Code de l'urbanisme

Version consolidée au 1er janvier 2005 (version 6cb203a)

Partie législative

Livre Ier : Règles générales d'aménagement et d'urbanisme

Titre II : Prévisions et règles d'urbanisme

Chapitre Ier : Dispositions générales communes aux schémas de cohérence territoriale, aux plans locaux d'urbanisme et aux cartes communales

Section 1 : Dispositions générales.

Article L121-2

Dans les conditions précisées par le présent titre, l’Etat veille au respect des principes définis à l’article L. 121-1 et à la prise en compte des projets d’intérêt général ainsi que des opérations d’intérêt national.

Le préfet porte à la connaissance des communes ou de leurs groupements compétents les informations nécessaires à l’exercice de leurs compétences en matière d’urbanisme. Tout retard ou omission dans la transmission desdites informations est sans effet sur les procédures engagées par les communes ou leurs groupements.

Le préfet fournit notamment les études techniques dont dispose l’Etat en matière de prévention des risques et de protection de l’environnement, ainsi qu’en matière d’inventaire général du patrimoine culturel.

Les porters à connaissance sont tenus à la disposition du public. En outre, tout ou partie de ces pièces peut être annexé au dossier d’enquête publique.

Titre IV : Dispositions particulières à certaines parties du territoire

Chapitre Ier : Dispositions particulières à Paris et à la région d'Ile-de-France

Section 1 : Schéma directeur.

Article L141-1

La région d’Ile-de-France élabore en association avec l’Etat un schéma directeur portant sur l’ensemble de cette région.

Le schéma directeur de la région d’Ile-de-France a pour objectif de maîtriser la croissance urbaine et démographique et l’utilisation de l’espace tout en garantissant le rayonnement international de cette région. Il précise les moyens à mettre en oeuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la région, coordonner l’offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d’assurer les conditions d’un développement durable de la région.

Les dispositions de l’alinéa précédent prennent effet à la première révision du schéma directeur de la région d’Ile-de-France selon les modalités prévues au huitième alinéa du présent article suivant la promulgation de la loi n° 99-533 du 25 juin 1999 d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire.

Le schéma directeur de la région d’Ile-de-France doit respecter les règles générales d’aménagement et d’urbanisme à caractère obligatoire prévues au présent livre ainsi que les servitudes d’utilité publique affectant l’utilisation des sols et les dispositions nécessaires à la mise en oeuvre de projets d’intérêt général relevant de l’Etat et d’opérations d’intérêt national. Il doit également prendre en compte les orientations des schémas des services collectifs institués à l’article 2 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire et les schémas sectoriels institués par le chapitre V du titre Ier de la même loi.

Ce schéma détermine notamment la destination générale de différentes parties du territoire, les moyens de protection et de mise en valeur de l’environnement, la localisation des grandes infrastructures de transport et des grands équipements. Il détermine également la localisation préférentielle des extensions urbaines, ainsi que des activités industrielles, artisanales, agricoles, forestières et touristiques.

Pour l’élaboration de ce schéma, le conseil régional recueille les propositions des conseils généraux des départementaux intéressés, du conseil économique et social régional et des chambres consulaires. A l’issue de cette élaboration, le projet leur est soumis pour avis.

Avant son adoption par le conseil régional, le projet de schéma directeur, assorti de l’avis des conseils généraux intéressés, du conseil économique et social régional et des chambres consulaires, est soumis à enquête publique.

Le schéma directeur est approuvé par décret en Conseil d’Etat. L’initiative de l’élaboration du schéma directeur appartient soit à la région, soit à l’Etat.

La procédure de révision du schéma directeur est ouverte par un décret en Conseil d’Etat, qui détermine l’objet de la révision. Cette dernière est effectuée par la région d’Ile-de-France, en association avec l’Etat, selon les règles fixées aux quatrième et cinquième alinéas du présent article. Elle est approuvée par décret en Conseil d’Etat.

