature à porter atteinte à la sécurité et au bon ordre des établissements.

Ils sont tenus de se porter mutuellement aide et assistance chaque fois que les circonstances le requièrent.

Article D220

Indépendamment des défenses résultant de la loi pénale, il est interdit aux agents des services extérieurs de l’administration pénitentiaire et aux personnes ayant accès dans la détention :

Article D221

Les membres du personnel ne peuvent entretenir avec les personnes placées ou ayant été placées par décision de justice sous l’autorité ou le contrôle de l’établissement ou du service dont ils relèvent, ainsi qu’avec leurs parents ou amis, des relations qui ne seraient pas justifiées par les nécessités de leurs fonctions.

Article D222

Le personnel masculin n’a accès au quartier des femmes que sur autorisation du chef de l’établissement.

Article D223

Les directeurs régionaux, les chefs d’établissements quel que soit leur grade, et leurs adjoints, les fonctionnaires ayant la responsabilité du greffe judiciaire et de l’économat, les surveillants-chefs, premiers surveillants et surveillants, les internes, les infirmiers et infirmières, les agents chargés de l’entretien sont tenus d’occuper personnellement les logements qui leur sont attribués par nécessité absolue de service.

Article D224

Les logements prévus à l’article D. 223 doivent être situés hors de la détention.

A titre exceptionnel toutefois, les agents vivant seuls peuvent être logés dans la détention. Les dispositions de l’article D. 225 leur sont applicables.

Article D225

Dans aucun cas, et sous aucun prétexte, les membres du personnel logés à l’établissement ne doivent recevoir des détenus dans leur logement.

Aucun membre de leur famille ne doit pénétrer à l’intérieur de la détention.

Article D226

Indépendamment des récompenses prévues par son statut particulier, le personnel pénitentiaire peut, dans la limite des crédits budgétaires ouverts à cet effet, bénéficier de gratifications exceptionnelles attribuées en raison d’actes de courage ou de dévouement.

Article D227

Le service médical dont bénéficie le personnel dans chaque établissement comporte :

1° L’examen gratuit des candidats à un emploi ;

2° L’examen et les soins hors vacation des agents qui en font la demande ;

3° Sur demande, la visite à domicile et hors vacation des agents malades résidant à moins de deux kilomètres de la prison et se trouvant dans l’impossibilité de se déplacer ;

4° L’examen obligatoire hors vacation des agents prétendant à l’octroi d’un congé médical ordinaire.

Ce dernier examen est subi par l’intéressé à l’établissement d’affectation ou à l’établissement le plus proche de sa résidence. Toutefois, si l’état de l’agent le met dans l’impossibilité de se déplacer, il est examiné à domicile par le médecin de l’établissement, à la condition de résider à moins de deux kilomètres de ce dernier.

Dans les cas prévus aux 2°, 3° et 4° ci-dessus, le personnel titulaire et stagiaire des services extérieurs de l’administration pénitentiaire a droit au remboursement intégral de ses frais médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation, sauf s’il se trouve en disponibilité, en détachement, en congé annuel ou exceptionnel. Il possède le même droit lorsqu’il a recours à un médecin spécialiste, après en avoir obtenu l’autorisation de l’administration sur avis conforme du médecin de la prison. Toutefois, il perd le droit au remboursement des frais pharmaceutiques si les médicaments ne sont pas fournis par un pharmacien des établissements pénitentiaires.

Article D228

Le personnel bénéficie par ailleurs d’un service social assuré par l’assistant social ou l’assistante sociale attaché à l’établissement, compte tenu des règles relatives à la liaison et à la coordination des services sociaux.

Section 3 : Du contrôle des établissements pénitentiaires

Article D229

Sans préjudice du contrôle des autorités judiciaires, prévu aux articles D176 et suivants, et celui de la commission de surveillance, les établissements pénitentiaires font l’objet du contrôle général de l’inspection des services pénitentiaires et des inspections périodiques des magistrats ou des fonctionnaires de la direction de l’administration pénitentiaire et des directeurs régionaux ou de leurs adjoints ; en outre, ils sont soumis aux inspections du commissaire de la République ou du commissaire adjoint de la République, ainsi que, dans le domaine de leur compétence, de toutes autres autorités administratives investies d’un pouvoir de contrôle à l’égard des différents services de l’administration pénitentiaire.

Les modalités selon lesquelles les directeurs régionaux et leurs adjoints effectuent leurs inspections et en dressent rapport sont définies par une instruction de service.

Article D230

Les établissements pénitentiaires sont soumis à la visite et au contrôle des autorités judiciaires dans les conditions précisées aux articles D176 et suivants et à la surveillance de la commission instituée près de chacun d’eux.

