Code des assurances

Version consolidée au 5 janvier 1994 (version d6885cb)

Partie législative

Livre Ier : Le contrat

Titre VI : Dispositions diverses relatives aux contrats d'assurance et de capitalisation

Chapitre unique

Section V : Effet sur les contrats d'assurance de la réquisition des biens et services.

Article L160-7

En cas deLa réquisition de services, au sens de l’article 2 de l’ordonnance n° 59-63 du 6 janvier 1959 relative aux réquisitions de biens et de services, ainsi que dans le cas de logement ou de cantonnement, les contrats d’assurance de dommages continuent leurs effets de plein droit, nonobstant toute clause contraire et sans que l’assureur puisse se prévaloir de l’article L. 113-4. L’assureur, subrogé dans les droits du prestataire, peut mettre en cause la responsabilité de l’Etat dans les limites fixées à l’article 20 de l’ordonnance précitéeentraîne de plein droit la suspension des effets des contrats d’assurance de dommages, dans la limite de la réquisition, et dans la mesure de la responsabilité de l’Etat telle qu’elle est définie à l’article 20 de l’ordonnance n° 59-63 du 6 janvier 1959 précitée.

La suspension prévue à l’alinéa précédent ne modifie ni la durée du contrat ni les droits respectifs des parties quant à cette durée. Elle prend effet à la date d’entrée en vigueur de la réquisition de services. Le contrat suspendu reprend ses effets, de plein droit, à partir du jour de la fin de la réquisition de services, s’il n’a pas antérieurement pris fin pour une cause légale ou conventionnelle. L’assuré doit, par lettre recommandée, aviser l’assureur de la fin de la réquisition de services dans le délai d’un mois à partir du jour où il en a eu connaissance. Faute de notification dans ce délai, le contrat ne reprend ses effets qu’à partir du jour où l’assureur a reçu de l’assuré notification de la cessation de la réquisition.

L’Etat, le prestataire de services et l’assureur peuvent néanmoins décider que les contrats d’assurance de dommages continuent leurs effets et couvrent les risques liés à la réquisition, pour la durée déterminée par ces contrats. Dans ce cas, les dommages survenant à l’occasion d’une réquisition de services et couverts par un contrat d’assurance sont indemnisés par l’assureur. Nonobstant toute disposition contraire, le prestataire de services et l’assureur renoncent de ce fait à l’indemnisation par l’Etat de ces dommages.

En cas de réquisition de services au sens de l’article 2 de l’ordonnance précitée, les contrats d’assurance de personnes continuent leurs effets de plein droit nonobstant toute clause contraire et sans que l’assureur puisse se prévaloir du droit de résiliation prévu à l’article L. 113-4. Lorsque l’Etat est responsable en application de l’article 20 de l’ordonnance précitée, l’assureur peut mettre en cause la responsabilité de l’Etat dans la mesure où l’aggravation du risque est imputable à la réquisition.

Article L160-8

Dans tous les cas autres que ceux prévus àaux troisième et quatrième alinéas de l’article L. 160-7, l’assuré doit, par lettre recommandée et dans le délai d’un mois à partir du jour où il a eu connaissance de la dépossession ou de l’entrée en vigueur de la réquisition de services, en aviser l’assureur en précisant les biens sur lesquels porte la réquisition. A défaut de notification dans ce délai, l’assureur a droit, à titre de dommages-intérêts, à la fraction de prime correspondant au temps écoulé entre la date à laquelle l’assuré a eu connaissance de la dépossession ou de l’entrée en vigueur de la réquisition de services et la date à laquelle il en a avisé l’assureur.

En cas de résiliation, l’assureur doit, sous déduction éventuelle des dommages-intérêts prévus ci-dessus, restituer à l’assuré la portion de prime payée d’avance et afférente au temps où le risque n’est plus couru.

En cas de suspension, cette portion de prime est conservée par l’assureur au crédit de l’assuré et porte intérêt au taux des avances sur titres de la Banque de France à compter de la plus prochaine échéance.

En cas de réduction, la fraction de prime payée en excédent est également conservée par l’assureur au crédit de l’assuré ; elle porte intérêt dans les mêmes conditions et s’impute de plein droit sur les primes à échoir.

Si le contrat suspendu, ou réduit, prend fin pendant la réquisition, la portion de prime payée en trop est restituée à l’assuré avec les intérêts. Toutefois, elle s’impute de plein droit sur la somme due par l’assuré qui, au cours de la réquisition, aura fait garantir d’autres risques par l’assureur.