Si la procédure de révision du schéma directeur de la région d’Ile-de-France n’a pas abouti dans un délai d’un an à compter de la demande adressée au président du conseil régional par le représentant de l’Etat pour assurer sa conformité aux règles prévues au deuxième alinéa du présent article, il y est procédé par décret en Conseil d’Etat. Toutefois, en cas d’urgence constatée par décret en conseil des ministres, il y est procédé sans délai par décret en Conseil d’Etat.

Au plus tard à l’expiration d’un délai de dix ans à compter du décret approuvant le schéma directeur de la région d’Ile-de-France, la région procède à une analyse des résultats de son application, notamment du point de vue de l’environnement.

Le schéma directeur de la région d’Ile-de-France a les mêmes effets que les directives territoriales d’aménagement définies en application de l’article L. 111-1-1. Il doit être compatible avec ces directives lorsqu’elles s’appliquent sur tout ou partie du territoire régional. En outre, il tient lieu de schéma régional au sens de l’article 34 de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l’Etat.

Article L141-1-1

Le schéma directeur de la région d’Ile-de-France peut être modifié à l’initiative du président du conseil régional ou de l’Etat, à condition que la modification ne porte pas atteinte à l’économie générale du schéma.

Le projet de modification, élaboré par le président du conseil régional en association avec l’Etat, est soumis pour avis aux personnes mentionnées au sixième alinéa de l’article L. 141-1. Ces avis sont réputés favorables s’ils n’interviennent pas dans un délai de trois mois après transmission du projet de modification.

Le projet de modification, assorti des avis prévus à l’alinéa précédent, est soumis à enquête publique par le président du conseil régional.

A l’issue de l’enquête publique, le projet, éventuellement modifié pour tenir compte notamment des observations du public et des avis émis par les personnes publiques consultées, est adopté par le conseil régional d’Ile-de-France et approuvé par l’autorité administrative. La modification est approuvée par décret en Conseil d’Etat en cas d’opposition d’un département.

Article L141-1-2

La déclaration d’utilité publique ou, si une déclaration d’utilité publique n’est pas requise, la déclaration de projet d’une opération qui n’est pas compatible avec les dispositions du schéma directeur de la région d’Ile-de-France ne peut intervenir que si :

1° L’enquête publique concernant cette opération a porté à la fois sur l’utilité publique de l’opération et sur la mise en compatibilité du schéma qui en est la conséquence ;

2° La déclaration d’utilité publique ou la déclaration de projet est prononcée après que les dispositions proposées pour assurer la mise en compatibilité du schéma ont fait l’objet d’un examen conjoint de l’Etat, de la région d’Ile-de-France, du conseil économique et social régional, des départements et des chambres consulaires.

La déclaration d’utilité publique emporte approbation des nouvelles dispositions du schéma directeur de la région d’Ile-de-France. Elle est prise par décret en Conseil d’Etat en cas d’opposition de la région.

La déclaration de projet ne peut intervenir qu’après mise en compatibilité du schéma par l’autorité administrative et, en cas de désaccord de la région, par décret en Conseil d’Etat.

Chapitre II : Espaces naturels sensibles des départements.

Article L*142-2

Pour mettre en oeuvre la politique prévue à l’article L. 142-1, le département peut instituer, par délibération du conseil général, une taxe départementale des espaces naturels sensibles.

Cette taxe tient lieu de participation forfaitaire aux dépenses du département :

  • pour l’acquisition, par voie amiable, par expropriation ou par exercice du droit de préemption mentionné à l’article L. 142-3, de terrains ou ensembles de droits sociaux donnant vocation à l’attribution en propriété ou en jouissance de terrains, ainsi que pour l’aménagement et l’entretien de tout espace naturel, boisé ou non, appartenant au département, sous réserve de son ouverture au public dans les conditions prévues à l’article L. 142-10 ;
  • pour sa participation à l’acquisition, à l’aménagement et la gestion des terrains du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, pour sa participation à l’acquisition de terrains par une commune ou par un établissement public de coopération intercommunale compétent, ainsi qu’à l’entretien des terrains acquis par l’une et l’autre de ces personnes publiques ou par l’agence des espaces verts de la région d’Ile-de-France dans l’exercice du droit de préemption, par délégation ou par substitution, prévu à l’article L. 142-3.