Article D231

Les administrations ou corps intéressés par certaines parties du service des établissements pénitentiaires sont habilités à en vérifier l’organisation et le fonctionnement, dans la limite des attributions que leur confèrent les lois et règlements.

Article D232

Les magistrats et les fonctionnaires ou autres personnes ayant autorité ou mission dans la prison ont accès dans la détention après justification de leur qualité ou présentation de leur ordre de mission.

S’ils ont à s’entretenir avec les détenus, ils peuvent le faire en dehors des jours et délais normaux de visite et en l’absence de tout membre du personnel ; l’entretien a lieu éventuellement dans les cellules lorsque cette façon de procéder ne présente pas d’inconvénient.

Article D233

Il est tenu dans chaque établissement un registre où mention doit être faite de toutes les visites ou inspections effectuées.

Ce registre est présenté obligatoirement aux autorités qui ont procédé à ces visites ou inspections, afin qu’elles puissent y consigner leurs observations.

Section 4 : Du conseil supérieur de l’administration pénitentiaire

Article D234

Un conseil supérieur de l’administration pénitentiaire siège auprès du ministre de la justice.

Article D235

Le conseil supérieur de l’administration pénitentiaire délibère soit en commission, soit en assemblée générale sur les questions relevant de la compétence de la direction de l’administration pénitentiaire et qui sont soumises à son examen par le ministre de la justice.

Il formule des avis et établit des rapports soumis à l’agrément du ministre de la justice.

Article D236

Le conseil supérieur de l’administration pénitentiaire est composé :

Du garde des sceaux, ministre de la justice, président ;

Du directeur de l’administration pénitentiaire, rapporteur général ;

De membres de droit ;

De membres désignés ;

D’un secrétaire choisi parmi les magistrats en fonctions à la direction de l’administration pénitentiaire.

Article D237

I - Les membres de droit sont :

D’une part :

Le premier président de la Cour de cassation ;

Le procureur général près la Cour de cassation ;

Le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation ;

Le premier président de la Cour d’appel de Paris ;

Le procureur général près la Cour d’appel de Paris ;

Le commissaire général du plan d’équipement et de la productivité ;

Le délégué général à la recherche scientifique et technique ;

L’inspecteur général des services judiciaires au ministère de la justice ;

Le directeur des services judiciaires au ministère de la justice ;

Le directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la justice ;

Le directeur de l’éducation surveillée au ministère de la justice ;

Le chef du service de l’administration générale et de l’équipement au ministère de la justice ;

Le directeur général de la police nationale au ministère de l’intérieur ;

Le directeur général du travail et de l’emploi au ministère d’Etat chargé des affaires sociales ;

Le directeur général de la santé publique au ministère de la santé publique ;

Le directeur de l’action sociale au ministère de la santé publique ;

Le chef du service de l’inspection générale de l’administration au ministère de l’intérieur ;

Le directeur du budget au ministère de l’économie et des finances ;

Le directeur général de la gendarmerie nationale au ministère de la défense ;

Et, d’autre part :

Le bâtonnier de l’ordre des avocats à la Cour d’appel de Paris ;

Le président du comité consultatif des libérations conditionnelles ;

Le président du comité de probation et d’assistance aux libérés de Paris ;

Le contrôleur financier au ministère de la justice ;

Le vice-président du conseil d’administration du centre national d’études et recherches pénitentiaires ;

Le directeur du centre national d’études et recherches pénitentiaires ;

Le président de l’union des sociétés de patronages ;

Le président de la société générale des prisons et de législation criminelle ;

Le président de l’association pour le développement de l’action pénitentiaire et post-pénale ;

Les aumôniers généraux des prisons de chacun des cultes ;

Les secrétaires généraux des organisations syndicales représentatives du personnel pénitentiaire.

II - Sont désignés, par les assemblées qu’ils représentent, pour la durée de leurs mandats ou fonctions :

Un membre de la commission des finances, de l’économie générale et du Plan de l’Assemblée nationale ;

Deux membres de la commission des lois constitutionnelles de la législation et de l’administration générale de la République de l’Assemblée Nationale ;

Un membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation du Sénat ;

Deux membres de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale du Sénat ;

Un membre du Conseil économique et social ;

Un membre du Conseil supérieur de la magistrature ;

Sont désignés pour une durée de trois ans dans les conditions visées à l’article D238 :

Un conseiller d’Etat ;

Un premier président ;

Un procureur général ;

Un juge de l’application des peines ;

Un professeur de droit pénal, de criminologie et science pénitentiaire ;

Un professeur d’hygiène et de médecine préventive ;

Un professeur de médecine légale ;

Un directeur régional des services pénitentiaires.