Livre II : Assurances obligatoires

Titre Ier : L'assurance des véhicules terrestres à moteur et de leurs remorques et semi-remorques

Chapitre Ier : L'obligation de s'assurer

Section I : Personnes assujetties.

Article L211-1

Toute personne physique ou toute personne morale autre que l’Etat, dont la responsabilité civile peut être engagée en raison de dommages subis par des tiers résultant d’atteintes aux personnes ou aux biens dans la réalisation desquels un véhicule terrestre à moteur, ainsi que ses remorques, ou semi-remorques, est impliqué, doit, pour faire circuler lesdits véhicules, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité, dans les conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

Les contrats d’assurance couvrant la responsabilité mentionnée au premier alinéa du présent article doivent également couvrir la responsabilité civile de toute personne ayant la garde ou la conduite, même non autorisée, du véhicule, à l’exception des professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle de l’automobile, ainsi que la responsabilité civile des passagers du véhicule objet de l’assurance. Toutefois, en cas de vol d’un véhicule, ces contrats ne couvrent pas la réparation des dommages subis par les auteurs, coauteurs ou complices du vol.

L’assureur est subrogé dans les droits que possède le créancier de l’indemnité contre la personne responsable de l’accident lorsque la garde ou la conduite du véhicule a été obtenue contre le gré du propriétaire.

Ces contrats doivent être souscrits auprès d’une entreprise d’assurance agréée pour pratiquer les opérations d’assurance contre les accidents résultant de l’emploi de véhicules automobiles.

Les membres de la famille du conducteur ou de l’assuré sont considérés comme des tiers au sens du premier alinéa du présent article.

Section II : Etendue de l'obligation d'assurance.

Article L211-4

L’assurance prévue à l’article L. 211-1 doit comporter une garantie de la responsabilité civile s’étendant à l’ensemble des territoires des Etats membres de la Communauté économique européenne ainsi qu’aux territoires des Etats suivants : Saint-Siège, Saint-Marin, Monaco, Autriche, Finlande, Norvège, Suède, Suisse, Liechtenstein tout Etat tiers pour lequel les bureaux nationaux de tous les Etats membres de la Communauté européenne se portent individuellement garants du règlement des sinistres survenus sur leur territoire et provoqués par la circulation des véhicules ayant leur stationnement habituel dans cet Etat tiers. Cette garantie, lorsqu’elle est appelée à jouer hors du territoire français, est accordée par l’assureur dans les limites et conditions prévues par la législation nationale de l’Etat sur le territoire duquel s’est produit le sinistre ou par celle de l’Etat où le véhicule a son stationnement habituel lorsque la couverture d’assurance y est plus favorable.

Cette assurance doit également comporter une garantie de la responsabilité civile en cas de sinistre survenant au cours du trajet reliant directement deux territoires où le traité instituant la Communauté économique européenne est applicable, lorsqu’il n’existe pas, pour le territoire parcouru, de bureau national d’assurance.

Dans ce cas, l’assureur n’est tenu de couvrir que les dommages dont peuvent être victimes les ressortissants des Etats mentionnés au premier alinéa du présent article, dans les conditions prévues par la législation nationale sur l’obligation d’assurance en vigueur dans l’Etat où le véhicule qui a causé l’accident a son stationnement habituel.

L’Etat où le véhicule a son stationnement habituel est soit l’Etat d’immatriculation du véhicule, soit, à défaut d’obligation d’immatriculation, L’Etat sur le territoire duquel est domiciliée la personne qui a la garde du véhicule.

Titre III : L'assurance de la responsabilité civile des chasseurs

Chapitre unique.

Article L230-1

Conformément à l’article 366 bis du code rural, la demande de visa du permis de chasser présentée annuellement au préfet ou au maire doit être accompagnée par une attestation délivrée par une entreprise d’assurance, permettant de constater que la responsabilité civile du demandeur est garantie pour une somme illimitée et sans qu’aucune déchéance soit opposable aux victimes ou à leurs ayants droit, en raison des accidents corporels occasionnés par tout acte de chasse ou tout acte de destruction d’animaux nuisibles.