Le produit de la taxe peut également être utilisé :

  • pour l’aménagement et l’entretien d’espaces naturels, boisés ou non, appartenant aux collectivités publiques ou à leurs établissements publics et ouverts au public, ou appartenant à des propriétaires privés à la condition qu’ils aient fait l’objet d’une convention passée en application de l’article L. 130-5 ;
  • pour l’aménagement et la gestion des parties naturelles de la zone dite des cinquante pas géométriques, définie par la loi n° 96-1241 du 30 décembre 1996 relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur de la zone dite des cinquante pas géométriques dans les départements d’outre-mer ;
  • pour l’acquisition, l’aménagement et la gestion des sentiers figurant sur un plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, établi dans les conditions prévues à l’article 56 de la loi n° 83-663 du 22 juillet 1983 complétant la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l’Etat, ainsi que des chemins et servitudes de halage et de marchepied des voies d’eau domaniales concédées qui ne sont pas ouvertes à la circulation générale et pour l’acquisition, par voie amiable ou par exercice du droit de préemption mentionné à l’article L. 142-3, l’aménagement et la gestion des chemins le long des autres cours d’eau et plans d’eau ;
  • pour l’acquisition par un département, une commune, un établissement public de coopération intercommunale ou le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, de bois et forêts ou de droits sociaux donnant vocation à l’attribution en propriété ou en jouissance de bois et forêts, sous réserve de leur ouverture au public dans les conditions prévues à l’article L. 142-10.
  • pour l’acquisition, l’aménagement et la gestion des espaces, sites et itinéraires figurant au plan départemental des espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature établi dans les conditions prévues à l’article 50-2 de la loi n° 84-610 du 16 juillet 1984 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives ;
  • pour l’acquisition, la gestion et l’entretien des sites Natura 2000 désignés à l’article L. 414-1 du code de l’environnement et des territoires classés en réserve naturelle au sens de l’article L. 332-1 du même code.

Cette taxe est perçue sur la totalité du territoire du département.

Elle est établie sur la construction, la reconstruction et l’agrandissement des bâtiments et sur les installations et travaux divers autorisés en application de l’article L. 442-1. Sont toutefois exclus du champ de la taxe :

a) les bâtiments et les installations et travaux divers à usage agricole ou forestier liés à l’exploitation ;

b) les bâtiments qui sont destinés à être affectés à un service public ou d’utilité publique et dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat prévu au 1° du paragraphe I de l’article 1585 C du code général des impôts ;

c) les bâtiments édifiés par les propriétaires d’une habitation familiale reconstituant leurs biens expropriés ;

d) les immeubles classés parmi les monuments historiques ou inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques ;

e) les bâtiments et les installations et travaux divers reconstruits après sinistre dans les conditions fixées au paragraphe II de l’article 1585 D du code général des impôts.

f) Les installations et travaux divers qui sont destinés à être affectés à un service public ou d’utilité publique et réalisés par l’Etat, les collectivités locales ou leurs groupements ou l’un des services et organismes enumérés par le décret pris pour l’application du 1° du I de l’article 1585 C du code général des impôts.

g) Les aménagements prescrits par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques technologiques sur des biens construits ou aménagés conformément aux dispositions du présent code avant l’approbation de ce plan et mis à la charge des propriétaires ou exploitants de ces biens.