III - Peuvent en outre être désignées, dans les mêmes conditions, pour prendre part aux séances du conseil supérieur siégeant en assemblée générale ou en commission les personnes que leurs connaissances ou leurs travaux antérieurs mettent en mesure d’apporter une contribution utile aux débats.

IV - Le conseil supérieur, lorsqu’il siège en commission, est composé d’un président, du rapporteur général, de membres désignés dans les conditions visées à l’article D238 et du secrétaire.

Article D238

Un arrêté du ministre de la justice désigne le président et les membres du conseil supérieur de l’administration pénitentiaire, siégeant en commission, ainsi que le secrétaire.

Article D239

Le conseil supérieur se réunit en assemblée générale au moins une fois par an au ministère de la justice, sur convocation de son président.

Il est convoqué en commission au moins une fois par semestre, par le ministère de la justice, sur la proposition soit du président de commission, soit du rapporteur général.

Ses avis et rapports sont adoptés à la majorité des membres présents. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.

Article D240

Le secrétariat du conseil supérieur de l’administration pénitentiaire est chargé de l’organisation des réunions du conseil supérieur siégeant en assemblée générale ou en commission.

Il établit les procès-verbaux et en assure la diffusion.

Chapitre V : De la discipline et de la sécurité des prisons

Section 1 : De la police intérieure

Article D241

Chaque détenu est soumis aux règles qui régissent uniformément les détenus de la catégorie à laquelle il appartient.

Selon leurs mérites et leurs aptitudes, les condamnés ont une égale vocation à bénéficier des divers avantages que comporte éventuellement le régime de l’établissement où ils subissent leur peine.

Aucune discrimination ne doit être fondée à cet égard sur des considérations tenant à la race, à la langue, à la religion, à l’origine nationale, aux opinions politiques ou à la situation sociale.

Article D242.

L’ordre et la discipline doivent être maintenus avec fermeté, mais sans apporter plus de contraintes qu’il n’est nécessaire pour le maintien de la sécurité et d’une bonne organisation de la vie en collectivité.

Article D243

Les détenus doivent obéissance aux fonctionnaires ou agents ayant autorité dans la prison en tout ce qu’ils leur prescrivent pour l’exécution des règlements.

Article D244

Aucun détenu ne peut remplir un emploi comportant un pouvoir d’autorité ou de discipline.

Toutefois, certaines responsabilités peuvent être confiées à des détenus dans le cadre d’activités dirigées organisées à l’établissement, sous le contrôle effectif du personnel.

Article D245

Tout cri, chant, interpellation ou tapage, toute réunion en groupe bruyant, et généralement tous actes individuels ou collectifs de nature à troubler le bon ordre sont interdits aux détenus.

Article D246

Tous dons, échanges, trafics, tractations, paris et toutes communications clandestines ou en langage conventionnel sont interdits entre détenus.

Toutefois, les échanges et les prêts de livres personnels entre détenus sont autorisés.

Article D247

Le règlement intérieur de chaque établissement détermine l’emploi du temps qui y est appliqué, en précisant en particulier les heures du lever et du coucher, des repas, de la promenade, du travail et de l’extinction des lumières.

Cet horaire doit tenir compte de la nécessité d’accorder aux détenus un temps suffisant pour leur toilette et pour leur détente. Les deux principaux repas doivent être espacés d’au moins six heures et la durée pendant laquelle les détenus sont enfermés la nuit dans leur dortoir ou laissés dans leur cellule ne peut excéder douze heures.

Article D248

Les hommes et les femmes sont incarcérés dans des établissements distincts. Lorsque néanmoins des quartiers séparés doivent être aménagés dans le même établissement pour recevoir respectivement des hommes et des femmes, toutes dispositions doivent être prises pour qu’il ne puisse y avoir aucune communication entre les uns et les autres.

Les femmes détenues ne sont surveillées que par des personnes de leur sexe ; les agents masculins du personnel ont seulement accès aux locaux qu’elles occupent dans les conditions déterminées à l’article D222.

Section 2 : Des sanctions disciplinaires et des mesures visant à encourager les efforts des détenus en vue de leur réadaptation sociale

Paragraphe 1er : Sanctions disciplinaires

Article D250

Les sanctions disciplinaires qui peuvent être prononcées par le chef d’établissement à l’encontre des détenus sont les suivantes :,

1° L’avertissement avec inscription au dossier individuel du détenu ;

2° Le déclassement d’emploi lorsque l’infraction disciplinaire a été commise au cours ou à l’occasion du travail ;

3° La privation pendant u