Comme il est dit au même article 366 bis :

"L’assurance devra aussi couvrir, dans les mêmes conditions la responsabilité civile encourue par le chasseur du fait de ses chiens. Le permis cesse d’être valable, et il est retiré provisoirement par le préfet, si le contrat d’assurance est résilié ou si la garantie prévue au contrat est suspendue pour quelque cause que ce soit ; la résiliation du contrat ou la suspension de la garantie doivent être notifiées par l’entreprise d’assurance au préfet du département où l’assuré a son domicile. Un décret en Conseil d’Etat fixe les modalités d’application du présent alinéa.

Tout contrat d’assurance couvrant la responsabilité civile des chasseurs est, nonobstant toute clause contraire, réputé comporter des garanties au moins équivalentes à celles qui sont fixées par l’alinéa ci-dessus".

Livre III : Les entreprises.

Titre II : Régime administratif.

Chapitre II : Règles de constitution et de fonctionnement

Section VI : Sociétés ou caisses d'assurances et de réassurances mutuelles agricoles

Paragraphe 1 : Dispositions générales.

Article L322-27

Les sociétés ou caisses d’assurances et de réassurances mutuelles agricoles restent régies pour leur constitution par l’article 1235 du CodeL. 771-1 code rural.

Un décret en Conseil d’Etat fixe, en ce qui concerne les sociétés ou caisses pratiquant l’assurance contre les accidents et compte tenu de leur organisation particulière, les modalités d’application du présent article et définit celles des opérations mentionnées à l’article L. 310-1 qu’elles peuvent être autorisées à pratiquer ; leur sociétariat peut être limité aux personnes exerçant une profession agricole les modalités d’application du présent article.

Un décret en Conseil d’Etat peut fixer, en ce qui concerne les autres sociétés ou caisses régies par l’article 1235 du Code rural, les modalités d’application du présent article. ou connexe à l’agriculture, ou s’étendre à toutes autres catégories de personnes physiques ou morales prévues par leurs statuts.

Livre IV : Organisations et régimes particuliers d'assurance

Titre II : Le fonds de garantie

Chapitre I : Le fonds de garantie contre les accidents de circulation et de chasse

Section II : Dispositions spéciales aux accidents de chasse survenus en France métropolitaine.

Article L421-8

Comme il résulte de l’article 366 ter du code rural, le fonds de garantieLe fonds de garantie institué par l’article L. 421-1 est chargé d’indemniser les dommages corporels occasionnés par tous actes de chasse ou de destruction des animaux nuisibles dans les parties du territoire où l’assurance instituée par l’article L. 421-1 intervient pour l’indemnisation des dommages corporels occasionnés par tous actes de chasse ou de destruction des animaux nuisibles en France métropolitaine.223-13 du code rural est obligatoire, même si ces actes ne sont pas compris dans l’obligation d’assurance, dès lors qu’ils sont le fait d’un auteur demeuré inconnu, ou non assuré, ou que son assureur est totalement ou partiellement insolvable.

Les dépenses résultant de l’application de l’alinéa précédent sont couvertes par les contributions des sociétés d’assurances, des chasseurs assurés et des responsables d’accidents corporels de chasse non bénéficiaires d’une assurance, ainsi que par une majoration de 50 % des amendes, y compris celles qu’une mesure de grâce aurait substituées à l’emprisonnement, prononcées pour un acte de chasse effectué sans permis ou dans un lieu, un temps ou au moyen d’engins prohibés.

Un décret en Conseil d’Etat fixe les conditions d’application du présent article.

Section IX : Dispositions particulières applicables aux accidents d'automobile survenus à l'étranger.

Article L421-12

Le fonds de garantie est également chargé de l’indemnisation des victimes lorsque l’accident causé par un véhicule mentionné à l’article L. 421-11 s’est produit pendant le trajet reliant directement deux territoires où le traité instituant la Communauté économique européenne est applicable.

L’intervention du fonds de garantie est, dans ce cas, subordonnée aux conditions prévues à l’article L. 421-11 ainsi qu’aux conditions suivantes :

  • il doit n’exister pour le territoire parcouru aucun bureau national d’assurance ;
  • lesLes victimes doivent être ressortissantes d’Etat membre de la Communauté économique européenne, ou d’un des Etats suivants :

Saint-Siège, Monaco, Saint-Marin, Autriche, Finlande, Norvège, Suède, Suisse et Liechtensteind’un Etat visé à l’article L. 211-4.

L’indemnisation des victimes est, dans ce cas, effectuée dans les conditions prévues par la législation nationale sur l’obligation d’assurance en vigueur dans l’Etat où le véhicule qui a causé l’accident a son stationnement habituel.