Le conseil général peut exonérer de la taxe départementale des espaces naturels sensibles, les locaux à usage d’habitation principale édifiés pour leur compte ou à titre de prestation de services par les organismes mentionnés à l’article L. 411-2 du code de la construction et de l’habitation et par les sociétés d’économie mixte définies par la loi n° 83-597 du 7 juillet 1983 ou celles à capitaux publics majoritaires réalisant des locaux à usage d’habitation principale financés à titre prépondérant au moyen de prêts ouvrant droit au bénéfice des dispositions prévues au titre V du livre III du code de la construction et de l’habitation.

Il peut également exonérer de ladite taxe des locaux artisanaux et industriels situés dans les communes de moins de deux mille habitants.

Dans les départements d’outre-mer, le conseil général peut exonérer de la taxe :

  • les locaux à usage d’habitation principale à caractère social financés à l’aide de prêts aidés par l’Etat, et édifiés par les organismes et sociétés d’économie mixte mentionnés ci-dessus, pour leur compte ou à titre de prestataires de services ;
  • les logements à vocation très sociale.

La taxe est soumise aux règles qui gouvernent l’assiette, la liquidation, le recouvrement, les sanctions et le contentieux de la taxe locale d’équipement.

La taxe est assise sur la valeur de l’ensemble immobilier déterminée conformément aux paragraphes I et II de l’article 1585 D du code général des impôts. Par délibération, le conseil général en fixe le taux, qui peut varier suivant les catégories de construction, sans pouvoir excéder 2 p. 100.

Lorsqu’elle est établie sur les installations et travaux divers, la taxe est assise sur la superficie des terrains faisant l’objet de l’autorisation. Son taux est fixé par délibération du conseil général dans la limite de 10 F par mètre carré. Cette limite et le taux fixé par la délibération du conseil général sont modifiés au 1er juillet de chaque année en fonction de l’évolution de l’indice du coût de la construction publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques. L’indice de référence est, pour la réévaluation de la limite de 10 F, celui du quatrième trimestre de l’année 1994 et, pour celle du taux, l’indice du trimestre précédant la délibération du conseil général ayant fixé le taux.

La taxe constitue, du point de vue fiscal, un élément du prix de revient de l’ensemble immobilier.

La taxe est perçue au profit du département en tant que recette grevée d’affectation spéciale et a le caractère d’une recette de fonctionnement.

Partie législative

Livre Ier : Règles générales d'aménagement et d'urbanisme

Titre IV : Dispositions particulières à certaines parties du territoire

Chapitre V : Dispositions particulières aux zones de montagne.

Section 2 : Unités touristiques nouvelles.

Article L145-10

A l’exception du III de l’article L. 145-3, les dispositions de la section première du présent chapitre et les dispositions du chapitre II du titre III de lIV du livre III du code du tourismea loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 précitée sont applicables aux unités touristiques nouvelles.

Livre IV : Règles relatives à l'acte de construire et à divers modes d'utilisation du sol

Titre II : Permis de construire

Chapitre I : Régime général.

Article L421-2-3

Toute demande de permis de construire est déposée à la mairie.

1° Dans les cas où le permis de construire n’est pas délivré au nom de l’Etat et que la commune a délégué ses compétences à un établissement public de coopération intercommunale, le maire conserve un exemplaire de la demande et transmet les autres exemplaires au président de l’établissement public compétent, dans la semaine qui suit le dépôt ;

2° Dans les cas où le permis de construire est délivré au nom de l’Etat :

a) le maire conserve un exemplaire de la demande et transmet les autres au représentant de l’Etat, dans la semaine qui suit le dépôt ;

b) Dans le cas où la commune a délégué sa compétence à un établissement public de coopération intercommunale, le maire conserve un exemplaire de la demande, transmet un exemplaire au président de l’établissement public compétent et les autres exemplaires au représentant de l’Etat, dans la semaine qui suit le dépôt.

Titre III : Permis de démolir.

Article L430-7

Le permis de démolir tient lieu de l’autorisation prévue par l’article 11 de la loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948.